Galates 5 : appelés à être libres en Christ

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Introduction

Un dimanche de pluie à Madrid, Rubén Gramaje invite l'Église à regarder le ciel : le ciel est nuageux, dit-il, mais le croyant lève les yeux pour entendre la voix de Dieu. Et cette voix, aujourd'hui, se fait entendre par des appels. Le premier est écrit en Galates 5:1 : « C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes. »

Le message s'inscrit dans une série sur l'épître aux Galates, guidée par Galates 4:19 : « jusqu'à ce que Christ soit formé en vous ». Le chapitre 1 parlait de rechercher l'approbation de Dieu plutôt que celle des hommes. Le chapitre 2 donnait cette phrase centrale : « ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ». Le chapitre 3 enseignait la justification par la foi et le don de l'Esprit. Le chapitre 4 appelait Christ à prendre forme dans nos vies. Le chapitre 5, parcouru ici de manière panoramique, va au fond du sujet de la liberté : c'est pourquoi, rappelle le pasteur, cette lettre est appelée la « grande charte » de la liberté.

Une question traverse tout le message : si la chair et l'Esprit faisaient un bras de fer dans ta vie, qui gagnerait ?

Plan du message

1. Le bras de fer entre la chair et l'Esprit

  • Le pasteur rappelle le bras de fer, les coudes posés sur la table, un jeu pour voir qui gagne. Aujourd'hui, l'expression s'emploie aussi pour les équipes de football ou les partis politiques. Il avoue en souriant qu'il était « très mauvais » à ce jeu, et qu'il l'est toujours.
  • Galates 5 met face à face les œuvres de la chair et le fruit de l'Esprit. La question est personnelle : sommes-nous vraiment libres ? Jouissons-nous de la liberté que Christ nous donne, ou sommes-nous encore sous l'esclavage, comme les Galates ?
  • Le verset 13 est le plus clair : « Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. »
  • Le texte répète l'expression « les uns les autres » (en grec allêlous) : servez-vous les uns les autres (verset 13), ne vous mordez pas et ne vous dévorez pas les uns les autres (verset 15), ne vous provoquez pas et ne vous portez pas envie les uns aux autres (verset 26). Le message concerne la vie de chacun, mais il s'applique d'abord à l'Église.
  • Trois appels en découlent, trois défis qui sont possibles : être libre en Christ en résistant à la religiosité, servir par amour en dépassant la compétition immature, marcher selon l'Esprit pour vaincre la chair.

2. Libres en Christ : résister à la religiosité vide

  • L'Église de Galatie, fondée par Paul, subissait l'infiltration des judaïsants et leur insistance sur la circoncision. Au verset 3, Paul prévient : celui qui se fait circoncire est tenu de pratiquer la loi tout entière. La justification par la foi ne doit pas être annulée.
  • Paul répète à presque toutes les Églises d'être fermes : fermes dans la foi, fermes dans un même esprit, fermes dans le Seigneur. La fermeté chrétienne, explique le pasteur, c'est avancer dans le Seigneur malgré les adversités, en s'appuyant sur Christ.
  • Au verset 4, Paul dit : « vous êtes séparés de Christ ». Le mot évoque quelque chose qu'on a détaché, laissé sans force. « C'est comme si tu cours et que tu vois que quelqu'un a les lacets défaits : tu peux tomber. » Quand les Galates s'appuyaient sur la loi, ils réduisaient le prix de la grâce. Aujourd'hui, la religiosité vide et le « faire pour faire » dévaluent aussi la grâce du Seigneur.
  • Au verset 7, Paul écrit : « Vous couriez bien : qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d'obéir à la vérité ? » Quelqu'un s'est mis en travers du chemin. Jésus, dans Matthieu, dénonce de la même manière les pharisiens qui se mettent en travers et entravent le discipulat authentique.
  • Être libre ne veut pas dire « faire ce qui nous chante ». Si tu tiens tant à la loi, rappelle-toi comment Jésus l'a résumée : aimer Dieu par-dessus tout et aimer son prochain comme soi-même, ce second commandement que Paul reprend au verset 14.

