Noël : comme Joseph, accueillir Jésus quand le doute s'invite

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Introduction

Comment accueilles-tu Noël cette année ? Est-ce que la joie est vraiment montée dans ton cœur, ou est-ce plutôt l'inquiétude, la pression du repas de famille, voire le doute qui prennent encore beaucoup de place ? Dans cette prédication donnée à l'église Momentum quinze jours avant Noël, Yan ouvre Matthieu 1.18-25 pour regarder comment Dieu prépare Joseph, le père terrestre de Jésus, à célébrer sa venue. Le point d'entrée est particulier : de retour d'un séjour au Maroc, Yan raconte comment la question de la naissance virginale de Jésus est un blocage majeur pour beaucoup de musulmans, et il montre que ce blocage n'est pas nouveau, Joseph, le premier, a eu du mal à croire ce que Marie lui disait. La bonne nouvelle : Dieu lui-même est venu lever la crainte de Joseph. Et il veut faire la même chose pour toi.

Plan du message

1. Le problème posé par Matthieu 1.18 : un scandale apparent

  • Matthieu ne contourne pas la difficulté. Dès le verset 18 : « Marie, sa mère, était liée par fiançailles à Joseph. Or, elle se trouva enceinte par l'action du Saint-Esprit avant qu'ils aient vécu ensemble. » Aucun détail inutile, aucune émotion décrite, juste un fait, et c'est troublant.
  • À l'époque, les fiançailles sont un engagement public, avec un contrat de mariage déjà signé. Pour rompre, il n'y a qu'une solution : le divorce. C'est bien plus sérieux qu'aujourd'hui.
  • Du point de vue de Joseph, la situation est brutale : Marie est enceinte et il n'en est pas le père. Humainement, il n'y a qu'une explication rationnelle, et elle est douloureuse.
  • Cette naissance a toujours été un point de blocage, hier comme aujourd'hui. Pour beaucoup de musulmans en particulier, l'idée que Dieu ait un fils est inimaginable, et l'idée d'une conception charnelle entre une femme et Dieu est inacceptable. Cette difficulté-là, la Bible la confronte de front.

2. La première solution : celle de Joseph, juste mais aveugle

  • « Joseph, son futur mari, était un homme juste. Il ne voulait pas livrer Marie au déshonneur. C'est pourquoi il se proposa de rompre ses fiançailles sans en ébruiter la raison » (Matthieu 1.19). Joseph est honorable et respectable.
  • Il ne veut pas détruire Marie par colère. Il la respecte, il cherche à lui faire grâce et à limiter les dégâts. En tant qu'homme juste selon la loi, il pense qu'il doit déclarer le divorce, mais discrètement.
  • Le texte ne critique pas Joseph : il cherche à faire le bien conformément à la loi de Dieu. Il ne veut pas se faire justice lui-même en traînant publiquement Marie devant les autres.
  • Question pour toi : comment agis-tu quand tu apprends quelque chose qui déshonore Dieu ? Es-tu animé, comme Joseph, d'une grande compassion, d'amour et d'humilité, ou est-ce que tu comptes trop sur ta propre justice plutôt que sur celle de Dieu ?
  • Joseph n'a pas rejeté Dieu, il n'a pas méprisé Marie. Il est simplement encore aveugle sur la situation. Sa solution est la meilleure des mauvaises solutions humaines, mais ce n'est pas encore la solution de Dieu.

3. La deuxième solution : celle de Dieu, qui choisit la révélation

  • « Il réfléchissait à ce projet quand un ange du Seigneur lui apparut en rêve et lui dit : Joseph, descendant de David, ne crains pas de prendre Marie pour femme, car l'enfant qu'elle porte vient de l'Esprit Saint » (Matthieu 1.20).
  • Tout semblait compromis pour Joseph. Mais Dieu choisit de lui parler à travers un ange, dans un rêve. Dieu prend l'initiative d'aller parler à Joseph et de lui révéler son œuvre.
  • L'ange l'appelle par son identité royale : « descendant de David ». Manière de dire : toi, Joseph, tu fais partie du plan de salut de l'humanité. Ce qui se passe est prévu.
  • Il ne contourne pas le problème. Il attaque la crainte de front : « Ne crains pas de prendre Marie pour femme. Ne crains pas le scandale. Ne crains pas de l'épouser. » Fonce, parce que l'enfant vient de l'Esprit Saint.
  • Est-ce que tu te laisses surprendre par Dieu ? Yan témoigne : « La dernière prédication que j'ai faite ici, je me suis pris en pleine face le fait que Dieu voulait que je lui fasse confiance quand je prêche. C'était compliqué à vivre. Mais Dieu m'a surpris et j'ai senti sa présence avec moi. »
  • Dieu parle encore. Il parle par la Bible, par les frères et sœurs, parfois par des rêves. Mais quand tu crois recevoir quelque chose de Dieu, mets-le à la lumière de la Parole, parce qu'il y a trop de choses étranges qu'on fait passer pour Dieu alors que ce n'est pas Dieu.
  • « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas votre cœur » (Psaume 95.7-8 ; Hébreux 3.15). Ne te laisse pas envahir par le doute : Dieu se révèle à ceux qui le cherchent.

