Brebis, bergerie, bon Berger : ta place en Jean 10

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Trois images pour situer le chrétien

Samuel MABBOUX ouvre ce dimanche une prédication en deux temps sur Jean 10. Le sujet, dit-il, tient en quatre mots qui commencent tous par la lettre B : la brebis, la bergerie, le bon Berger. Le troupeau aurait pu compléter la série, mais le pasteur choisit de rester sur les trois éléments qui structurent l'image que Jésus donne de lui-même et de son peuple. Ce dimanche est consacré aux deux premiers, la brebis et la bergerie. Le berger, lui, sera traité la semaine suivante.

La lecture est faite à haute voix, versets 1 à 16. Jésus répète plusieurs fois « en vérité, en vérité je vous le dis ». Quand le Seigneur se répète, souligne Samuel MABBOUX, c'est qu'il veut insister. Le texte comporte des paroles solennelles : « je suis la porte des brebis », « je suis le bon berger », « le bon berger donne sa vie pour ses brebis ». Ces répétitions ne sont pas là pour meubler. Elles marquent ce que Jésus veut que ses auditeurs retiennent.

Plan

1. La brebis : qui nous sommes devant Dieu

La brebis, dit le pasteur, c'est nous. L'image n'est pas flatteuse, mais elle est juste. Les brebis sont craintives, elles vivent en troupeau, elles ne survivent pas seules dans la nature. Il n'existe pas de brebis à l'état sauvage : sans berger, elles se font manger ou elles meurent. La brebis a besoin d'un guide, de quelqu'un qui passe devant, sans quoi elle suit n'importe qui, l'expression « les moutons de Panurge » vient de là.

Nous appartenons donc à un troupeau, celui du Seigneur, qui a un propriétaire. Cette appartenance change tout. Elle nous fait sortir de l'errance et nous met sous la protection d'un berger qui connaît les chemins mieux que nous. La brebis, insiste Samuel MABBOUX, « ne râle pas ». Elle bêle, mais elle ne discute pas la route. Du moment qu'elle voit le berger passer par tel endroit, elle suit. C'est une image de la foi qui fait confiance sans exiger de comprendre le plan à l'avance.

2. La bergerie : bercail terrestre et bergerie céleste

Le pasteur explique le décor. Le berkail (ou bercail) de l'époque n'était pas un bâtiment fermé, mais des murets de pierre construits par les bergers dans les montagnes, avec une seule porte. Les brebis y étaient rassemblées la nuit, et le berger dormait souvent sur le seuil, le portier faisant lui-même office de porte. Ce muret de pierre était provisoire : sans toit, il suffisait pour protéger le troupeau une nuit, le temps d'une épreuve, mais il n'était pas la destination.

Samuel MABBOUX applique l'image en deux plans. Le bercail, l'église locale, est notre lieu de protection ici-bas. Il est utile, nécessaire, mais provisoire. Il prépare la bergerie céleste, celle qui aura vraiment un toit et des murs, ce royaume merveilleux qui est notre destination finale avec Jésus-Christ. Nous sommes entre-temps « des brebis du Seigneur en transhumance » : le pays promis, les verts pâturages, ce sont pour nous l'éternité avec le Père. « Notre verre pâturage n'est pas là. Ici, c'est de moins en moins vert, c'est de plus en plus sec. » Mais les yeux restent fixés sur l'éternité.

3. La porte, faite du bois de la croix

Jésus dit deux choses : « je suis le bon berger » et « je suis la porte des brebis ». La bergerie a une seule porte, et cette porte, dit Samuel MABBOUX, « est faite du bois de la croix ». Nul n'atteint le Père sans passer par cette porte, et le chrétien doit y repasser constamment. Il n'y a pas de salut, pas de pardon des péchés, pas de conversion sans la croix de Jésus-Christ. Le pasteur avertit sans détour : « tu te dis chrétien, mais si tu n'es pas passé par la repentance et à genoux devant la croix symboliquement, tu n'es pas chrétien, tu n'es pas sauvé, mon ami ». Est sauvé celui qui se repent et qui reçoit le pardon par le sang de Christ.

4. La voix, le nom et la marque du sang

Les brebis suivent parce qu'elles connaissent la voix du berger. Est-ce que tu as aiguisé ton oreille pour la reconnaître ? Le pasteur insiste : lis ta Bible, et si tu veux vraiment l'entendre, lis-la à voix haute, ou mets une Bible audio. Toute l'année, Genèse à Apocalypse, tu entendras Dieu te parler, car « la parole de Dieu, c'est Dieu qui parle ».

Le berger appelle ses brebis par leur nom. Le nom, dans la Bible, dit une identité, Simon devient Pierre, Saul devient Paul. Devant Dieu, tu n'es pas un numéro : « on est une brebis à part entière ». Samuel MABBOUX montre ensuite une photo d'un troupeau où chaque brebis porte une tache de couleur distinctive. Il en a demandé une rouge : c'est la marque du sang de Christ. Quand la brebis arrive au ciel, le Seigneur voit d'abord cette tache. Ce qui fait de toi un enfant de Dieu, ce n'est pas ta croix autour du cou, ni ton poisson à l'arrière de la voiture, ni ton verset au-dessus de la cuisine, ni ton magnet à la porte du frigo, « c'est la marque de la repentance et du pardon du sang de Christ sur ta vie ».

