Matthieu 26 : la maîtrise de soi de Jésus à Gethsémané

11 min de lecture

Introduction

« Comment vas-tu dans ta maîtrise de soi ? » C'est la question que John, prédicateur à St Stephen's Presbyterian, à Surrey Hills (Melbourne), pose à son Église pour clore une série de neuf semaines sur le fruit de l'Esprit (Galates 5.22-23).

De retour de deux semaines en Malaisie, il reconnaît que la maîtrise de soi est le fruit le moins glamour de la liste. On écrit des chansons sur l'amour, on chante la joie au monde, mais personne ne chante la maîtrise de soi. Elle est pourtant placée en dernier pour une raison : sans elle, tous les autres fruits s'écroulent.

Pour la comprendre, le prédicateur regarde à Jésus, à Gethsémané et lors de son arrestation (Matthieu 26.36-56) : un homme qui avait toute la puissance à sa disposition et qui a dit : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »

Plan du message

1. Le fruit qu'on oublie

  • Parmi les neuf qualités du fruit de l'Esprit, la maîtrise de soi est souvent la grande absente. L'amour, la joie, la paix, la patience, on les comprend. La maîtrise de soi, on l'oublie.
  • Le plus simple pour mesurer son importance : repense à la dernière fois où les choses ne se sont pas passées comme prévu, ou à la dernière fois où tu as été blessé, et à la manière dont tu as réagi. Où était la maîtrise de soi à ce moment-là ?
  • John raconte une expérience récente. À l'embarquement de son vol de retour de Malaisie, il était déjà tendu : il devait atterrir à 5 h du matin et célébrer un mariage à 13 h le même jour. Un passager devant lui leur a parlé de manière très grossière, et il a marmonné quelques mots en retour.
  • « Je n'ai pas juré », précise-t-il. Mais en montant dans l'avion, il a dit à sa femme : « On est en train de prêcher sur le fruit de l'Esprit. Je n'aurais rien dû dire. Où était la maîtrise de soi ? »

2. La vertu gardienne de tous les fruits

  • Sans maîtrise de soi, les autres qualités s'effondrent. Tu peux connaître l'amour de Dieu et vouloir aimer, mais quand la haine guette et que tu perds le contrôle, ce qu'on voit n'est pas de l'amour, c'est de la haine.
  • De même pour la paix : face à des circonstances difficiles, si tu perds la maîtrise de tes propres pensées, la paix disparaît.
  • Manquer de maîtrise de soi, c'est « se tirer une balle dans le pied ». Nous nous blessons nous-mêmes en même temps que nous blessons les autres.
  • L'amour, le premier des fruits, unifie et façonne tous les autres. La maîtrise de soi, elle, est « la vertu gardienne » : elle les protège comme un mur de défense qui empêche tout de s'effondrer.
  • La question « Comment vas-tu dans ta maîtrise de soi ? » revient donc à demander : « Comment vas-tu pour tenir ta vie ensemble ? »

3. Jugement sain et force intérieure

  • Dans nos Bibles, « maîtrise de soi » traduit deux mots grecs différents. Le premier est un mot composé : « dans » et « puissance ». C'est une force intérieure, une maîtrise de ses émotions, de ses désirs et de ses impulsions, une guerre défensive contre les désirs du péché.
  • Quand cette défense tombe, le péché gagne. Le livre des Proverbes le dit : « Comme une ville forcée et sans murailles, ainsi est l'homme qui n'est pas maître de lui-même » (Proverbes 25.28). La brèche ouvre la porte aux erreurs et aux regrets.
  • Le second mot signifie être sobre, sensé, exercer un jugement sain : garder des limites de modération, refuser l'excès et l'addiction, discerner le bien du mal. C'est ce que Paul demande à Timothée : « Sois sobre en toutes choses » (2 Timothée 4.5).
  • Ensemble, les deux nuances donnent une définition : la maîtrise de soi, c'est un jugement sain et une force intérieure. Le jugement voit ce qui est juste, la force permet de le vivre.
  • Joseph en est l'exemple. Tenté par la femme de Potiphar, il exerce un jugement sain : « Il ne m'a rien interdit, excepté toi, parce que tu es sa femme. Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » Puis, quand elle saisit son vêtement, il s'enfuit : c'est la force intérieure (Genèse 39.9-12).

