Introduction
« Tout le monde veut être heureux, n'est-ce pas ? » Ray Burbank, l'un des pasteurs de Charlotte Chapel, ouvre son message par la chanson « Happy » de Pharrell Williams. Elle plaît parce qu'elle touche une aspiration universelle. Mais sais-tu vraiment ce qu'est le bonheur, un bonheur qui vaut pour tous, qui dure et qu'on ne peut pas t'enlever ?
Nous le cherchons dans ce que nous pouvons obtenir, dans les personnes que nous aimons, dans la réussite. Nous le lions à nos circonstances : quand elles vont bien, nous sommes heureux, quand elles vont mal, le bonheur s'échappe. Le pasteur prévient : la Bible ne place pas le vrai bonheur dans les bénédictions de Dieu, la prospérité, la santé ou le succès. Elle le place dans son pardon.
Il y a environ 3000 ans, le roi David, qui avait tout, a écrit le Psaume 32 pour que l'assemblée le chante. Son message tient en deux parties : le vrai bonheur se trouve dans le pardon de Dieu (versets 1 à 5), alors tourne-toi vers Dieu pour recevoir ce pardon (versets 6 à 11).
Plan du message
1. Le bonheur qui dure
- Le refrain de « Happy » invite à taper des mains « si tu sais ce que le bonheur est pour toi ». Le pasteur demande : le bonheur est-il vraiment relatif ? Existe-t-il un bonheur qui ne s'efface pas ?
- Beaucoup pensent que Dieu rend heureux par ce qu'il donne ou parce qu'il fait bien tourner nos circonstances. Ce n'est pas ce que dit la Bible.
- Le bonheur est dans le pardon de nos péchés, qui nous met dans une relation juste avec Dieu. Ce bonheur dure, il ne peut pas être enlevé, et il ne fera que grandir le jour où nous rencontrerons le Seigneur au ciel.
- David l'a appris par ses chutes, racontées dans le deuxième livre de Samuel : son adultère avec Bath-Schéba, le meurtre de son mari Urie et, à la fin de sa vie, le recensement illégitime du peuple. Il a compris qu'il ne pouvait pas connaître la joie sans se tourner vers Dieu pour être pardonné.
- Le message du psaume pour nous : « Ne reste pas silencieux devant Dieu, confesse-lui tes péchés, et toi aussi tu pourras connaître la joie du pardon. »
2. Trois mots pour le péché, trois mots pour le pardon
- « Heureux celui à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné ! » (verset 1). Le mot rendu par « béni » dans certaines traductions peut aussi se traduire par « heureux », précise le pasteur.
- Les plus heureux ne sont pas ceux qui se sentent les plus capables, qui paraissent les plus brillants ou qui ont la meilleure estime d'eux-mêmes. Ce sont ceux qui savent combien ils doivent à la grâce de Dieu, un pardon qu'ils n'ont pas mérité mais reçu par la foi.
- S'appuyant sur le commentaire des Psaumes de Christopher Ash, il relève trois mots pour décrire le péché. La transgression : la rébellion contre Dieu, choisir ce que je veux plutôt que ce qu'il désire, franchir effrontément la limite.
- Le péché : s'écarter du bon chemin, manquer la cible morale. « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Romains 3:23). Puis l'iniquité (verset 2) : la distorsion morale, prendre les bons dons de Dieu et en faire mauvais usage.
- Nous devrions sentir le poids de ces mots et nous demander s'il est vraiment possible que Dieu nous pardonne. Or le psaume répond par trois mots pour le pardon : remise, comme un fardeau qu'on enlève du dos ; couvert, nos péchés ne crient plus contre nous pour réclamer justice ; non imputé, Dieu ne le porte plus à notre compte et annule la dette.
3. Le silence qui consume
- Aux versets 3 et 4, David raconte comment il a découvert cette vérité. « Tant que je me suis tu, mes os se consumaient. » Il refusait de reconnaître son péché, il essayait de le couvrir lui-même, de le cacher ou de l'ignorer.
- En voulant couvrir ses péchés, il résistait au seul qui peut vraiment les couvrir. La main de Dieu pesait sur lui et lui ôtait ses forces, comme un grondement au fond de l'âme qu'il ne pouvait pas faire taire.
- « Heureux celui qui connaît le pardon du Seigneur, mais misérable celui qui ne le connaît pas. »
- C'est ce qu'on appelle la conviction de péché : la culpabilité et la honte quand nous savons avoir mal agi envers Dieu. Une parole de trop, l'orgueil et l'égoïsme, des pensées haineuses, l'envie, le mécontentement, la convoitise, la luxure qui pousse à faire des autres des objets, comme avec la pornographie. Vient ensuite une honte immense, l'envie de se cacher et de devenir de plus en plus secret.
