2 Rois 4 : l'huile coule tant que tu la verses

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Introduction

Siegfried Tomazsewski est évangéliste. Missionnaire soutenu par l'Evangelische Gemeinde ELIM Leipzig depuis 2015, il parcourt surtout l'Afrique avec sa femme et son équipe : grandes évangélisations, townships d'Afrique du Sud, camps de réfugiés. Avant d'ouvrir la Bible, il précise pourquoi il montre les images de ce travail : « Ce que Dieu peut faire avec un seul, il peut le faire avec chacun de vous. » La seule différence, dit-il, tient à la manière dont nous nous laissons utiliser.

Il avait préparé un autre message pendant plusieurs semaines. Un mercredi, à 4 heures du matin, il se réveille et sent Dieu lui dire d'ouvrir 2 Rois 4:1-7 et de prêcher sur ce texte. Le matin même du culte, il découvre sur Facebook que le même passage a été médité à la rencontre des femmes de l'Église le samedi précédent. Sa femme lui répond : « Parfois, les gens ont besoin d'entendre la Parole deux fois. » Il reste donc fidèle à ce que Dieu lui a dit.

L'histoire de la veuve et de son vase d'huile devient un appel personnel : tu as reçu quelque chose de Dieu, il a encore plus pour toi, et ce qu'il t'a confié se multiplie quand tu le verses dans la vie des autres.

Plan du message

1. Une veuve qui n'a « rien du tout »

  • Le texte s'ouvre sur une tragédie. Une femme de la communauté des prophètes crie à Élisée : « Ton serviteur mon mari est mort. » Elle reste seule avec ses enfants et une grande responsabilité.
  • Dans l'Orient de cette époque, le mari pourvoyait aux besoins de la famille. Sans lui, tout était perdu. Et le créancier vient prendre ses deux fils, ceux qui auraient pu gagner un peu de pain, pour en faire ses esclaves.
  • Élisée lui demande : « Que puis-je faire pour toi ? » Pour le prédicateur, c'est la question que Jésus pose à chacun ce matin : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il connaît ce que tu n'as partagé avec personne : les soucis d'argent, les enfants, les parents, ta vocation.
  • « Dis-moi, qu'as-tu à la maison ? » La réponse de la veuve, « Ta servante n'a rien du tout », décrit beaucoup de gens aujourd'hui. On a un compte en banque, un appartement, une petite maison avec jardin, une voiture. Mais à l'intérieur, il n'y a rien.
  • Il y a un vide et un désir qu'on essaie de combler par tout ce qui existe, la drogue, le sexe, sans être satisfait. « Je sais de quoi je parle. J'ai vécu là-dedans. J'ai cherché plus et je ne l'ai pas trouvé. »

2. Il y a plus pour toi

  • Soudain, la veuve se reprend : « Ce n'est pas vrai, j'ai quelque chose. Je n'ai qu'un vase d'huile. » Le prédicateur s'adresse à chacun : « Tu as quelque chose, car Jésus donne quelque chose à chaque personne. » La question est de le reconnaître.
  • Élisée l'envoie emprunter des vases vides chez tous ses voisins, « et n'en demande pas un petit nombre », puis fermer la porte sur elle et sur ses fils et verser l'huile.
  • Son titre pour ce passage : « Il y a plus. » Plus qu'un seul vase, plus que ce que tu as cru ou attendu jusqu'ici. Ce que tu imagines est limité par ta propre pensée et tes propres capacités. Dieu a toujours plus que cela.
  • Nous calculons avec ce qu'il y a dans nos poches et dans notre tête : un diplôme, le lycée, 5 000 euros sur le compte. « Je crois que Dieu a plus pour toi. » Et il ne s'agit pas d'abord de biens matériels, mais de quelque chose de bien plus beau.

