Introduction
Depuis quatre dimanches, l'Église Connexion réfléchit au thème de l'ambition selon Dieu. Joseph Tandy le rappelle d'emblée : Dieu n'est pas contre l'ambition. Au contraire, il veut remplacer nos petites ambitions par la sienne, remplir le monde de gens qui le connaissent et qui le glorifient. Le dimanche précédent, le message montrait que ce projet est celui de Dieu : il ouvre et ferme les portes, il prépare les rencontres, il ouvre les cœurs. Nous ne perdons donc pas notre temps en poursuivant cette ambition.
Mais toute ambition sérieuse demande du travail. Toutes les ambitions ne sont pas sérieuses, s'amuse le pasteur : une connaissance, revenue d'un concert de Bruno Mars, a demandé qu'on lui prépare un plan pour l'épouser, plan qui impliquait d'attendre dans un hôtel de Las Vegas. Les vraies ambitions, elles, exigent du travail. Si les Bleus veulent soulever la Coupe du monde, ils doivent accepter l'entraînement, les blessures, les sacrifices et la pression. L'ambition selon Dieu ne fait pas exception : « Si nous voulons grandir avec Dieu, voir des gens rencontrer Jésus et voir naître de nouvelles Églises, cela demandera du travail. »
C'est précisément là où en est Connexion. Dans un an, après plus de dix ans parmi eux, la famille Procopio partira implanter une nouvelle Église dans l'est de Paris, et l'Église prie pour que certains les accompagnent. La situation ressemble à celle de l'Église de Philippes : dix ans après sa naissance, Paul, qui l'a fondée, est en prison et risque l'exécution. Les Philippiens l'aiment profondément, mais ils doivent apprendre à avancer sans lui. Le passage de ce matin, Philippiens 2.12-30, appelle à se mettre au travail pour Jésus, avec joie et avec sacrifice. Deux points : au travail, et l'état d'esprit du Maître comme modèle.
Plan du message
1. Reprendre le flambeau quand les premiers responsables s'en vont
La semaine précédente, l'Église avait assisté à la naissance de l'Église de Philippes : Dieu avait ouvert une porte à l'Évangile, Lydie était venue à la foi et une Église était née. Dix ans plus tard, le contexte est difficile. Dès le début, cette Église a connu l'opposition ; Paul avait été emprisonné, et l'hostilité est toujours là. Paul leur passe le flambeau au moment où l'avenir paraît le plus incertain.
C'est le sens du début du passage : « Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent » (Philippiens 2.12). Autrement dit : c'est à vous de prendre le relais.
- Toutes proportions gardées, précise le pasteur, Jason n'est ni apôtre ni en prison. Mais le parallèle avec Connexion est réel : comment continuer l'œuvre que Dieu a commencée quand les responsables du début ne sont plus là ?
- Une partie de la réponse a été donnée le dimanche précédent : Dieu est souverain, il contrôle tout, nous pouvons donc entreprendre de grandes choses pour lui.
- L'autre partie se trouve dans ce passage : notre travail. Ce texte nous dit de nous mettre au travail pour Christ, et que Dieu travaille en nous à travers ce travail pour nous rendre semblables à Christ.
2. Formés en travaillant : Dieu produit le vouloir et le faire
Et si je n'en ai pas envie ? Si je ne me sens ni motivé ni capable de servir Jésus ? Joseph Tandy parle pour lui-même : bien des fois, il préfère le confort au service. Dans les versets 12 à 18, Paul nous motive. C'est en nous mettant au travail pour Jésus que Dieu fait de nous ceux qu'il veut que nous soyons, et qu'il nous offre sa joie.
« Car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Philippiens 2.13). Beaucoup se demandent quelle est la volonté de Dieu pour leur vie. Le verset 13 répond : il s'agit de travailler à notre salut avec crainte et tremblement. Le salut est un cadeau, mais il faut ouvrir ce cadeau et en profiter, laisser Dieu nous transformer pour devenir les personnes qu'il nous a sauvées pour être.