- Si tu es arrivé ce matin avec une lourde conviction sur le cœur, cela vient du Seigneur. Le croyant lutte encore contre le péché, mais quelque chose a changé : « Ce n'est pas que tu ne pèches plus, c'est que tu ne peux plus prendre plaisir à pécher. » C'est l'Esprit de Dieu en toi.
4. La confession qui ne cache rien
- Le verset 5 montre l'issue : « Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : J'avouerai mes transgressions à l'Éternel ! »
- David reprend les trois mots des versets 1 et 2. Sa confession ne retient rien. C'est une repentance, pas seulement un remords : se détourner de ses péchés et s'ouvrir au Seigneur.
- Ce n'est pas une confession pour gagner le pardon, comme si, en étant assez triste et assez grave, on obtenait la miséricorde de Dieu. C'est le fruit de la foi en Dieu qui justifie l'impie.
- « Et tu as effacé la peine de mon péché. » Mais comment Dieu peut-il pardonner, alors que personne ne le mérite, quel que soit son remords ?
- C'est la raison de la lecture de 1 Jean 1. Marcher dans la lumière s'accompagne de l'assurance du pardon, non à cause de l'acte de notre foi, mais à cause de son objet. « Nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste », capable d'effacer nos dettes et d'ôter notre culpabilité.
- Il est « une victime expiatoire pour nos péchés » : à la croix, il a pris sur lui la peine que nous méritions. Il a couvert et payé nos péchés, notre culpabilité, notre honte et la dette accumulée devant Dieu.
5. Tourne-toi vers Dieu pendant qu'il se laisse trouver
- Au verset 6, David passe à l'enseignement : que tout homme pieux prie Dieu « pendant qu'on peut le trouver », selon la traduction lue par le pasteur (la Louis Segond dit « au temps convenable »). Ne remets pas à plus tard : il n'y aura peut-être pas de plus tard.
- Si tu ne te dis pas encore chrétien, le message est clair : regarde la misère de celui qui se tait devant Dieu et ne te cache plus. Un jour, Dieu jugera le monde avec justice. Sans avoir reçu par la foi le pardon offert en Christ, tu n'auras pas d'avocat. Aujourd'hui, dis à Dieu que tu regrettes, remercie-le d'avoir envoyé Jésus et demande-lui de te pardonner sur la base de son sacrifice.
- Pour celui qui connaît déjà Christ, le psaume appelle à revenir chaque jour à Dieu dans la repentance. « Approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi » (Hébreux 10:22). « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce » (Hébreux 4:16).
- Le pasteur aime l'acronyme que les enfants apprennent à l'école du dimanche : la prière « cuillère à café » (en anglais teaspoon, TSP), complétée d'un O. Merci (Thank you), surtout pour le don de Jésus ; pardon (Sorry) ; s'il te plaît (Please) ; et les autres (Others), pour intercéder.
- « Quand as-tu dit pardon à Dieu pour la dernière fois ? » Nous ne sentons pas toujours une forte conviction et nous passons souvent nos journées aveugles à nos attitudes pécheresses. D'où son conseil : le soir, avant de te coucher, prie les deux derniers versets du Psaume 139 : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! »
6. Un lieu de refuge et un chemin de sagesse
- Celui qui confesse son péché connaît la joie du pardon, mais aussi une sécurité : « Si de grandes eaux débordent, elles ne l'atteindront nullement » (verset 6). Les menaces de ce monde ne nous mettront pas en danger.
- « Tu es un asile pour moi » (verset 7), un lieu où se cacher. Le vocabulaire est celui de l'appartenance, de l'entourage, de la protection. David pouvait chanter ce psaume alors que sa vie était pleine de détresse, parce qu'il savait qu'il était, au bout du compte, en sécurité.
- Être honnête avec Dieu, reconnaître ses échecs et confesser ses péchés, c'est ainsi qu'on se réfugie en lui. « Si tu ne confesses pas régulièrement tes péchés au Seigneur, tu cherches probablement refuge en quelqu'un d'autre ou en quelque chose d'autre. »
- Au verset 8, David, le pardonné, devient celui qui enseigne : « Je t'instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre. » Apprends de mon expérience, de la misère de celui qui se cache et de la joie de celui qui confesse.
- Verset 9 : ne sois pas comme un cheval ou un mulet sans intelligence. Ne sois pas comme un cheval têtu. Ne résiste pas à une autorité bonne, ne fuis pas, ne combats pas la conviction qu'il met dans ton cœur. Fais-lui confiance, parle-lui, ne reste pas silencieux.
