Introduction
Mark Foley poursuit sa série dans l'Évangile de Marc avec Marc 7:24-30. Le récit suit directement l'altercation avec les scribes et les pharisiens, qui reprochaient aux disciples de manger sans s'être lavé les mains. Jésus venait d'expliquer que ce n'est pas ce qui est à l'extérieur qui rend impur, mais ce qui sort du cœur. Pour le prédicateur, Marc place volontairement juste après cette discussion l'histoire d'une femme que tout le monde considérait comme impure.
Le passage est déroutant : Jésus semble traiter cette mère de « chien ». Mark Foley le reconnaît dès sa prière : le texte est « vraiment confrontant ». Il commence pourtant par une question plus large : comment notre histoire façonne-t-elle la manière dont nous nous voyons, dont nous voyons les autres et dont nous pensons que Dieu nous voit ?
Dans cette rencontre, Jésus nomme quatre choses : ce que la femme pense d'elle-même, ce que les autres pensent d'elle, le fait que Dieu ne fait pas de différence, et le fait qu'elle est profondément aimée. Ce message parle aussi de toi.
Plan du message
1. Ton histoire façonne ton regard
- Le prédicateur part d'un livre qu'il lit : notre histoire, nos expériences et nos valeurs influencent non seulement ce que nous faisons, mais aussi la façon dont nous écoutons les autres.
- Quelqu'un te parle de son voyage à Melbourne, et tes pensées repartent aussitôt vers ton propre séjour, avec ses émotions. Les histoires des autres sont interrompues et interprétées par les nôtres.
- C'est encore plus fort pour ce qui agit à notre insu. Mark Foley décrit un homme qui a grandi dans une maison où le père rentrait du travail, où on lui apportait ses pantoufles et son journal, pendant que la mère préparait le dîner servi à 18 h 30 précises. Des années plus tard, marié et père de deux jeunes enfants, il rentre un soir dans une maison en désordre, trouve sa femme assise dans un fauteuil avec un livre, et explose.
- Il ignore que sa femme vient de s'asseoir depuis trois minutes, que le bébé vient enfin de s'endormir après avoir été porté toute la journée. « Votre réaction était en grande partie façonnée par ce que vous aviez connu en grandissant. »
- Autre exemple : un enfant enfermé dehors ou puni pendant des heures pour un vase cassé, un petit mensonge ou un verre d'eau renversé. La culpabilité devient de la honte : « J'ai fait une mauvaise chose » devient « je suis mauvais ». C'est ainsi qu'on se voit, qu'on pense être vu par les autres, et même par Dieu.
- Pour beaucoup, « les dés sont jetés » simplement à cause du lieu de naissance, de la couleur de peau ou de la nationalité. C'est si ancré qu'ils ne connaissent rien d'autre et agissent en conséquence.
2. Jésus nomme ce que la femme pense d'elle-même
- En un mot : impure. Les femmes païennes étaient traitées pire que des chiens, et les Syro-Phéniciens vivaient en marge de la communauté juive. Le simple fait d'être en présence d'un non-Juif pouvait rendre quelqu'un rituellement impur.
- Le texte ne donne même pas son nom. Elle se savait sans valeur à ses propres yeux et aux yeux du peuple de Dieu. Elle en était venue à croire qu'aux yeux de Dieu lui-même, elle ne méritait ni son attention ni son intervention.
- Mais sa fille était malade, et quel parent ne ferait pas tout pour son enfant ? Mettant de côté sa honte, elle vient se jeter aux pieds de Jésus.
- Jésus répond : « Laisse d'abord les enfants se rassasier ; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. » À nos oreilles, c'est brutal. Pour elle, c'était ce qu'elle attendait.
- Les Juifs appelaient souvent les païens des chiens avec le mot grec kuôn : un chien errant, grand, hirsute, sale et malade. Jésus emploie un autre mot, kunarion : un petit chien, un chien de compagnie. Il reprend ce qu'elle pense d'elle-même, l'adoucit, et commence à lui ouvrir les yeux, peut-être à la faire rêver d'être quelque chose de plus.
- Le premier pas face à un passé qui t'a fait te sentir indigne, c'est de le voir pour ce qu'il est : reconnaître son impact, le mettre en lumière, puis te demander : « Est-ce vrai ? »
3. Jésus nomme ce que les autres pensent d'elle
- Jésus met au grand jour ce que tout le monde pense sans le dire : comment cette moins que rien ose-t-elle venir demander de l'aide à notre rabbi ?