3. Le secret est dans le fait de verser

  • « Et elle versait. » Elle n'avait qu'un vase. « Le secret est dans le fait de verser, dans le fait de transmettre. » Quand nous acceptons de donner, nous voyons que cela ne cesse pas de couler.
  • Le prédicateur parle d'avarice spirituelle : je suis converti, je vais à l'église, j'ai une communauté, je garde tout pour moi. « Parfois, le fait que nous soyons chrétiens est le secret le mieux gardé du monde. » Ne te laisse pas dire que ce que tu as suffit à peine pour toi.
  • Il rappelle la multiplication des pains : cinq pains et deux petits poissons devant une foule de 5 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants. Les disciples sont dépassés. Le miracle se produit au moment où ils commencent à distribuer.
  • La veille au soir, à la gare, il cherchait une saucisse grillée : à chaque stand, les plaques étaient vides, il n'y avait plus rien à donner. « Mais je vous le dis aujourd'hui : vous avez quelque chose à donner. » Dieu a préparé pour toi une plaque bien garnie.
  • À la place de la veuve, il se voit regarder dans chaque vase pour vérifier s'il reste une goutte. Il connaît ce souci : dans son ministère, quand il faut réserver des billets d'avion, il arrive qu'on ne sache pas avec quelle carte payer et qu'il demande deux jours pour trouver les fonds. Ce n'est pas seulement une question d'argent : ma force suffira-t-elle, mon amour suffira-t-il ?
  • « Il est important de commencer à verser pour pouvoir remplir. » Elle a vidé son vase, mais elle a rempli d'autres vases. Dans la mesure où nous nous donnons aux autres, notre vase ne s'arrête pas.

4. Payer sa dette en donnant

  • Quand il n'y a plus de vase, l'huile s'arrête. Élisée dit alors : « Va vendre l'huile, et paie ta dette ; et tu vivras, toi et tes fils, de ce qui restera. » N'aie pas peur, il y en aura assez. « Tu seras libérée de tes dettes en donnant. »
  • Le danger est de garder pour soi ce que l'on a accumulé : trente ou quarante ans d'Église, des cultes, un grand savoir biblique. Si tu le gardes, il ne se passe rien.
  • Il imagine la veuve compter ses vases et calculer combien de temps ils dureront. « Le texte ne dit pas qu'il y en avait sept, c'est ma théologie », sourit-il. Mais c'est notre manière de penser : jusqu'où vais-je avec mon savoir, avec mon amour ?
  • Tout ce que nous avons par nous-mêmes est limité : notre force, notre joie, notre amour, notre capacité à pardonner. On pardonne deux ou trois fois, puis on ne sait plus ce qu'on fera si cela recommence.
  • Le mot « dette » a fait naître une expression dans son cœur : « Nous sommes débiteurs de l'Évangile. Nous devons aux gens la bonne nouvelle. »

