2 Rois 4 : la veuve, ses fils et leurs voisins, une Église unie

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Introduction

Giovanni Petruccelli, membre du conseil de l'Église évangélique des Assemblées de Dieu (ADI) de Turin, via Spalato, reprend un thème que l'Esprit Saint continue de rappeler à son Église : l'unité. « Si Christ nous parle, cela veut dire qu'il nous manque quelque chose. »

Pour en parler, il choisit un texte que l'on utilise d'habitude pour tout autre chose : le miracle de l'huile de la veuve, en 2 Rois 4:1-7. Il veut y chercher ce qu'il faut faire concrètement pour être une Église unie, car « si nous enfermions nos raisonnements dans ce lieu, entre nous, sans rien faire, tout serait perdu ».

Son titre met en scène trois figures : la veuve, ses fils et leurs voisins. Au moins une fois dans ta vie, tu as été l'une d'elles : celui qui est dans le besoin, celui qui donne un coup de main dans sa famille ou dans l'Église, ou ce voisin que l'on sollicite au moment du besoin.

Plan du message

1. Trois figures dans lesquelles tu te reconnais

  • Le texte parle aussi des fils, et le prédicateur s'adresse aux jeunes de l'assemblée. Mais « nous sommes tous des fils », plus ou moins jeunes, et nous avons à tout âge une responsabilité envers notre famille.
  • Les voisins font d'abord penser aux voisins de palier, qui ne nous font pas toujours sourire. Le prédicateur va plus loin : « les voisins dont parle ici la Parole de Dieu, c'est nous, chacun de nous ».
  • On insiste souvent sur la veuve, mais elle avait des fils. Le Psaume 68 parle des deux : Dieu est « le père des orphelins, le défenseur des veuves », et « Dieu donne une famille à ceux qui étaient abandonnés ».
  • C'est ce que témoignent souvent ceux qui visitent une Église : « j'ai trouvé une famille en Christ ». C'est ce que nous devons ressentir.

2. Un homme qui craignait Dieu, et qui est mort

  • La femme dit à Élisée : « tu sais que ton serviteur craignait l'Éternel ». C'est son épouse qui le dit, la personne la plus intime. « C'est dans nos maisons que nous savons qui nous avons vraiment à côté de nous, pas ici. »
  • Le prédicateur relève un contraste : comment un homme qui craignait Dieu a-t-il pu laisser sa famille exposée aux créanciers ?
  • Selon des commentateurs, il pourrait s'agir d'Abdias, l'intendant d'Achab (et non le petit prophète), qui cacha cent prophètes quand Jézabel voulait les tuer. Le prédicateur aime penser qu'il s'est endetté pour les sauver. C'est une supposition : le récit de 1 Rois 18 ne parle d'aucune dette.
  • Cet homme a fait le bien, et pourtant il est mort. Ceux qui craignent Dieu ne sont immunisés ni contre la maladie, ni contre les difficultés, ni contre la mort.
  • Le stéréotype selon lequel tout doit aller « comme sur des roulettes » pour un enfant de Dieu, sans que rien ne manque à la famille, « est faux, parce que ce n'est pas la Parole de Dieu ».

3. Ouvrir la porte et aller d'abord vers Dieu

  • La veuve avait un problème concret : on venait prendre ses fils comme esclaves. Elle aurait pu emprunter ailleurs, cacher ses enfants ou demander de l'aide à sa parenté. La première chose qu'elle fait, c'est aller vers le prophète.
  • « La première chose à faire, chers frères, sœurs et jeunes, c'est d'aller à Jésus-Christ. » C'est un enseignement pratique, sage, et un enseignement de soumission à la volonté de Dieu.
  • Le texte parle sans cesse de portes : entrer, sortir, aller, venir. Souvent, la souffrance est à l'intérieur de la maison. Quand on ne demande pas d'aide, elle reste enfermée et touche tous ceux qui vivent dans cette maison, à commencer par les enfants.
  • « Cette porte doit être ouverte. » Et derrière la porte fermée d'une maison, il y a parfois des cœurs fermés : il faut ouvrir aussi la porte des cœurs.
  • Élisée lui demande : « Que puis-je faire pour toi ? » C'est ce que le Seigneur nous dit quand nous venons à lui, désespérés. Il ne dit pas : « Qu'as-tu fait ? Je te l'avais dit. » Le prédicateur commence alors par demander pardon : « Seigneur, j'aurais peut-être dû venir à toi plus tôt. Maintenant, j'ai besoin de toi. » Pour lui, demander pardon est la plus belle des prières.
  • Il y a aussi ces prières que seul l'Esprit comprend, qui ne sortent même pas de la bouche mais du fond de l'esprit. Dieu les connaît et les recueille.

