Introduction
« Nous n'avons pas été créés pour être seuls. » Simon Ponsonby, prédicateur à St Aldates, à Oxford, ouvre ainsi ce message de la série Vision 26. Son thème tient en un mot : le lien. Avec Dieu, avec les autres, avec la société qui nous entoure.
Le texte est Actes 2:42-47, le premier portrait de la vie commune de cette communauté nouvelle qu'on appelle l'Église. Quelques semaines plus tôt, Steven, le pasteur de St Aldates, s'était appuyé sur ce même passage pour présenter la vision de l'Église pour cette saison. Simon Ponsonby y revient pour en tirer quelques points.
Son point de départ est un constat : nous sommes la génération la plus connectée de l'histoire, et pourtant la plus seule. Ce manque, dit-il, révèle pourquoi nous avons été créés.
Plan du message
1. Créés pour le lien, dans une époque de solitude
- Le médecin américain Dean Ornish écrit que le besoin de lien et de communauté est un besoin primaire, aussi fondamental que le besoin d'air et d'eau. « Et il a raison. »
- Il y a quatre siècles, le prêtre et poète John Donne écrivait : « Nul homme n'est une île. » Chacun de nous est un morceau du continent. Mais beaucoup ont le sentiment que le continent se fragmente et devient un archipel, où chacun se dissout dans la mer de la culture.
- Selon une enquête sur l'appartenance publiée en 2026, le nombre de jeunes qui disent n'avoir aucun ami proche a été multiplié par cinq en douze ans. 22 % des milléniaux disent n'avoir aucun ami. Les hommes d'âge mûr, « comme moi », sont ceux qui ont le moins d'amis : près de 40 % disent n'en avoir aucun.
- La technologie promettait plus de lien, mais beaucoup constatent qu'elle aggrave l'isolement. Malgré nos appareils, nos algorithmes, nos applications, nos mentions « j'aime » et nos abonnés, la solitude est devenue une épidémie.
- Le romancier Dan Brown l'a écrit : nous sommes tous connectés électroniquement au monde, et pourtant nous nous sentons totalement seuls.
- Il y a dans le cœur humain un désir de lien. C'est ainsi que nous avons été faits, et c'est même la raison pour laquelle nous avons été faits. Dieu a dit qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul (Genèse 2:18). Et nous avons été créés pour être en lien avec Dieu.
2. Un Dieu qui a pris l'initiative du lien
- Simon Ponsonby a lu cette semaine que certains cherchent à se connecter à l'univers, par exemple avec une musique accordée à 432 hertz, présentée comme le battement de cœur de la terre. « Nous ne cherchons pas à nous connecter à l'univers. Nous sommes ici pour nous connecter au Dieu qui a créé l'univers. »
- Au cœur de la foi chrétienne, il y a un Dieu qui a pris l'initiative. D'abord en nous créant. Puis, de façon suprême, en envoyant son Fils, Jésus-Christ, pour nous révéler Dieu, nous réconcilier et nous unir à lui.
- Jésus est mort sur la croix. Il a payé pour nos péchés, annulé l'accusation portée contre nous et dégagé les décombres de nos fautes. Quand nous mettons notre foi en lui, nos péchés sont pardonnés, le chemin vers Dieu s'ouvre, et Dieu envoie son Esprit habiter en nous : nous devenons sa maison.
- Dieu est par nature un Dieu de relation. Avant la création, il est éternellement Père, Fils et Esprit, trois personnes, un seul Dieu, dans un amour mutuel. Par Christ, par sa mort et par le don de l'Esprit, il nous attire dans cette communion éternelle.
3. La Parole : Dieu te parle
- Les premiers chrétiens persévéraient dans l'enseignement des apôtres. Cet enseignement est encore à notre disposition : c'est le Nouveau Testament, de Matthieu à l'Apocalypse, vingt-sept livres.