4. Jésus, l'homme Dieu qui retient sa puissance

  • Dans toute la série, l'Église a cherché la forme la plus pure de chaque fruit en Dieu. Mais la maîtrise de soi est le seul fruit qui n'a pas d'équivalent en Dieu. Dieu n'en a pas besoin : il n'est pas inconstant comme nous, il n'est pas tenté par le mal. « Dieu est lumière, et il n'y a point en lui de ténèbres » (1 Jean 1.5).
  • Avec Jésus, tout change. Lui qui était de condition divine s'est dépouillé et est devenu semblable aux hommes (Philippiens 2.6-7). Personne ne pourra dire à Dieu au jour du jugement : « Tu ne sais pas ce que j'ai vécu. » Dieu répondra : « Je sais exactement ce que tu as ressenti, parce que je l'ai ressenti moi aussi en mon Fils Jésus-Christ. »
  • Nous avons un souverain sacrificateur qui peut compatir à nos faiblesses, « tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Hébreux 4.15 ; voir aussi Hébreux 2.18).
  • Au désert, Jésus avait réellement faim. « Change cette pierre en pain » n'est pas une tentation pour nous, mais pour lui elle était réelle, parce qu'il en avait le pouvoir. Il s'est retenu.
  • À Gethsémané, accablé de tristesse, il aurait pu dire : « Père, c'est trop, ramène-moi à la maison. » Il a dit : « Que ta volonté soit faite. » « C'est cela, la maîtrise de soi. »
  • Lors de l'arrestation, Pierre ne se maîtrise pas et coupe l'oreille du serviteur du souverain sacrificateur. Jésus, lui, aurait pu demander plus de douze légions d'anges, environ 72 000 selon le prédicateur. Il s'est laissé arrêter.
  • Sur la croix, humilié, moqué par ceux qu'il était venu sauver, il aurait pu claquer des doigts et tout arrêter. Il est resté, comme un agneau mené à la boucherie (Ésaïe 53.7). Il a retenu sa puissance absolue par amour, pour toi et pour moi.
  • Grandir dans le fruit de l'Esprit, c'est devenir semblable à Christ. Voilà pourquoi le Nouveau Testament demande la maîtrise de soi à tous : aux hommes âgés, aux femmes âgées, aux jeunes femmes et aux jeunes hommes (Tite 2.2-6). « Nous en avons tous besoin, jeunes et vieux. »

5. La maîtrise de soi dans ton corps

  • Notre corps vieillit et nous recevrons un corps de résurrection, mais notre corps compte pour Dieu, pas seulement notre âme. Être maître de son corps, c'est d'abord ne céder à aucune addiction, en particulier l'ivresse, qui est un péché en soi et qui en entraîne beaucoup d'autres.
  • Ses enfants arrivent à 18 ans et lui racontent les fêtes où l'on teste ses limites. Son conseil : « N'essayez même pas. Ne vous approchez pas. Ne cherchez pas où est la limite. Restez-en loin. »
  • C'est aussi refuser l'excès, qu'il s'agisse de paresse ou de gourmandise. La Malaisie, « un paradis de la gourmandise », a été une bonne leçon. Il cite un pasteur qui disait : « Comment enseigner la maîtrise de soi à mon Église alors que je ne me maîtrise pas dans ma façon de manger ? » L'excès inverse existe aussi : l'obsession de l'apparence et l'idolâtrie du corps. Le mot d'ordre est la modération.
  • Enfin, l'impudicité. Paul écrit à des croyants : « Fuyez l'impudicité. [...] Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit ? [...] Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1 Corinthiens 6.18-20). La tentation est réelle, banalisée par les films, et même dans l'Église on tombe dans les mêmes péchés que le monde.
  • Avec sa femme, John reçoit les couples qui se fréquentent. Leur conseil : « Ne prenez pas avant le mariage ce qui appartient au lit conjugal. » Et à la question « Jusqu'où peut-on aller ? », ils répondent sans tracer de ligne là où l'Écriture n'en trace pas : faites l'un avec l'autre ce que vous feriez avec votre propre frère ou votre propre sœur. Certains couples de l'Église ont échangé leur premier baiser le jour du mariage.

6. La maîtrise de tes désirs, de tes pensées et de tes émotions

  • Quand notre être intérieur n'est pas maîtrisé, tout le reste est miné. L'anxiété laissée sans contrôle vole la paix : « J'ai creusé un grand trou et j'ai sauté dedans. » L'égoïsme laisse peu de place à la bonté. Le regard qui s'égare compromet la sainteté et la fidélité. La colère qui monte produit des éclats bien loin de la bonté et de la douceur.
  • Même quand la colère semble justifiée, notre réaction reste notre responsabilité. Bien souvent, la manière dont je réagis au péché commis contre moi devient elle-même un péché.
  • D'où l'appel de Paul à remplir nos pensées de tout ce qui est vrai, honorable, juste, pur, aimable, digne d'approbation (Philippiens 4.8), au lieu de laisser le mal s'installer et grandir.
  • Il ne faut pas négliger l'œuvre de Satan : faire tomber chaque chrétien, déshonorer Christ par nos comportements, semer le chaos dans nos vies, nos foyers et l'Église. Il pousse à la rancune (« tu as raison d'être en colère »), à la médisance, à la convoitise, à la division, à l'orgueil.
  • Qui peut maîtriser tout cela ? C'est pourquoi on l'appelle le fruit de l'Esprit : c'est l'Esprit de Dieu qui le produit dans nos cœurs pour que nous soyons semblables à Christ.
  • Le prédicateur cite un poème de Portia Nelson. Je marche dans la rue, il y a un trou, je tombe dedans, ce n'est pas ma faute (la victime). Je fais semblant de ne pas le voir et je retombe (le déni). Je le vois, je tombe quand même, c'est ma faute, je ressors aussitôt (la responsabilité). Je le contourne (on frôle le danger). Enfin : « Je prends une autre rue. » « C'est cela, la maîtrise de soi » : fuir, comme Joseph.