5. Chacun a une vocation et un don, ne t'en laisse pas priver

  • Le pasteur, l'apôtre, l'enseignant et l'évangéliste ont une vocation. Mais il ne faut pas confondre le ministère, la fonction, avec la vocation. « Je crois que nous avons tous une vocation. » La question est de la reconnaître.
  • Beaucoup pensent si peu d'eux-mêmes qu'un complexe d'infériorité spirituelle s'installe : « Je n'ai qu'un petit vase, à quoi peut-il bien servir ? » Il croit que chacun dans l'Église pourrait et devrait participer.
  • L'Église fonctionne comme un corps. Tu as des yeux et des oreilles, mais s'ils ne voyaient ni n'entendaient rien, tu marcherais comme un aveugle. Il n'y a pas de corps sans membres, ni de membre sans fonction. La fonction est une tâche, et la tâche apporte une responsabilité, comme dans la famille où les responsabilités se partagent.
  • « Que chacun de vous mette au service des autres le don qu'il a reçu » (1 Pierre 4:10). Il ne s'agit pas d'abord des dons spirituels. Il cite Romains 12 : la prophétie, le service, l'enseignement, l'exhortation ou l'encouragement, le don, la direction, la miséricorde. Chacun a une particularité reçue de Dieu.
  • Le problème, c'est qu'une fois notre don reconnu, nous nous en laissons priver. Le prédicateur nomme trois manières.
  • Les pensées négatives. Nous pensons souvent trop peu de nos propres dons. Il en profite pour encourager l'équipe de louange : « Ne vous laissez jamais dire par qui que ce soit que ce n'est pas bien. Continuez. » Ferme tes oreilles aux mensonges du diable qui dit « je ne peux pas, je suis trop petit ». Si Dieu te donne un don, il te donne la capacité qui va avec.
  • Les paroles négatives. Nos paroles ont une grande influence, sur nous et sur les autres. Il pense à quelqu'un qui a entendu, enfant, encore et encore : « Il ne sortira rien de toi. »
  • Il raconte sa propre histoire. Après une formation commerciale au Canada, il commence en Allemagne une formation technique. La première année, avec les outilleurs, les serruriers et les électriciens, il faut limer une pièce d'acier pour l'ajuster dans une autre. Chez les autres apprentis, l'ajustement est parfait. Chez lui, ça tient, mais ça bouge. Le maître d'apprentissage lui répète : « Siegfried, il ne sortira rien de toi. » Il a fini par le croire : deux mains gauches.
  • Il a pourtant réussi sa formation, à l'étonnement de tous et surtout au sien. « Je me suis dit une chose : je ne veux pas écouter les paroles négatives des gens, je veux écouter ce que Dieu dit. » Qui, ou quoi, écoutes-tu dans ta vie ?
  • Les actes négatifs. Devant une décision, nous agissons souvent à partir de ce que nous ressentons : qu'est-ce que je sais faire, jusqu'où va mon argent ? Agir ainsi nous prive de notre vocation.

6. Une puissance qui ne s'arrête jamais

  • « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés » (2 Pierre 1:3). Il fait répéter le mot à l'assemblée : non pas « quelque chose », mais « tout ». Tout à 100 % : ce dont tu as besoin pour ta vocation, ton quotidien, tes études, ta famille.
  • Ta vocation, tu ne te l'es pas donnée, et tu ne l'as pas reçue du pasteur ou de sa femme : tu l'as reçue de Dieu. Et la lettre ne s'adresse pas à une seule personne, mais à toute l'Église, y compris celle de Leipzig ce matin. « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15:5). Si ton vase est vide, Dieu veut te le remplir pour que tu le verses dans d'autres vies.
  • Cette force n'est pas d'abord physique. « Je suis vieux, mais pas froid », dit-il en souriant. C'est la force d'être témoin. Il la rapproche du vieux mot allemand Mut, le courage, l'audace. Il en a besoin pour parler à une seule personne à la gare, à la station-service, au supermarché, ou devant des milliers de personnes. « Ce n'est pas une question de théologie, de psychologie ou de physiologie, mais de genouxlogie » : à genoux, dans la prière, on reçoit la force de Dieu.
  • Une force pour persévérer quand les difficultés arrivent, au lieu de jeter l'éponge. Une force pour pardonner : « Le manque de pardon est l'une des pires choses qui existent. » Il prie pour que personne ne quitte la salle sans avoir pardonné, à un parent qui a hérité à sa place ou à quelqu'un qui a mal parlé de lui.
  • Une force pour surmonter. Petit, il était le plus petit de l'école mais réussissait au saut en hauteur des barres que d'autres ne passaient pas. Il y a toujours le moment où, en courant vers la barre, on pense : « Je n'y arriverai pas. » T'arrêtes-tu, ou demandes-tu à Jésus la force de franchir l'obstacle ? « Avec mon Dieu je franchis une muraille. »
  • Une force pour aimer, en allant vers les personnes avec qui l'on n'a pas d'affinité pour leur dire une parole d'encouragement. « Ne néglige pas le don qui est en toi » (1 Timothée 4:14). L'utiliser, c'est le verser, sans avoir peur de manquer. Comme pour la veuve, il y en aura assez pour toi et pour tes fils : les générations qui viennent, tes enfants physiques ou spirituels, tes voisins, Leipzig, l'Allemagne, le pays où Dieu t'enverra.