Et ce qu'il veut que nous devenions peut surprendre. Quelques versets plus haut, Paul écrit : « Seulement, conduisez-vous d'une manière digne de l'Évangile de Christ, afin que, soit que je vienne vous voir, soit que je reste absent, j'entende dire de vous que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant d'une même âme pour la foi de l'Évangile, sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires » (Philippiens 1.27-28). Philippes était peuplée de vétérans de l'armée romaine : ils savaient ce qu'étaient le combat et les adversaires.
- Ce à quoi Dieu veut nous former, c'est le service dans son armée. Pas une armée au sens littéral, mais une armée de chrétiens qui se donnent pour que la bonne nouvelle avance et que chacun tienne ferme dans la foi. « Si tu viens de rejoindre l'Église Connexion, c'est pour cela que tu es là : pour être une armée qui combat pour la bonne nouvelle de Jésus et pour que chacun tienne ferme dans la foi. »
- On a peur de dire : « le combat, ce n'est pas pour moi ». Je vois ceux qui sont super zélés pour servir, et je n'ai pas ce zèle. « Tu sais quoi ? Moi non plus », confie le pasteur. Mais c'est justement pour cela que Dieu ne cherche pas des gens qui pensent déjà ainsi. Il dit : « Je t'ai déjà recruté si tu crois en Jésus, mais je ne te laisserai pas te débrouiller seul. Je vais te former à penser et à agir de plus en plus comme Jésus. »
- Le « vouloir », c'est le désir de servir. Quand nous découvrons Jésus et son amour, puis que nous cherchons à lui obéir, Dieu transforme progressivement nos désirs : ses ambitions deviennent les nôtres.
- Il produit aussi le « faire » : il nous rend capables d'agir selon ces nouveaux désirs. Je rencontre Jésus, il est si merveilleux que je veux le servir et parler de lui. Et Dieu dit : « Vas-y, lance-toi, et je te formerai sur le tas pour que tu le fasses de mieux en mieux. »
- Ne restons pas assis à attendre que l'envie de servir nous tombe dessus. Quand nous nous mettons au travail pour Jésus, Jésus travaille en nous pour faire de nous ceux qu'il veut que nous soyons.
3. Brillants en travaillant : sans murmures, comme des flambeaux
« Faites toutes choses sans murmures ni hésitations, afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d'une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde, portant la parole de vie » (Philippiens 2.14-16).
Dans notre travail professionnel, nous ne brillerons pas tous. Joseph Tandy raconte avoir été, il y a longtemps, un journaliste très médiocre : les seules personnes qui se souviennent de son travail sont sa mère et sa femme, sans doute parce que sa cravate était de travers à l'antenne. Mais nous pouvons briller pour Jésus en servant comme lui, sur le chemin qui mène vers notre patrie céleste, vers la nouvelle création que Dieu réserve à son peuple.
- Quand Paul dit « sans murmures ni hésitations », il ne dit pas seulement « ne vous plaignez jamais ». Il fait écho à l'attitude des Israélites sortis d'Égypte. Dieu avait aussi une grande ambition pour eux : il les avait sauvés de l'Égypte pour les conduire vers la Terre promise. Mais le désert à traverser leur a semblé trop difficile, et ils sont devenus des râleurs : l'Égypte nous manque, ses concombres, ses melons, ses poireaux, son ail, tout était mieux quand nous étions esclaves (Nombres 11.5).
- Il est si facile de penser de la même façon : servir Jésus, c'est trop coûteux ; Dieu ne prend pas assez bien soin de moi ; une autre vie serait plus agréable. Le pasteur fait une confidence : il lui arrive de se demander s'il veut rester pasteur, et certains jours s'il veut encore être chrétien. « Comme si Dieu n'avait pas déjà prouvé sa bonté envers moi et n'allait pas continuer à le faire. C'est pathétique. Mais comme les Israélites, j'oublie vite. »
- En implantant une nouvelle Église, nous pourrions être tentés de murmurer : ce n'est plus comme avant, mes amis ne sont plus là, c'est plus petit, il y a plus de travail, il faut donner plus d'argent. Paul répond : ne soyez pas comme les Israélites. Dans son grand amour, Dieu vous a sauvés et a commencé à travailler en vous.
