Introduction
Un dimanche de canicule à Paris, Jason Procopio, pasteur de l'Église Connexion, ouvre son message par une prière sans détour : « Père, nous avons besoin de toi ce matin. » Puis il prend le temps d'une annonce. L'année 2026-2027 sera, si Dieu le veut, une année de transition pour Connexion : sa famille et lui espèrent, avec une équipe de membres de l'Église, quitter progressivement leur ministère pour implanter une nouvelle Église dans l'est de Paris. Au cours de l'année, il se retirera peu à peu de son rôle de pasteur principal, et Joe, l'autre ancien à plein temps, prendra ce rôle. La personne que l'Église embauchera ne viendra pas le remplacer, mais partager la charge, comme les deux pasteurs la partagent aujourd'hui.
Cette annonce éclaire la série prêchée avant l'été, intitulée « Ambitieux ». Le projet de l'année, une nouvelle implantation, est ambitieux, « c'est le moins qu'on puisse dire ». Il offre des occasions incroyables, mais il a un coût : pour la famille du pasteur, pour la famille élargie, pour ceux qui rejoindront le projet, et pour l'Église Connexion tout entière. Quand on entreprend un projet comme celui-là, dit-il, il faut toujours le tenir devant le miroir de l'Écriture pour voir si c'est bien le genre de chose que nous devrions faire.
La question du jour est donc la suivante : comment savoir si l'ambition d'une personne ou d'une Église est vraiment une ambition pour le Royaume de Dieu ? Comment savoir si elle est motivée par le désir d'obéir au commandement du Christ, et non par le désir de se servir soi-même ? Beaucoup de personnes très ambitieuses bâtissent des ministères qui servent les soi-disant pasteurs plutôt que l'Église, et même sans tomber dans ce qu'on appelle l'évangile de la prospérité, un ministère centré sur soi reste très facile à adopter. Dans Actes 16.1-15, le prédicateur relève quatre marques d'une ambition qui ne cherche pas à se servir elle-même, mais qui vise le Royaume de Dieu.
Plan du message
1. Aller vers les gens là où ils sont
- Au début d'Actes 16, Paul commence son ministère auprès des non-Juifs. Il va de ville en ville, fortifie les Églises, transmet les instructions des apôtres de Jérusalem et annonce l'Évangile à ceux qui ne l'ont jamais entendu. La région où il se trouve est encore un mélange de croyants juifs et non juifs.
- Aux versets 1 à 3, Paul rencontre à Lystre un jeune disciple, Timothée, fils d'une Juive croyante et d'un père grec. Les frères de Lystre et d'Iconium en parlent en bien. Paul voit en lui un grand potentiel et veut l'emmener pour qu'il devienne, en quelque sorte, son protégé dans le ministère.
- Il y a un problème : les gens des régions où ils se rendent connaissent Timothée et savent qu'il n'est qu'à moitié juif. Selon la loi de Moïse, pour participer à la vie sociale juive et à la vie de la synagogue, il faut être circoncis. Timothée ne l'est pas. Il y a donc beaucoup d'endroits où il ne peut pas aller, beaucoup de discussions auxquelles il ne peut pas prendre part.
- Le prédicateur renvoie à 1 Corinthiens 9.22, étudié quelques semaines plus tôt : « Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. » Paul ne fait jamais ce que Dieu interdit, mais il fait beaucoup de choses qu'il n'est pas obligé de faire quand elles sont utiles à l'Évangile. Dans 1 Corinthiens 9, l'exemple est son refus d'être payé. Ici, l'exemple est encore plus fort : Timothée n'est pas un bébé, c'est un homme, et il est circoncis adulte pour pouvoir accompagner Paul là où Paul doit aller. S'il faut une image des extrêmes auxquels un chrétien peut être appelé pour « se faire tout à tous », c'est sûrement celle-là.
