Introduction
À la Chiesa Cristiana Evangelica Pentecostale di Seriate, près de Bergame, Davide Di Domenico ouvre son message avec le sourire : il veut parler ce soir-là du processus qui mène à la naissance, alors qu'il n'est ni obstétricien ni employé d'une maternité. Il s'agit en réalité d'une naissance spirituelle : la manière dont les projets de Dieu pour nos vies finissent par voir le jour.
Pour cela, il lit d'un seul tenant les vingt-trois premiers versets de 1 Samuel. « D'habitude, avec vingt-trois versets, je ferais vingt-trois prédications », plaisante-t-il. Mais il faut voir tout le chemin qui conduit à la naissance de Samuel.
Cette histoire ressemble presque à une série télévisée, avec des personnages tous différents. Elle a une fin heureuse. Mais pour y arriver, Anne porte un fardeau et traverse tout un travail, sans cesse dérangée par l'intervention des autres. C'est ce chemin que le prédicateur propose de suivre.
Plan du message
1. Une même fête, des états d'âme différents
- Chaque année, Elkana monte avec toute sa famille à Silo pour adorer l'Éternel et offrir des sacrifices. À l'époque, rappelle le prédicateur, on ne mangeait pas de viande tous les jours : ce repas au sanctuaire était une fête exceptionnelle.
- Pourtant, au milieu de la même célébration, chacun vit un état intérieur très différent. On peut être au même endroit, à la même fête, et porter des cœurs opposés.
- Elkana a deux femmes, Anne et Peninna. Peninna a des enfants, Anne n'en a pas. Le texte insiste : l'Éternel l'avait rendue stérile (1 Samuel 1:5-6). Pour le prédicateur, ce n'est pas un hasard : c'est une stérilité décrétée, et sans doute limitée dans le temps.
- Et cela se répète « chaque année ». La blessure se rouvre à chaque montée au temple. Davide Di Domenico fait le lien avec ceux qui attendent une réponse de Dieu : pour eux, ce n'est peut-être pas chaque année, mais chaque dimanche que le culte devient lourd. D'un côté, la joie d'être dans la présence du Seigneur et avec la famille spirituelle. De l'autre, l'amertume de ne pas encore voir ce qu'on attend.
- Ce qui frappe chez Anne, c'est qu'elle n'abandonne pas facilement. Elle avait au moins trois occasions de se plaindre, de se fâcher ou de s'arrêter. Elle reste pourtant une femme extrêmement déterminée.
2. Peninna : la maturité se mesure dans la bénédiction
- La première occasion de s'arrêter, c'est Peninna, sa rivale, qui l'irrite et la provoque. Le prédicateur y voit la figure du croyant immature : quelqu'un qui a reçu des bénédictions de Dieu et qui se croit pour cela meilleur que les autres.
- Il en existe dans l'Église : des personnes qui ont reçu des occasions, des bénédictions ou des expériences de foi, et qui oublient qu'elles les ont reçues par grâce. Elles se posent alors en expertes de la vie des autres : « Fais ceci, fais cela. »
- « La vraie maturité spirituelle ne se mesure pas seulement à la manière dont nous traversons les difficultés, mais à la manière dont nous gérons les bénédictions que Dieu nous donne. » Beaucoup se perdent, se refroidissent ou s'éloignent de Dieu justement quand il les bénit.
- Il rappelle les dix lépreux guéris par Jésus : un seul revient dire merci. Les neuf autres, en somme, disent au revoir : « Beau message, beau miracle, à une prochaine fois. »
- Peninna avait des enfants, mais elle manquait de miséricorde, d'empathie et de discernement. Tout ce que nous avons, dons, talents, capacités, occasions, est une démonstration de la grâce de Dieu, sans aucun mérite de notre part. Cela ne peut pas faire de nous les juges des autres.
- Face à quelqu'un qui souffre, mieux vaut souvent ne pas chercher à expliquer pourquoi il souffre, mais lui ouvrir son cœur et se montrer proche. Il faut se réjouir avec ceux qui se réjouissent et pleurer avec ceux qui pleurent (Romains 12:15), et non faire comme les amis de Job, qui répétaient à un homme déjà accablé qu'il souffrait à cause de son péché.
3. Elkana : aimer sans comprendre
- Le deuxième personnage est Elkana. Lui aime Anne, il prend soin d'elle, comme Jacob aimait Rachel. Il lui donne une portion double. Mais il ne la comprend pas.
- Sa tentative de consolation est maladroite : « Anne, pourquoi pleures-tu ? [...] Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils ? » (1 Samuel 1:8). « La délicatesse d'un éléphant dans un magasin de porcelaine », sourit le prédicateur. Le texte ne rapporte pas la réponse d'Anne : qui sait ce qu'elle aurait répondu, ou ce que nous aurions répondu à sa place ?