7. S'offrir soi-même, et revenir se faire remplir

  • Il raconte une histoire lue il y a quelque temps. Un petit garçon, touché par une prédication sur le don de soi et la mission, voit passer les grandes corbeilles d'offrande, posées devant comme c'est l'usage en Afrique. Il n'a rien à donner et se met à pleurer. Puis il se lève, avance et s'assied lui-même dans la corbeille.
  • « Seigneur, je n'ai rien. Tout ce que j'ai, c'est un vase vide. Remplis-le de ta puissance. » Et ne calcule pas que cela suffira jusqu'à dimanche prochain : il se réjouit de voir son vase vide le dimanche suivant, parce qu'il a besoin d'un « refill ».
  • Dans les restaurants américains, explique-t-il, le serveur remplit ton grand verre avant même que tu l'aies fini. C'est ce que Jésus veut faire : « Des fleuves d'eau vive couleront de son sein » (Jean 7:38). L'huile ne s'arrêtera jamais.
  • Il conclut par une image reçue au bord d'une ancienne mine de diamants fermée en Afrique du Sud : dans un bâtiment sombre, quelqu'un ramasse ce qui ressemble à un éclat de verre jeté dans un coin, le porte dehors, et à la lumière c'est un diamant. Dieu lui dit que ce sont les personnes qui se sentent jetées, sans valeur. Quand Jésus te prend dans sa main et te met dans sa lumière, on voit la valeur que tu as en Christ. « Tu as de la valeur. »

Points à retenir

  • Jésus pose à chacun la question d'Élisée : « Que puis-je faire pour toi ? » Il connaît le vide que l'on cache derrière une vie qui semble pleine.
  • Tu as reçu quelque chose de Dieu, même si tu penses n'avoir qu'un petit vase. Et il a plus pour toi que tout ce que tu imagines.
  • L'huile coule tant qu'on la verse. Ce que tu gardes pour toi s'arrête ; ce que tu donnes se multiplie. Nous sommes débiteurs de l'Évangile.
  • Chacun a une vocation et un don. Les pensées, les paroles et les actes négatifs nous en privent : écoute ce que Dieu dit de toi.
  • La puissance de Dieu nous a donné tout ce qu'il faut : force pour témoigner, persévérer, pardonner, surmonter et aimer.

Application personnelle

  1. Si Jésus te demandait aujourd'hui « Que veux-tu que je fasse pour toi ? », que lui répondrais-tu honnêtement ?
  2. Quel est ton « vase d'huile » : le don, l'expérience ou la connaissance de Dieu que tu as reçus et que tu gardes pour toi ?
  3. Quelle parole négative entendue dans ton passé t'empêche encore d'utiliser ton don ? Que dit Dieu à la place ?
  4. Y a-t-il une personne à qui tu dois pardonner, et pour qui tu as besoin de la force de Dieu ?
  5. Dans quel « vase vide » autour de toi peux-tu verser cette semaine : un voisin, un collègue, un enfant, quelqu'un de nouveau à l'Église ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que raconte 2 Rois 4:1-7 ?

Une veuve de la communauté des prophètes crie à Élisée : son mari est mort et le créancier veut prendre ses deux fils comme esclaves. Elle n'a rien à la maison qu'un vase d'huile. Élisée lui fait emprunter des vases vides chez ses voisins et y verser l'huile. L'huile coule jusqu'au dernier vase, puis elle vend l'huile, paie sa dette et vit du reste avec ses fils.

Pourquoi l'huile s'arrête-t-elle de couler ?

L'huile s'arrête quand il n'y a plus de vase à remplir. Pour Siegfried Tomazsewski, le secret est dans le fait de verser : tant que nous acceptons de donner ce que Dieu nous a confié, ce qui est en nous ne cesse pas de couler.

Qu'est-ce qui nous prive de notre don selon Siegfried Tomazsewski ?

Il nomme trois choses : les pensées négatives sur nos propres capacités, les paroles négatives que l'on prononce sur nous ou que l'on a entendues, et les décisions prises seulement à partir de ce que l'on ressent. Il appelle à écouter ce que Dieu dit plutôt que ce que disent les gens.

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