- Nous aussi, nous sommes en route vers notre Terre promise, la nouvelle création. Nous aussi, nous sommes appelés à tout faire pour que chacun fasse le voyage, traverse le désert de ce monde et arrive à bon port. Mais à la différence des Israélites, notre travail consiste aussi à appeler d'autres personnes à rejoindre le cortège.
- « Vous brillez comme des flambeaux dans le monde, portant la parole de vie » : une image magnifique. Nous connaissons le chemin qui mène à la vie. Notre travail est d'éclairer ce chemin pour que d'autres nous rejoignent. C'est pour cela que Dieu t'a placé dans ton lieu de travail, ton école, ta famille ou ton groupe d'amis.
- Si nous nous disons « je ne suis pas à la hauteur, mon témoignage au travail n'a pas été fameux, j'ai du mal à partager ma foi », Dieu travaille déjà en nous dans ce but. Nous travaillons parce que Dieu travaille en nous.
4. Joyeux en travaillant : la libation de Paul
« Et même si je sers de libation pour le sacrifice et pour le service de votre foi, je m'en réjouis, et je me réjouis avec vous tous. Vous aussi, réjouissez-vous de même, et réjouissez-vous avec moi » (Philippiens 2.17-18). Paul est en prison, il risque la peine de mort, et pourtant il est joyeux.
Le texte original est un peu plus morbide que certaines traductions. Une libation, dans l'Ancien Testament, était une offrande de vin qui accompagnait un autre sacrifice : quand un animal était sacrifié, on versait parfois une coupe de vin par-dessus. Paul présente la foi des Philippiens, leurs progrès, leur dévouement, comme un sacrifice offert à Dieu, une offrande qui plaît au Seigneur. Et il se réjouit à l'idée d'être lui-même versé, même si cela signifie mourir, pour que cette offrande soit aussi agréable que possible à Dieu.
- Comment est-ce possible ? Si tu es comme le pasteur, tu n'aimes pas faire des sacrifices, et quand il le faut, tu veux au moins qu'on le remarque. Pas Paul : il est prêt à tout donner pour servir les Philippiens, et il s'en réjouit, comme la coupe de vin versée sur l'offrande.
- La joie, dans Philippiens, vient de la connaissance de Jésus. Plus précisément : « La joie vient quand on embrasse Jésus et sa mort sacrificielle comme la révélation suprême de qui est réellement Dieu. »
- Philippiens 2.5-8 le décrit : « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. » Le premier à s'être versé pour les autres, c'est Jésus, égal à Dieu de toute éternité. Il s'est abaissé pour servir et se sacrifier.
- Puis les versets 9 à 11 : « C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse… et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » Jésus a toujours été égal au Père. Mais le moment où il a montré de façon suprême qu'il méritait vraiment le nom de Seigneur, c'est le moment où il s'est versé pour nous.
- Qui est vraiment notre Dieu ? Regarde Jésus se dépouiller jusqu'à la croix. Voilà notre Dieu : un Dieu qui se donne, un Dieu qui sert, un Dieu qui aime jusqu'au bout.
Le pasteur s'excuse auprès de ceux qui n'aiment pas le football. Beaucoup disent depuis longtemps que Lionel Messi est le meilleur joueur de tous les temps. Qu'est-ce qui le prouverait de façon incontestable ? Qu'il marque des buts et mène son équipe au titre mondial ; on dirait alors : « Voilà, nous avions raison, c'est la preuve qu'il est bien le plus grand. » Jésus a toujours été Dieu, mais ce qu'il a démontré de façon suprême n'était pas une démonstration de puissance. C'est quand il s'est versé pour nous, parce que la gloire suprême de notre Dieu, c'est son amour et sa compassion.
Paul voit cela et dit : Jésus est mon héros. « Mon Dieu s'est fait serviteur pour moi. Quel autre dieu ferait cela ? Quel autre roi deviendrait serviteur ? Quel autre maître mourrait pour ses ennemis ? » Il est mon héros, et mon bonheur est de le connaître, de l'admirer et de l'imiter. Je veux être avec lui et je veux lui ressembler.
