Jean 12 : brise le vase, Jésus mérite ton meilleur

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Introduction

Dans beaucoup de maisons, il y avait les assiettes de tous les jours et les « bonnes assiettes ». Joseph Perry, l'un des pasteurs de City Gates Church à Londres, se souvient de celles de sa grand-mère : rangées dans une vitrine, à ne surtout pas approcher, réservées aux « occasions spéciales ». Les anniversaires, les remises de diplômes et les Noëls sont passés, et les assiettes sont restées dans la vitrine. « J'attends toujours l'occasion spéciale. »

Chacun a sa version : la bougie coûteuse qu'on n'allume jamais, le parfum dont on met une goutte quand l'occasion le mérite, les baskets gardées dans leur boîte de peur qu'il pleuve. Il n'y a rien de mal à cela, dit le pasteur, jusqu'au jour où tu réalises que tu traites Dieu de la même façon. Tu gardes le meilleur dans la vitrine et tu lui donnes les assiettes ébréchées : le temps, l'énergie et l'attention qui restent après trois heures de Netflix et deux heures de conversation de groupe.

Face à cela, il ouvre Jean 12 : une femme entre dans une pièce, sort le bien le plus précieux qu'elle possède et le brise. Elle n'attend pas une meilleure occasion, elle décide que l'occasion se tient devant elle et qu'elle s'appelle Jésus. Le message porte sur l'adoration, non comme un style de musique ou les trente minutes qui précèdent la prédication, mais comme « la posture de toute une vie ». Il en tire quatre leçons.

Plan du message

  1. 1. Le contexte : un dîner à Béthanie après la résurrection de Lazare

    • Six jours avant la Pâque, Jésus vient à Béthanie, où l'on donne un repas en son honneur. Marthe sert, Lazare est à table, et Marie prend une livre de parfum de nard pur, de grand prix, pour oindre les pieds de Jésus et les essuyer avec ses cheveux (Jean 12:1-8).
    • Au chapitre précédent, Lazare est tombé malade et Jésus a volontairement attendu. Quand il arrive, Lazare est au tombeau depuis quatre jours. Marthe, très pratique, prévient : il va y avoir une odeur. Jésus appelle le mort par son nom, et Lazare sort avec ses bandelettes (Jean 11).
    • On aurait pu croire que toute la région allait célébrer. Jean rapporte au contraire qu'à partir de ce jour, les chefs religieux décident de faire mourir Jésus (Jean 11:53). La résurrection de Lazare met en marche les événements qui mènent à la croix.
    • La semaine est tendue : les foules montent à Jérusalem, les autorités ont demandé qu'on signale Jésus. Lui retourne à Béthanie dîner avec ses amis. « Il y a une semaine, Lazare était dans un tombeau. Maintenant, il demande à être resservi. »
  2. 2. Ton adoration est façonnée par ton témoignage

    • Marie n'adore pas une théorie ni un concept lu quelque part. Elle ne copie pas son voisin et ne lève pas les mains parce qu'un conducteur de louange le lui demande. Elle est assise à côté du frère qu'elle a vu mourir, qu'elle a enterré et pleuré au bord de la tombe.
    • Une semaine plus tôt, elle préparait des funérailles et disait aux pieds de Jésus : « Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean 11:32). Elle avait des questions, de la déception, peut-être de la colère. Maintenant, elle voit la résurrection assise à table.
    • Le principe : « Ceux qui se souviennent beaucoup adorent beaucoup. » Le meilleur adorateur n'est pas celui qui a la plus belle voix, mais celui qui a la meilleure mémoire : le frère qui se rappelle sa vie avant que Jésus ne vienne l'arrêter dans sa course, la sœur qui se souvient de la chambre d'hôpital, du diagnostic ou de la lettre d'expulsion. Ils ne sont pas dans la performance, ils se souviennent.
    • « Nous ne manquons pas de témoignages, nous manquons de mémoire. » Entre les adolescents, les parents âgés, le loyer et les factures, on est si occupé à gérer ce qui est devant qu'on oublie ce qui est derrière. C'est pourquoi Dieu répétait à Israël : souviens-toi que tu as été esclave en Égypte (Deutéronome 5:15), et il a fait dresser des pierres au bord du Jourdain pour que les enfants demandent ce qu'elles signifient (Josué 4).
    • Le défi de la semaine : prends dix minutes pour écrire cinq choses que Dieu a déjà faites dans ta vie, pas celles que tu espères. Un emploi obtenu, une relation dont il t'a sorti, une anxiété qui a desserré son étreinte, un enfant prodigue revenu, le fait que tu respires, la croix de Jésus. « L'adoration n'est pas une transaction, c'est une réaction » à ce que Jésus a déjà fait.
  3. 3. Si cela ne te coûte rien, ce n'est pas de l'adoration