- Elkana ne parlait pas par méchanceté. Il ne pouvait simplement pas saisir le désir qui habitait le cœur de sa femme. On peut aimer quelqu'un sans comprendre ce qu'il traverse.
- Avec humour, Davide Di Domenico évoque les différences entre hommes et femmes : les hommes ont souvent une vision très ciblée, une chose à la fois, quand les femmes perçoivent davantage l'ensemble. « Quand vous nous dites que vous n'avez rien, pour nous, c'est la réponse définitive. »
- La leçon est sérieuse : il ne faut pas s'irriter si les gens qui nous entourent, même les plus proches, ne comprennent pas ce que nous vivons. Ils ne sont pas à l'intérieur de nous, et certaines souffrances échappent à une compréhension superficielle.
4. Éli : incomprise jusque dans le lieu de culte
- Le troisième obstacle est peut-être le plus lourd : Anne n'est même pas comprise dans le lieu de culte. Le sacrificateur Éli, censé représenter Dieu, voit une femme qui pleure amèrement et prie en silence, les lèvres en mouvement. Sa conclusion : elle est ivre.
- Anne aurait pu s'arrêter à cause de l'opposition, de l'incompréhension de son mari ou de celle de l'homme de Dieu. Sa réponse est magnifique : « je n'ai bu ni vin ni liqueur enivrante ; mais je répandais mon âme devant l'Éternel » (1 Samuel 1:15).
- Elle sait que l'affaire ne concerne ni Peninna, ni Elkana, ni Éli. C'est une affaire entre elle et Dieu. Elle ne laisse pas l'incompréhension des hommes interrompre sa communion avec lui.
- Le prédicateur précise : cela ne veut pas dire que l'Église ou les responsables ont le droit de mal faire. Mais tout le monde se trompe, y compris ceux qui sont appelés à conduire le peuple de Dieu, et l'on ne peut pas s'arrêter à leurs erreurs.
5. Un travail intérieur avant la naissance
- Pendant une grossesse, explique Davide Di Domenico, tout se déplace à l'intérieur du corps de la mère : les organes font de la place pour l'enfant, un processus souvent douloureux. Anne, avant même d'être enceinte, vit déjà un travail intérieur, un « travail avant le travail ».
- Elle aurait pu se résigner : « L'Éternel m'a rendue stérile, c'est ainsi, je trouverai une autre solution. » Elle refuse de s'arrêter là.
- Plus ce que nous devons mettre au monde est grand, plus la gestation est longue. Une éléphante porte son petit près de vingt-deux mois. Certains processus de nos vies ne peuvent pas être accélérés.
- Samuel ne pouvait naître ni un an, ni un jour, ni une heure plus tôt ou plus tard : il était au centre de la volonté de Dieu. Il allait devenir le dernier juge d'Israël, celui qui oindrait le roi David, d'où viendrait la lignée du Messie. Anne ne voyait que sa stérilité et sa tristesse. Elle ne savait pas quel fils Dieu voulait lui donner.
- Dieu voyait aussi le besoin de son peuple. Éli ne se conduisait pas bien et ses fils étaient pires encore. Sans le savoir, Éli regardait la femme qui allait mettre au monde celui qui prendrait sa place.
- « Ce n'est pas le temps qui fait mûrir », insiste le prédicateur. On peut attendre et devenir de plus en plus aigri. Le temps remis entre les mains de Dieu, lui, peut nous conduire à voir sa gloire. Dieu se sert de l'attente pour travailler notre caractère. Et peut-être portons-nous, nous aussi, quelque chose de très lourd : « un éléphant ».
6. Le premier miracle se produit dans le cœur
- Anne prie avec amertume, mais elle ne cesse jamais d'être en communion avec Dieu. Le processus de la foi nous apprend à chercher Dieu pour ce qu'il est, et pas seulement pour ce qu'il peut donner.
- Éli, celui-là même qui l'avait découragée, lui dit : « Va en paix, et que le Dieu d'Israël exauce la prière que tu lui as adressée ! » (1 Samuel 1:17). Ce n'est même pas une prophétie. Peut-être voulait-il simplement abréger. Peu importe : Anne saisit cette parole.
- Le texte dit alors qu'elle mangea, « et son visage ne fut plus le même » (1 Samuel 1:18). Rien n'avait encore changé dans sa situation. Le premier miracle ne s'est pas produit dans son ventre, mais dans son cœur.
- Comme Pierre qui, après une nuit de pêche sans rien prendre, jette ses filets sur la parole de Jésus, Anne croit la parole reçue. Éli était un homme imparfait, mais quand la Parole de Dieu est annoncée, elle fait exister les choses : c'est par la parole que les mondes ont été formés.
