Éphésiens 2 : tout est grâce, même pour le pire des passés

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Introduction

« Je vais de toute manière parler surtout de ce que Jésus a accompli dans ma vie. Pas spécialement de ma propre vie, mais de ce qu'il a réussi à en faire. » David Remi aura bientôt 57 ans. Il est responsable de la Société biblique en Belgique, il a été pasteur pendant plus de 13 ans et il enseigne depuis 15 ans la théologie, l'histoire de l'Église et la Bible. Ce dimanche-là, à l'Église Protestante Évangélique de Namur, il prend la parole pour un témoignage.

Le culte s'inscrit dans le « dimanche de l'espoir », choisi par un grand nombre d'Églises protestantes évangéliques de Wallonie pour proclamer la bonne nouvelle de Jésus-Christ. En ouverture, la lecture de Jean 9 a donné le ton : l'aveugle guéri ne sait pas tout expliquer, mais il sait une chose : « j'étais aveugle et maintenant je vois ».

David Remi part d'un seul texte, Éphésiens 2:8-10 : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. » Il raconte comment ce Dieu de la grâce a rejoint un jeune homme rempli de haine, de violence et de drogue, et ce qu'il en a fait. Son récit comporte des épisodes durs (violence familiale, racisme, prison, idées suicidaires) : il les évoque avec retenue, pour montrer jusqu'où la grâce peut aller.

Plan du message

1. Tout est grâce

  • Le texte de départ : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2:8-9).
  • « Tout est grâce. » Le fait d'être ensemble ce matin, le fait de se réveiller, le fait d'avoir pris un bon petit-déjeuner : tout est un effet de sa grâce.
  • David Remi précise d'emblée son intention : non pas mettre sa vie en avant, mais ce que Jésus « a réussi à en faire ».

2. Une enfance entre l'église et la violence

  • Il naît dans une famille chrétienne. Il va à l'église, à l'école du dimanche, dans des camps. Il entend des enseignements et apprend qui est Jésus.
  • Mais son père, aujourd'hui décédé, a de graves problèmes d'alcool et de violence. La famille va à l'église une semaine, puis il retombe dans « ses pires travers », et c'est de pire en pire. Sa mère, ses frères, sa sœur et lui subissent sa violence quand il rentre ivre.
  • Ce père est aussi « très mystique » : il a des visions et garde parfois la famille à la maison pendant des heures pour l'enseigner lui-même, « nous matraquer avec la Bible ». À cela s'ajoutent des abus dont il ne veut pas parler en détail : « ça a vraiment perturbé notre enfance, notre adolescence ».
  • À 11 ans, alors qu'il a entendu qui est Dieu, il choisit consciemment de ne plus croire. Ses parents se séparent à de nombreuses reprises, et à 18 ans la famille a déménagé une vingtaine de fois.

3. La haine et la chute

  • À 19 ans, il est renvoyé de l'école pour ses t-shirts à l'effigie d'Adolf Hitler, ses croix gammées, le racket et la violence.
  • La haine qu'il porte à son père grandit au point qu'il se jure de le tuer. Elle s'étend à toute forme d'autorité : l'école, puis l'armée, puis les forces de l'ordre. « Un véritable rejet et une provocation. »
  • Cette haine se transforme en racisme. De punk, il devient skinhead, « très, très agressif ». Il se décrit lui-même comme quelqu'un d'« imbuvable », d'« exécrable », de « très violent ».
  • Au retour d'une mission de quatre mois en Somalie, la jeune femme qu'il aime est partie avec un autre. Tout s'effondre. Il bascule dans l'alcool, puis dans la drogue, et devient en quelques semaines dealer dans sa région.
  • Peu après, une agression très violente, médiatisée, le conduit en prison. À sa sortie, il est « toujours aussi déphasé », encore plus dans la drogue, et la descente continue.
  • Une nouvelle relation avec une femme mariée le met en danger. Lui qui a toujours aimé la vie pense pour la première fois à mettre fin à ses jours. Il a alors 27 ans.

4. Une Bible au pied du lit

  • Il rentre dans sa chambre. Au pied du lit se trouve une Bible. « Jusqu'à ce jour, personne ne sait qui l'a déposée là. »
  • Il l'ouvre et tombe sur Proverbes 7 : un jeune homme, une femme dont le mari est absent, et un chemin qui mène au séjour des morts. « Chacune des lignes de ce passage est une description de mon vécu de l'époque. »
  • « Je réalise pour la première fois de ma vie, d'une façon tout à fait personnelle, que Dieu me parle. Oh, j'ai pas entendu une voix, non. » Ce qu'il avait entendu pendant des années remonte à la surface.
  • Il ne veut ni chrétiens, ni église, ni « bondieuseries ». Il veut seulement savoir qui est Jésus. Il se met à lire, à « dévorer ».