5. Le bêlement, la prière et la reconnaissance

La brebis bêle quand elle a faim, soif, quand elle est inquiète ou blessée, pour attirer l'attention du berger. Cela nous parle de la prière et de la communion. Nous crions vers Dieu quand nous n'allons pas bien : « Seigneur, j'ai peur de ce lendemain, la situation de ma famille… Entends mes bêlements, entends mes prières et réponds-y favorablement. » Mais la brebis fidèle ne se contente pas de bêler dans le besoin. Elle vient aussi remercier. Samuel MABBOUX cite l'exemple du Thanksgiving américain, thanks, giving, qui rappelle que tout ce que nous recevons est grâce : la force de se lever, l'intelligence, le salaire du travail. « Tout n'est que grâce. » Ne soyons pas des brebis ingrates.

6. Se méfier des étrangers et des faux bergers

« Elles ne suivront point un étranger. » L'étranger n'est pas ici l'inconnu qu'on accueille avec joie à l'entrée du culte. Le pasteur est très clair : on aime les étrangers, mais ceux qui sont étrangers à la saine doctrine de Dieu, il faut s'en méfier. C'est de faux bergers, de faux prophètes qu'il s'agit, de ceux qui viennent, dit Matthieu 7:15, « en vêtements de brebis, mais au-dedans, ce sont des loups ravisseurs ». Samuel MABBOUX rappelle une image forte : il y a le bon berger, mais il y a aussi le « bon boucher ». Ce n'est pas biblique, dit-il en souriant, mais spirituellement, c'est vrai. Le voleur vient pour dérober, égorger et détruire.

La solution n'est pas la peur, mais la vigilance et la saine doctrine. « Ne rajoutons rien, n'enlevons rien, restons sur la saine doctrine de Dieu. » Éphésiens 4:14 avertit contre le fait d'être « flottant et emporté à tout vent de doctrine ». Aujourd'hui, dit le pasteur, des doctrines dangereuses incitent des personnes déçues ou blessées par l'église à ne plus s'y rendre. Le résultat est terrible : des vies fracassées. La semaine prochaine sera consacrée à la différence entre le berger local (faillible) et le divin Berger.

7. La brebis errante et la vie qui triomphe de la mort

Samuel MABBOUX termine par un témoignage personnel très sobre. Avant de connaître Christ, il faisait « n'importe quoi », emporté par les envies, les désirs, sans but, dominé par le péché. Il cite alors 1 Pierre 2:25 : « car vous étiez comme des brebis errantes, mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes ». Le berger nous a arrachés, comme David allait chercher ses brebis dans la gueule du lion. Rien ne pourra désormais nous séparer de l'amour de Dieu, sauf notre propre choix de sortir de la protection du bercail.

Et pour ceux qui sont en Christ, la mort elle-même n'est plus un passage effrayant : « on cligne les yeux et on est dans le repos du Seigneur ». Luc 12:32 conclut : « Ne crains pas, petit troupeau, car le Père a trouvé bon de vous donner le royaume. »

Points à retenir

  • Nous sommes brebis, pas indépendants. Il n'existe pas de brebis à l'état sauvage. Sortir du troupeau, c'est mourir.
  • Le bercail est provisoire, la bergerie céleste est le but. L'église locale nous protège en chemin ; l'éternité avec le Père est notre destination.
  • La porte est la croix. Nul n'entre autrement, et il faut y repasser constamment par la repentance.
  • Ce qui fait de toi un enfant de Dieu, c'est la marque du sang de Christ, pas les objets religieux, pas les habitudes visibles.
  • Reconnais la voix du berger. Lis la Bible, à voix haute si nécessaire, jusqu'à distinguer sa voix des voix étrangères.

Application personnelle

  • Suis-je passé par la porte de la croix, avec une vraie repentance, ou seulement par la culture chrétienne qui m'entoure ?
  • Est-ce que je « bêle » vers Dieu quand j'ai peur ou faim spirituellement, ou est-ce que je me tais et je décide seul ?
  • Est-ce que je remercie Dieu pour ce que je reçois, ou est-ce que je considère mon travail, ma santé, mon salaire comme des dus ?
  • Quelles voix étrangères écoute-je en ce moment (podcasts, réseaux, personnes), qui m'éloignent de la saine doctrine ?
  • Suis-je resté attaché à une église locale (un bercail), ou est-ce que j'ai laissé une déception m'en éloigner ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi Samuel MABBOUX ne parle-t-il pas beaucoup du bon Berger dans cette prédication ?

Parce que le message est en deux parties. Ce dimanche est consacré aux deux premières images, la brebis et la bergerie. La semaine suivante approfondit la notion de berger, avec la différence entre le divin Berger et les bergers locaux, et le danger de les confondre.

Que veut dire « la porte est faite du bois de la croix » ?

Que l'accès à Dieu, à la protection de la bergerie et à la vie éternelle passe uniquement par le sacrifice de Jésus-Christ à la croix. Il n'y a pas d'autre voie d'entrée. Le chrétien lui-même doit y revenir constamment par la repentance.

L'église locale est-elle indispensable, ou peut-on vivre sa foi seul ?

Le pasteur est clair : les brebis à l'état sauvage n'existent pas. L'église locale est le bercail où le troupeau se rassemble pour être protégé et nourri, en attendant la bergerie céleste. La semaine suivante précise le rôle du berger local comme autorité spirituelle nécessaire.

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