4. « Qu'as-tu à la maison ? » Le protocole de Dieu

  • Nous pensons avoir beaucoup : le bien-être, la santé, notre dignité. Mais nous n'avons rien à présenter devant Dieu. La veuve le sait : « Ta servante n'a rien du tout à la maison qu'un vase d'huile. »
  • Ce petit vase fait penser au prédicateur à cette petite foi que nous devons alimenter par la Parole, l'étude, la communion fraternelle et la prière. Ce peu, cette petite flamme, restaure l'âme.
  • Elle dit « j'ai un petit vase » et le prophète répond : « Va demander des vases. » C'est « le protocole de Dieu » : il pense souvent l'opposé de ce que nous pensons. Naaman attendait qu'on lui impose les mains, Dieu l'envoie au Jourdain.
  • Face à ce protocole, la seule chose à ne pas faire, c'est se rebeller : « Seigneur, je t'ai dit que j'avais un petit vase. » Et pourtant, c'est souvent ce que nous faisons. Élisée précise même : « n'en demande pas un petit nombre ».
  • Élisée connaissait le Dieu de l'impossible. Il avait demandé une double portion de l'esprit d'Élie. « C'est nous qui limitons notre Dieu. »
  • Quand Dieu ordonne, il prépare tout le reste. « Nous sommes l'instrument, c'est lui qui agit. » Notre part : obéir, nous soumettre, avoir la foi, être pratiques.

5. Les voisins et les fils : être disponibles

  • La porte se rouvre et la veuve va chez ses voisins. Ils la connaissaient, ils savaient ses dettes. Le prédicateur l'avoue : « Je ne sais pas si j'aurais donné des vases à cette veuve. »
  • Prêter un vase n'était pas rien à l'époque : il servait pour l'eau, l'huile, les aliments, le transport, et ces familles n'en avaient pas en trop. Ces voisins ont été généreux. « Je veux être un voisin comme ça, un membre d'Église comme ça, un frère en Christ comme ça. »
  • Aujourd'hui, face au besoin, beaucoup se décalent sur le côté et détournent le regard : c'est l'indifférence. Ces voisins, eux, ont compris l'urgence. « Dieu prépare aussi ceux qui doivent te donner des vases. »
  • Les vases que nous donnons doivent être propres, dignes et consacrés. Ne servons jamais l'Église en exigeant de reprendre ce que nous avons donné : Dieu a donné Jésus-Christ, un sacrifice parfait, et il ne l'a pas repris. Des vases propres, « pas des sépulcres blanchis ».
  • Les fils auraient pu s'enfuir, plus rapides que leur mère et que le créancier. Ils sont restés. Pourquoi ? Parce qu'ils avaient reçu un enseignement pratique de leur père et de leur mère.
  • On répète souvent les mêmes paroles à ses enfants, ils les ont déjà entendues. « L'exemple vaut plus que les paroles. » Aux parents qui prient pour des enfants non sauvés : Dieu veut sauver toute ta maison, mais montre dans ta maison que tu crains Dieu.

