1 Thessaloniciens 4 : occupe-toi de tes propres affaires

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Introduction

Il y a quelques mois, pendant qu'il priait, Antonio Morra a eu une vision. Il a vu une silhouette sombre, mal définie, mais il a compris que c'était l'ennemi. Il ne distinguait qu'une bouche très large, d'où sortaient des mouches. Il rappelle que Béelzébul, l'un des noms de Satan, peut se traduire par « le seigneur des mouches ». Une mouche n'a pas de force, mais elle est agaçante : dans la vision, elles allaient près des oreilles et bourdonnaient, comme des chuchotements.

De là est né ce message, intitulé « Fatti i fatti tuoi » : occupe-toi de tes affaires. À Naples, tout le monde connaît le proverbe : « Qui s'occupe de ses affaires vit cent ans. » Tous les proverbes napolitains ne sont pas bibliques, sourit le prédicateur, mais celui-ci l'est, au moins en partie.

Il constate que la culture dans laquelle il a grandi pousse à se mêler des affaires des autres, et il y voit quelque chose de démoniaque qu'il faut combattre volontairement. Les réseaux sociaux ont amplifié le phénomène : autrefois, la dame se penchait au balcon pour surveiller l'immeuble et le quartier ; aujourd'hui, « le balcon, c'est un téléphone », et il ouvre sur le monde entier. Le résultat : une agitation intérieure permanente.

Plan du message

1. Une Église chaleureuse, mais agitée

  • Le texte de départ est 1 Thessaloniciens 4:11, lu dans une traduction peu courante : « Que votre plus grande aspiration soit de vivre une vie tranquille, de vous occuper de vos propres affaires et de gagner votre vie par votre propre travail. » Le prédicateur ajoute que ce verset devrait apparaître « toutes les trois vidéos TikTok ».
  • Thessalonique était une ville portuaire de Macédoine, pleine de commerce, de va-et-vient et de paganisme, « un peu comme notre Naples ».
  • Paul y avait prêché avec puissance, mais la persécution l'avait obligé à fuir sans avoir le temps de former les croyants (Actes 17). Il leur écrit donc des lettres.
  • Il les félicite : leur foi en Dieu est connue partout (1 Thessaloniciens 1:8) et leur amour fraternel se voit (1 Thessaloniciens 4:9-10). C'était une Église chaleureuse, aux rangs serrés.
  • Mais quand les rangs sont serrés, il y a un risque d'agitation. Certains étaient si convaincus du retour immédiat de Jésus qu'ils avaient cessé de travailler et allaient de maison en maison se mêler des affaires des autres.
  • Paul doit les reprendre en 2 Thessaloniciens 3:11 : certains « ne travaillent pas, mais s'occupent de futilités ».
  • Le prédicateur s'arrête sur le grec : Paul emploie deux fois la même racine, celle du travail. Les uns « ne travaillent pas », mais en réalité ils n'ont pas cessé de travailler : ils font un autre travail, auquel Paul ajoute le petit mot peri, « autour ».
  • Ils font « un travail autour ». Au lieu d'être au centre de ce que Dieu leur a demandé, ils restent à la périphérie et se laissent absorber par les affaires des autres.

2. Fais de la tranquillité ton trophée

  • Le verbe traduit par « aspiration » évoquait à l'époque la réussite : la médaille d'or d'un athlète, la statue ou la ville qu'un roi faisait bâtir à sa gloire. Aujourd'hui, on penserait au Ballon d'or ou à une Coupe du monde.
  • Paul prend ce concept et le renverse : « Ta plus grande aspiration, c'est de t'occuper de tes affaires et de vivre une vie tranquille. » La culture du royaume de Dieu est souvent l'inverse de ce que la société nous propose.
  • « Sois ambitieux. Fais de la tranquillité ton trophée. » Fais de ce que Dieu t'a demandé ta plus grande ambition, et oublie ce que font les autres.
  • Certains passent des heures à regarder ce que font les autres, à les juger, au lieu de consacrer ce temps à ce que Dieu leur a demandé.
  • Vivre tranquille ne veut pas dire s'affaler sur le canapé. Paul a tout vécu : battu, maltraité, en bateau, à cheval, sans cesse sur la route. C'était pourtant sa vie tranquille, parce que sa vie était en Jésus et qu'il ne s'intéressait pas à ce que faisaient les autres.