    • Le nard venait d'une plante qui pousse dans l'Himalaya, récoltée dans les montagnes du nord de l'Inde et transportée sur des milliers de kilomètres par caravane. Judas en donne le prix : trois cents deniers (Jean 12:5). Un denier étant le salaire d'une journée, le vase valait environ une année de salaire, versée en un seul moment.
    • Marc ajoute un détail : elle « rompit le vase » (Marc 14:3). Elle n'a pas dévissé un couvercle ni mis une goutte, elle n'a pas versé une quantité raisonnable en gardant le reste pour plus tard. Le vase ne pouvait plus être refermé. « Marie n'a pas donné ce qu'elle pouvait épargner. Elle a donné tout ce qu'elle avait. »
    • David l'avait compris. Quand on lui offre gratuitement le terrain, les bœufs et le bois pour son sacrifice, il refuse : « je n'offrirai point à l'Éternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne me coûtent rien » (2 Samuel 24:24).
    • L'argent n'était pas le seul prix. Cela a coûté à Marie sa dignité, car laver les pieds était la tâche du serviteur le plus bas. Cela lui a coûté sa réputation, car une femme respectable ne dénouait pas ses cheveux en public. Cela lui a coûté son confort, car elle l'a fait devant tout le monde. Elle tenait plus à l'avis de Jésus qu'à celui des gens présents.
    • Chacun a un vase. Pour l'un, c'est son temps : une heure et demie le dimanche, à condition de rentrer à l'heure pour le déjeuner. Pour un autre, c'est son image : chanter, mais sans lever les mains. Pour un autre, c'est le contrôle : les relations, l'argent, la carrière, le plan à cinq ans restent scellés. Pour d'autres encore, c'est une douleur, une rancune ou une question qu'on garde fermée par peur de ce qui en sortirait.
    • En 1949, le jeune missionnaire Jim Elliot écrivait dans son journal : « Il n'est pas fou, celui qui donne ce qu'il ne peut garder pour gagner ce qu'il ne peut perdre. » Quelques années plus tard, il est tué en Équateur par la tribu qu'il voulait atteindre. On a parlé de vie gâchée, mais cette tribu est venue à la foi, en partie par le témoignage de sa femme, Elisabeth Elliot, retournée vivre parmi ceux qui avaient tué son mari. « Voilà l'adoration du vase brisé. »
  4. 4. Tout le monde à table ne célébrera pas ton adoration