- Les premiers chrétiens étaient appelés « la Voie ». Comment dois-je vivre ? La réponse se trouve dans cet enseignement inspiré par l'Esprit, mis par écrit, préservé, transmis et traduit. Dans ce livre, Dieu nous rencontre, nous parle, nous guérit, corrige notre route, nous transforme et nous dirige.
- L'Église a distribué plusieurs milliers de Bibles en deux ans, et en offre une ce soir-là à quiconque n'en possède pas.
- Le prédicateur raconte avec humour qu'une de ses Bibles, garantie à vie, s'est défaite après dix-huit mois. Il l'a renvoyée, et on lui a répondu, un peu sèchement : « Ce livre a fait l'objet d'un usage excessif. » Sa première réaction : « J'adore. » Sauf que ce n'était pas vrai : elle était restée sur une étagère, consultée quelques fois seulement.
- « En fait, chaque Bible a une garantie à vie : elle garantit une vie entière de relation avec Dieu. » Simon Ponsonby souhaite une Église qui use vraiment ce livre, parce que Dieu s'y révèle et s'y donne.
4. La prière : tu parles à Dieu
- « Si la Bible, c'est Dieu qui nous parle, la prière, c'est nous qui parlons à Dieu. »
- Quelqu'un lui a demandé cette semaine : « Crois-tu vraiment que nos prières changent quoi que ce soit pour Dieu ? » Il reprend ce que dit souvent Steven : « Merci pour vos prières, elles font vraiment une différence. » Nos prières ne se perdent pas. Dieu n'est ni indifférent ni absent : il est attentif, il entend et il répond, parce qu'il prend soin de toi.
- Le prédicateur confie l'un de ses plus grands regrets de père. Il a élevé deux fils, aujourd'hui âgés de 26 et 28 ans, devenus des jeunes hommes remarquables, « grâce à leur mère surtout ». Mais il était souvent occupé et faisait passer le travail avant eux.
- Quand son fils aîné était adolescent, il lui a demandé ce qu'il changerait chez lui. Réponse : « Je te ferais te débarrasser de ton ordinateur portable. » À sa naissance, il avait à peine pris une semaine de congé.
- Ce fils vient d'avoir des jumeaux, et Simon Ponsonby est devenu grand-père pour la première fois. Son fils a pris deux mois de congé, dont la moitié sans solde, pour être avec ses enfants. Le prédicateur s'est senti interpellé par son propre manquement.
- En le regardant à Londres avec les deux petits, il a aussi compris combien Dieu nous aime : dès qu'ils se réveillent, le père et la mère sont là ; dès qu'ils manifestent un besoin, on les prend dans les bras. « Dieu n'est pas indifférent. Et tu n'es pas insignifiant pour Dieu. » La prière est la langue du lien, et il veut entendre davantage ta voix.
5. La fraction du pain et la louange
- La fraction du pain désigne ce que nous appelons la sainte cène, ou eucharistie, le mot employé pour le dernier repas de Jésus. Les premiers chrétiens partageaient chaque jour le pain et le vin, s'arrêtaient au cours du repas et méditaient sur Christ. Là, le surnaturel rejoint le naturel, l'éternel rejoint le temporel.
- Simon Ponsonby retient trois mots de la liturgie. Se souvenir : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22:19). Nous nous souvenons de la plus belle vie que le monde ait connue, brisée sur le bois de la croix pour notre pardon, notre liberté et l'accueil du Père.
- Recevoir : « Je suis prêtre depuis trente ans, et c'est un mystère pour moi », mais d'une manière ou d'une autre, la grâce de Dieu est donnée à ce moment-là. Se réjouir : eucharistie veut dire littéralement action de grâces.
- Deux erreurs opposées guettent. La désinvolture : on avance, on prend le pain, on retourne à sa place. Et la peur : « J'ai mal agi, j'ai passé un mauvais week-end, je vais m'abstenir. » Dieu répond : « Non, viens. C'est pour toi. » Viens avec foi : souviens-toi, reçois, réjouis-toi.