- Pour les disciples, la scène était choquante : « Pour qui se prend-elle ? Elle n'a pas sa place parmi nous. Nous sommes juifs, le peuple de Dieu, un peuple saint, mis à part. » Jésus refuse cela.
- Il nomme le préjugé et le sectarisme, il les expose à la lumière. En même temps, il adoucit la façon dont la femme l'entend. Il fait honte aux disciples en nommant leur préjugé, tout en les invitant doucement à voir cette femme autrement : elle n'est pas un kuôn, mais un kunarion.
- Mark Foley y voit une responsabilité pour les chrétiens et les Églises aujourd'hui. Dans un pays qui, selon lui, marginalise de plus en plus les minorités, fait des migrants des boucs émissaires, n'écoute pas et n'honore pas la culture et l'héritage des frères et sœurs autochtones, et amplifie la division entre ceux qui pensent différemment, il faut nommer ce qui ne reflète pas le regard de Dieu.
- Les disciples de Jésus, le Prince de la paix, l'ami des pécheurs et des exclus, devraient appeler chacun à traiter l'autre avec la valeur et le respect que Dieu lui accorde.
4. Jésus nomme une réalité : Dieu ne fait pas de différence
- Selon les commentateurs, ce passage marque un tournant dans le ministère de Jésus. Jusque-là, on pensait qu'Israël seul méritait l'attention de Dieu et que Jésus n'était venu que pour lui. Marc commence à lever nos yeux vers les autres peuples : Jésus est venu sauver tous les hommes, même les impurs, car « Dieu a tant aimé le monde ».
- Jésus le rend explicite avant de remonter vers le Père : à la fin de Matthieu, il envoie ses disciples dans le monde entier ; en Actes 1, il promet l'Esprit pour être ses témoins à Jérusalem, en Judée, en Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre.
- Quand Pierre est envoyé chez Corneille, en Actes 10, l'Esprit descend aussi sur les païens, et ceux qui sont là n'en reviennent pas.
- En Apocalypse 7, Jean voit « une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue », qui crie : « Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône, et à l'agneau. »
- Nous avons pourtant tendance à être partisans : à juger que ceux qui nous ressemblent sont plus intelligents, plus cultivés, moins offensants. Une jeune Américaine, venue passer quelques mois dans l'Église, trouvait insupportable la manière dont les chrétiens australiens se rabaissent sans cesse les uns les autres. Le pasteur, lui, avait du mal avec son rapport aux armes et son nationalisme. Qui a raison ? « Nous deux, et aucun de nous deux. »
- « Il n'existe pas de pays chrétien. » Chaque peuple a des traits qui reflètent la nature de Dieu et d'autres qui ne la reflètent pas. Quand on veut rendre une nation chrétienne, la foi s'affaiblit et Jésus devient le serviteur de la politique, voire du nationalisme.
- Mark Foley aime une chose dans le fait d'être baptiste : la séparation de l'Église et de l'État. Notre rôle n'est pas de rendre la nation plus chrétienne, mais d'appeler chacun à mettre sa confiance en Jésus, tout en défendant les marginalisés, les discriminés et ceux qui n'ont pas de voix, quels qu'ils soient et quoi qu'ils croient.
- C'est ce que Jésus a fait et ce qu'il nous demande : « Aimez vos ennemis […] et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »
5. Jésus nomme une réalité : tu es profondément aimé
- Parler à cette femme, c'est une chose. L'appeler « petit chien », c'est presque tolérable. Mais ce que Jésus fait ensuite dépasse l'entendement : il exauce sa demande et sa fille est libérée. « Quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l'enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti. »
- En intervenant de façon miraculeuse, Jésus montre que Dieu ne fait pas de différence. Malgré ce qu'elle pense d'elle-même, malgré ceux qui la dénigrent et l'écartent, elle est aux yeux de Dieu une enfant précieuse, créée à son image, digne d'honneur, de respect, de bénédiction et même de son intervention.