- Nous raisonnons souvent à l'envers : « Pour être en paix, j'ai besoin que Dieu réponde. » Anne, elle, retrouve la paix avant d'être enceinte. La paix de Dieu surpasse toute intelligence.
- Anne avait toutes les raisons d'être négative : une rivale qui l'aigrit, un mari qui ne comprend pas, un homme de Dieu qui la croit ivre. Elle ne s'accroche à rien de tout cela et retient la seule bonne parole. Le prédicateur invite à changer notre manière de penser, de parler et de prier, et à bannir la négativité.
- Paul et Silas, enchaînés en prison sans savoir ce que le lendemain leur réservait, louaient Dieu à minuit, et un tremblement de terre les a libérés. Avoir la foi, ce n'est pas nier les problèmes. C'est croire que le Seigneur a toute autorité pour changer notre situation.
7. Ce que Dieu donne, Anne le rend
- Anne fait un vœu : si l'Éternel lui donne un fils, elle le consacrera à lui pour toute sa vie. Elle aura d'autres enfants plus tard, mais elle consacre son premier-né. Ce que Dieu lui donne, elle le rend à Dieu.
- Toute naissance est précédée de souffrance, sur le plan biologique comme sur le plan spirituel. Pour nous donner la vie éternelle, Jésus a dû souffrir, aller jusqu'à la mort, puis ressusciter. Le grain doit mourir pour porter du fruit.
- Beaucoup se perdent après le miracle, s'éloignent après la réponse ou se refroidissent après avoir été exaucés. L'invitation est de s'attacher encore davantage au Seigneur.
- En conclusion, Davide Di Domenico prie : « Que ton visage change avant que ton ventre ne change. » Que la paix de Dieu garde les cœurs et les pensées, et que chacun puisse entendre, comme Anne : « Va, et que le Seigneur exauce ta prière. »
Points à retenir
- On peut vivre la même fête que les autres avec un cœur blessé : l'attente rouvre parfois la plaie à chaque culte.
- La maturité spirituelle se voit dans la manière de gérer les bénédictions, avec miséricorde et empathie envers ceux qui souffrent.
- Il ne faut pas attendre des autres, même des plus proches ou des responsables, qu'ils comprennent tout : certaines choses se règlent entre soi et Dieu.
- Les grandes choses demandent une longue gestation. Le temps remis à Dieu forme le caractère au lieu d'aigrir.
- Le premier miracle se produit dans le cœur : Anne croit la parole, et son visage change avant que sa situation ne change.
Application personnelle
- Y a-t-il une attente qui rend tes dimanches plus lourds ? Peux-tu la confier à Dieu au lieu de la laisser tourner à l'amertume ?
- Comment gères-tu les bénédictions que Dieu t'a données ? Te rendent-elles plus reconnaissant et plus proche de ceux qui souffrent ?
- Face à quelqu'un qui traverse l'épreuve, es-tu tenté d'expliquer sa souffrance, ou sais-tu simplement être présent ?
- Quelle incompréhension, venue d'un proche ou d'un responsable, risque de t'éloigner de la prière ?
- Quelle parole de Dieu peux-tu saisir aujourd'hui, pour que ton visage change avant même que ta situation ne change ?
Versets cités
- 1 Samuel 1:1-23
- 1 Samuel 1:5-6
- 1 Samuel 1:8
- 1 Samuel 1:15
- 1 Samuel 1:17-18
- Romains 12:15
- Luc 17:11-19
- Luc 5:4-6
- Hébreux 11:3
- Actes 16:25-26
- Philippiens 4:7
- Jean 12:24
Questions fréquentes
Pourquoi Anne était-elle stérile dans 1 Samuel 1 ?
Le texte répète que l'Éternel l'avait rendue stérile. Pour Davide Di Domenico, ce n'était pas un hasard mais une stérilité voulue pour un temps : Samuel devait naître au moment exact prévu par Dieu, ni un jour plus tôt ni un jour plus tard, parce qu'Israël allait avoir besoin de lui.
Quel est le premier miracle dans la vie d'Anne ?
Selon le prédicateur, le premier miracle ne se produit pas dans son ventre mais dans son cœur. Quand Éli lui dit : « Va en paix », Anne croit cette parole. Elle mange, et son visage n'est plus le même, alors que rien n'a encore changé dans sa situation.
Comment attendre une réponse de Dieu sans devenir amer ?
Le temps à lui seul ne fait pas mûrir, explique Davide Di Domenico : on peut attendre et devenir de plus en plus amer. Comme Anne, il faut remettre ce temps entre les mains de Dieu, rester en communion avec lui, ne pas s'arrêter aux erreurs des autres et rejeter la négativité.