Comment vivre sans Mamon : trois défis pour cet été

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Introduction

Tu as sans doute déjà remarqué à quel point l'argent prend de la place dans une vie. Il occupe ta tête, il pèse sur tes choix, il s'invite dans tes conversations. C'est exactement ce que Jésus appelle mamon : cette puissance qui cherche à devenir un second maître à côté de Dieu. Alors comment vivre libre de mamon, concrètement, dans une année comme la tienne ?

Ce message conclut la série Dieu ou mamon prêchée à Momentum. Après plusieurs semaines à poser les grands principes bibliques sur l'argent et la générosité, il est temps de descendre dans le concret. Trois exemples tirés de l'Ancien Testament vont te donner trois défis très pratiques à relever cet été, pour préparer une rentrée où ton porte-monnaie rend gloire à Dieu autant que le reste de ta vie.

Plan de l'article

1. La dîme : planifier sa générosité

Le premier arrêt est dans Deutéronome 14.22-27. Dieu demande à Israël de mettre de côté 10 % de tout ce que la terre et le bétail produisent chaque année. À l'époque, on donne rarement en pièces : on donne du blé, du vin, de l'huile, un premier-né de bétail. Pourquoi ? Deux raisons apparaissent dans le texte.

D'abord, la dîme fait vivre les Lévites. Ils sont le staff du temple : ils préparent le culte, ils organisent la louange, ils nettoient, ils répondent aux questions spirituelles, ils font les sacrifices. Ils sont à 100 % pour le peuple, sans terre à cultiver. La communauté qui reçoit d'eux un service spirituel prend en retour soin de leurs besoins concrets.

Ensuite, la dîme est une fête. Regarde le verset 26 : « Tu échangeras l'argent contre tout ce que tu désireras… tu mangeras là devant le Seigneur ton Dieu, et tu te réjouiras, toi et ta famille. » On prend une part de ce que Dieu a donné, et on célèbre ensemble, centré sur lui, reconnaissant.

Faut-il pour autant transposer telle quelle cette règle des 10 % au chrétien du XXIe siècle ? La réponse est non… mais un non très important. Sous la nouvelle alliance, la Bible ne fixe plus un montant précis. Par contre, les besoins que la dîme couvrait, eux, restent. Paul le rappelle aux Corinthiens : « Le Seigneur a prescrit que ceux qui annoncent la bonne nouvelle vivent de la bonne nouvelle » (1 Corinthiens 9.13-14). Et dans 1 Timothée 5.17-18, il insiste sur le fait que les anciens qui dirigent bien méritent un double honneur.

La conséquence est simple : donner à ton église locale, régulièrement et de manière planifiée, n'est pas une option pieuse. C'est ainsi que la communauté prend soin de ceux qui la servent, et que tu participes à ce que Dieu y fait.

2. Prendre soin des plus fragiles

La dîme d'Israël avait aussi un deuxième volet, cité juste après dans le Deutéronome : ne pas oublier l'immigré, l'orphelin, la veuve. Autrement dit, ceux qui, dans la société de l'époque, se retrouvent les plus vulnérables. Là encore, ce n'est pas un mouvement spontané uniquement. C'est planifié. On met de côté une part pour ceux qui n'ont rien.

Le Nouveau Testament reprend le flambeau. Lis Actes 2 à 6 pendant l'été : la première Église met de l'argent en commun spécifiquement pour les pauvres. Le sujet est tellement à cœur qu'ils créent tout un ministère (Actes 6) pour la distribution de nourriture aux veuves. La générosité vise les pauvres. Et là encore, elle ne peut pas rester purement spontanée : elle demande à être pensée à l'avance.

3. Les prémices : célébrer la fidélité de Dieu

Deuxième arrêt : Deutéronome 26.1-11. Chaque année, quand les premières récoltes commencent à arriver, l'Israélite prépare un panier avec le tout premier fruit et l'apporte au sanctuaire. Il ne s'agit pas simplement d'un don matériel : c'est un acte de mémoire et de reconnaissance.