    • La critique ne vient ni des pharisiens ni des Romains, mais de l'intérieur du cercle : de Judas, qui a marché trois ans avec Jésus et vu ses miracles. Parfois, ceux qui critiquent ta consécration sont assis juste à côté de toi. « Ce n'est pas le moment de donner un coup de coude à ton voisin. »
    • La critique a l'air spirituelle : pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour les pauvres ? Cela sonne noble et responsable, au point que d'autres disciples l'approuvent (Matthieu 26:8-9 ; Marc 14:4-5). Mais Jean, « un homme qui parle franchement », précise qu'il disait cela parce qu'il était voleur et qu'il prenait ce qu'on mettait dans la bourse (Jean 12:6).
    • Judas ne voyait que le prix parce qu'il avait déjà mis un prix sur Jésus. Juste après, il va demander aux principaux sacrificateurs ce qu'ils lui donneront pour le livrer (Matthieu 26:14-15). « Marie voyait que Jésus valait tout. Judas voyait que Jésus valait trente pièces d'argent. » La manière dont les gens réagissent à ton adoration en dit souvent plus sur leur cœur que sur le tien.
    • Dans une culture du commentaire, tu seras incompris si tu suis Jésus : une publication de reconnaissance jugée « un peu trop », des amis qui disent que tu as changé quand tu cesses de rire à certaines plaisanteries, commences à donner la dîme, te lèves tôt pour prier ou jeûnes. La question est de savoir si tu laisses les critiques à table fixer la température de ton adoration, au risque de revenir aux assiettes ébréchées et d'adorer pour l'approbation de la salle plutôt que pour l'attention du Seigneur.
    • Le pasteur ne parle pas seulement de gestes ou de chants forts, mais d'une dévotion entière dans toute la vie. Et il pose la question inverse : certains d'entre nous ne sont pas Marie mais Judas, les bras croisés, à se demander pourquoi l'autre est si émotif ou toujours en train de servir ou présent à chaque événement. « L'extravagance de quelqu'un d'autre expose peut-être ta propre économie. »
    • Judas n'avait pas tort de dire que les pauvres comptent, et Jésus s'en souciait profondément. Mais il utilisait une bonne cause pour couvrir un mauvais cœur. On peut faire de même en se disant « équilibré » pour garder son vase scellé. À l'adorateur critiqué : continue de verser. Au critique : demande-toi pourquoi cela te dérange autant, puis cesse de regarder depuis le bord. Il y a de la place pour toi aux pieds de Jésus.
  5. 5. Le ciel se souvient de ce que d'autres appellent un gaspillage

    • Marie ne se défend jamais. Elle ne discute pas avec Judas, n'explique pas son budget, ne publie aucune déclaration. Elle continue d'adorer, et Jésus prend sa défense : « Laisse-la » (Jean 12:7). Quand tu adores Jésus de tout ton cœur, c'est lui qui prend la responsabilité de ta réputation.
    • Jésus ajoute qu'elle a gardé ce parfum pour le jour de sa sépulture. Marie était venue dire merci pour Lazare, et Jésus inscrit son geste dans l'histoire de la croix. Quelques jours plus tard, des femmes viendront au tombeau avec des aromates pour oindre son corps, mais la pierre sera roulée et il n'y aura plus de corps à oindre (Marc 16:1-6). Marie l'avait déjà fait, pendant qu'elle en avait l'occasion.
    • Tu attends peut-être le moment parfait, un peu plus d'argent, que tout s'aligne. Marie enseigne que le moment de l'adoration est celui où tu te trouves. Il n'y a pas de meilleur moment que le présent pour donner à Dieu ton tout.
    • « La maison fut remplie de l'odeur du parfum » (Jean 12:3). Une semaine plus tôt, cette maison sentait la mort, et Marthe disait de ne pas ouvrir la tombe à cause de l'odeur. Maintenant, toute la maison sent l'adoration. Quand tu brises le vase, l'atmosphère change : tes enfants le remarquent, tes collègues aussi, ton couple aussi.
    • Jésus dit encore qu'elle a fait ce qu'elle a pu, et que partout où la bonne nouvelle sera prêchée, on racontera en mémoire d'elle ce qu'elle a fait (Marc 14:8-9). Judas appelait cela un gaspillage ; deux mille ans plus tard, on en parle encore dans une église d'Ilford.
    • La prière que personne n'a vue, le don pour lequel personne ne t'a remercié, l'obéissance qui t'a coûté, les larmes versées dans ta voiture avant le travail : « Tu appelles peut-être cela du gaspillage, mais le ciel n'oublie pas une seule goutte. »
  6. 6. Le héros de Jean 12, c'est Jésus

