Introduction
« Qu'est-ce que tu ressens quand tu marches en ville et qu'un prédicateur de rue essaie d'attirer l'attention de tout le monde ? » Le Rev. Ross Wilson, pasteur de Southside Presbyterian Church, en Australie, ouvre ainsi le deuxième message de sa série sur 2 Timothée. Certains pensent : « Continue, frère, je prie pour toi. » D'autres se recroquevillent intérieurement : « C'est un peu gênant. J'aimerais que tu ne fasses pas ça. »
Même malaise quand quelqu'un frappe à ta porte ou glisse un tract dans ta boîte aux lettres pour te parler de Jésus. Dans l'assemblée, reconnaît le pasteur, certains se demandent pourquoi l'Église ne fait pas davantage de porte-à-porte, et d'autres sont soulagés que personne ne les y oblige. Est-ce parce que les gens nous sont indifférents ? Ou parce que nous sommes simplement paresseux ?
Nous avons pourtant un message immense : passer de la mort à la vie. Alors comment l'annoncer ? Comment faire connaître Jésus ? Ross Wilson trouve beaucoup de clarté dans les consignes que l'apôtre Paul donne au jeune Timothée en 2 Timothée 4:1-2.
Plan du message
1. Jésus revient : ce que tu fais en attendant compte
- La semaine précédente, l'Église a étudié la fin du chapitre 3. Le chapitre 4 s'ouvre sur une consigne solennelle : « Je t'en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume. »
- Jésus, le roi de Dieu, est venu une première fois pour sauver le monde de ses péchés. Puis il est remonté au ciel pour un temps déterminé. Il revient, et il viendra comme juge.
- C'est à la lumière de ce retour que Paul parle : « Nous ne sommes pas dans une attente immobile, à perdre notre temps jusqu'au retour de Jésus. Ce que tu fais compte. »
2. Le bruit des graviers dans l'allée
- Adolescent, Ross Wilson vivait dans une ferme, au bout d'une longue allée de terre couverte de gravier. L'après-midi, sa mère lui disait : « Je dois sortir, je rentre à cinq heures. Ta chambre et la cuisine doivent être rangées avant mon retour. » Réponse : « Oui maman, ne t'inquiète pas. »
- Entre le bruit de la voiture sur le gravier et le moment où sa mère franchissait la porte, il savait avoir environ trois minutes. Combien de temps lui fallait-il pour ranger sa chambre et la cuisine ? Trois minutes. « Les parents savent. Petit conseil aux ados : vos parents savent. »
- Au fond, nous agissons un peu ainsi avec Jésus. Avant de partir, il a dit à ses disciples d'aller faire des disciples et de les aider à grandir, avec cette promesse : « je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:20). Et nous nous disons : il n'est pas là, nous avons encore le temps.
- Daniel annonce le fils de l'homme qui vient sur les nuées (Daniel 7:13). Nous pensons : « Dès que je vois le nuage, j'aurai l'air occupé. » Paul répond : non. Ce sont les derniers jours, Jésus viendra pour le jugement, et il faut agir maintenant.
3. Prêche la Parole, c'est-à-dire prêche Jésus
- Le verset 2 donne le contenu de la consigne : « prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant ».
- Prêcher la Parole ne veut pas dire que tout le monde doit monter en chaire. Il s'agit de dire la Parole et d'enseigner les autres. La consigne s'adresse à chacun, pas seulement aux prédicateurs.
- Il ne s'agit pas non plus d'être un orateur éloquent. « La Parole » désigne la Bible, le message de Dieu. Paul emploie un raccourci : prêche Jésus.
- Dit plus précisément : Dieu a envoyé son Fils Jésus, son roi, dans un monde brisé et pécheur qui a besoin d'être sauvé. Le roi vient dans son royaume pour sauver son peuple. Il meurt sur la croix, de la mort que nous méritons, pour que nous ayons la vie. Puis il revient pour nous ramener à la maison. « Voilà le message de l'Évangile. »
- « En toute occasion, favorable ou non » : ce n'est pas toujours facile. L'Église a connu des périodes de persécution violente, et la tendance est alors de se replier. Dire « Jésus est le seul Seigneur, le seul chemin vers la vie » peut mettre des amitiés en danger.
- Parfois, la raison est plus simple : la paresse. « Parfois j'en ai envie, parfois non. » Mais les gens ont besoin d'entendre ce message, qu'ils soient réceptifs ou opposés.
4. Reprendre, censurer, exhorter : faire demi-tour
- Selon Ross Wilson, nous minimisons la transformation radicale à laquelle nous appelons les gens quand nous leur disons de croire en Jésus. La Bible décrit la vie comme un chemin. Vivre pour soi, c'est courir après ses propres idoles.
