Barabbas ou Jésus : ce Roi qui a pris ta place

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Introduction

À trois semaines de Pâques, Guy de Bourbon-Parme, pasteur implanteur à Palaiseau depuis décembre 2023, ouvre la Bible à Marc 15.1-15. Il prêche à Momentum sur l'interrogatoire de Jésus par Pilate et sur ce moment fou où la foule choisit de libérer Barabbas (un meurtrier), plutôt que Jésus. Le titre du message est simple : « Ce Roi qui a pris ma place. » L'Évangile n'est pas un vieux dossier religieux : c'est une bonne nouvelle qui te sauve de la mort, qui te sauve de la condamnation, qui te restaure. Ce matin, tu es invité à te placer devant la croix, à comprendre qui est vraiment Barabbas, et à recevoir une grâce qui te libère.

Plan du message

1. Pilate face à un Roi qui n'entre pas dans ses catégories

  • Pilate interroge Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? » (Marc 15.2). L'auteur de l'Évangile, Marc, fait de Pilate un confesseur à son insu. Le grand prêtre venait juste, en Marc 14, de déchirer ses vêtements en entendant Jésus se déclarer « assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel », un blasphème passible de mort pour les autorités religieuses.
  • Sous le joug romain, les Juifs ne pouvaient pas mettre quelqu'un à mort. Ils étaient obligés de passer devant les tribunaux romains. Ils font donc glisser un procès théologique en procès politique. La question « Es-tu le roi des Juifs ? » n'intéresse pas Pilate spirituellement. Elle l'intéresse politiquement : si Jésus se proclame Roi, il devient une menace pour la paix romaine, un risque de rébellion, un risque de guerre civile. Les Juifs attendaient un Messie roi qui chasserait les Romains et redonnerait à Israël son indépendance.
  • Face à la violence de ce procès injuste, Jésus se tait. « Ne réponds-tu rien ? Vois tous les témoignages qu'ils portent contre toi. Mais Jésus ne répondit plus rien, ce qui étonna Pilate » (Marc 15.4-5). Ce silence n'est pas un silence de défaite. C'est un silence d'abandon à la souveraineté de Dieu dans la passion. Justin Martyr, dans son Dialogue avec Tryphon, souligne déjà cette dimension.
  • Ce silence accomplit une prophétie ancienne : « Il a été maltraité, il s'est humilié et n'a pas ouvert la bouche. Pareil à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent, il n'a pas ouvert la bouche » (Ésaïe 53.7). Jésus sait que son moment est arrivé. Il sait que la coupe amère qu'il avait tant redoutée est là. Il ne se défend pas, parce qu'il ne vient pas se sauver lui-même, il vient te sauver, toi.

2. Barabbas ou Jésus : le choix impossible

  • Pilate cherche une sortie. À chaque fête, il avait l'habitude de relâcher un prisonnier réclamé par le peuple. Il propose donc un choix : Barabbas ou Jésus (Marc 15.6-11). Barabbas est un meurtrier, un émeutier, un homme qui a tué lors d'une révolte. C'est un mauvais homme, un homme qui mérite la crucifixion selon la loi de l'époque.
  • Face à lui, Jésus. Sa faute ? Il a guéri des malades. Il a enseigné l'amour. Il a délivré des personnes de leurs démons. Il a tendu la main à son prochain. Et pourtant, excitée par les chefs des prêtres, la foule choisit Barabbas et réclame la crucifixion de Jésus (Marc 15.13-14).
  • Le nom « Barabbas » veut littéralement dire « fils du père ». Voilà le renversement : Bar-Abbas, « fils du père », est choisi pour vivre, pendant que le Fils de Dieu est choisi pour mourir à sa place. Pilate, voulant satisfaire la foule, relâche Barabbas et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livre à la crucifixion (Marc 15.15).
  • On peut vite pointer Barabbas du doigt : « Quel homme horrible. » Mais Jésus a concrètement pris sa place sur la croix. Et si tu regardes bien, Barabbas, c'est toi. C'est moi. C'est nous. C'est nous qui méritons la mort. C'est nous qui ne méritons pas une deuxième chance. Tu n'as peut-être pas tué quelqu'un, je l'espère. Tu n'es peut-être pas allé aussi loin que Barabbas. Mais la Bible dit : « Il n'y a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ » (Romains 3.22-24). C'est cela, la grâce : Jésus a pris ta place.

