Introduction
« Je crois que c'est un moment passionnant pour être en vie, que Dieu est à l'œuvre, pendant que nous sommes de garde. » Ness Wilson, qui conduit l'église Open Heaven à Loughborough et le réseau d'églises Pioneer, prêche ce dimanche à Trent Vineyard, à Nottingham. Pour elle, le Royaume-Uni, cette « terre des réveils », commence à voir un réveil. « C'est le début, mais les signes sont là. »
Son texte est 2 Corinthiens 6:2 : « Au temps favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je t'ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. » Elle en tire un appel : maintenant est le temps de changer tes priorités et tes attentes, parce que ce n'est pas le moment de continuer comme d'habitude.
Après avoir décrit ce nouveau climat spirituel, elle propose trois changements à opérer : passer de la foi privée à l'espace public, passer d'atteindre à former des disciples, et passer de quelques-uns à tous.
Plan du message
1. Un nouveau climat spirituel
- Quand Dieu agit, il faut se réveiller et y prêter attention. Ness Wilson invite à sortir d'une « mentalité de siège » qui dit : garde ta foi privée, ne prononce pas le nom de Jésus, minimise ton engagement dans l'église. « Maintenant est le temps d'abaisser le pont-levis et d'ajuster ta posture. »
- Elle s'adresse surtout aux plus de 35 ans, qui ont connu l'époque du « nouvel athéisme » et une culture indifférente ou un peu hostile. Elle se souvient des réactions glaciales quand elle disait, dans une soirée, qu'elle conduisait une église. « Mais les amis, ça change. » La culture est désormais ouverte et curieuse.
- La jeune génération est convaincue que la société lui a vendu un mensonge. L'idéologie du sécularisme, qui a repoussé Dieu aux marges, l'a laissée tomber. Beaucoup de moins de 25 ans traversent une crise de sens et cherchent « une meilleure histoire » : une vie qui fonctionne, des familles qui s'épanouissent, une société qui tient debout.
- Elle remarque dans les témoignages de conversion une dimension plus surnaturelle : des visions, des rêves de Jésus, comme on en entendait dans l'Église persécutée. « Mais ça arrive ici, pendant que nous sommes de garde, dans ce pays. »
- Un jeune homme d'une vingtaine d'années s'effondre dans un festival de musique après un mélange de drogues. Il sent son esprit quitter son corps et arriver à une croisée de chemins : à gauche, « l'horreur pure » ; puis une voix lui dit simplement : « Je t'aime. » Ce chemin-là mène à l'amour et à la lumière.
- Revenu à lui, il cherche le Dieu de cette voix. Il essaie le bouddhisme, le New Age, et même la physique quantique. Puis on lui donne une Bible. Il lit tout l'Ancien Testament depuis la Genèse, fait une pause avant le Nouveau parce qu'il sent que ce qu'il contient va changer sa vie, puis lit, et donne sa vie à Jésus. En lisant la Bible, il comprend qu'il doit rejoindre une église, et arrive un dimanche à Open Heaven.
- « Rien de ce que nous avons fait. C'est tout Jésus. » Jésus, le meilleur évangéliste, bâtit son Église comme il l'a dit, parce que maintenant est le jour de la faveur de Dieu.
2. De la foi privée à l'espace public
- En Actes 1:4, Jésus ordonne aux disciples de ne pas quitter Jérusalem et d'attendre ce que le Père a promis. En Actes 1:8, il annonce : « Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
- Les disciples attendent d'abord derrière des portes closes, dans la chambre haute, peut-être cachés. Ils prient, ils adorent, puis ils sont remplis du Saint-Esprit et se déversent dans les rues. Pierre déclare à la foule que ces gens ne sont pas ivres, car il n'est que neuf heures du matin, la troisième heure du jour (Actes 2:15).
- Quelque chose avait touché leur « neuf heures du matin ». Notre neuf heures, c'est l'heure où nous arrivons au travail, à la sortie de l'école, au bénévolat, à l'université. C'est là que la foi doit passer dans l'espace public.
- Elle le voit dans le sport : neuf joueurs d'Arsenal, en Premier League, suivent Jésus de tout leur cœur, se surnomment les « Bible brothers », prient avant les matchs et lisent la Bible ensemble. Elle évoque les olympiens qui ont rendu gloire à Dieu, et Katie Taylor, entrant pour le dernier combat de sa carrière devant 80 000 personnes sur le chant « All Hail King Jesus », en adorant.
