Introduction
Combien regardent le lundi matin avec enthousiasme et avec joie ? Sam ouvre ce message par un petit sondage. Un journaliste a interrogé beaucoup de gens dans des métiers différents pour un livre intitulé « Les gens parlent de ce qu'ils font toute la journée et de ce qu'ils ressentent à propos de ce qu'ils font ». Sa conclusion : la plupart se situent entre « une acceptation réticente et une aversion caractérisée ».
Sont-ce les seules options ? Sam en propose une autre : le travail comme service à la gloire de Dieu, une vocation qui vient de lui. Pendant le mois de septembre, l'Église Baptiste Toulouse Métropole a parlé de l'appel de Dieu dans sa série « On t'appelle ! ». Or, rappelle-t-il, « vocation » et « appel » viennent du même mot latin.
Le texte est Matthieu 4:18-22, l'appel des premiers disciples au bord de la mer de Galilée. Jésus se sert de leur métier pour décrire leur avenir : « Je vous ferai pêcheurs d'hommes. » À partir de cette scène, Sam corrige deux erreurs classiques : sous-estimer le travail et le surestimer.
Plan du message
1. Des pêcheurs appelés à devenir pêcheurs d'hommes
- Simon, appelé Pierre, et André jettent un filet dans la mer. Jacques et Jean réparent les leurs dans la barque avec Zébédée, leur père. Jésus leur dit « Suivez-moi », et aussitôt ils laissent tout pour le suivre.
- Cette scène soulève les questions que tout le monde se pose : quel métier poursuivre ? Y a-t-il plus que ça ? Faut-il changer de poste ? Comment gérer l'arrivée d'un enfant, la retraite, un licenciement ? Ai-je encore une vocation ?
- Et la question des disciples : Dieu m'appelle-t-il à quitter mon travail pour devenir missionnaire ou pasteur ? Sommes-nous tous appelés à être pêcheurs d'hommes, ou cet appel est-il réservé à certains ?
- Sam imagine Zébédée autour d'un barbecue de poisson grillé. Un ami s'inquiète : « Pêcheur d'homme, c'est quoi comme boulot ? C'est un CDI ou pas ? » Ils auraient mieux fait de rester pêcheurs, « ça c'est un vrai métier ». Un autre s'extasie : plus besoin de sentir le poisson, ils vont être « auréolés, nimbés de gloire ».
- Deux conceptions déséquilibrées du travail, qui correspondent aux deux erreurs du message.
2. Première erreur : réserver la vocation aux religieux
- Os Guinness, dans son livre « L'Appel », nomme cette erreur la déformation catholique. Très tôt, l'histoire chrétienne a distingué le sacré et le séculier.
- La distinction en soi n'est pas un problème : Jésus fait une différence entre pêcheur et pêcheur d'homme. Le dimanche matin, tu ne fais pas exactement la même activité que le lundi matin.
- Le problème, c'est quand on commence à voir les uns meilleurs que les autres. Au 4e siècle, un historien de l'Église écrit que Christ a donné deux règles de vie : « la vie parfaite », celle des moines et des prêtres, et « la vie permise », tout le reste. On crée alors deux catégories de croyants : les spirituels et les moins spirituels.
- Dans les Évangiles, la correction est déjà là. Jésus utilise l'image de la pêche, parle souvent de bergers, de vignerons et d'agriculteurs, et il était lui-même charpentier. À l'inverse, ce sont les religieux de son époque qui l'ont crucifié.
- Martin Luther, lui-même moine, affirme que les œuvres des religieux et des prêtres « ne diffèrent nullement aux yeux de Dieu des œuvres du paysan qui laboure son champ, ni de la femme qui s'occupe de sa maison ».
- Paul écrit aux esclaves des maisons romaines : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes. » Même chez un maître païen, ce travail est un service spirituel. « Je glorifie Dieu lundi matin en faisant mon travail » autant que le dimanche en chantant des cantiques.
- Attention à l'expression « servir Dieu à plein temps » : elle sous-entend qu'un peintre, un ingénieur, une mère au foyer ou une infirmière ne le fait pas. « Vous avez tous l'occasion de servir Dieu à plein temps. »
3. Les conséquences quand on sous-estime le travail
- La paresse et la nonchalance, parfois avec des excuses spirituelles : « Je suis en retard au travail parce que je lis ma Bible. » Tu dois répondre à deux ou trois e-mails ? « C'est comme ça que vous servez Christ le Seigneur. »
- Ceux qui servent à plein temps dans l'Église n'y échappent pas : « Dieu est mon patron, je prends les vacances quand je veux. » Nous servons tous le Seigneur, et nous voulons le faire de bon cœur.
