Introduction
« Traverses-tu des temps difficiles ? Fais-tu face à des épreuves dans ta vie en ce moment ? » Michael, qui dirige le campus de Honeywood de Mount Pleasant Baptist Church, ouvre ainsi son message sur Philippiens 1:12-26, intitulé « La souffrance a un but ».
Il ne parle pas de loin. Ces derniers mois, il a reçu le diagnostic d'une maladie auto-immune rare qui s'attaque à ses yeux, à ses oreilles et à son cerveau, puis, deux semaines plus tard, celui d'un cancer de la thyroïde. Il a été opéré et il est en voie de guérison. Il remercie l'Église pour ses prières, son soutien et ses mots d'encouragement.
Sa conviction tient en une phrase : quand Christ devient notre plus grand trésor, nous commençons à voir la souffrance autrement. Oui, il y aura des blessures et des cicatrices. Mais notre vie et notre amour suprême pour Jésus parlent à la souffrance et à la mort et leur disent : « Tu ne m'as pas vaincu, et tu ne me vaincras pas. » C'est ce que Jésus dit au cœur de notre douleur.
Plan du message
1. Pour quoi vis-tu ?
- Michael pose d'abord une question : « Pour quoi vis-tu ? Quel est le moteur de ta vie ? » La réponse révèle l'amour qui domine ton cœur.
- Nous avons beaucoup d'amours légitimes : la famille, les enfants, le travail. Mais ce qui vient en premier devient la force qui te pousse et la lentille à travers laquelle tu vois tout : tes joies, tes peines, tes douleurs et même tes souffrances.
- Jésus le dit en Matthieu 6:21 : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » Ce que nous chérissons façonne nos espoirs, mais aussi ce que nous craignons et ce qui nous fait pleurer. Deux personnes peuvent vivre la même situation et réagir de façon très différente.
- Avec humour, il prend l'exemple du football australien. Les supporters des Fremantle Dockers ont vécu trente ans de « douleur et de souffrance » depuis la première saison du club en 1995. Ceux qui ne suivent pas ce sport se demandent pourquoi courir après un ballon qui n'est même pas rond. Ce que tu places dans ton cœur influence ton regard sur chaque situation.
- Quand Christ est ce trésor, la souffrance n'est plus sans but ni sans espérance. Jésus a dit : « Car je vis, et vous vivrez aussi » (Jean 14:19). Pour ceux qui sont en Christ, ce que nous vivons de ce côté-ci de l'éternité n'est que temporaire.
2. Dans l'épreuve, une vie centrée sur l'Évangile fait avancer l'Évangile
- L'emprisonnement de Paul semblait entraver son ministère. Pourtant, Dieu s'en est servi pour faire connaître Christ à toute la garde prétorienne et pour donner aux frères plus d'assurance pour annoncer la Parole sans crainte (Philippiens 1:12-14).
- « La prison n'a pas arrêté la diffusion de la bonne nouvelle, elle est devenue le moyen même par lequel l'Évangile a avancé. »
- Joseph en est un autre exemple : fausses accusations, prison, esclavage. Son témoignage à ses frères : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l'a changé en bien » (Genèse 50:20).
- Michael raconte la nuit de son hospitalisation. Une infirmière des urgences, visiblement de mauvaise humeur, vient lui poser un cathéter. Il ne voit plus, son audition baisse, ses maux de tête sont insupportables. Il lui demande pourquoi elle travaille de nuit. Elle a trois jeunes enfants, le plus petit a environ trois ans. Il la remercie d'être là alors qu'elle préférerait sans doute être avec eux, et lui demande d'être douce avec l'aiguille.
- Une demi-heure plus tard, elle est encore dans sa chambre. Ils parlent de l'éducation des enfants et des difficultés qu'elle rencontre avec sa fille adolescente. Il lui suggère un endroit où sa fille serait peut-être mieux. « Une simple conversation, une petite occasion. »
- Lui pensait devoir être à l'église le dimanche pour prêcher, enseigner, être avec les jeunes ou à Honeywood. Mais Dieu lui a fait comprendre : « Non, j'ai besoin de toi à l'hôpital. J'ai besoin de t'envoyer quelqu'un pour que tu puisses avoir une conversation. »
- Sa conclusion : ne demande pas seulement à Dieu de retirer la situation ou de t'en faire sortir. Demande-lui : « Seigneur, comment puis-je te voir dans cette situation ? Qui as-tu placé à côté de moi ? Comment Christ peut-il être connu à travers cela ? » Nos circonstances peuvent limiter nos mouvements, elles ne peuvent pas limiter la mission de Dieu.
3. Dans l'épreuve, une vie centrée sur l'Évangile élève Jésus
- Certains prêchaient Christ par amour, d'autres par envie et par esprit de rivalité, pensant ajouter de la souffrance aux liens de Paul. Paul n'approuvait pas leurs motivations, mais il refusait de laisser la rivalité ou les querelles prendre la première place.