- Mark Foley raconte une histoire de Tony Campolo, qui l'a beaucoup marqué dans sa jeunesse. À Honolulu, ne parvenant pas à dormir à cause du décalage horaire, Tony Campolo entre dans un bar ouvert la nuit, où se retrouvent des prostituées entre deux services. Il entend l'une d'elles dire que le lendemain, elle aura 39 ans, et que personne n'a jamais remarqué ni fêté son anniversaire : « Pourquoi le feraient-ils ? »
- Le lendemain soir, elle entre dans une salle bondée et décorée pour son anniversaire. Tout le monde chante, on apporte un gâteau, et elle s'effondre en larmes. Elle était une enfant de Dieu, précieuse et profondément aimée, et Tony Campolo l'a montré par un geste simple et profond.
- « Il en est ainsi pour toi. Dieu prend plaisir en toi, il veut t'honorer et te restaurer. » Peut-être crois-tu, au fond, que tu n'es pas digne de son amour. Peut-être ce que tu as fait, ou ce qu'on t'a fait, te laisse le sentiment d'être définitivement impur.
- Aujourd'hui, Jésus te dit : « Tu es mon enfant. Je t'aime, et je ferais n'importe quoi pour t'aider. Demande seulement. Fais-moi confiance. Viens, sois guéri. Viens, sois purifié. »
- Comme le dit Paul : « Vous avez été lavés, […] vous avez été sanctifiés, […] vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu. »
Points à retenir
- Ton histoire, tes blessures et ce qu'on a dit de toi façonnent la façon dont tu te vois et dont tu penses que Dieu te voit.
- Jésus met en lumière ce que la femme croit d'elle-même et l'adoucit : le premier pas vers la guérison est de reconnaître l'impact du passé et de demander « est-ce vrai ? ».
- Jésus nomme les préjugés des disciples. Les chrétiens ont la responsabilité de nommer ce qui ne reflète pas le regard de Dieu sur les personnes.
- Dieu ne fait pas de différence : Jésus est venu pour toutes les nations, même pour ceux qu'on dit impurs.
- Aux yeux de Dieu, tu es un enfant précieux, créé à son image et profondément aimé. En Jésus, tu as été lavé.
Application personnelle
- Quelle expérience de ton passé influence encore la manière dont tu réagis aux autres, sans que tu t'en rendes compte ?
- Y a-t-il une conviction sur toi-même (« je suis mauvais », « je ne compte pas ») que tu dois mettre en lumière en te demandant : « Est-ce vrai ? »
- Quelles personnes ou quels groupes as-tu tendance à juger parce qu'ils ne te ressemblent pas ?
- Comment peux-tu, cette semaine, défendre ou honorer quelqu'un qui est mis à l'écart autour de toi ?
- Oses-tu venir à Jésus, comme cette mère, avec ta demande, en croyant qu'il te regarde comme son enfant ?
Versets cités
- Marc 7:24-30
- Jean 3:16
- Matthieu 28:18-20
- Actes 1:8
- Actes 10:44-45
- Apocalypse 7:9-10
- Matthieu 5:44-45
- 1 Corinthiens 6:11
Questions fréquentes
Pourquoi Jésus parle-t-il de « petits chiens » à la femme syro-phénicienne ?
À l'époque, les Juifs appelaient souvent les païens des chiens, avec un mot grec qui désigne un chien errant, sale et malade. Mark Foley souligne que Jésus emploie un autre mot, plus doux, qui désigne un petit chien, un chien de compagnie. En reprenant ce que la femme pensait d'elle-même, il l'adoucit et commence à lui ouvrir les yeux sur sa vraie valeur.
Que montre l'histoire de la femme syro-phénicienne sur le regard de Dieu ?
Selon Mark Foley, Jésus nomme quatre choses : ce que la femme pense d'elle-même, ce que les autres pensent d'elle, le fait que Dieu ne fait pas de différence entre les peuples et le fait qu'elle est profondément aimée. En guérissant sa fille, il montre qu'aux yeux de Dieu elle est une enfant précieuse, créée à son image.
Comment ne plus se sentir impur devant Dieu ?
Le premier pas consiste à reconnaître l'impact de ton passé sur la façon dont tu te vois, puis à te demander si c'est vrai. Mark Foley rappelle 1 Corinthiens 6:11 : en Jésus, tu as été lavé, sanctifié et justifié au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu. Jésus t'invite à venir à lui pour être purifié.