7. La maîtrise de tes paroles et de tes actes

  • La manière dont nous parlons et réagissons chaque jour, et pas seulement le dimanche, reflète Christ. « Je ne dis pas cela pour que ce soit un fardeau, mais parce que c'est un privilège » : par tes paroles et tes actes, tu reflètes le Roi de l'univers. C'est ainsi que le monde romain a été gagné par les chrétiens.
  • Premier principe : prier avant de décider. Petites ou grandes décisions, confie-les au Seigneur et attends-le.
  • Deuxième principe : réfléchir avant de parler. Être prompt à écouter, lent à parler (Jacques 1.19) évite bien des conflits. John n'envoie jamais de long courriel, ni de courriel de critique ou qui pourrait paraître fâché : s'il devient trop long, il l'efface et prend le téléphone, ou rencontre la personne.
  • Troisième principe : réfléchir avant d'agir. « Mes actes vont-ils honorer Christ ? »
  • En concluant la série, le prédicateur confie que Dieu a souvent placé sur son chemin la bonne expérience au bon moment pour lui montrer où il était tombé. Lire Galates 5 ne produit pas les fruits automatiquement : Dieu travaille souvent par les situations difficiles, et il fait tout concourir au bien de ceux qui l'aiment (Romains 8.28).
  • Il reprend l'image de la voile : à nous de hisser les voiles, c'est notre responsabilité ; le vent de l'Esprit souffle derrière et nous mène là où Dieu veut.

Points à retenir

  • La maîtrise de soi est la vertu gardienne : sans elle, l'amour, la paix, la patience et tous les autres fruits s'écroulent.
  • Elle réunit deux choses : un jugement sain pour discerner le bien du mal et une force intérieure pour le vivre, comme Joseph qui s'enfuit.
  • Jésus, tenté comme nous, a retenu sa puissance au désert, à Gethsémané, lors de son arrestation et sur la croix, par amour pour nous.
  • La maîtrise de soi touche ton corps, tes désirs, tes pensées, tes émotions, tes paroles et tes actes.
  • C'est un fruit de l'Esprit : Dieu la produit en toi, souvent au travers des situations difficiles.

Application personnelle

  1. Repense à ta dernière réaction regrettable : quel autre fruit de l'Esprit a souffert de ton manque de maîtrise de soi ?
  2. Y a-t-il un domaine où tu « testes la limite » au lieu de rester loin de la tentation ?
  3. Dans le poème de Portia Nelson, où en es-tu face à ton « trou dans la rue » : déni, responsabilité, ou as-tu déjà pris une autre rue ?
  4. Quelle décision de cette semaine dois-tu remettre au Seigneur dans la prière avant de la prendre ?
  5. Y a-t-il un message ou un courriel que tu ferais mieux de remplacer par un appel ou une rencontre ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi la maîtrise de soi est-elle le dernier fruit de l'Esprit ?

Pour John, la maîtrise de soi est la vertu gardienne. L'amour donne sa forme à tous les fruits, mais la maîtrise de soi les protège comme une muraille. Sans elle, l'amour se change en haine, la paix disparaît, et l'on se fait du mal à soi-même en blessant les autres.

Pourquoi Jésus n'a-t-il pas appelé les douze légions d'anges ?

Jésus pouvait demander à son Père plus de douze légions d'anges, environ 72 000 selon le prédicateur. Il a retenu sa puissance pour que les Écritures s'accomplissent et il est resté sur la croix par amour pour nous. C'est le sommet de la maîtrise de soi.

Comment grandir dans la maîtrise de soi au quotidien ?

John propose trois principes simples : prier avant de décider, réfléchir avant de parler, réfléchir avant d'agir. Il rappelle surtout que la maîtrise de soi est un fruit de l'Esprit : c'est l'Esprit de Dieu qui la produit en nous pour nous rendre semblables à Christ.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Vie intérieure »

Ne rate aucune prédication de St Stephen's Presbyterian Surrey Hills

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Personnages de la Bible dans ce message

Prier pour cette situation

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par St Stephen's Presbyterian Surrey Hills. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Matthieu 26 : la maîtrise de soi de Jésus à Gethsémané | Efficient Church