- Reprendre quelqu'un, c'est lui dire : « Non, non, non. Tu cours après la mauvaise chose. Ce chemin mène à la mort. Tu as besoin de Jésus, tu as besoin de faire demi-tour. » C'est le sens du mot repentance.
- Il faut aussi censurer, car nous tombons sans cesse dans le même piège : « Mais j'aime mon idole. Je veux la garder tout en suivant mon chemin. »
- Et il faut exhorter, encourager : Jésus est mort pour toi, il t'a aimé alors que tu étais encore pécheur (Romains 5:8), sans que tu l'aies mérité. « Que notre Dieu est bon d'aimer un pécheur comme moi et de me donner la vraie vie ! »
- Le pasteur l'avoue : il aime le message d'encouragement, beaucoup moins celui qui reprend. Quand tu détournes les yeux de Jésus vers tes anciennes idoles, la Parole, par une prédication ou par ta lecture personnelle, te dit : « Tu vas dans la mauvaise direction. » Fais demi-tour.
- Personne ne peut dire : « Je sais tout, j'ai maîtrisé la chose, je vais bien. » Nous avons tous besoin d'entendre ce message encore et encore, parce qu'il touche à la vie éternelle.
- Que trouvera Jésus à son retour ? Une Église qui parle de lui et qui oriente les gens vers le roi qui revient dans son royaume. Rien d'autre dans la création n'a reçu cette responsabilité : l'Église est la seule.
5. Avec patience : exacts sur la doctrine, chaleureux avec les gens
- Faut-il donc aller prêcher dans la rue ce soir ? Ce ne serait qu'une partie du verset, qui se termine par « avec toute douceur et en instruisant ». La manière compte. Le but n'est pas seulement de prêcher, mais de faire des disciples de Jésus et de les faire grandir.
- Paul l'explique plus haut : « il ne faut pas qu'un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience » (2 Timothée 2:24). Il parle à Timothée, mais la parole vaut pour chacun de nous.
- L'espérance, c'est que Dieu leur donne la repentance et qu'ils « se dégageront des pièges du diable » (2 Timothée 2:26). Ross Wilson raconte une vidéo : un python attrape un opossum et le serre lentement. L'opossum a l'air détendu, comme s'il disait : « Le serpent veut passer du temps avec moi, il me fait un câlin. » Il ne cherche même pas à fuir. Puis il ne peut plus bouger, ne peut plus respirer, et il meurt.
- Satan agit ainsi avec nos péchés. « Je peux vivre avec le péché, il ne me contrôle pas, j'aime juste jouer avec mes idoles. » Avant que nous nous en rendions compte, l'étreinte s'est resserrée et nous mène à la mort spirituelle.
- Annoncer « Jésus revient, et si tu ne crois pas en lui, tu iras en enfer » au coin d'une rue, c'est à peu près le message, mais le but n'est pas de choquer les gens. Le but est qu'ils soient transformés, et cela demande de la patience et un enseignement soigneux.
- « Nous voulons être exacts sur le plan théologique. » Pas de message édulcoré du genre : « Ne t'inquiète pas du péché, c'est juste un vilain mot qui culpabilise. » On parle du péché, et surtout de sa solution, la mort de Jésus sur la croix. Mais il faut aussi être chaleureux : patience, grâce, pas de rancune, pas de dispute.
- Le prédicateur de rue qui t'interrompt sur le chemin du travail, la personne qui entre chez toi pour te convaincre de sa religion : ils ont peut-être la vérité, mais est-ce chaleureux ? Rarement. Pour autant, pas question de rester les bras croisés en attendant le retour de Jésus.
6. Southside : une Église simple où Jésus est clair
- Ross Wilson fait davantage confiance au parcours de découverte proposé par l'Église, où les questions sont les bienvenues : inviter les gens à venir dans les locaux, leur offrir l'hospitalité, les aimer vraiment, apprendre à les connaître et répondre à leurs questions.
- Le même principe vaut pour le culte du dimanche, l'Église des enfants, le groupe de jeunes, les cours d'anglais et les groupes de croissance : exacts sur le plan théologique, chaleureux dans la manière.
- Cette conviction vient de son histoire. Il a grandi dans une Église où il allait chaque dimanche sans comprendre qui était Jésus, le Fils de Dieu mort pour lui. Il ne l'a compris que bien plus tard, lors d'un camp, à l'âge de quinze ans. « Comment ai-je pu n'être qu'un enfant d'Église qui connaissait toutes les réponses sans les avoir reçues dans son cœur ? Je ne veux pas que d'autres manquent ce que j'ai manqué. »
- Quand il est arrivé à Southside pour en prendre la direction, l'Église était toute petite. À la question « Que voulons-nous pour cette Église ? », il a vite répondu : « Je ne veux pas que mes enfants vivent ce que j'ai vécu à l'Église. Je veux qu'ils connaissent Jésus clairement. » L'autre désir était que les enfants et les familles se sentent accueillis, aimés et membres de la communauté, pour que tous voient Jésus clairement.