- Il se réjouissait que Christ soit annoncé : « Qu'importe ? De toute manière, que ce soit pour l'apparence, que ce soit sincèrement, Christ n'est pas moins annoncé : je m'en réjouis, et je m'en réjouirai encore » (Philippiens 1:18). Peu lui importait ce que les gens pensaient de sa situation.
- Jean-Baptiste a vécu la même chose. Quand ses disciples s'inquiètent de voir les foules aller vers Jésus, il répond : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue » (Jean 3:30). Il était venu pour un rôle précis. La vie centrée sur l'Évangile ne consiste pas à protéger notre position, notre image ou notre statut, mais à diriger les gens vers Christ.
- Dans l'épreuve, tu as un choix : regarder vers l'intérieur, vers toi-même et ce que tu traverses, ou regarder vers Jésus. Quand tu regardes vers lui, il est élevé, et cela lui rend gloire.
- Michael propose de s'examiner : vais-je continuer à me réjouir si quelqu'un d'autre reçoit le mérite ou la reconnaissance de ce que j'ai fait ? Vais-je rejeter l'esprit de compétition, de comparaison et d'autopromotion ? Est-ce que je parle de moi et de mes souffrances, ou de sa bonté, de son amour, de sa miséricorde, de sa grâce et de son sacrifice ? « Ce qui est au fond de nos cœurs finira par sortir. »
- Il témoigne : si Jésus lui demandait de traverser une nouvelle épreuve de santé, il répondrait « Oui, Seigneur, emmène-moi », et ce ne serait pas un mensonge. Il ne souhaiterait pas cette douleur à son pire ennemi, mais l'endroit où Dieu l'a conduit dépasse de loin cette souffrance. « Je connais ma place auprès de toi et je connais notre destination. »
4. Dans l'épreuve, une vie centrée sur l'Évangile ouvre une vie nouvelle
- « La souffrance apporte une vie nouvelle. Elle est un catalyseur de vie nouvelle. » Paul déclare : « Christ est ma vie, et la mort m'est un gain » (Philippiens 1:21). Il pouvait affronter la vie ou la mort avec confiance, parce que Christ définissait les deux.
- D'où son attitude : « Advienne que pourra. » En 2 Corinthiens 11, Paul énumère ses épreuves : les coups, les naufrages, la faim. Et pour l'amour de l'Évangile, il dit : advienne que pourra.
- Vivre signifiait pour lui un travail fructueux dans l'annonce de la bonne nouvelle. Mourir signifiait être avec Christ, ce qui était bien meilleur pour lui. Pourtant, il était prêt à rester en prison pour continuer à servir les gardes impériaux et donner aux croyants le courage de parler de Jésus avec assurance.
- Quand l'épreuve arrive, la question à se poser est donc : pour qui est-ce que je vis ? Pour moi ou pour Christ ? Est-ce que j'essaie seulement de survivre à ma journée, ou est-ce que je crois que ma souffrance a un but, que Dieu peut l'utiliser pour répandre l'Évangile, élever Christ et apporter vie et espérance à ceux qui m'entourent ?
- Cela demande un cœur tourné vers les autres : « Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire » (Philippiens 2:3), et « par honneur, usez de prévenances réciproques » (Romains 12:10).
5. Jésus a choisi le chemin de la croix pour nous
- Jésus a vécu une vie dont le cœur n'était pas tourné vers lui-même, mais vers le Père et vers nous. Il nous a laissé le modèle, même quand cela signifiait la douleur, jusqu'à sa mort sur la croix.
- Juste après son baptême et la voix du Père (« Celui-ci est mon Fils bien-aimé »), il est conduit au désert, jeûne quarante jours et quarante nuits et est tenté par le diable (Matthieu 3:13 à 4:11).
- Michael relève trois tentations : satisfaire sa faim et prendre soin de lui-même, faire étalage de sa puissance, et enfin utiliser cette puissance pour établir le royaume en contournant la croix : « Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores. » Le but final aurait été le même, sans la croix.
- Jésus refuse : « Je ne prendrai pas le chemin facile. Je connais le chemin que mon Père a tracé pour moi. Il passe par la souffrance, il passe par la croix. » À Gethsémané, il a lutté avec cette souffrance, mais il s'est soumis à la volonté du Père. Pour qui ? Pour nous.
- « Église, nous ne sommes jamais seuls, parce que Christ a été seul sur la croix pour nous. » Dans nos douleurs, il suffit de regarder à Christ sur la croix et de recevoir ce qu'il a pour nous. À cause de la joie qui lui était réservée, il a choisi la croix pour nous donner une vie nouvelle (Hébreux 12:2).