- L'envie ou le mépris envers ceux qui n'ont pas le même travail : grands ou petits salaires, travail intellectuel ou manuel. Nous recevons tous un appel à servir Dieu selon les dons et les capacités qu'il nous a donnés. « On ne veut pas faire des distinctions où Dieu n'en fait pas. »
- La déconnexion entre la foi et le travail : on affirme ses convictions le dimanche, puis on vit comme le monde du lundi au vendredi.
- Il y a une façon chrétienne d'être pêcheur de poissons : une éthique (ne pas pratiquer la surpêche), une manière de parler aux collègues pour les encourager et tisser des liens, sans les jalouser. Cela demande parfois du courage, parfois de la sagesse.
- Zébédée était tout à fait dans la volonté de Dieu en continuant l'entreprise familiale. Il pouvait glorifier Christ autant que Pierre, Jacques et Jean, qui quittaient la pêche pour suivre Jésus.
4. Deuxième erreur : réduire la vocation à un emploi
- C'est la déformation protestante. La Réforme a revalorisé tous les métiers, mais on a pu exagérer jusqu'à faire du travail la vocation première.
- Qui dit vocation dit quelqu'un qui appelle. Si l'on oublie le Dieu qui donne le travail et qui pourvoit à nos besoins, « le travail lui-même devient un dieu ».
- La vocation première des apôtres, et la nôtre, c'est « Suis-moi ». On peut le suivre en étant pêcheur ou en étant pêcheur d'hommes. Les autres vocations restent secondaires.
- Pierre, Jacques et Jean peuvent changer de métier parce qu'ils n'avaient pas fait de la pêche leur identité. Ils reprendront d'ailleurs parfois leurs filets, ce savoir-faire servira encore dans les Évangiles.
- Si la vocation se réduit à un emploi rémunéré, on mesure la réussite au salaire, au diplôme, au chiffre d'affaires. Or on peut réussir professionnellement et rater sa vie, sa famille et son éternité. « Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perdait son âme ? »
- Le service non rémunéré devient aussi difficile à évaluer : être mère au foyer, prendre soin d'un parent âgé, être missionnaire soutenu par des dons, être bénévole. « Demandez à une mère au foyer si vraiment elle ne travaille pas. »
- Et comment vivre la retraite, la maladie, le chômage ? Si l'appel principal est « Suis-moi », tu peux encore suivre Jésus et le glorifier quand ton travail change.
5. Quatre questions pour discerner ton travail
- Cette activité me permet-elle de respecter ma vocation première, suivre Jésus ? Pêcher des poissons est compatible avec suivre Jésus, s'engager dans la mafia ne l'est pas.
- Me permet-elle de respecter mes autres responsabilités, comme père, mère ou membre d'église ? Ces appels prennent parfois la priorité sur l'activité professionnelle.
- Compte tenu des capacités, des expériences, des opportunités et des circonstances que Dieu m'a accordées, où puis-je servir autrui le plus utilement ? Stendhal disait : « La vocation, c'est avoir pour métier sa passion. » Sam le souhaite à tous, mais rappelle qu'on peut être passionné de foot sans devenir Mbappé. Il faut être honnête avec soi-même.
- Comment cette activité me permet-elle de participer à la vocation première de l'Église, annoncer le salut ?
- Avec une réflexion qu'il attribue, sous réserve, à Tim Keller, Sam résume : la première question fait regarder en haut, la deuxième autour de soi, la troisième à l'intérieur, la quatrième loin, vers l'éternité.
6. Le projet le plus important au monde
- Tous ne reçoivent pas l'appel de Pierre, Jacques et Jean à être apôtres, comme tous ne sont pas appelés à partir en Afrique. Mais tous doivent reconnaître les enjeux de cette mission.
- « Jésus n'est pas venu juste pour proposer une reconversion professionnelle », ni pour promouvoir une pêche durable et équitable. Il est venu offrir le salut éternel.