6. « Il n'y a plus de vase » : ne limite pas l'œuvre de Dieu

  • La porte s'ouvre pour exposer le besoin, puis se ferme pour verser l'huile avec les fils. C'est dans la maison qu'il faut cultiver le plus possible la présence de Dieu.
  • La phrase « Il n'y a plus de vase » n'a jamais plu au prédicateur. Elle lui laisse « un goût amer » : non que la veuve ou ses fils aient manqué de rapidité, mais parce que « nous arrêtons l'œuvre de Dieu ».
  • Le Seigneur a pourtant agi. « Va vendre l'huile, et paie ta dette. » Dieu est pratique, il fait bouger nos mains : va, prends, verse, vends, paie. « Nous ne sommes pas des visionnaires », nous voyons Dieu pourvoir dans nos maisons.
  • Élisée, qui avait demandé le double, ne concevait pas que l'huile s'épuise. Le prédicateur renvoie à 2 Rois 13:14-19 : le roi ne frappe que trois fois, et Élisée s'irrite, car il fallait frapper cinq ou six fois pour battre l'ennemi jusqu'à l'extermination.
  • Élisée savait qu'on pouvait demander plus de vases. Élevons notre pensée à celle de Dieu, un Dieu sans obstacles.

7. Des vases tous différents, une seule huile

  • Dans cette pièce, les vases étaient tous différents : certains avaient donné deux vases, d'autres un, des grands, des petits. Rien à voir avec des chaises empilées toutes identiques.
  • Le prédicateur y voit la diversité de l'Église. « Il est beau aussi d'être différents. » Dieu ne regarde pas ces différences que nous sommes seuls à regarder : il regarde que tous les vases contiennent l'huile qu'il a préparée.
  • Des vases qui semblent parfois inutiles peuvent, dans ses mains, être remplis de l'huile qui sert à l'édification de l'Église.
  • Christ va revenir et il est jaloux de son Église, de toi et de ta maison. Il veut une Église unie, qui se sente un seul corps « bien coordonné », comme l'écrit l'apôtre Paul.

Points à retenir

  • Craindre Dieu ne met pas à l'abri des épreuves : l'homme de ce récit a fait le bien, et il est mort.
  • Dans la difficulté, ouvre la porte de ta maison et de ton cœur, et va d'abord à Jésus-Christ.
  • Le protocole de Dieu va souvent à l'opposé de nos raisonnements. Notre part est d'obéir, pas de limiter Dieu.
  • Sois un voisin disponible : donne des vases propres et consacrés, sans exiger de les reprendre.
  • Dieu ne regarde pas nos différences, il regarde l'huile qu'il a mise en chacun pour édifier une Église unie.

Application personnelle

  1. Y a-t-il dans ta maison une difficulté que tu gardes derrière une porte fermée, sans demander d'aide ?
  2. Quand tu traverses une épreuve, vers qui vas-tu en premier : tes propres solutions ou Jésus-Christ ?
  3. Dans quel domaine te rebelles-tu contre le « protocole de Dieu » parce qu'il ne correspond pas à ta logique ?
  4. Qui, autour de toi dans l'Église, a besoin d'un « vase » que tu pourrais prêter sans rien attendre en retour ?
  5. Quel exemple donnes-tu à tes enfants ou à tes proches dans ta propre maison ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que nous apprend la veuve de 2 Rois 4 face à sa dette ?

Elle avait un problème concret : le créancier venait prendre ses deux enfants comme esclaves. Avant de chercher une solution par ses propres forces, elle va d'abord vers le prophète. Pour Giovanni Petruccelli, c'est ce que nous devons faire dans la difficulté : ouvrir la porte de notre maison et aller d'abord à Jésus-Christ.

Qui sont les voisins dans l'histoire de la veuve et des vases d'huile ?

Ce sont ceux qui ont prêté des vases vides alors que la veuve était connue pour ses dettes. Prêter un vase n'était pas anodin à l'époque. Pour le prédicateur, ces voisins, c'est nous : des membres d'Église disponibles, qui ne détournent pas le regard quand un frère ou une sœur est dans le besoin.

Pourquoi l'huile s'arrête-t-elle quand il n'y a plus de vase ?

Élisée avait dit : « n'en demande pas un petit nombre ». Giovanni Petruccelli confie que la phrase « il n'y a plus de vase » lui laisse un goût amer, car on pouvait faire davantage. Il la rapproche de 2 Rois 13, où le roi ne frappe que trois fois : c'est nous qui limitons l'œuvre de Dieu.

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