- Heureusement, on ne nous demande pas toujours d'aller aussi loin. Mais une ambition orientée vers le Royaume ira toujours vers les gens et fera tout son possible pour abattre les barrières qui nous empêchent de les atteindre, géographiques, mais aussi relationnelles et culturelles.
- Concrètement, cela peut vouloir dire écouter quelqu'un raconter des histoires qui ne nous intéressent pas et s'y investir quand même, « non parce que l'histoire nous fascine, mais parce que la personne en face de nous nous intéresse ». Rejoindre des associations, des clubs, servir dans des organisations locales, non pour faire du prosélytisme par la petite porte, mais parce que le ministère du Royaume est, au fond, un ministère tourné vers les autres.
- Détail important : le texte ne mentionne aucun Juif venu à la foi parce que Timothée a été circoncis et a pu entrer dans la synagogue. C'est probablement arrivé, mais Luc ne le dit pas, parce que ce n'est pas son but. Nous aimons les gens, nous allons à leur rencontre et nous les servons là où ils sont, qu'ils viennent à la foi ou non. « Le résultat appartient à Dieu. Notre travail est d'aller à la rencontre des gens là où ils sont. »
2. Persévérer dans un enseignement fidèle, même quand c'est difficile
- Le verset 4 dit qu'en passant de ville en ville, Paul et Timothée transmettent les décisions prises par les apôtres et les anciens de Jérusalem, et le verset 5 ajoute que les Églises se fortifiaient dans la foi et augmentaient en nombre de jour en jour.
- Rien dans ces versets ne montre pourquoi c'est difficile. Il faut lire le chapitre 15 pour le comprendre. Paul y a rencontré les apôtres à Jérusalem pour se mettre d'accord sur ce qu'il fallait enseigner dans les territoires mixtes. Les croyants non juifs doivent-ils suivre la loi de Moïse pour être sauvés ? Un chrétien doit-il, en pratique, devenir juif ? Doit-il être circoncis ?
- La réponse de tous est non. Il n'est pas nécessaire de suivre la loi de Moïse pour être sauvé. Les apôtres donnent quelques exigences précises, s'abstenir de l'idolâtrie et de l'immoralité sexuelle, ainsi que quelques consignes sur ce qui aurait constitué des obstacles culturels, ce qui rejoint d'ailleurs ce que Paul écrit aux Corinthiens. Mais le grand titre est clair : les non-Juifs n'ont pas besoin de devenir juifs pour suivre Jésus-Christ.
- Excellente nouvelle pour les non-Juifs, mais très difficile à accepter pour beaucoup de croyants juifs qui résistaient à cette nouvelle religion chrétienne par peur de perdre leur mode de vie et leur identité culturelle. Ils aimaient l'idée du Christ, ils croyaient en Jésus. Mais le Christ, qui était juif, voudrait-il vraiment qu'ils se retirent du judaïsme ?
- Les apôtres et Paul savaient que ces instructions rencontreraient de l'opposition dans certains cercles. Et pourtant ils les ont communiquées fidèlement. Ils ont dit ce qu'ils avaient à dire, même si c'était difficile. Paul a transmis fidèlement les décisions des anciens de Jérusalem et a annoncé l'Évangile avec courage face à cette opposition.
- Voilà deux premières marques d'une ambition pour le Royaume : un enseignement fidèle à la Parole de Dieu, même face à l'opposition, même quand ce n'est pas ce que nous voulons entendre ; et la volonté de nous adapter aux gens que nous cherchons à atteindre, même quand cette adaptation est difficile et coûteuse.
- Reste une question : pourquoi Paul et Timothée seraient-ils prêts à faire des choses aussi difficiles ? Le prédicateur évoque les conversations qu'on peut avoir avec un missionnaire sur le point de partir servir l'Évangile dans un contexte vraiment difficile : elles sont humiliantes, au bon sens du terme, parce qu'on se demande toujours : qu'est-ce qui s'est passé en eux ? Qu'est-ce qui rend des gens prêts à faire des choix courageux, à prendre des risques audacieux, à consentir des sacrifices douloureux, littéralement pour l'Évangile ? La réponse se trouve dans la seconde moitié du passage : ils savent et croient pleinement que Dieu est sage, que Dieu est bon, et que Dieu les conduit là où ils doivent aller.