- Beaucoup ont pris l'habitude de cloisonner leur vie et de ne parler de foi qu'entre chrétiens. Ness Wilson appelle à oser prononcer le nom de Jésus, et pas seulement dire qu'on va à l'église : « Sois absolument convaincu qu'une présentation à Jésus est le plus grand cadeau que tu puisses faire à quelqu'un. »
- Les nouveaux chrétiens montrent la voie. Sur le campus, des jeunes portent de grandes croix par-dessus leurs vêtements, des sweats « Jésus est roi » ou « J'appartiens à Jésus », un blouson marqué « Jesus did the work ». Une jeune femme de l'église, suivie sur Instagram, s'est filmée en entrant à une réunion en disant : « Viens à l'église avec moi. » Deux personnes sont venues ; l'une a suivi un parcours Alpha, est devenue chrétienne et a été baptisée. « Nous, les plus âgés, devons nous humilier et apprendre d'eux. »
- Matthieu 5:14-15 : une ville située sur une montagne ne peut être cachée, et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau. « Certains d'entre nous doivent peut-être aller vers le boisseau posé sur la lumière, et simplement le soulever. »
- La semaine précédente, pendant une soirée pour les femmes, un jeune homme se présente à la porte : sa grand-mère lui a donné une vieille Bible qu'il ne comprend pas. Est-ce une église qui peut l'aider ? Elle lui remet une Bible, un livre de Bear Grylls et une invitation au parcours Alpha. « Les gens ont faim de quelque chose de vrai, d'authentique, d'ancien, et qui fonctionne. »
- Elle encourage à créer des espaces pour lire la Bible avec d'autres : un « club de lecture biblique » affiché au travail ou sur un groupe WhatsApp, un jeudi midi avec les personnes spirituellement curieuses.
3. D'atteindre à former des disciples
- Il s'agit de prendre la responsabilité de former les vagues de personnes curieuses et de nouveaux chrétiens que Dieu amène. Matthieu 28:19-20 : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. »
- « Ce commandement n'a jamais été révoqué, et il n'est pas encore accompli. » Le grand mandat ne dit pas d'aller chercher des gens qui fréquentent l'église, mais de faire des disciples. Former un disciple est un processus, pas un événement, et c'est relationnel, « de vie à vie ».
- « Si tu ne définis pas ce qu'est un disciple, tu ne sauras jamais si tu en as formé un. » Elle reprend un acronyme anglais, BIO : B pour « devant Dieu chaque jour », I pour « en communauté », O pour « en mission ». Elle cite la Société biblique : la transformation se produit quand quelqu'un est dans la Parole au moins quatre fois par semaine.
- La plupart des chrétiens disent que former des disciples est important. Mais à la question « Qui formes-tu, et comment ? », beaucoup restent sans réponse. « Nous sommes juste un peu rouillés. »
- Les nouveaux chrétiens sont des personnes de toute première importance. Elle compare : personne n'entrerait dans un bâtiment plein de bébés laissés seuls en pensant que c'est la responsabilité d'un autre. On les prendrait dans les bras, on les nourrirait. Il faut devenir des pères et des mères spirituels, des grands frères et des grandes sœurs, et leur faire de la place à table, dans l'agenda, peut-être à la maison.
- Les nouveaux venus veulent « de la proximité, pas de la performance ». Souviens-toi de ceux qui t'ont entouré à tes débuts, invité à manger, encouragé : « Sois pour les autres ce que d'autres ont été pour toi. »
- Il faut former des disciples résilients : le monde est chaotique et d'autres bouleversements viendront. Elle appelle à poser des racines profondes d'identité, de sécurité et de compréhension de la grandeur et de la souveraineté de Dieu.
- Elle raconte l'histoire de Dimitri, un chrétien emprisonné dix-sept ans dans l'ex-Union soviétique pour avoir tenu une église dans sa maison. Chaque matin, tourné vers le soleil levant, il chantait au Seigneur sous les moqueries des détenus. Quand des gardes l'ont traîné pour l'exécuter, 1 500 prisonniers se sont mis à chanter le chant qu'ils l'avaient entendu chanter. Les gardes l'ont lâché ; il s'est relevé et a dit : « Je suis Dimitri, un fils du Dieu vivant. » Ce jour-là, il a été libéré.