4. « Rien n'est impossible à Dieu » : le miracle de la conception virginale

  • Est-ce que tu crois sincèrement que Dieu est capable d'enfanter Jésus en Marie par le Saint-Esprit ? Est-ce que tu crois qu'il est capable de ressusciter Jésus d'entre les morts ? Est-ce que tu crois que tous les miracles que Jésus a faits, il les a vraiment faits ?
  • Jésus lui-même a dit à un père dont la fille était mourante : « Ne crains pas, crois seulement » (Marc 5.36). Et la fille a été guérie.
  • « Car rien n'est impossible à Dieu » (Luc 1.37). Ce verset est tiré exactement de la même histoire : dans l'Évangile de Luc, l'ange l'annonce à Marie. Le Dieu qui a créé l'univers, qui a créé chacun de nos corps comme un miracle vivant, ce Dieu-là est capable de concevoir Jésus dans le sein de Marie.
  • Rassurons aussi nos amis musulmans sur un point : le texte est clair, il n'y a aucun acte illicite. La conception est réalisée par l'Esprit Saint directement, sans acte sexuel. Sinon, Joseph aurait divorcé. C'est un miracle, et les Juifs de l'époque savent que Dieu est capable d'un tel miracle.
  • Pour comprendre, il faut regarder la Trinité : un seul Dieu, en trois personnes, le Père, le Fils (la Parole devenue chair), et l'Esprit. Dieu le Père conçoit, par l'Esprit, celui qui est la Parole devenue chair. Toute la volonté du Dieu trinitaire est impliquée pour nous sauver. Le Père envoie, le Fils accepte de devenir homme, l'Esprit œuvre sans relâche pour rendre ça possible.

5. « Tu l'appelleras Jésus » : Dieu sauve son peuple de ses péchés

  • « Elle donnera naissance à un fils, tu l'appelleras Jésus. C'est lui, en effet, qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1.21). Jésus (Yeshoua) veut dire « Dieu sauve ».
  • Le péché est grave, il nous sépare de Dieu qui est saint. C'est une dette que l'homme a envers Dieu et que l'homme est incapable de régler. Quelqu'un doit mourir pour payer cette dette.
  • Qui peut sauver des péchés, sinon quelqu'un de parfait ? Qui peut mourir de manière suffisante, sinon Dieu lui-même ? C'est là que le christianisme se distingue : Dieu pardonne en venant lui-même porter le péché en Jésus, son Fils, qui choisit de mourir à la croix alors qu'il était innocent, saint et sans faute.
  • Noël, ce n'est pas nous qui montons vers Dieu, c'est Dieu qui vient partager ce qui fait de nous des êtres humains. Jésus est pleinement humain et pleinement Dieu.
  • « Le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Marc 10.45).

6. Emmanuel : Dieu avec nous, hier, aujourd'hui, à jamais

  • « Tout cela arriva afin que s'accomplit ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète Ésaïe : Voici, la Vierge sera enceinte, elle enfantera un fils et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous » (Matthieu 1.22-23, citant Ésaïe 7.14).
  • Jésus ne s'appelle pas Emmanuel, mais il l'est. C'est l'essence même de qui il est. Jésus est Dieu ; s'il est avec nous, alors Dieu est avec nous.
  • La promesse de Noël, c'est que Jésus est venu, et qu'il est encore vivant. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis présent au milieu d'eux » (Matthieu 18.20). « Voici, je suis moi-même avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28.20).
  • Si Dieu est souverain, s'il a prophétisé des choses qui se sont accomplies à l'époque de Jésus, alors toutes les promesses qu'il te fait encore aujourd'hui, elles se réaliseront. Ne crains pas. Crois aux promesses de Dieu pour ta vie.