3. Se soumettre à la direction de Dieu
- Versets 6 à 10 : empêchés par le Saint-Esprit d'annoncer la Parole en Asie, Paul et ses compagnons traversent la Phrygie et la Galatie. Arrivés aux frontières de la Mysie, ils veulent entrer en Bithynie, mais l'Esprit ne le leur permet pas. Ils descendent à Troas. Là, pendant la nuit, Paul a une vision : un Macédonien le supplie : « Passe en Macédoine, secours-nous ! » Ils concluent que le Seigneur les appelle à annoncer la bonne nouvelle là-bas.
- En préparant ce passage, le prédicateur dit avoir tout de suite pensé à tout ce que les gens disent sur ce genre de versets. Il raconte un exemple. Vers 17 ans, la mère d'une amie de son Église vient le voir : « Tu sais, j'ai fait un rêve la nuit dernière et je crois qu'il venait du Seigneur. Dans ce rêve, Dieu a dit que tu allais épouser ma fille. » Il croit d'abord à une plaisanterie. Elle est tout à fait sérieuse et revient à la charge plusieurs fois. « Évidemment, et grâce au Seigneur », ce rêve ne venait pas de Dieu, qui avait déjà une épouse pour lui.
- L'exemple est extrême, mais les gens parlent souvent ainsi : « J'ai senti que Dieu me disait de ne pas aller à tel endroit, de ne pas prendre ce travail, d'épouser cette personne. » Le prédicateur ne dit pas que cela n'arrive jamais. Dieu donne parfois des convictions fortes, et il serait hâtif de balayer ces choses simplement parce que l'idée que Dieu puisse nous parler ainsi nous met mal à l'aise.
- Deux remarques cependant. D'abord, il faut être très prudent avant de prendre des décisions sur la base de ces impressions, parce que parfois ce ne sont que des impressions. Même les apôtres laissaient ouverte la possibilité de se tromper, et ils cherchaient souvent conseil. C'est la raison pour laquelle Paul est allé consulter les apôtres à Jérusalem avant de partir : il était convaincu, mais il a voulu vérifier quand même.
- Ensuite, et c'est le point principal : la manière dont Dieu nous parle par son Esprit n'est pas le but de ces versets. Luc ne dit pas comment le Saint-Esprit a empêché l'équipe d'aller en Asie ni en Bithynie. Et le fait que Paul ait eu un rêve qui l'a mené en Macédoine ne signifie pas que tout le monde aura ce genre de rêve, ni que tout rêve est une parole de Dieu.
- Quel est alors le message de Luc ? « Dieu est celui qui bâtit son Église. » Pas d'abord les apôtres. Paul et ses compagnons veulent aller à un endroit, Dieu les arrête. Ils veulent aller ailleurs, Dieu les arrête. Puis Dieu les amène là où ils doivent être. Dieu conduit souvent son Église vers des lieux qu'elle n'avait jamais imaginés, par les circonstances, par la conviction, ou par les deux.
- Il y a quelques années, Connexion voulait acheter un centre culturel dans le 10e arrondissement. Il semblait parfait, l'Église était assez convaincue que c'était la bonne direction. Mais Dieu a empêché l'achat : les circonstances ne se sont pas alignées. Où conduira-t-il Connexion dans les années à venir ? « Je n'en ai aucune idée. Mais lui le sait. »
- De la même façon, personne n'avait envisagé une implantation dans l'est de Paris il y a encore quelques mois. Quand l'occasion s'est présentée, il a fallu se demander : est-ce peut-être la manière dont Dieu nous conduit ? Ils ont prié, cherché conseil, examiné la chose avec beaucoup de soin, et avec le temps, les circonstances et la conviction se sont alignées.