- Les premiers chrétiens ne pouvaient s'empêcher de louer Dieu. En hébreu, le verbe louer est lié au mot qui désigne la main, « yad » : il évoque le geste de lever le bras. Lever les mains est un geste du corps qui dit « oui » à Dieu. « Ce n'est pas un concert. Cela peut y ressembler, mais c'est de la reconnaissance. »
- Pendant une réunion de louange en semaine, le prédicateur tenait la porte avec un autre membre de l'église. « Parfois je suis prêtre, parfois agent de sécurité. » Un chauffeur de bus est descendu de son véhicule et a couru vers eux : « C'est quoi, ce son ? » « C'est de la louange, mon ami. » Il est entré, saisi, avant de se rappeler que son bus était plein de passagers. On l'a invité à revenir le dimanche.
- La Bible dit que Dieu siège au milieu des louanges de son peuple (Psaume 22:4). Quand nous louons, la distance entre le ciel et la terre devient très mince, et Dieu s'approche.
6. Les uns avec les autres : une communion concrète
- Le verset 42 parle de la communion fraternelle. Le mot grec, koinonia, vient d'un mot qui signifie avoir des choses en commun. Il désigne des personnes réunies par une même passion ou une même vision, qui vivent leur vie ensemble.
- À Jérusalem, 3 000 personnes se rassemblaient au temple pour l'enseignement des apôtres, puis se retrouvaient en petits groupes dans les maisons pour partager les repas. St Aldates cherche le même équilibre : des cultes du dimanche multipliés pour accueillir 500 ou 600 personnes, puis des petits groupes en semaine dans les maisons, des parcours pour explorer la foi comme Alpha, des groupes pour enfants, adolescents, étudiants et jeunes, et de nombreuses équipes de service.
- Aucune organisation ne relie les gens comme l'Église. Elle rassemble aujourd'hui plus de deux milliards de personnes, par-delà les nations, les origines, les âges, les langues et les milieux. Un dimanche, à St Aldates, on trouve des personnes de 8 jours à plus de 80 ans, de plus de cent nationalités.
- Cette koinonia n'était pas un sentiment idéal, elle était concrète. « Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun » (verset 44). Ce n'est pas le communisme, ni la vie communautaire des hippies des années 1970. Chacun gardait ses biens, mais les tenait d'une main légère : quand un besoin apparaissait, les croyants y répondaient librement, poussés par le Saint-Esprit.
- Avant d'arriver à Oxford il y a trente ans, Simon Ponsonby était prêtre à Bradford, dans un quartier très difficile, l'une des paroisses les plus pauvres d'Europe. Elle était jumelée avec la paroisse peut-être la plus riche du nord de l'Angleterre, qui leur envoya un jour un camion de dons. En ouvrant les portes, il en sortit une petite guitare d'enfant, fendue en deux, tenue par une seule corde. « Ils ne s'étaient même pas donné la peine de la porter à la déchetterie. »
- L'Église du Nouveau Testament donnait le meilleur d'elle-même. St Aldates veut en faire l'une de ses valeurs : être une Église généreuse, qui donne chaque année des centaines de milliers pour la mission et le service des plus pauvres.
- En 124, le philosophe athénien Aristide défendait les chrétiens devant l'empereur Hadrien : « Ils s'aiment les uns les autres. Ils prennent soin des veuves et délivrent les orphelins de l'oppression. Celui qui a donne à celui qui n'a pas. C'est vraiment un peuple nouveau, et il y a en eux quelque chose de divin. » Quand nous sommes liés à Dieu, ce qui touche Dieu nous touche.
7. Une Église qui attire
- Le texte se termine ainsi : ils trouvaient grâce auprès de tout le peuple, et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés (verset 47). « Les gens ne sont pas bêtes. Ils reconnaissent une bonne chose quand ils la voient. »
- Ces chrétiens n'étaient pas un club religieux fermé, cachés derrière des portes closes. Ils vivaient leur foi au grand jour, et les gens disaient : « Ces chrétiens ont quelque chose d'extraordinaire. Je veux être avec eux. »
- Il y a environ deux ans, Steven a eu la conviction que l'Église verrait beaucoup de familles venir à la foi. C'est arrivé : souvent, un jeune ou un étudiant se convertit, et sa famille, touchée par ce que Dieu fait dans sa vie, décide de venir à l'église.