3. Le péché le plus toléré dans l'Église

  • « Nous avons un poison parmi nous », dit Antonio Morra, dans toute l'Église italienne et au-delà. C'est pourquoi il prêche sur ce sujet au moins une fois par an : la Parole de Dieu a le pouvoir de changer une culture et, comme un insecticide, de tuer les mouches et de fermer la bouche de l'ennemi.
  • Ce péché, c'est le commérage, la médisance, la discorde. On ne l'appelle pas ainsi, bien sûr : « Je dois te dire quelque chose, mais que ça reste entre nous », « Je m'inquiète pour ce frère, mais écoute ce qu'il a fait », « Je te le dis seulement parce que je tiens à lui ».
  • Romains 1:29-30. Paul dresse une liste de péchés pour montrer que tous ont péché. Il y place les « rapporteurs », un mot qui imite le son du chuchotement : celui qui parle tout bas parce qu'il sait qu'il ne devrait pas le dire, mais ne peut pas s'en empêcher. Et Paul le met dans la même liste que les meurtriers. Nous, nous lui donnerions trois ou quatre sur une échelle de mille.
  • Jacques 4:11. « Ne parlez point mal les uns des autres. » C'est l'un des « les uns les autres » négatifs du Nouveau Testament. Le mot grec katalaleo signifie parler contre, parler d'en haut : médire te place dans la position de celui qui se croit meilleur.
  • Parler des problèmes des autres anesthésie les nôtres. On n'a pas forcément l'ambition d'être le meilleur de tous, mais on veut au moins être meilleur que son prochain. Au lieu de travailler à devenir comme Jésus, on prend le chemin facile : discréditer l'autre pour se mettre en valeur.
  • Tite 2:3 et 1 Timothée 3:11. Paul écrit à ses fils spirituels au sujet de femmes mûres de l'Église qui, au lieu d'enseigner le bien aux plus jeunes, étaient devenues médisantes. Ce mot, qui l'a fait trembler en l'étudiant, a la même racine que diabolos, le titre de Satan : l'accusateur, le calomniateur, celui qui divise.
  • « Quand on dit du mal d'un frère ou d'une sœur, Paul dit : tu fais le travail du diable. » Le diable n'a pas besoin d'aide, il est déjà maître dans l'art de nous accuser. Citant un théologien, le prédicateur ajoute qu'il n'a plus accès à la présence de Dieu pour nous accuser, mais qu'il se sert de nos bouches pour accuser nos frères.
  • « Seigneur, aide-moi, je ne voudrais jamais prêter ma langue et ma bouche à l'ennemi. »

4. Des friandises empoisonnées et du bois pour le feu

  • Pourquoi le commérage nous attire-t-il autant ? « Les paroles du rapporteur sont comme des friandises » (Proverbes 18:8). Elles flattent le palais parce qu'elles nous donnent le sentiment d'être importants et informés. « C'est du sucre pour l'orgueil », et trop de sucre empoisonne.
  • Le prédicateur raconte une histoire que plusieurs pasteurs reprennent, sans savoir si elle est authentique. Une femme confesse à son pasteur avoir longtemps dit du mal de plusieurs frères. Il lui demande de monter au clocher avec un oreiller en duvet, de l'ouvrir et de laisser le vent emporter les plumes. Puis il lui demande d'aller toutes les ramasser. Impossible. « Le Seigneur te pardonne, mais va maintenant récupérer toutes ces paroles », arrivées exagérées et déformées chez des gens qui pensent désormais du mal de l'autre.
  • Aujourd'hui, sur internet, les plumes voyagent encore plus vite.
  • Il précise qu'il ne vise personne : « Nous n'utilisons pas cette chaire pour frapper. Si j'ai quelque chose à dire, je viendrai te le dire. »
  • « Faute de bois, le feu s'éteint ; et quand il n'y a point de rapporteur, la querelle s'apaise » (Proverbes 26:20). La médisance a deux visages : celui qui allume le feu et celui qui ajoute du bois. Celui qui écoute et alimente la rumeur est complice.
  • « Pourquoi tout le monde vient me raconter ? » Ce n'est pas bon signe : cela veut dire que tes oreilles sont du bois pour le feu.
  • La réponse la plus sainte est parfois : « Si tu veux, je t'accompagne voir cette personne. » Et si l'autre refuse : « Moi, j'écoute le conseil de l'apôtre Paul. Je m'occupe de mes affaires. »