- Notre société dit que le bonheur s'obtient en s'accrochant à sa vie et en vivant pour soi-même. Rien n'est plus faux. « La vraie joie vient du fait de nous donner entièrement, parce que nous connaissons Jésus et parce que nous savons qu'il s'est donné pour nous. »
- Un ami du pasteur lui a confié que ses moments les plus heureux de ces dernières années sont ceux où il a pu être le plus généreux avec les moyens que Dieu lui a donnés. Certains serviront dans des camps chrétiens cet été ; l'expérience du pasteur dans ces camps : le stress, l'inconfort, le sommeil haché, et la joie profonde de se donner au service de Jésus. Ceux qui sont partis en voyage missionnaire ont connu la frustration, la fatigue, la fragilité, mais sans doute aussi des moments de joie profonde. Pourquoi ? Parce qu'en servant Jésus, nous mesurons mieux le service de Jésus pour nous. Nous savourons mieux la grandeur de notre héros.
- Une question si nous manquons de joie : est-ce que je me donne parce que je suis émerveillé par Jésus ? La réponse est peut-être non. Nous traversons parfois des saisons sèches. Plaçons-nous alors devant la croix et implorons l'aide de Dieu. C'est lui qui produit en nous le vouloir et le faire, et il prend plaisir à nous réjouir en nous montrant la grandeur de son Fils.
Formés en travaillant, brillants en travaillant, joyeux en travaillant. Mettons-nous au travail parce que Dieu travaille en nous.
5. Timothée et Épaphrodite : deux profils, un même état d'esprit
À quoi cela ressemble-t-il au quotidien ? Devons-nous tous quitter notre emploi pour devenir missionnaires ? Peut-être que tes dons et ton caractère font que ce serait la meilleure chose pour toi, mais probablement pas pour la plupart d'entre nous. Second point : Dieu veut que nous nous mettions au travail avec l'état d'esprit du Maître comme modèle.
Paul nous présente deux hommes qui nous ressemblent et qui se sont mis au travail pour l'Évangile. Deux hommes très différents l'un de l'autre, mais qui partagent la même mentalité. Puisque nous sommes tous différents, il n'y a pas qu'une seule façon de travailler pour la cause de l'Évangile. L'essentiel est d'adopter cet état d'esprit, caractérisé par trois choses : le souci de servir le peuple de Dieu, la volonté de travailler dur, et l'acceptation du coût que cela implique.
- Timothée d'abord : « J'espère dans le Seigneur Jésus vous envoyer bientôt Timothée, afin d'être encouragé moi-même en apprenant ce qui vous concerne. Car je n'ai personne ici qui partage mes sentiments, pour prendre sincèrement à cœur votre situation » (Philippiens 2.19-20). Timothée est le collaborateur le plus proche et le plus brillant de Paul. Ce qui le distingue avant tout, c'est son souci de la foi des autres chrétiens.
- Au verset 21, Paul précise que prendre à cœur les intérêts des autres chrétiens, c'est prendre à cœur les intérêts de Jésus. « On ne peut pas servir Jésus sans servir les gens. » Tu aimes peut-être étudier la théologie ou écouter des prédications, c'est excellent. Mais si, peu à peu, tu te retires de la vie de l'Église parce que tu préfères apprendre seul plutôt que porter les fardeaux de tes frères et sœurs, tu passes à côté de la pensée de Jésus. « La maturité chrétienne ne se mesure pas seulement à ce que je sais, mais aussi à la place que les autres occupent dans mon cœur. »
- Timothée est prêt à mettre de côté ses propres intérêts pour cela. Il quittera Rome, où il est avec Paul, pour un long voyage jusqu'à Philippes et mettra ses talents au service de chrétiens persécutés. Il est désintéressé, et il est aussi diligent : « Vous savez qu'il a été mis à l'épreuve, en se consacrant au service de l'Évangile avec moi, comme un enfant avec son père » (Philippiens 2.22). Timothée a vu Paul suer pour l'Évangile, et il l'a imité.
- Épaphrodite ensuite. Si Timothée est quelqu'un d'exceptionnel, Épaphrodite est un gars normal, pas quelqu'un de remarquable, simplement un homme de bonnes convictions. C'est un messager : il traverse la Méditerranée pour apporter le soutien des Philippiens aux besoins de Paul. Rien de spectaculaire, mais un service indispensable. Timothée avait prêché devant des foules ; Épaphrodite venait de faire un long et dangereux voyage pour servir un frère dans le besoin. Même valeur pour l'Évangile.