- Simple, relationnelle, chaleureuse, mais toujours tournée vers Jésus : « C'est non négociable. » Depuis des années, c'est la culture de Southside.
7. Enfants et jeunes : vivre sa foi sous leurs yeux
- Deux responsables témoignent. Le premier sert dans le groupe de jeunes (8e et 9e années) et à l'Église des enfants (4e à 6e années) : « Les fondations comptent pour nos enfants, c'est la génération suivante », pour que personne ne se contente d'avoir l'air occupé au retour de Jésus.
- Le second s'occupe des garçons de la 10e à la 12e année et des jeunes adultes. L'adolescence est le moment où l'on se forge une vision du monde et où l'on pose les fondations de toute sa vie. Ces jeunes deviendront les responsables de l'Église.
- Avec les enfants, le premier donne souvent quelque chose à faire pour occuper leur attention. Ils semblent distraits, mais c'est là qu'ils retiennent le mieux. Un parent vient parfois lui dire : « Mon fils a été très encouragé par ce que tu as dit. » « Je ne savais même pas qu'ils écoutaient. »
- Aux parents, il conseille aussi de ne pas le prendre personnellement si les enfants semblent ne pas écouter : ils regardent tout ce que tu fais. Personne n'écoute quelqu'un qui ne croit pas vraiment ce qu'il dit. Il cite 2 Timothée 3:14 : « Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises. »
- Le second raconte une partie de gaga ball, la semaine précédente, au groupe de jeunes. La règle : la balle doit rebondir trois fois avant que le jeu commence. Il a frappé trop tôt et éliminé un joueur. Au tour suivant, un garçon a frappé après un seul rebond. « Tu es éliminé. » « Non, toi tu ne l'as pas laissée rebondir trois fois au tour d'avant. » Les enfants sont le meilleur miroir de ta relation avec Dieu.
- Son conseil : vis ta foi de façon intentionnelle devant tes enfants, lis ta Bible devant eux. Réserve une heure par semaine, ou toutes les deux semaines, pour sortir avec ton enfant au parc ou au café, ta Bible avec toi. Demande-lui comment ça va avec ses amis, à l'école, avec Dieu. Au début, les réponses tiendront en un mot. Pose des questions plus profondes. « L'impact sera inimaginable. »
- Ross Wilson conclut : il ne s'agit pas seulement de connaissance intellectuelle, mais du cœur. L'Église veut voir des vies transformées.
Points à retenir
- Jésus reviendra comme juge : ce que tu fais en attendant compte, inutile d'attendre le bruit des graviers pour t'y mettre.
- Prêcher la Parole concerne chaque chrétien : il s'agit de dire Jésus, le roi mort à notre place et qui revient.
- La Parole reprend, censure et exhorte : elle appelle à un demi-tour qui fait passer de la mort à la vie.
- La manière compte : exacts sur la doctrine, chaleureux avec les gens, patients, pour transformer et non pour choquer.
- Les enfants regardent ta vie : une foi vécue sous leurs yeux parle plus fort que les discours.
Application personnelle
- Quand tu penses au retour de Jésus, attends-tu « le bruit des graviers » pour te mettre en mouvement ?
- Qu'est-ce qui te retient le plus de parler de Jésus : la peur de perdre des amis, ou simplement le manque d'envie ?
- Y a-t-il un péché ou une idole avec lesquels tu crois pouvoir vivre, comme l'opossum dans l'étreinte du python ?
- Quand tu parles de ta foi, es-tu plutôt exact mais froid, ou chaleureux mais flou ? Que peux-tu changer ?
- Quelle heure peux-tu réserver cette semaine ou la suivante pour demander à un enfant ou à un jeune comment il va avec Dieu ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire « prêcher la Parole » en 2 Timothée 4:2 ?
Pour Ross Wilson, ce n'est pas réservé à ceux qui montent en chaire. Prêcher la Parole, c'est dire le message de la Bible et enseigner les autres. Paul emploie un raccourci : prêche Jésus, le roi envoyé par Dieu, mort à notre place sur la croix et qui reviendra nous ramener à la maison.
Pourquoi le retour de Jésus change-t-il notre façon de vivre ?
Paul donne sa consigne « au nom de son apparition et de son royaume ». Jésus reviendra pour juger les vivants et les morts. Ross Wilson en conclut que l'attente n'est pas immobile : ce que nous faisons maintenant compte, sans attendre le dernier moment pour avoir l'air occupé.
Comment annoncer l'Évangile sans brusquer les gens ?
Le verset se termine par « avec toute douceur et en instruisant ». Ross Wilson invite à être exact sur le plan théologique, sans édulcorer le péché, et chaleureux dans la manière : patience, accueil, réponses aux questions. Le but n'est pas de choquer les gens mais de voir leur vie transformée.