3. Garder les yeux sur Jésus, celui qui brise les chaînes

  • On dit parfois : « Je ne regarderai jamais en arrière. » Le croyant regarde en arrière, mais pour se souvenir que c'est Christ qui l'a pardonné et que la grâce du Seigneur suffit.
  • Le secret pour avancer avec fermeté, c'est de fixer les yeux sur Jésus, comme le dit Hébreux 12 : courons avec persévérance la course qui nous est proposée, ayant les regards sur Jésus. Il faut le faire « de manière radicale, de manière vitale ».
  • « C'est Christ qui brise les chaînes. Comment voudrions-nous retourner au passé de l'esclavage, aux traditions, au vieil homme, à notre ancienne manière de penser ? »
  • Ces chaînes brisées ne sont pas faites pour être mises aux autres. Jésus le reproche aux pharisiens en Matthieu 23 : ils lient des fardeaux sur les épaules des hommes sans vouloir les remuer du doigt.
  • Le pasteur se souvient des chaînes en fer qu'il utilisait autrefois pour attacher sa vieille moto : « Je vous assure que les chaînes de fer pèsent très lourd. » Ces chaînes que le Seigneur a brisées, ce n'est pas pour que tu les reprennes en disant : « Maintenant, j'attache les autres. »

4. Servir par amour : dépasser la compétition

  • Les nations de ce monde cherchent à dominer les unes sur les autres. Jésus dit : « Il n'en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur » (Matthieu 20:26). Galates 3 l'a déjà montré : nous sommes maintenant tous égaux en Christ.
  • « Servir additionne toujours. » Mais Paul est précis : servez-vous les uns les autres par amour. « Si tu sers le Seigneur, tu additionnes. Si tu sers le Seigneur avec amour, tu multiplies. »
  • C'est l'amour qui fait la différence. Paul l'écrit aux Corinthiens : sans l'amour, les dons ne sont que du bruit (1 Corinthiens 13). Le fruit de l'Esprit est d'abord l'amour, et l'amour se traduit en bienveillance, en amabilité dans la manière de traiter les autres, en bonté.
  • Jésus l'a dit : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean 13:35).

5. Éviter les morsures qui consument la communauté

  • Paul parle comme d'animaux qui se mordent et se dévorent jusqu'à se détruire (verset 15). « C'est un avertissement puissant. »
  • Les œuvres de la chair sont « évidentes » (versets 19 à 21) : impudicité, impureté, idolâtrie, magie, inimitiés, querelles, jalousies, animosités, divisions, envie, ivrognerie et choses semblables. Paul avertit que ceux qui les commettent n'hériteront pas le royaume de Dieu.
  • L'envie, mentionnée aussi à la fin du chapitre, est un péché caché : « comme les larves de poux dans les cheveux, on ne les voit pas, mais elles sont là ».
  • Dans les documentaires animaliers, quand les zèbres ou les gnous traversent la rivière, un prédateur en attrape parfois un. Mais souvent, certains meurent piétinés par ceux de leur propre espèce. Le pasteur évoque aussi la fête d'Halloween de 2022 en Corée du Sud, après la pandémie, où près de 160 personnes sont mortes piétinées par la foule. « L'être humain semble être la seule espèce qui se piétine elle-même et finit par s'autodétruire. »
  • D'où l'appel : évite les morsures qui consument la foi, qui est aussi communautaire, et sers le Seigneur par amour.

6. Marcher selon l'Esprit : semer et arroser le fruit

  • Le troisième appel, « marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair » (verset 16), est le plus insistant : le mot « esprit » (pneuma) revient sept fois en quelques versets.
  • Le fruit de l'Esprit n'arrive pas automatiquement. Il faut semer la graine, l'arroser constamment, et un jour tu en profites. Ce fruit unique, l'amour, se décline de huit manières, « avec huit noms de famille » (verset 22).
  • Grandir dans l'Esprit, c'est donner à Dieu « un rôle principal dans tes décisions ». Cela rejoint la fidélité (en grec pistis) : pas seulement faire un pas de foi, mais faire un pas, puis d'autres pas, et tenir bon. Obéir au Seigneur une fois ou de temps en temps ne suffit pas : il s'agit d'être constant.
  • Paul utilise beaucoup d'images dans ce chapitre (le pasteur cite aussi le levain), mais la plus forte est au verset 24 : « Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. » C'est ce qui caractérise ceux qui sont à Christ. « Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit » (verset 25) : vivre des vies cohérentes.