- Beaucoup de projets d'Églises ne se réalisent jamais, et beaucoup de choses qu'une Église n'avait jamais planifiées se mettent en place. Une Église qui a une ambition authentique pour le Royaume ira là où Dieu la conduit, et elle le fera avec joie, parce qu'elle sait que là où Dieu nous conduit est exactement là où nous devons être.
4. Garder les yeux ouverts aux portes ouvertes
- Verset 11 : Luc écrit désormais « nous », parce qu'il a rejoint l'équipe à ce stade. Ils font voile vers Samothrace, Néapolis, puis Philippes, première ville du district de Macédoine et colonie romaine. Ils y passent quelques jours. Le jour du sabbat, ils sortent de la ville vers la rivière, où ils pensent trouver un lieu de prière, et parlent aux femmes réunies là.
- Philippes est remplie de gens qui auraient très bien pu être l'homme de la vision de Paul. Mais rien dans le passage n'indique un plan une fois arrivés : ils savent où Dieu les a conduits, mais ils n'ont aucun contact dans la ville, et il ne semble pas y avoir de forte présence juive. La première étape de tout nouveau ministère ou de toute implantation, une fois qu'on sait où l'on va, c'est simplement de passer du temps sur place, d'étudier le lieu, de voir ce qui s'y passe et ce qui peut être fait.
- Tous ceux qui ont déjà fait cela, sortir et partager l'Évangile avec les gens qui se trouvent là, savent qu'on ne sait jamais ce qui va arriver. On peut tomber sur des curieux agréables, prêts à discuter mais pas plus. Sur des gens qui ne veulent pas du tout nous parler. Sur des gens qui veulent nous parler et qui acceptent l'Évangile. « Nous ne pouvons pas savoir tant que nous n'essayons pas. »
- Chaque fois que tu mets le pied dehors dans ta ville, il y a des gens, et chaque personne est potentiellement une porte ouverte. On ne peut jamais le savoir tant qu'on ne lui a rien dit, tant qu'on n'a pas frappé à la porte. C'est ce que Paul fait : il se met à parler aux personnes présentes.
- Parmi ces femmes se trouve Lydie, une femme « qui craignait Dieu ». Cela ne veut pas dire qu'elle était chrétienne, mais qu'elle connaissait le Dieu des Juifs et avait au moins un certain attachement à la vie religieuse juive. Marchande de pourpre, originaire de Thyatire, elle avait probablement une certaine aisance et une certaine position dans la ville.
- Puis vient cette phrase incroyable du verset 14 : « Le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour qu'elle fût attentive à ce que disait Paul. » Le prédicateur confie qu'en commençant à lire sérieusement sa Bible, il avait beaucoup de mal avec la souveraineté absolue de Dieu. Cette vérité est partout dans la Bible : Dieu fait ce qu'il veut, il agit de manière souveraine, et sans intervention directe de Dieu, personne ne vient à la foi. La foi est un don de Dieu, elle ne vient pas de nous (Éphésiens 2). Il n'aimait pas cette idée, à cause de toutes les questions qu'elle soulève sur ceux qui n'ont pas la foi. Mais Actes 16.14 était un de ces versets dont il ne savait que faire, tant il est clair.
- Lydie écoute ce que Paul dit de Jésus. Oui, mais cela arrive souvent : beaucoup de gens écoutent l'Évangile sans vraiment l'entendre. Qu'est-ce qui fait la différence ici ? Dieu n'a pas ouvert son esprit ni ses oreilles, il a ouvert son cœur. « Il a agi dans un domaine bien plus profond que l'intellect. » Et pour chaque personne qui vient à la foi, il y a toujours un moment où l'on voit ce que l'on voit.