- Le verset 10 résume tout le psaume : « Beaucoup de douleurs sont la part du méchant, mais celui qui se confie en l'Éternel est environné de sa grâce. »
7. Réjouis-toi, et garde l'Évangile du pardon
- Le verset 11 est un ordre : « Justes, réjouissez-vous en l'Éternel ! » Sans réserve, sans exception pour les mauvais jours. Que tu suives le culte de chez toi parce que tu es malade, que tu traverses des difficultés financières ou des tensions dans tes relations, si tu connais Jésus-Christ, tu connais son pardon et une joie qui dure.
- Le Psaume 32 est une vérification de notre réalité spirituelle. Le pasteur y voit un avertissement sobre sur l'hypocrisie qui nous aveugle si facilement, surtout quand on est chrétien depuis de nombreuses années. Prions que Dieu réveille notre conscience, comme celle de David.
- Il rappelle aussi que le pardon des péchés est au cœur de la foi chrétienne. Il met en garde contre un Évangile « thérapeutique » qui atténue la justice et la sainteté de Dieu et le problème du péché, pour annoncer un Dieu qui existerait pour nous faire nous sentir mieux.
- On pourrait penser qu'il faut adoucir ce message pour attirer la ville. Mais le bonheur d'une communauté sympathique et de bons moments le dimanche se trouve dans n'importe quel rassemblement : il est superficiel et temporaire. La joie du chrétien est plus profonde, plus merveilleuse et plus durable.
- « Ce message peut choquer, mais il conduit à la vraie bénédiction et à la joie. » Ne soyons pas comme le cheval têtu : approchons-nous de Dieu par Christ pendant qu'il se laisse trouver.
Points à retenir
- Le bonheur durable ne vient pas des circonstances ni des bénédictions matérielles, mais du pardon de Dieu et d'une relation juste avec lui.
- Le péché est rébellion, égarement et distorsion. Le pardon de Dieu enlève le fardeau, couvre la faute et annule la dette.
- Se taire devant Dieu consume. La conviction de péché vient du Seigneur.
- La confession ne gagne pas le pardon : elle s'appuie sur Jésus-Christ, notre avocat et la victime expiatoire pour nos péchés.
- Celui qui confesse ses péchés trouve en Dieu un refuge et reçoit l'ordre de se réjouir, quelles que soient ses circonstances.
Application personnelle
- Où cherches-tu ton bonheur en ce moment : dans tes biens, tes relations, ta réussite, ou dans le pardon de Dieu ?
- Y a-t-il un péché sur lequel tu gardes le silence devant Dieu ? Qu'est-ce qui t'empêche de le lui confesser aujourd'hui ?
- Quand as-tu dit pardon à Dieu pour la dernière fois, en nommant précisément ce que tu as fait ?
- Pourrais-tu, ce soir avant de dormir, prier Psaume 139:23-24 et laisser Dieu te montrer ce qu'il faut confesser ?
- Dans quelles circonstances difficiles as-tu besoin d'obéir à l'ordre du verset 11 : te réjouir en l'Éternel ?
Versets cités
- Psaume 32
- 1 Jean 1:5 à 2:2
- Romains 3:23
- Romains 4:5
- 2 Samuel 11 et 12
- 2 Samuel 24
- Actes 17:31
- Hébreux 10:22
- Hébreux 4:16
- Psaume 139:23-24
Questions fréquentes
Où trouver le vrai bonheur selon le Psaume 32 ?
Ray Burbank explique que le bonheur durable ne se trouve ni dans les biens, ni dans les relations, ni dans la réussite, ni même dans les bénédictions matérielles que Dieu donne. Il se trouve dans le pardon de Dieu, qui nous place dans une relation juste avec lui. Ce bonheur ne peut pas être enlevé et il ne fera que grandir le jour où nous verrons le Seigneur.
Pourquoi David se sentait-il si mal quand il gardait le silence ?
Aux versets 3 et 4, David décrit ses os qui se consument et la main de Dieu qui s'appesantit sur lui. Pour le prédicateur, c'est la conviction de péché : la culpabilité et la honte qui viennent quand nous savons avoir mal agi envers Dieu. Chez le croyant, c'est l'œuvre de l'Esprit : on pèche encore, mais on ne peut plus prendre plaisir au péché.
Faut-il être assez sincère pour mériter le pardon de Dieu ?
Non. Ray Burbank précise que la confession n'est pas un moyen de gagner la miséricorde de Dieu en se montrant assez triste. Elle découle de la foi en Dieu qui justifie l'impie. L'assurance du pardon ne repose pas sur l'acte de foi mais sur son objet : Jésus-Christ, notre avocat auprès du Père et la victime expiatoire pour nos péchés.