- À la fin de « Candide », Voltaire fait conclure son héros : « Il faut cultiver notre jardin. » Le thème est biblique depuis Adam et Ève : le travail est une voie pour servir et s'épanouir. Mais la Bible dit que c'est justement ce que nous n'arrivons pas à faire : nous avons perdu le jardin à cause du péché.
- Le vrai problème n'est ni l'inefficacité, ni le chômage, ni la répartition des ressources, mais notre éloignement de Dieu, notre péché, notre égoïsme. Jésus a travaillé « jusqu'à se mettre sur la croix » pour offrir un salut éternel.
- Si tu réussis ta carrière sans être attrapé par le filet de l'Évangile, « à quoi sert tout ça ? »
- Dans ce projet, chacun a un rôle : certains envoyés au loin, d'autres fidèles dans un travail, d'autres fidèles à la maison et en famille. Cela unit l'Église et chasse la jalousie, l'envie et le mépris.
- « Ça ne veut pas forcément dire que demain matin ça va être merveilleux, mais ça veut dire que Jésus est là. Vous pouvez le suivre là, vous pouvez le glorifier là. »
7. Le repos de celui qui a réussi à notre place
- Dans sa prière finale, Sam rappelle que Jésus est allé jusqu'à la croix et que, par l'angoisse de son âme, il nous a offert un plein salut et un plein pardon. « Il a réussi à notre place. »
- Nous pouvons donc vivre dans le repos de l'âme et de la conscience toute la semaine. « Ce n'est pas ce que le patron pense de nous. Ce n'est pas la qualité de notre travail qui nous fait réussir notre éternité. C'est ce que toi tu penses de nous. »
- Il prie pour ceux qui cherchent un travail, qui réfléchissent à un changement ou qui sont submergés, afin que chacun soit une bénédiction pour ses collègues, son entreprise et sa ville, comme image de Christ là où Dieu l'a placé.
Points à retenir
- Ta vocation première, c'est l'appel de Jésus : « Suis-moi. » Ton métier vient en second.
- Aucun travail honnête n'est moins spirituel qu'un autre : tu peux servir Christ le Seigneur le lundi matin autant que le dimanche.
- Sous-estimer le travail mène à la paresse, à l'envie ou au mépris, et à une foi déconnectée du quotidien.
- Surestimer le travail en fait une idole et laisse sans appel le jour de la retraite, de la maladie ou du chômage.
- Le salut ne dépend pas de ta réussite professionnelle : Jésus a réussi à ta place, et chacun a un rôle dans l'annonce de l'Évangile.
Application personnelle
- Le lundi matin, te situes-tu plutôt dans l'acceptation réticente, l'aversion, ou le service rendu à Dieu ?
- Y a-t-il un domaine de ton travail où ta foi du dimanche ne se voit plus du lundi au vendredi ?
- Regardes-tu certains métiers, salaires ou fonctions dans l'église avec envie ou avec mépris ?
- Si tu perdais ton travail demain, ou à l'heure de la retraite, que resterait-il de ton identité ?
- Parmi les quatre questions (en haut, autour, à l'intérieur, loin), laquelle as-tu le plus négligée dans tes choix professionnels ?
Versets cités
Questions fréquentes
La vocation est-elle réservée aux pasteurs et aux missionnaires ?
Non. Sam rappelle que Jésus valorise les métiers ordinaires dans ses paraboles et qu'il était lui-même charpentier. En Colossiens 3, Paul dit même à des esclaves que leur travail, fait de bon cœur, est un service rendu à Christ le Seigneur. Tous les croyants ont l'occasion de servir Dieu à plein temps, quel que soit leur métier.
Mon travail est-il ma vocation ?
Le travail est une vocation secondaire. La vocation première, c'est l'appel de Jésus : « Suis-moi. » Si le travail devient toute ta vocation, tu mesures ta vie au salaire et aux diplômes, et la retraite, la maladie ou le chômage semblent t'enlever tout appel. Or tu peux toujours suivre Jésus et le glorifier, même quand ton travail change.
Comment discerner l'appel de Dieu dans le choix d'un métier ?
Sam propose quatre questions. Cette activité me permet-elle de suivre Jésus ? De respecter mes autres responsabilités de parent ou de membre d'église ? Où puis-je servir autrui le plus utilement, compte tenu de mes capacités et de mes circonstances ? Comment me permet-elle de participer à la vocation première de l'Église, annoncer le salut ? Regarder en haut, autour, à l'intérieur et loin.
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