- C.S. Lewis racontait sa conversion ainsi, en paraphrase : un matin, il est monté dans un bus athée et en est descendu chrétien, sans savoir comment ni pourquoi, mais il ne pouvait pas le nier. Un autre est allé au culte parce qu'une fille lui plaisait ; à la fin, la fille ne l'intéressait plus, parce qu'il avait entendu parler de Jésus, il avait cru et voulait désespérément le connaître. Pour le prédicateur, cela s'est fait beaucoup plus progressivement, mais il se souvient du jour où il a réalisé que, malgré tous ses efforts pour ne pas être chrétien, il ne pouvait plus dire qu'il ne croyait pas.
- Nous rencontrons des gens, nous commençons à leur parler sans savoir comment cela va se passer. Cela peut mal finir : une parole maladroite, une question sans réponse, voire la perte d'un ami proche. Alors pourquoi le faire ? « Nous le faisons parce que Dieu est souverain. » Quand Dieu décide de sauver quelqu'un, cette personne est sauvée : Dieu ouvre le cœur, la personne est attentive à l'Évangile, et elle croit. Cette possibilité est trop réelle et trop belle pour être ignorée.
- Même si Lydie avait été la seule personne de Philippes à rencontrer le Christ, la fin de l'histoire aurait été belle. Mais au verset 15, Lydie croit, elle est baptisée, puis toute sa maison, ce qui inclut probablement ses serviteurs. Elle invite Paul et ses collaborateurs à loger chez elle, et sa maison devient, on le voit plus loin dans le livre, le premier lieu de rassemblement des chrétiens de Philippes, l'Église à laquelle Paul écrira l'épître aux Philippiens.
- « Une conversation au bord d'une rivière conduit à la création d'une nouvelle Église là où il n'y en avait pas. » Et en continuant la lecture, on voit que cette Église transformera radicalement la vie socio-économique de la ville. Tout cela parce que, dès le départ, Paul et ses compagnons savaient que Dieu est souverain, bon et sage, et qu'ils gardaient les yeux ouverts à chaque porte que Dieu pouvait leur ouvrir. « Dieu savait ce qu'il faisait, et il l'a très bien fait. »
5. L'incertitude n'est pas une mauvaise chose
- Le prédicateur reconnaît que le contexte actuel de Connexion peut donner l'impression que les choses sont un peu incertaines. L'Église implantée l'an dernier sera lancée en culte hebdomadaire dans un peu plus de deux mois. Puis vient cette autre implantation, qui impliquera de perdre un pasteur et de passer à un autre. L'équipe veut rendre la transition aussi simple que possible, et il reste plus d'un an pour en donner tous les détails.
- Mais aucune de ces choses, qui peuvent provoquer de l'anxiété, un peu de peur ou simplement de l'incertitude, n'est mauvaise. Entrer dans des situations qui nous forcent à sortir de notre zone de confort n'est pas mauvais : c'est ainsi qu'on grandit. Prendre des risques pour le Royaume de Dieu n'est pas mauvais : c'est ainsi que le Royaume progresse. Affronter l'incertitude n'est pas mauvais : cela nous force à faire confiance à la puissance, à la sagesse et à la souveraineté de Dieu pour nous conduire là où il veut.
- L'ambition pour le Royaume exige que nous allions. Elle exige des sacrifices et que nous allions à la rencontre des gens là où ils sont. Elle exige l'humilité d'accepter un changement de plan, d'accepter que Dieu dise parfois : « Non, ce n'est pas là que je te veux. » Elle exige un radar bien réglé pour repérer les occasions, et des yeux ouverts à chaque porte que Dieu peut placer sur notre chemin.
- Tout cela est vrai pour l'Église, et pour chacun individuellement. Peut-être Dieu te demande-t-il, ou te demandera-t-il, de donner la priorité à une occasion pour le Royaume plutôt qu'à ton confort ou à tes préférences, de te soumettre à sa Parole même quand elle va contre ce que tu veux faire, d'accepter humblement qu'il sait mieux que toi où tu dois aller. Il te demandera de garder les yeux ouverts sur les gens autour de toi, voisins, collègues, amis, famille, et de saisir chaque occasion de les servir, de bien les aimer, de leur montrer Jésus et de leur parler de Jésus.