3. Une grâce qu'on n'épuise jamais

  • Peut-être que tu as entendu ce message des milliers, voire des millions de fois. Peut-être pas. Guy de Bourbon-Parme partage sa propre pratique : à l'approche de Pâques, il consacre un temps particulier à Dieu, un « carême de réseaux sociaux » qui marche plus ou moins bien, mais qui l'aide à se souvenir de cette grâce. En tant que protestants, nous sommes parfois méfiants du « trop traditionnel ». Il ne s'agit pas de rentrer dans le formalisme, mais de prendre un temps réel pour se souvenir.
  • Et peu importe combien de fois on entend parler de la grâce, nous continuons de pécher. Nous continuons de faire du mal à ceux qui nous entourent. Nous continuons de faire du mal à Dieu. Nous continuons de tomber, de chuter, de faire les choses de la mauvaise manière. Souviens-toi de la femme adultère : ce sont les plus âgés qui déposent les premiers leur pierre, parce qu'ils savent, eux, à quel point ils ont eux aussi besoin de grâce.
  • Une personne âgée le confiait à Guy de Bourbon-Parme : « J'ai usé de la grâce comme tu ne peux pas imaginer. Chaque jour, j'avais besoin de la grâce. Chaque jour, je n'ai jamais réussi à être selon le cœur de Dieu. » L'apôtre Jean l'écrit ainsi : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1.8-9).

4. Revenir à la croix : sans reprendre son fardeau

  • Peu importe où tu en es dans ta foi. Peu importe si tu connais le message par cœur. Peu importe si tu te dis que tu n'en vaux pas la peine. Peu importe le nombre de fois où tu as dû revenir vers la croix pour ce péché-ci, pour ce péché-là. Un pasteur, dans un podcast, racontait qu'il a lutté longtemps contre la pornographie. Il a dû revenir à la croix, à chaque fois, chaque fois, chaque fois. Puis, un jour, cela a disparu.
  • Parfois on se dit : « À force, est-ce que je mérite encore cette croix ? Est-ce que je mérite encore ce pardon ? Est-ce que je mérite encore cette grâce ? » La bonne nouvelle, c'est oui. Et parfois, accepter cette grâce, accepter ce pardon, c'est dur. Guy de Bourbon-Parme évoque l'image d'un dessinateur suisse : le bonhomme dépose son sac de péchés, puis, avant de repartir, le remet sur son dos et s'en va avec son fardeau. Combien de fois sommes-nous pareils ? Ne jette la pierre à personne, nous sommes tous ainsi.
  • Tu n'es pas assez digne pour t'approcher de Dieu, c'est vrai. Mais il y a la grâce. Il y a la croix. Et Jésus est mort, mais il est aussi ressuscité. Pâques, ce n'est pas seulement la croix : c'est aussi la résurrection. C'est la promesse d'être bientôt avec lui, et qu'il n'y aura plus de souffrance.
  • La vie ici est difficile. Souviens-toi d'Ecclésiaste 3.11 : « Il fait toute chose belle en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin. » Combien il est dur, parfois, de croire cela au milieu de ce péché qui revient, de ces mauvais comportements qui n'ont pas encore lâché. La Bible ne promet nulle part que tout sera facile ici. Guy de Bourbon-Parme rappelle avoir croisé « des Job », comme cette vieille dame qui avait perdu toute sa famille jeune dans un accident, puis vécu un remariage exécrable, et qui pourtant répétait : « Dieu est bon. Dieu est rempli de grâce. »

5. Poser son fardeau : et repartir libre

  • « C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates 5.1). Viens à la croix. Pose ton fardeau. Ne le reprends pas en repartant. Va demander pardon à ceux que tu as offensés. Va te réconcilier avec ceux dont tu es séparé.
  • Il est si facile de mettre les choses sous le tapis : c'est privé, c'est intime, personne n'en saura rien. Ne te contente pas de cela. Demande de l'aide. Regarde à cette grâce. Crie à Dieu. Il restaure. Et même si tu ne seras jamais complètement restauré sur cette terre, il restaure déjà maintenant. Le Royaume est « déjà là, mais pas encore ».
  • « Combien la grâce est merveilleuse. » Peut-être qu'il faudrait prêcher toute une année là-dessus, tellement ce plan de Dieu est magnifique. Prends cinq bonnes minutes de silence. Toi, face à Dieu. Face à tes péchés. Face au prochain pas que tu dois poser, de demander pardon, de te réconcilier, de recevoir. Demande à Dieu la sagesse pour savoir comment faire, dans ta situation à toi.