7. Un combat inégal, une victoire possible

  • Le pasteur évoque la légende attribuée aux Cherokees : deux loups, un blanc et un noir, se battent en nous, et celui que tu nourris le plus gagne. « Ce que nous dit la Bible sur le combat spirituel, ce n'est pas exactement cela. » Le combat est très inégal.
  • En Éphésiens 6, Paul demande d'être fermes et de revêtir toutes les armes de Dieu, car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, les autorités et les puissances, que Paul énumère comme une armée organisée. Quand David affronte le géant, la lutte est inégale aussi.
  • La Bible décrit les ennemis du croyant : le tentateur, qui a tenté Jésus (Matthieu 4) et qui te tentera aussi ; le monde, dont parle l'apôtre Jean, avec la convoitise des yeux et l'orgueil de la vie ; et la chair, avec sa longue liste. À cela s'ajoutaient, chez les Galates, les agitateurs à l'intérieur même de la communauté.
  • Deutéronome 7 montre Israël face à sept nations « plus nombreuses et plus puissantes » que lui. Dieu ne l'a pas choisi parce qu'il était le plus nombreux, mais parce qu'il l'aimait et l'a fait sortir d'Égypte par sa main puissante (versets 7 et 8). Il y a des nations plus grandes, mais la main du Seigneur est grande et puissante.
  • Nous allons parfois comme David, avec une petite pierre, mais au nom du Seigneur. Au verset 20, l'Éternel promet même d'envoyer les frelons contre les ennemis. Le pasteur sourit en pensant à une chanson de Juan Luis Guerra : « Je lui envoie la guêpe. »
  • « Tu peux obtenir la victoire si tu mets Christ dans ton cœur, si tu décides de vivre et de marcher selon l'Esprit, si tu décides de semer les fruits de l'Esprit et de les arroser chaque jour. » La promesse pour la semaine est celle de Deutéronome 7:21 : « Ne sois point effrayé à cause d'eux ; car l'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, le Dieu grand et terrible. »
  • Pour finir, que faire pour être vraiment libre ? Faire confiance au Seigneur, s'humilier devant Dieu, se rendre totalement en renonçant à ce que l'on croit être son droit, les yeux fixés sur la rémunération, comme Moïse (Hébreux 11), qui avait ce fruit de l'Esprit qu'est la douceur. Et ne pas te laisser entraîner par les agitateurs d'aujourd'hui, ni surtout par les impulsions de la chair.

Points à retenir

  • Christ nous a affranchis pour que nous soyons libres : revenir au légalisme ou à la religiosité vide, c'est dévaluer sa grâce.
  • La liberté n'est pas un prétexte pour la chair, et les chaînes que Christ a brisées ne sont pas faites pour être remises aux autres.
  • Servir additionne, servir par amour multiplie : l'amour est la marque des disciples de Jésus.
  • Le fruit de l'Esprit se sème et s'arrose chaque jour, avec une fidélité constante dans l'obéissance.
  • Le combat contre la chair, le monde et le tentateur est inégal, mais l'Éternel est au milieu de toi : la victoire vient de lui.

Application personnelle

  1. Si la chair et l'Esprit faisaient un bras de fer dans ta vie aujourd'hui, qui gagnerait ?
  2. Y a-t-il une forme de religiosité, de « faire pour faire », sur laquelle tu t'appuies plutôt que sur la grâce ?
  3. Mets-tu sur les épaules des autres des chaînes ou des fardeaux dont Christ t'a libéré ?
  4. Dans ton service à l'Église, additionnes-tu seulement, ou multiplies-tu par l'amour et l'amabilité ?
  5. Quel fruit de l'Esprit as-tu besoin de semer et d'arroser cette semaine, et quelle décision veux-tu remettre au Seigneur ?

Versets cités

Questions fréquentes

Quels sont les trois appels de Galates 5 ?

Pour Rubén Gramaje, Galates 5 contient trois appels adressés à l'Église : être libre en Christ en résistant à la religiosité vide, servir par amour en dépassant la compétition immature, et marcher selon l'Esprit pour vaincre la chair. Ce sont des défis, mais ils sont possibles parce que l'Esprit habite en chaque croyant.

La liberté en Christ veut-elle dire faire ce que l'on veut ?

Non. Galates 5:13 demande de ne pas faire de la liberté un prétexte pour la chair. Le prédicateur rappelle que la loi se résume dans ce commandement : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Christ a brisé nos chaînes, et ces chaînes ne sont pas faites pour être remises sur les autres.

Pourquoi le combat entre la chair et l'Esprit est-il inégal ?

Le croyant affronte la chair, le monde et le tentateur, comme Israël face à sept nations plus grandes et plus puissantes (Deutéronome 7). Rubén Gramaje écarte la légende des deux loups : la victoire ne dépend pas de nos forces, elle vient de l'Éternel qui est au milieu de nous, quand nous marchons selon l'Esprit.

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