- Cette vie est-elle risquée ? Oui, bien sûr. Apporte-t-elle parfois de la douleur et de la peur ? Absolument. Est-elle bonne ? Si la Bible dit vrai, et si le Royaume de Dieu est vraiment le but ultime et la bénédiction ultime du monde que Dieu a créé, alors cette vie est meilleure que tout ce qu'on pourrait imaginer : la vie pour laquelle il nous a créés, pour sa gloire et pour notre joie, maintenant et pour toujours. « Une ambition pour le Royaume ne décevra jamais. Elle est risquée, mais elle apporte bien plus de bénédiction que n'importe quel risque ou n'importe quel coût. »
Points à retenir
- Une ambition pour le Royaume va vers les gens là où ils sont et abat les barrières, géographiques, relationnelles ou culturelles, qui empêchent de les atteindre. Le résultat appartient à Dieu.
- Elle reste fidèle à la Parole de Dieu même quand l'enseignement rencontre de l'opposition ou n'est pas ce qu'on veut entendre.
- Elle se soumet à la direction de Dieu : c'est Dieu qui bâtit son Église, et il la conduit souvent là où elle n'avait jamais imaginé aller, parfois en fermant des portes.
- Elle garde les yeux ouverts aux portes ouvertes : chaque personne est potentiellement une porte, et c'est Dieu qui ouvre les cœurs. On ne peut pas savoir tant qu'on n'a pas parlé.
- L'incertitude, le risque et la sortie de la zone de confort ne sont pas de mauvaises choses : c'est ainsi qu'on grandit et que le Royaume progresse.
Application personnelle
- Quelle barrière, relationnelle ou culturelle, t'empêche aujourd'hui d'aller vers une personne précise ? Que pourrais-tu faire cette semaine pour l'abattre ?
- Y a-t-il une vérité de la Parole que tu évites de dire ou d'enseigner parce qu'elle rencontre de l'opposition ou qu'elle te dérange toi-même ?
- Dieu a-t-il récemment fermé une porte que tu croyais être la bonne direction ? Comment réagis-tu à ce « non » : avec joie, ou avec résistance ?
- Parmi tes voisins, collègues, amis ou proches, qui pourrait être une porte ouverte à laquelle tu n'as pas encore frappé ?
- Quelle occasion pour le Royaume te demande en ce moment de la préférer à ton confort ou à tes préférences ?
Versets cités
Questions fréquentes
Comment savoir si une ambition est pour le Royaume de Dieu ou pour soi-même ?
Jason Procopio relève quatre marques dans Actes 16.1-15 : la volonté d'aller vers les gens là où ils sont au lieu d'exiger qu'ils viennent à nous, la persévérance dans un enseignement fidèle même quand il est difficile à entendre, la soumission à la direction de Dieu quand il ferme une porte, et des yeux ouverts aux portes que Dieu ouvre.
Pourquoi Paul fait-il circoncire Timothée dans Actes 16 ?
Timothée est à moitié juif : sa mère est juive, son père grec, et tout le monde le sait dans la région. Sans circoncision, il ne peut pas participer à la vie de la synagogue ni accompagner Paul partout. Le prédicateur y voit l'exemple extrême du principe de 1 Corinthiens 9.22 : Paul se fait tout à tous pour en sauver quelques-uns, sans jamais faire ce que Dieu interdit.
Que signifie « le Seigneur lui ouvrit le cœur » à propos de Lydie ?
Beaucoup de gens écoutent l'Évangile sans vraiment l'entendre. Pour que Lydie soit attentive, Dieu n'a pas ouvert son esprit ni ses oreilles mais son cœur : il a agi bien plus profondément que l'intellect. Le prédicateur y voit la souveraineté de Dieu dans le salut : la foi est un don de Dieu, et c'est pour cela qu'on peut aller parler aux gens sans savoir comment cela finira.
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