- Et Épaphrodite pousse le souci du peuple de Dieu jusqu'à l'absurde. Pendant le voyage, il tombe malade et manque de mourir (verset 27). Mais « il désirait vous voir tous, et il était fort en peine de ce que vous aviez appris sa maladie » (verset 26). Il ne s'apitoie pas sur lui-même : il pense d'abord à ses frères et sœurs.
Deux exemples, deux profils, un même état d'esprit. C'est la preuve que nous pouvons tous nous mettre au travail pour Jésus. Nous avons des personnalités, des dons, des parcours différents, nous sommes à des étapes différentes de la vie. Nous pouvons tous adopter cet état d'esprit : servir le peuple de Dieu, travailler dur, accepter le coût, comme Jésus, notre grand héros.
6. Un peu d'imagination : rêver pour l'Évangile
Si nous adoptons cet état d'esprit, il ne nous manque plus qu'un peu d'imagination. Travailler avec ambition pour l'Évangile est un travail d'entrepreneur. Si nous saisissons ce qui est vraiment prioritaire et si nous sommes prêts à nous donner, nous trouverons partout des occasions de servir : au travail, avec nos amis, à l'Église et dans notre famille.
- N'avalons pas le mensonge selon lequel le seul but qui vaut la peine serait d'obtenir la meilleure formation, le meilleur poste, le meilleur salaire, la meilleure maison, la meilleure retraite, de mourir dans le meilleur hôpital et d'être enterré dans le plus beau cimetière, avec les plus belles fleurs à côté. Nous pouvons travailler pour une ambition bien plus glorieuse.
- Rêvons ensemble un instant. Nous avons tous des dons, des ressources et des occasions. Imaginons tout ce que nous pourrions accomplir en les mettant au service de l'Évangile. Et cela commence par des choses simples : prendre un café avec une sœur découragée, appeler un frère qu'on n'a pas vu depuis un mois, être régulier dans son groupe de maison, inviter un collègue à l'Église.
- Les vacances approchent. Pourquoi ne pas prendre ce temps pour se demander : que pourrais-je faire pour faire avancer l'Évangile ? Pourquoi ne pas écrire une liste dans un carnet : « Si j'adoptais l'état d'esprit de Jésus, si j'adoptais la mentalité du Maître, je pourrais… », puis prier pour ces choses.
- Mais n'oublions pas : nous ne voulons pas seulement y réfléchir individuellement. Dieu ne prépare pas seulement des serviteurs, il prépare un peuple de serviteurs, une armée. La question n'est donc pas seulement « que pourrais-je faire ? », mais « que pourrions-nous faire, pour la foi de l'Évangile ? »
Cet état d'esprit est la clé des prochaines étapes de l'Église, « ou devrais-je dire de nos Églises ». Il est frappant que, pour préparer les Philippiens à un avenir sans lui, Paul ne dise pas : « Nommez un nouveau pasteur. » Il dit : adoptez tous la mentalité du Maître, imitez tous la pensée de Jésus. Le pasteur est important, mais il est secondaire. L'essentiel, c'est la pensée de Jésus en chacun de nous : servir avec joie, travailler dur, accepter le coût. C'est ce que Dieu produit déjà en nous pour nous rendre semblables à Jésus.
Cet état d'esprit sera déterminant au moment de choisir où nous investir : non pas là où je serai le plus à l'aise, ni là où iront mes amis, mais là où je peux prendre ma place dans le combat pour la foi de l'Évangile. Que cette transition serve à laisser Dieu nous apprendre à penser davantage comme Jésus.
7. Un mot pour les découragés, les blessés et ceux qui n'ont jamais servi
- Pour ceux qui sont découragés parce qu'ils ont beaucoup servi cette année pour peu de résultats visibles, un groupe qui a rétréci, des efforts pour partager l'Évangile qui n'ont pas porté de fruit : oui, c'est frustrant. Peut-être que Dieu veut déplacer ta joie des résultats vers Jésus lui-même. « La joie chrétienne ne vient pas d'un service qui impressionne tout le monde, mais du fait de connaître Jésus et de lui ressembler davantage. » Jésus a persévéré quand personne ne voulait de lui et que les résultats n'étaient pas visibles. En voyant sa persévérance, nous voyons le caractère de Dieu et nous pouvons nous réjouir qu'il nous rende semblables à lui.