7. La réponse de Joseph : une obéissance immédiate

  • « À son réveil, Joseph fit ce que l'ange du Seigneur lui avait commandé. Il prit sa fiancée pour femme, mais il n'eut pas de relation conjugale avec elle avant qu'elle ait mis au monde un fils auquel il donna le nom de Jésus » (Matthieu 1.24-25).
  • Aucun délai entre le réveil et l'obéissance. Joseph accepte immédiatement le coût personnel : sa crainte disparaît, son doute est levé, il est en paix, il passe à l'action.
  • Il repart avec deux missions. La première : assumer publiquement Marie et Jésus, accepter le regard jugeant de sa communauté. La deuxième : nommer l'enfant Jésus. Dieu a demandé la même chose à Marie, mais nommer l'enfant est la responsabilité du père dans la tradition juive. Ce n'est pas le père biologique, mais il l'adopte juridiquement, il l'accueille dans sa lignée comme un père.
  • Joseph prend tellement à cœur ce qui se passe qu'il choisit de ne pas coucher avec Marie avant la naissance. La promesse doit s'accomplir : l'enfant naît d'une vierge, bien que Marie soit mariée au moment de la naissance.

Points à retenir

  • Matthieu ne contourne pas le scandale apparent : il regarde les faits en face pour révéler la gloire de Dieu. La foi chrétienne n'esquive pas les questions difficiles, elle y répond.
  • Joseph a besoin que Dieu lui-même vienne lever sa crainte. Nos doutes ne se dissipent pas par nos raisonnements, ils se dissipent quand Dieu se révèle à nous par sa Parole et par son Esprit.
  • Rien n'est impossible à Dieu. Le Dieu créateur qui tient ton corps en vie chaque seconde est parfaitement capable de la conception virginale, de la résurrection, et de tenir toutes ses promesses pour ta vie.
  • Jésus veut dire « Dieu sauve ». Sa mission est précise : sauver son peuple de ses péchés. Son peuple, ce sont ceux qui se reconnaissent pécheurs et qui ont besoin d'un sauveur (Matthieu 9.13).
  • Emmanuel veut dire « Dieu avec nous ». Noël, ce n'est pas nous qui montons vers Dieu, c'est Dieu qui descend jusqu'à nous. Et il reste avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
  • La réponse chrétienne à la révélation de Dieu, c'est l'obéissance immédiate, même quand elle coûte socialement, comme pour Joseph.

Application personnelle

  • Comment est-ce que j'accueille Noël cette année : dans la joie, ou plutôt dans l'inquiétude, la pression du repas de famille, le doute ?
  • Est-ce que je réagis comme Joseph avec compassion et humilité quand j'apprends quelque chose qui déshonore Dieu, ou est-ce que je me fais justice moi-même ?
  • Est-ce que je me laisse encore surprendre par Dieu, ou est-ce que j'ai tellement verrouillé ma vie sur mes raisonnements que je ne le vois plus agir ?
  • Est-ce que je crois vraiment que rien n'est impossible à Dieu, dans ma santé, dans ma famille, dans une situation bloquée ?
  • Est-ce que je négocie encore avec mon péché, ou est-ce que j'accepte le pardon de Dieu et je vis la paix du salut en Jésus ?
  • Quand Dieu me révèle quelque chose, est-ce que j'obéis immédiatement comme Joseph, ou est-ce que je laisse traîner ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi Joseph voulait-il d'abord répudier Marie ?

Parce qu'il ne connaissait pas encore l'origine surnaturelle de la grossesse. Dans le contexte juif du premier siècle, les fiançailles sont un engagement public avec contrat de mariage déjà signé, et une grossesse en dehors du mariage est un scandale grave. Joseph, décrit comme « juste », choisit la moins mauvaise des solutions humaines : rompre les fiançailles discrètement pour protéger Marie du déshonneur public. Ce n'est ni de la rage ni du rejet, c'est la meilleure chose qu'il peut faire tant que Dieu ne lui a pas parlé.

Pourquoi la conception virginale de Jésus est-elle importante ?

Parce qu'elle atteste que Jésus est vraiment le Fils de Dieu et pas seulement un grand prophète. Le texte est clair : « L'enfant qu'elle porte vient de l'Esprit Saint » (Matthieu 1.20). Sans conception surnaturelle, Jésus serait un homme comme les autres, marqué par le péché hérité, et incapable de sauver quiconque de ses péchés. La conception par l'Esprit permet que celui qui naît soit à la fois pleinement homme (par Marie) et pleinement Dieu (par l'Esprit), le seul capable de payer la dette du péché à notre place.

Que signifie concrètement « Emmanuel, Dieu avec nous » pour un chrétien aujourd'hui ?

Que Jésus n'est pas resté un bébé dans une crèche il y a deux mille ans. Il est mort, ressuscité, et il a envoyé son Saint-Esprit pour habiter en ceux qui croient en lui. Concrètement, Dieu est avec toi tous les jours (Matthieu 28.20), il est présent quand deux ou trois se rassemblent en son nom (Matthieu 18.20), et il te donne sa paix dans les situations où le monde ne peut rien te donner. Noël n'est pas un souvenir : c'est le point de départ d'une présence qui dure jusqu'à la fin du monde.

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