- La plus grande expression d'amour envers quelqu'un qui souffre, c'est de lui dire : « Je prie pour toi, je marche avec toi. » C'est ce que l'Église a vécu avec Michael. Et Jésus nous dit la même chose : « Je suis avec toi, parce que je suis monté sur la croix. Je sais ce que tu traverses. »
6. La souffrance n'a pas le dernier mot
- Michael lance un défi pour la semaine : prends du temps pour regarder ta vie, au milieu de ce que tu traverses, et pose-toi la question du début : pour quoi vis-tu ? Qu'est-ce qui occupe la première place ? Christ, l'Évangile, ou autre chose ?
- Quelle que soit ta réponse, commence par la reconnaissance : remercie Dieu pour l'Évangile, pour le chemin de souffrance que Jésus a choisi pour nous, pour son sacrifice, pour la défaite du péché et de la mort, et pour l'Esprit qui habite en nous afin que nous ne soyons jamais seuls.
- Ensuite viennent les questions : comment faire de Christ le but et le sens de ma vie ? Comment faire de l'éternité avec lui mon espérance ? Comment faire de l'annonce de la bonne nouvelle ma priorité, dans la vie comme dans la mort ?
- Philippiens 1:12-26 montre que la souffrance n'a pas le dernier mot. « Christ a le dernier mot, et il l'a déjà prononcé sur la croix. »
- La paix et la joie de Paul ne venaient pas du verdict de son procès ni du don reçu de l'Église de Philippes, mais de la certitude que, qu'il vive ou qu'il meure, ce qu'il affrontait n'était pas la fin de l'histoire.
- Christ reviendra. L'Apocalypse annonce qu'il n'y aura plus de larmes ni de mort (Apocalypse 21:4). « Vis avec une espérance vivante et absolue. Au bout du compte, nous serons avec Christ, et c'est cela, la fin de l'histoire. »
- Le message se conclut par la sainte cène : le pain et la coupe rappellent que Jésus a choisi le chemin de la souffrance vers la croix pour nous (1 Corinthiens 11:23-26), afin que nous choisissions une vie centrée sur l'Évangile.
Points à retenir
- Ce qui occupe la première place dans ton cœur devient la lentille à travers laquelle tu vois toute chose, y compris ta souffrance.
- Dieu peut se servir de tes limites pour faire avancer l'Évangile, comme il l'a fait avec les chaînes de Paul ou un lit d'hôpital.
- Dans l'épreuve, tu peux regarder à toi-même ou regarder à Jésus. Quand tu regardes à lui, il est élevé.
- « Christ est ma vie, et la mort m'est un gain » : quand Christ définit la vie et la mort, tu peux dire « advienne que pourra ».
- Tu n'es jamais seul dans la souffrance, parce que Christ a été seul sur la croix pour toi. La souffrance n'a pas le dernier mot.
Application personnelle
- Si tu es honnête, pour quoi vis-tu aujourd'hui ? Qu'est-ce qui occupe vraiment la première place dans ton cœur ?
- Dans l'épreuve que tu traverses, au lieu de demander seulement à en sortir, peux-tu demander : « Qui as-tu placé à côté de moi, Seigneur ? »
- Quand tu parles de ta situation, parles-tu surtout de toi, ou de la bonté et de la fidélité de Dieu ?
- Pourrais-tu te réjouir si quelqu'un d'autre recevait la reconnaissance de ce que tu as fait ?
- Qui, autour de toi, a besoin d'entendre cette semaine : « Je prie pour toi, je marche avec toi » ?
Versets cités
- Philippiens 1:12-26
- Matthieu 6:21
- Jean 14:19
- Genèse 50:20
- Jean 3:30
- 2 Corinthiens 11
- Philippiens 2:3
- Romains 12:10
- Matthieu 3:13 à 4:11
- Hébreux 12:2
- Apocalypse 21:4
- 1 Corinthiens 11:23-26
Questions fréquentes
Que veut dire « la souffrance a un but » dans Philippiens 1 ?
Pour Michael, quand Christ occupe la première place dans le cœur, la souffrance n'est plus vide de sens. Dans une vie centrée sur l'Évangile, elle fait avancer l'Évangile, elle élève Jésus et elle devient le point de départ d'une vie nouvelle. Paul en prison le montre : ses chaînes ont fait connaître Christ jusque dans la garde impériale.
Que signifie « Christ est ma vie, et la mort m'est un gain » ?
En Philippiens 1:21, Paul peut regarder la vie comme la mort avec confiance, parce que Christ définit les deux. Vivre, c'est servir l'Évangile avec fruit. Mourir, c'est être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur. Michael résume cette attitude par une expression : « advienne que pourra », pour l'amour de l'Évangile.
Que demander à Dieu quand on traverse une épreuve ?
Michael invite à ne pas seulement demander à Dieu d'enlever la situation ou de nous en faire sortir. Il propose de demander : « Seigneur, comment puis-je te voir dans cette situation ? Qui as-tu placé à côté de moi ? Comment Christ peut-il être connu à travers cela ? » Dieu peut se servir de l'épreuve pour faire avancer son œuvre.