- Pour ceux qui trouvent la vie trop difficile en ce moment pour servir : d'abord, travailler à son salut inclut appliquer l'Évangile à ses épreuves, venir devant le grand Serviteur pour être servi par lui. Travailler sur soi fait partie du travail que Dieu nous a confié. Mais si Paul a raison et que la joie vient du fait de se décentrer de soi-même comme Jésus, se mettre au travail pour lui est peut-être justement le remède dont tu as besoin. « Les personnes brisées qui laissent Jésus guérir leurs blessures et qui se donnent ensuite à lui sont souvent celles qui accomplissent le plus pour lui. »
- Pour ceux qui se disent « je n'ai jamais essayé de servir, j'ai vécu pour moi-même » : Jésus s'est fait serviteur de gens qui vivaient pour eux-mêmes. Il n'est pas venu vers des gens déjà serviteurs de Dieu. Il est venu servir en premier, pour nous transformer en serviteurs joyeux.
Dieu est à l'œuvre en nous. Mettons-nous au travail pour lui. C'est l'été, beaucoup ont besoin de vacances, le pasteur le premier. Mais ensuite : au travail.
Points à retenir
- Dieu n'est pas contre l'ambition : il veut remplacer nos petites ambitions par la sienne, et toute ambition sérieuse demande du travail.
- Nous travaillons parce que Dieu travaille en nous : il produit le vouloir et le faire, et il nous forme sur le tas quand nous nous lançons.
- Servir sans murmurer, à la différence des Israélites au désert, c'est briller comme des flambeaux et éclairer le chemin de la vie pour les autres.
- La joie ne vient pas des résultats mais de Jésus lui-même, le Dieu qui s'est versé pour nous jusqu'à la croix.
- Timothée et Épaphrodite, si différents, partagent l'état d'esprit du Maître : le souci du peuple de Dieu, le travail dur et l'acceptation du coût.
Application personnelle
- Quand tu n'as pas envie de servir, attends-tu que l'envie tombe du ciel, ou te lances-tu en comptant sur Dieu qui produit le vouloir et le faire ?
- Quels murmures d'Israélite reviennent dans ta bouche en ce moment : « c'était mieux avant », « c'est trop coûteux », « Dieu ne prend pas assez soin de moi » ?
- Es-tu en train de te donner parce que tu es émerveillé par Jésus, ou traverses-tu une saison sèche qui appelle un retour devant la croix ?
- Quelle place les autres occupent-ils dans ton cœur : t'es-tu peu à peu retiré de la vie de l'Église pour apprendre seul ?
- Pendant les vacances, quelle liste pourrais-tu écrire dans un carnet : « Si j'adoptais la mentalité du Maître, je pourrais… » ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire « travaillez à votre salut avec crainte et tremblement » ?
Pour Joseph Tandy, le salut est un cadeau, mais il faut l'ouvrir et en profiter. Travailler à son salut, c'est laisser Dieu nous transformer pour devenir les personnes qu'il nous a sauvés pour être. Le verset suivant donne la clé : c'est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire. Nous nous mettons au travail parce que Dieu travaille en nous.
Comment Paul peut-il se réjouir en prison, face à la peine de mort ?
La joie de Philippiens vient de la connaissance de Jésus, et en particulier du fait d'embrasser sa mort sacrificielle comme la révélation suprême de qui est Dieu. Jésus, égal à Dieu, s'est dépouillé lui-même jusqu'à la croix. Paul le voit et dit : Jésus est mon héros. La vraie joie vient du don de soi parce que nous savons que Jésus s'est donné pour nous.
Qu'est-ce que l'état d'esprit du Maître dans Philippiens 2 ?
C'est la mentalité que partagent Timothée et Épaphrodite, deux hommes très différents. Elle se caractérise par trois choses : le souci de servir le peuple de Dieu, la volonté de travailler dur et l'acceptation du coût que cela implique. Le pasteur rappelle qu'on ne peut pas servir Jésus sans servir les gens.
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