4. De quelques-uns à tous
- Si le temps est maintenant, il l'est pour tout le monde : hommes et femmes, jeunes et vieux, toutes professions, tous milieux, toutes cultures. « Les temps sont trop importants pour que quelqu'un reste sur le banc. »
- Actes 2:17-18 : « Je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. » L'Esprit est pour les fils et les filles, pour les jeunes et pour les anciens.
- Ness Wilson s'adresse aux « saints aguerris », ceux qui ont 50 ans, 60 ans et plus : c'est leur moment pour devenir des parents spirituels et se donner à la jeune génération. Pas besoin d'avoir eu des enfants, et même si les tiens se sont éloignés, « tu es nécessaire dans cette mission divine ».
- Elle lit une parole prophétique reçue pour les plus de 50 ans : « Ce n'est pas la saison pour ralentir dans l'Esprit, mais pour brûler plus fort, plus vivement et avec plus de but que jamais. » Les épreuves ont donné de la sagesse, des cicatrices qui portent des histoires, des racines profondes. « Ce n'est pas le temps de rouler en roue libre. C'est le temps de se répandre. »
- La suite de cette parole : « Ne laisse pas ta flamme devenir une lueur vacillante. Ne laisse pas la stagnation ressembler à la paix. Ne confonds pas le repos et la retraite. » La jeune génération regarde, non pour voir la perfection, mais l'endurance, une passion qui ne s'éteint pas.
- Elle conclut par une prière : « Seigneur, je suis partant, tout entier, pour ce que tu fais en ce temps. » Elle demande que Dieu remplace la lassitude par une foi nouvelle, la déception par une espérance nouvelle, et le sentiment d'être mis de côté par le choix de s'engager pleinement, pour être dignes de confiance avec le fruit qu'il apporte.
Points à retenir
- Maintenant est le temps favorable : la culture devient ouverte et curieuse, et ce n'est pas le moment de continuer comme d'habitude.
- La foi n'est pas faite pour rester derrière des portes closes : elle se vit à « neuf heures du matin », au travail, à l'école, dans la rue, en osant le nom de Jésus.
- Jésus n'a pas demandé d'attirer des gens à l'église, mais de faire des disciples : devant Dieu chaque jour, en communauté, en mission.
- Les nouveaux chrétiens ont besoin de proximité, pas de performance. Sois pour eux ce que d'autres ont été pour toi.
- L'Esprit est répandu sur tous : personne ne reste sur le banc, et les plus âgés sont appelés à brûler plus fort, pas à ralentir.
Application personnelle
- Dans quels lieux de ton quotidien as-tu gardé ta foi « sous le boisseau » : ton travail, ton école, ta famille, tes amis ?
- Quand as-tu prononcé le nom de Jésus pour la dernière fois devant quelqu'un qui ne le connaît pas, et pas seulement parlé d'aller à l'église ?
- Si on te demandait « Qui formes-tu comme disciple, et comment ? », que répondrais-tu ?
- Quelle place peux-tu faire cette semaine à un nouveau chrétien ou à une personne curieuse : un repas, un café, une lecture de la Bible ensemble ?
- Te sens-tu sur le banc, fatigué, blessé ou déçu ? Qu'est-ce qui t'empêche de retourner sur le terrain ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire « maintenant est le temps favorable » pour Ness Wilson ?
En s'appuyant sur 2 Corinthiens 6:2, Ness Wilson affirme que ce n'est pas le moment de continuer comme d'habitude. La culture, longtemps indifférente ou hostile, devient ouverte et curieuse, surtout chez les plus jeunes. Quand Dieu est à l'œuvre, il faut se réveiller, changer ses priorités et ses attentes.
Qu'est-ce qu'un disciple selon l'acronyme BIO ?
Ness Wilson reprend un enseignement qui résume le disciple en trois lettres : B pour « devant Dieu chaque jour » (before God daily), I pour « en communauté » (in community), O pour « en mission » (on mission). Pour elle, si l'on ne définit pas ce qu'est un disciple, on ne sait jamais si l'on en a formé un.
Pourquoi Ness Wilson interpelle-t-elle les plus de 50 ans ?
À partir d'Actes 2:17-18, où l'Esprit est répandu sur les jeunes comme sur les vieillards, elle appelle les « saints aguerris » à devenir des pères et des mères spirituels pour la jeune génération. Ce n'est pas le temps de ralentir dans l'Esprit, mais de se donner davantage : personne ne doit rester sur le banc.