5. Le Dieu de la grâce, pas celui de son père

  • Le Dieu qu'il s'était fabriqué « à l'image de mon père », à l'image de ses déceptions, est « complètement pulvérisé » par la lecture de l'Écriture.
  • La Bible devient son miroir. Il comprend pourquoi tout va si mal dans sa vie et se souvient du moment où il a choisi de ne plus croire.
  • « Je ne suis pas tombé sur un Dieu qui m'a culpabilisé, qui m'a écrasé, qui m'a humilié, mais j'ai découvert ce Dieu de la grâce. » La grâce, explique-t-il, c'est « une faveur imméritée » : recevoir ce que l'on ne mérite pas.
  • Seul dans sa chambre, devant le texte, il demande pardon à Dieu. « Plus je reconnaissais qui j'étais, plus je me sentais allégé et pardonné. »

6. Réparer, et la question de la condamnation

  • Il sait à qui il a fait du mal : ceux à qui il a vendu de la drogue, ceux qu'il a frappés, des membres de sa famille. Il prend son courage à deux mains et va les rencontrer un par un pour leur dire qu'il a rencontré Dieu.
  • Certains l'accueillent bien. D'autres très mal : à l'usine où il travaille alors, on lui court après avec un tournevis. « Je pouvais comprendre. Ce que je ne pouvais toujours pas comprendre, c'était la grâce de Dieu. »
  • Il est persuadé que sa vie finira en prison, non par goût du martyre, mais parce qu'il a fait trop de mal.
  • Sur le chemin du retour d'une sortie, à la gare de Wavre, une jeune femme l'aborde en le voyant lire sa Bible. Parmi les 25 ou 30 Églises du Borinage, elle fréquente justement celle qu'il avait décidé de rejoindre. Dieu le conduit ainsi à l'église.
  • Il y arrive « très légaliste, très dur », au point de refuser d'aider sa mère un dimanche parce que « c'est shabbat ». Il lui faut apprendre à vivre comme un chrétien et non comme un légaliste.
  • À chaque fois qu'il parle de sa culpabilité au pasteur ou à des prédicateurs de passage, la réponse revient comme un refrain : Romains 8:1, « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » « Je ne pouvais pas le comprendre. »
  • Il finit par prier : il ne mentira plus. Si la police l'interpelle un jour, il dira la vérité. « Et si tu le permets, j'irai en prison, je purgerai ma peine et je serai un témoin heureux, même entre quatre murs. » Depuis, cela fait 28 ans, il n'a plus été inquiété : « le Seigneur a pris soin de moi. Humainement parlant, je méritais. »

7. Une nouvelle créature, créée pour de bonnes œuvres

  • Quand il découvre qui est Dieu, ses idées de suicide le quittent. La haine envers son père disparaît aussi : « Je peux pas vous l'expliquer, ça a juste disparu. »
  • « La Bible nous dit que lorsque nous rencontrons Jésus, nous devenons une nouvelle créature » (2 Corinthiens 5:17). Il fait très bien la différence entre « le David d'avant » et celui qui a découvert Jésus.
  • Son épouse, fille de missionnaires, a grandi dans un foyer calme et stable. Elle a reconnu vers 13 ans qu'elle avait besoin d'un Sauveur. Le parcours est différent, le point est le même : quel que soit notre passé, « nos bêtises ou nos non-bêtises », il faut un jour se positionner devant Dieu et accepter de le suivre.
  • « À partir du moment où j'ai remis les clés de ma vie, il en a pris soin. » Ni la drogue, ni l'alcool, ni la philosophie, ni les opinions politiques, ni la psychologie, « malgré leurs bienfaits », n'ont pu faire ce que Dieu a fait au plus profond de lui.
  • Il termine le verset : « Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions » (Éphésiens 2:10). Dieu pose un regard d'amour et de grâce sur chaque vie, indépendamment du passé et des œuvres, bonnes ou mauvaises.

Points à retenir

  • Tout est grâce : le salut est un don de Dieu reçu par la foi, pas le fruit de nos œuvres.
  • L'image de Dieu que nous héritons de nos blessures peut être fausse. La lecture personnelle de l'Écriture permet de rencontrer Dieu tel qu'il est.
  • Le pardon reçu de Dieu pousse à réparer, autant que possible, le mal fait aux autres.
  • Il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8:1), même quand on est persuadé de devoir payer.
  • Aucun passé n'est trop lourd pour Dieu : en Christ, on devient une nouvelle créature, créée pour de bonnes œuvres.

Application personnelle

  1. Quelle image de Dieu portes-tu encore, façonnée par un parent, une Église ou une déception, plutôt que par ce que dit l'Écriture ?
  2. Y a-t-il une faute pour laquelle tu penses encore devoir payer, alors que Romains 8:1 te dit qu'il n'y a plus de condamnation ?
  3. Quelqu'un à qui tu as fait du tort attend-il encore une démarche de ta part ?
  4. As-tu remis à Dieu « les clés de ta vie », ou gardes-tu certaines pièces fermées ?
  5. Quelles bonnes œuvres Dieu a-t-il peut-être préparées pour toi cette semaine ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « tout est grâce » dans Éphésiens 2:8-10 ?

Pour David Remi, la grâce est une faveur imméritée : recevoir ce que l'on ne mérite pas et que l'on ne peut pas gagner. Le salut ne vient pas de nous ni de nos œuvres, c'est un don de Dieu reçu par la foi. Se réveiller le matin, être ensemble au culte, prendre un petit-déjeuner : tout est un effet de sa grâce.

Comment Dieu a-t-il parlé à David Remi à travers Proverbes 7 ?

Au moment le plus sombre de sa vie, il trouve une Bible au pied de son lit, sans savoir qui l'y a déposée. Il l'ouvre au chapitre 7 des Proverbes, qui décrit un jeune homme dont le chemin mène à la mort. Chaque ligne correspond à ce qu'il vit. Il comprend alors, pour la première fois et de façon personnelle, que Dieu lui parle.

Que signifie Romains 8:1 pour quelqu'un qui a fait beaucoup de mal ?

Il n'y a plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. David Remi a longtemps cru qu'il devait payer et finir sa vie en prison. Les responsables d'église lui répondaient toujours par ce verset. Il a fini par remettre sa vie à Dieu, prêt à assumer les conséquences, et il a découvert que le mal commis est effacé par ce que Jésus a accompli.

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