Le prêtre pose la corbeille devant l'autel et l'Israélite prononce un petit discours codifié. Il raconte d'où il vient : un père araméen nomade, l'Égypte, l'esclavage, le cri vers Dieu, la délivrance, la terre reçue. « Maintenant, j'apporte les prémices du fruit de la terre que tu m'as donné, Seigneur. » Puis il célèbre, avec le Lévite et l'étranger qui vit au milieu de lui, tout ce que Dieu a fait.

Deux choses frappent. D'abord, cette offrande est un acte de foi : on donne au début, quand le grenier est encore vide, avant de savoir ce que la saison va donner. Ensuite, la reconnaissance passe par la fête. On ne se contente pas de dire merci du bout des lèvres : on invite du monde, on partage, on remonte le fil de ce que Dieu a fait, et on lui rend gloire ensemble.

4. Ne pas céder à l'inquiétude

Derrière ces exemples, il y a la parole de Jésus dans Matthieu 6 : ne t'inquiète pas pour ta vie. Dieu prend soin du plus petit oiseau, il habille la fleur des champs qui ne vivra que quelques jours. À combien plus forte raison prendra-t-il soin de toi, pour qui il a donné sa vie ? L'inquiétude, c'est justement ce qui te fait céder à mamon. C'est elle qui te pousse à amasser des trésors sur la terre plutôt que dans les cieux. Ces trois exemples de l'Ancien Testament sont, au fond, des exercices concrets pour éduquer ton cœur à faire confiance.

Points à retenir

  • Vivre libre de mamon, ce n'est pas ignorer l'argent : c'est planifier ta manière d'en disposer devant Dieu.
  • Donner régulièrement à ton église locale prolonge, sous la nouvelle alliance, ce que la dîme réalisait en Israël.
  • La générosité envers les plus fragiles n'est pas seulement spontanée : elle se prévoit et se met de côté à l'avance.
  • Les prémices t'apprennent à donner en premier, avant même de savoir ce que la saison va produire, c'est un acte de foi.
  • La reconnaissance envers Dieu ne se limite pas aux mots : elle se célèbre en famille, en communauté, en associant les autres à ta joie.

Application personnelle

  • Est-ce que tu donnes déjà régulièrement à ton église locale ? Si non, quel montant peux-tu décider devant Dieu de mettre en place à la rentrée ?
  • Y a-t-il, en plus de ton don d'église, une part que tu peux « débloquer » pour aider les plus pauvres ou dépanner quelqu'un dans le besoin ?
  • Quelles grandes choses Dieu a-t-il faites pour toi cette année (travail, examens, logement, santé, délivrance) ? Comment pourrais-tu les célébrer autour d'une table cet été, en associant d'autres à ta reconnaissance ?
  • Es-tu prêt à prendre le temps, cet été, de construire ton plan de générosité pour l'année à venir ?
  • Quelles inquiétudes matérielles te tirent aujourd'hui vers l'amassement plutôt que vers la confiance en Dieu ?

Versets cités

FAQ

La dîme des 10 % est-elle obligatoire pour un chrétien aujourd'hui ?

Non. Sous la nouvelle alliance, la Bible ne fixe plus un pourcentage précis. En revanche, les besoins que la dîme couvrait (soutenir ceux qui servent l'Église, aider les plus fragiles) restent bien réels. Le chrétien est donc appelé à donner régulièrement et de manière réfléchie, mais dans la liberté et la joie, pas sous la contrainte d'un impôt religieux.

Pourquoi parler de « planifier » la générosité ? N'est-ce pas moins spirituel que le don spontané ?

Le don spontané reste précieux. Mais la Bible montre clairement, dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, que les dons pour l'Église et pour les pauvres étaient aussi anticipés et organisés. Planifier, c'est simplement mettre son cœur en condition de répondre : décider à l'avance devant Dieu ce qu'on veut lui rendre, plutôt que de se laisser dicter par ce qu'il reste en fin de mois.

Comment commencer, concrètement, à mettre tout cela en place à la rentrée ?

Trois pas simples : d'abord, décider devant Dieu d'un montant régulier pour ton église locale et le mettre en virement automatique. Ensuite, réserver une petite enveloppe « générosité » pour aider ponctuellement les plus pauvres ou une personne en difficulté. Enfin, prévoir un temps de fête cet été pour célébrer ce que Dieu a fait pour toi cette année, en invitant d'autres à partager ta reconnaissance.

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