- Récemment, une personne a répondu à l'appel en fin de culte. Elle a expliqué : « Mon cousin est devenu chrétien, alors toute ma famille, oncles, tantes, cousins, est venue voir ce qui se passait. » Ils étaient plusieurs dizaines dans la salle. Les gens voient une vie changée et se disent : Dieu a rencontré cette personne, je veux rencontrer ce Dieu-là.
- À Madrid, il y a des années, Simon Ponsonby a visité une Église connue pour son ministère auprès des héroïnomanes. Environ 500 personnes louaient Dieu, dont beaucoup d'hommes au visage marqué, couverts de tatouages et de cicatrices, tous en voie de guérison. Le responsable lui a montré un groupe de femmes âgées : leurs mères, qui avaient vécu des années de cauchemar, avaient vu la transformation de leurs fils et rejoint l'Église.
- Un ami de l'Église lui a écrit cette semaine ce qu'il aime dans l'Église : louer Jésus de tout son cœur, avoir de vrais amis « depuis que Jésus m'a tiré de la fosse », avoir été hébergé grâce à son action caritative pour reconstruire sa vie, entendre la Parole explorée et expliquée, et avoir reçu la confiance de servir et de prêcher « quand j'étais encore instable ». « Ne le sommes-nous pas tous ? »
Points à retenir
- La solitude de notre époque révèle que tu as été créé pour le lien, avec Dieu et avec les autres.
- Dieu a pris l'initiative : par Jésus et par son Esprit, il t'attire dans la communion du Père, du Fils et de l'Esprit.
- La Bible, la prière, la sainte cène et la louange sont des lieux où Dieu te rencontre.
- La communion fraternelle est concrète : elle répond aux besoins et donne le meilleur, pas les restes.
- Une Église liée à Dieu et unie attire ceux qui la regardent vivre.
Application personnelle
- Où en es-tu face à la solitude : as-tu des relations où tu peux être connu, ou vis-tu ta foi seul ?
- Ta Bible est-elle usée par l'usage ou rangée sur une étagère ?
- Crois-tu que tes prières comptent pour Dieu ? Qu'aimerais-tu lui dire cette semaine ?
- À la prochaine sainte cène, vers quelle erreur penches-tu : la désinvolture ou la peur ?
- Que donnes-tu aux autres : le meilleur de ce que tu as, ou la guitare cassée ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi Simon Ponsonby parle-t-il d'une épidémie de solitude ?
Il cite une enquête de 2026 : le nombre de jeunes qui disent n'avoir aucun ami proche a été multiplié par cinq en douze ans, et près de 40 % des hommes d'âge mûr disent n'avoir aucun ami. Nous sommes la génération la plus connectée de l'histoire et pourtant la plus seule. Pour lui, ce manque révèle que nous avons été créés pour le lien, avec Dieu et avec les autres.
Que veut dire le mot koinonia dans Actes 2:42 ?
Koinonia est le mot grec traduit par « communion fraternelle ». Il vient d'un mot qui signifie avoir des choses en commun. Il désigne des personnes unies par une même passion et une même vision, qui vivent leur vie ensemble. Dans Actes 2, cette communion est concrète : chacun reste libre de ses biens, mais quand un besoin apparaît, les croyants y répondent librement, poussés par le Saint-Esprit.
Comment s'approcher de la sainte cène selon ce message ?
Simon Ponsonby retient trois mots : se souvenir de la mort de Jésus, recevoir sa grâce, se réjouir avec reconnaissance. Il met en garde contre deux erreurs opposées : venir avec désinvolture, ou s'exclure par peur en se jugeant trop pécheur. Dieu dit : viens, c'est pour toi. Il invite à venir avec foi.
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