5. « Que t'importe ? Toi, suis-moi »

  • En Jean 21, Jésus ressuscité réhabilite Pierre, qui l'avait renié trois fois, avec trois questions : « M'aimes-tu ? » Puis il lui confie ses brebis et lui dit : « Suis-moi. »
  • À ce moment, Pierre voit arriver Jean et demande : « Et lui, Seigneur ? » Jésus venait de lui rendre son avenir, et Pierre regarde déjà l'autre.
  • La réponse de Jésus : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? Toi, suis-moi » (Jean 21:22). Ce qu'il a dit, ce qu'il a fait, que t'importe ? « J'ai déjà trop de choses pour toi, ne perds pas ton temps. »
  • Les disciples étaient souvent en compétition. Ils n'étaient pas pires que nous : la plupart avaient une vingtaine d'années, parfois immatures.
  • C'est aussi la leçon de la parabole des ouvriers de la vigne (Matthieu 20:1-16) : celui qui n'a travaillé qu'une heure reçoit le même salaire. Tu as reçu ce que tu devais recevoir ; laisse le Seigneur décider.

6. L'amour porte le rocher, l'ingérence fouille le sac à dos

  • S'occuper de ses affaires ne veut pas dire se désintéresser de tout et de tous. Le prédicateur s'appuie sur deux versets de Galates 6.
  • « Portez les fardeaux les uns des autres » (Galates 6:2). Le mot grec baros désigne des rochers que personne ne peut porter seul. Un frère de l'église en a témoigné : frappé par un cancer agressif, il a remercié Dieu de ne plus être en marge de l'Église mais dans le corps, où des proches l'ont aidé à porter ce poids.
  • « Chacun portera son propre fardeau » (Galates 6:5). Ici, le mot est phortion, le sac à dos du soldat : la charge quotidienne, les responsabilités que Dieu t'a confiées. Personne ne peut le porter à ta place ; si tu portes deux, trois ou quatre sacs, ils deviennent des rochers.
  • « L'amour voit le rocher et veut aider. L'ingérence voit le sac et dit : fais-moi voir ce que tu as dedans. L'amour porte le poids, le commérage le raconte. »