    • Marie n'est pas le héros de l'histoire. Elle a brisé son vase pour Jésus parce que, quelques jours plus tard, Jésus serait brisé pour elle. La veille de sa mort, il prend le pain, le rompt et dit : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous » (Luc 22:19).
    • Le lendemain, sur une croix romaine, le trésor du ciel a été répandu. Il n'a rien retenu ni gardé en réserve. Il n'a pas donné d'assiettes ébréchées, il a donné le meilleur, pour des gens comme Judas qui avaient mis un prix sur lui et pour des disciples qui ne comprenaient pas.
    • Tu ne brises donc pas ton vase pour gagner l'amour de Dieu. L'adoration reste une réaction à ce qu'il a déjà fait. L'histoire commence à une table à Béthanie et continue, quelques jours plus tard, à une autre table, où Jésus partage le pain et la coupe. « Marie a répandu son parfum, et Jésus a répandu sa vie. »
    • Avant la sainte cène, le pasteur invite chacun à s'examiner (1 Corinthiens 11:28) et à apporter à Jésus ce qu'il retient : le temps, l'image, le contrôle ou la douleur gardée scellée depuis des années. Il invite aussi ceux qui ne sont pas encore disciples à dire oui à Jésus aujourd'hui : « N'attends pas que les choses s'alignent. Demain n'est pas promis. »

Points à retenir

  • L'adoration n'est pas un style de musique mais la posture de toute une vie, et elle naît du souvenir de ce que Dieu a déjà fait.
  • Marie a brisé le vase : elle n'a rien gardé en réserve. Une adoration qui ne coûte rien n'est pas de l'adoration.
  • La critique vient souvent de l'intérieur du cercle et prend un air spirituel. Elle révèle davantage le cœur de celui qui critique.
  • Jésus défend ceux qui l'adorent, et le ciel n'oublie aucune goutte de ce que d'autres appellent un gaspillage.
  • Marie a répandu son parfum parce que Jésus allait répandre sa vie. On ne brise pas son vase pour gagner l'amour de Dieu, mais en réponse à cet amour.

Application personnelle

  • Quelles « bonnes assiettes » gardes-tu dans la vitrine, en attendant une occasion spéciale pour les donner à Dieu ?
  • Quelles sont les cinq choses que Dieu a déjà faites dans ta vie, et que tu pourrais écrire cette semaine pour t'en souvenir ?
  • Quel est ton vase : ton temps, ton image, le contrôle de tes projets, ou une douleur que tu gardes scellée ?
  • Laisses-tu l'avis des autres fixer la température de ton adoration ? Ou te reconnais-tu parfois dans celui qui critique, les bras croisés ?
  • Quel geste d'obéissance ou de don as-tu considéré comme perdu, alors que le ciel s'en souvient ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie « briser le vase » dans Jean 12 ?

Dans le récit parallèle, l'Évangile de Marc précise que le vase de parfum fut rompu (Marc 14:3). Pour Joseph Perry, elle n'a ni dévissé un couvercle ni gardé une réserve : le vase ne pouvait plus être refermé. Briser le vase, c'est cesser de garder pour une occasion spéciale ce que tu as de meilleur et le répandre aux pieds de Jésus.

Combien valait le parfum de Marie ?

Judas l'estime à trois cents deniers. Un denier correspondait au salaire d'une journée de travail : le parfum de nard, venu des montagnes du nord de l'Inde, valait donc environ une année de salaire, que Marie a répandue en un seul moment.

Pourquoi Judas a-t-il critiqué l'onction de Béthanie ?

Judas parlait des pauvres, mais Jean 12:6 précise qu'il était voleur et prenait ce qu'on mettait dans la bourse. Joseph Perry observe que Judas ne voyait que le prix du parfum parce qu'il avait déjà mis un prix sur Jésus : trente pièces d'argent. La réaction des autres à ton adoration en dit souvent plus sur leur cœur que sur le tien.

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