Points à retenir

  • Devant Pilate, Jésus se tait, non par défaite, mais par abandon à la souveraineté de Dieu, en accomplissement d'Ésaïe 53.7. Il ne se défend pas parce qu'il ne vient pas se sauver lui-même.
  • Barabbas signifie « fils du père ». Le fils du père humain est libéré ; le Fils de Dieu prend sa place. Ce renversement est le cœur de l'Évangile.
  • Barabbas, c'est toi. C'est moi. « Il n'y a point de distinction : tous ont péché » (Romains 3.22-24). La grâce, c'est que Jésus a pris ta place à la croix.
  • Tu n'épuises pas cette grâce. Reviens à la croix aussi souvent qu'il le faut, pour le même péché s'il le faut. Accepter le pardon est parfois plus dur que le demander, ne remets pas ton fardeau après l'avoir déposé.
  • Pâques n'est pas seulement la croix : c'est aussi la résurrection. Christ nous a affranchis pour la liberté (Galates 5.1). Repars libre, et va te réconcilier.

Application personnelle

  1. Quel péché reviens-tu déposer sans cesse à la croix, en te demandant si tu mérites encore ce pardon ? Est-ce que tu es prêt, aujourd'hui, à croire que la grâce est encore suffisante, même pour cette fois-ci ?
  2. Y a-t-il un fardeau que tu as posé devant Dieu et que tu as repris sur ton dos avant de repartir ? Qu'est-ce qui, concrètement, t'empêche de le laisser à la croix ?
  3. Comme les protestants qui se méfient du « trop traditionnel », est-ce que tu prends un temps particulier à l'approche de Pâques pour te souvenir de la grâce ? Quel jeûne, quel silence, quelle consécration pourrais-tu poser dans les trois prochaines semaines ?
  4. À qui as-tu besoin d'aller demander pardon, avec un cœur sincère ? À qui as-tu besoin, de l'autre côté, d'accorder ce pardon ?
  5. Face aux « Job » que tu croises (ces personnes qui ont traversé le pire et qui répètent « Dieu est bon »), que t'apprennent-elles sur la grâce qui restaure « déjà, mais pas encore » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie le nom « Barabbas » et pourquoi est-ce important ?

Barabbas vient de l'araméen Bar-Abbas, qui veut littéralement dire « fils du père ». Marc joue sur ce renversement bouleversant : un homme appelé « fils du père » est relâché à la place du véritable Fils du Père, Jésus, qui va mourir à sa place. Historiquement, Barabbas est un meurtrier et un émeutier qui mérite la crucifixion selon la loi romaine. Théologiquement, il représente tout être humain, nous méritons la mort à cause du péché, et c'est Jésus qui prend notre place.

Pourquoi Jésus se tait-il devant Pilate ?

Son silence n'est pas un silence de défaite. C'est un silence d'abandon à la souveraineté de Dieu dans la passion, comme le souligne Justin Martyr dans son Dialogue avec Tryphon. Ce silence accomplit la prophétie d'Ésaïe 53.7 : « Comme un agneau qu'on mène à la boucherie, comme une brebis muette devant ceux qui la tondent, il n'a pas ouvert la bouche. » Jésus ne se défend pas parce qu'il ne vient pas se sauver lui-même. Il vient prendre la place de Barabbas, et la tienne.

Puis-je vraiment revenir à la croix pour le même péché, encore et encore ?

Oui. C'est le cœur du message de Guy de Bourbon-Parme. Peu importe le nombre de fois où tu as dû revenir pour ce péché-ci ou celui-là, la grâce est encore là. Un pasteur cité dans le message a lutté des années contre la pornographie et a dû revenir à la croix, chaque fois, chaque fois, jusqu'à ce qu'un jour cela disparaisse. 1 Jean 1.9 est clair : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner. » Le vrai piège n'est pas de revenir trop souvent : c'est de reprendre son fardeau après l'avoir déposé, ou de se croire trop indigne pour approcher. Galates 5.1 le rappelle : Christ nous a affranchis pour que nous soyons libres.

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