7. Avant de parler, à qui offres-tu ta bouche ?

  • Avant de parler, demande-toi : est-ce nécessaire ? Est-ce utile ? Est-ce que cela édifie, ou est-ce que je fais le travail de l'ennemi ? Édifier est le contraire de calomnier.
  • Si tu ne peux pas édifier, tais-toi : « L'insensé même, quand il se tait, passe pour sage » (Proverbes 17:28).
  • Si Dieu t'a vraiment mis un fardeau à cœur, va le dire à la personne concernée, pas à cent mille autres, avec tout l'amour possible : « Si tu veux, je suis là pour marcher avec toi sous ce rocher. » Et demande-toi si la troisième personne dont vous parlez est au courant, ou si vous agissez dans son dos.
  • Dietrich Bonhoeffer, dans De la vie communautaire, conseille de ne jamais parler de quelqu'un sans avoir d'abord prié plusieurs jours pour lui, car la prière détruit le commérage. Il est difficile de dire du mal de celui pour qui tu intercèdes.
  • La langue est petite, mais difficile à dompter (Jacques 3:5-8). « Attends, Antonio, avant de parler : à qui est-ce que j'offre ma bouche ? Au diable ou à Jésus ? » Il choisit Jésus, qui dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28).
  • Si tu t'engages dans l'œuvre de Dieu, tu auras tant à faire, tant de fardeaux à porter, que tu n'auras plus le temps de fouiller dans le sac à dos des autres.
  • Le prédicateur aspire à entendre un jour le Roi lui dire : « C'est bien, bon et fidèle serviteur » (Matthieu 25:21), « tu as fait ce que je t'ai demandé, pas ce que faisaient les autres ».
  • Il invite à une prière « dangereuse », en écho à Ésaïe 6:5-7, où un charbon ardent purifie les lèvres du prophète : « Seigneur, purifie mes lèvres, purifie mes paroles, purifie mon cœur. »
  • Il conclut avec Pierre, « un homme impétueux, forgé par la main de Dieu ». Selon la tradition chrétienne (et non la Bible), Pierre fuyait Rome pendant la persécution quand il a vu Jésus qui y retournait. Il est revenu, a été arrêté, et a demandé à ne pas mourir comme son Seigneur, s'en jugeant indigne : il aurait été crucifié la tête en bas.
  • « Pierre, m'aimes-tu ? Alors que t'importe ? Suis-moi. Occupe-toi de tes affaires. Vis une vie tranquille. Suis-moi et je t'emmènerai là où tu ne peux pas aller, mais ce sera une aventure extraordinaire. »

Points à retenir

  • Paul renverse l'idée de réussite : ta plus grande ambition doit être de vivre tranquille et de faire ce que Dieu t'a confié.
  • La médisance n'est pas un petit péché : la Bible la place à côté du meurtre et lui donne la même racine que le nom du diable.
  • Écouter et alimenter une rumeur, c'est ajouter du bois au feu. Sans rapporteur, la querelle s'apaise.
  • Face à la vie des autres, Jésus te dit : « Que t'importe ? Toi, suis-moi. »
  • L'amour aide à porter le rocher trop lourd ; l'ingérence fouille le sac à dos de l'autre.

Application personnelle

  1. Combien de temps passes-tu, sur ton téléphone ou ailleurs, à regarder ce que font les autres plutôt que ce que Dieu t'a demandé ?
  2. Quand on vient te raconter quelque chose sur quelqu'un, es-tu du bois pour le feu, ou proposes-tu d'aller voir la personne concernée ?
  3. Avant ta prochaine conversation sur un absent, peux-tu te demander : est-ce nécessaire, est-ce utile, est-ce que cela édifie ?
  4. Pour qui pourrais-tu prier plusieurs jours avant d'oser en parler ?
  5. Qui, autour de toi, porte un rocher trop lourd, et comment pourrais-tu l'aider à le porter sans fouiller dans son sac ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « vivre tranquille et s'occuper de ses propres affaires » en 1 Thessaloniciens 4:11 ?

Antonio Morra explique que Paul reprend un mot employé pour les plus grandes ambitions, comme une victoire aux Jeux, et le renverse : ta plus grande ambition doit être de vivre tranquille et de faire ce que Dieu t'a confié. Ce n'est pas rester sur le canapé : Paul lui-même a été battu, a voyagé sans cesse, mais il ne s'intéressait pas à ce que faisaient les autres.

Pourquoi la médisance est-elle si grave selon la Bible ?

Paul place les rapporteurs dans la même liste que les meurtriers (Romains 1:29-30). Jacques emploie un mot qui signifie parler contre, de haut, en se croyant meilleur (Jacques 4:11). Et le mot traduit par « médisantes » dans Tite et 1 Timothée a la même racine que diabolos, l'accusateur. Pour le prédicateur, celui qui dit du mal d'un frère fait le travail du diable.

S'occuper de ses affaires veut-il dire ne se soucier de personne ?

Non. Antonio Morra s'appuie sur Galates 6 : il faut porter ensemble les fardeaux trop lourds pour une seule personne (verset 2), mais chacun porte sa propre charge quotidienne (verset 5). L'amour voit le rocher et aide à le porter ; l'ingérence veut regarder dans le sac à dos de l'autre. L'amour porte le poids, le commérage le raconte.

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