Luc 10 : ne passe plus à côté de ton prochain

10 min de lecture

Introduction

« Je ne crois pas aux dimanches jetables. » Kev, qui apporte la Parole ce dimanche à Kingdom Faith Church, au Royaume-Uni, le répète plusieurs fois. Chaque culte, chaque rencontre, chaque réunion de prière est pour lui une pierre posée sur le chemin où Dieu conduit son Église, parce que Dieu a bien l'intention de bâtir son Église.

Le message s'inscrit dans une série sur ce que veut dire « être l'Église ». Les semaines précédentes ont porté sur le cœur de Dieu pour toutes les nations et sur l'amour de ceux qui nous entourent. Cette fois, Kev parle de la vocation missionnaire de l'Église, à partir d'un récit que beaucoup connaissent par cœur : la parabole du bon Samaritain, en Luc 10.

Sa question est simple et dérangeante : combien de personnes croises-tu sans même les voir, sur le chemin de quelque chose d'autre, peut-être même sur le chemin de l'église ?

Plan du message

1. Crier comme Bartimée : Jésus ou rien

  • Avant d'ouvrir Luc 10, Kev rappelle l'histoire de Bartimée, l'aveugle qui entend que Jésus passe et se met à crier : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » (Marc 10:46-52).
  • Tout le monde lui dit de se taire, de ne pas déranger le maître. Il crie plus fort. Jésus s'arrête, l'appelle et lui demande : « Que veux-tu que je te fasse ? » Bartimée veut recouvrer la vue, et le miracle a lieu.
  • Ce que Kev aime dans cette histoire, c'est que Bartimée savait que rien d'autre ne pouvait le sauver : « C'était Jésus ou rien. »
  • Il s'adresse à ceux qui sont venus avec un besoin de percée, dans leur famille, leur travail ou leur situation, et même à celui qui ne croit pas encore mais dit : « Jésus, si tu es réel, montre-toi. » L'assemblée prie alors pour eux, en proclamant que la main du Seigneur n'est pas trop courte pour sauver (Ésaïe 59:1).

2. Une Église appelée à la mission

  • L'Église est appelée à grandir sur trois plans : spirituellement, relationnellement et dans la mission. Apprendre à être l'Église, c'est apprendre à devenir un peuple missionnaire.
  • Kev lit le mandat de Jésus : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:19-20).
  • La parabole du bon Samaritain parle, entre autres, d'évangélisation personnelle. Jésus y mène une conversation en tête-à-tête avec un homme qui l'interroge.

3. Le prêtre et le Lévite : de bonnes raisons de passer son chemin

  • Un docteur de la loi veut mettre Jésus à l'épreuve : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Ce n'est pas un juriste au sens moderne, mais un expert de la loi religieuse, et ses intentions ne sont pas bonnes. Jésus saisit pourtant l'occasion d'enseigner.
  • La réponse est connue : aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force et de toute sa pensée, et son prochain comme soi-même (Luc 10:27). Mais l'homme veut se justifier : « Et qui est mon prochain ? »
  • Jésus raconte l'histoire d'un homme attaqué par des brigands sur la route de Jérusalem à Jéricho, dépouillé, roué de coups et laissé à demi mort. Il ne peut en aucune façon se sauver lui-même.
  • Le prêtre et le Lévite étaient, aux yeux de tous, les plus susceptibles de s'arrêter. Ils connaissaient la loi, qui parle d'aider celui qui est dans le besoin. Ils passent pourtant de l'autre côté.
  • On pourrait plaider leur cause : seuls, que pouvaient-ils faire ? La route était connue pour sa violence, ils risquaient leur vie, et toucher un homme peut-être mort les aurait rendus impurs. Ou alors : « Quelqu'un d'autre s'en occupera, j'ai d'autres endroits où aller. »
  • Le texte ne dit pas pourquoi ils ne se sont pas arrêtés. Ce qui compte, c'est qu'ils ne l'ont pas fait alors qu'ils auraient dû. Et si nous n'y prenons pas garde, nous devenons comme eux : nous voyons celui qui est brisé, et nous trouvons une excuse raisonnable pour passer.

4. Le Samaritain : de qui as-tu été le prochain ?

  • C'est le Samaritain qui s'arrête, celui dont personne n'attendait rien de bon. Les Juifs et les Samaritains avaient une longue histoire de rejet : les Samaritains étaient méprisés par les Juifs.
  • Le docteur de la loi ne demandait pas comment mieux aimer. Il demandait où s'arrêtaient les limites de sa responsabilité. Jésus retourne la question : de qui as-tu été le prochain ? À qui peux-tu montrer un amour qui va au-delà, un amour qui se sacrifie ?
  • Kev s'examine lui-même : « Où est-ce que je trace, subtilement, des limites autour de ceux qui méritent mon amour ? » Il cite les phrases qu'on se dit : « Ils devraient savoir », « Ce n'est pas ma responsabilité », « Ils m'ont fait du mal ». Il est facile de n'aimer que ceux qui sont faciles à aimer.
  • Quelques chapitres plus tôt, Jésus disait déjà : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent » (Luc 6:27-28). Depuis le début, il redéfinit les frontières de l'amour.

5. Remarquer, être ému, agir

  • Le Samaritain voit. Il remarque l'homme. Le prêtre et le Lévite l'avaient vu aussi, sur cette route étroite où il était impossible de ne pas le remarquer. Mais le Samaritain va plus loin : il est « ému de compassion ».
  • « C'est une chose de remarquer quelque chose. C'en est une autre de se laisser affecter par cela. » Kev cite la définition du dictionnaire : la compassion est un sentiment profond pour celui qui souffre, accompagné d'un fort élan à agir pour l'aider. C'est elle qui met le Samaritain en mouvement.
  • Il bande les plaies en y versant de l'huile et du vin : il donne ce qu'il a, le meilleur remède qu'il connaît. Il met l'homme sur sa propre monture, ce qui veut dire qu'il finit la route à pied. « Le confort passe par la fenêtre. »
  • À l'hôtellerie, il donne deux deniers à l'hôte. Kev précise qu'il ne l'a pas vérifié lui-même, mais il a lu que cette somme pouvait couvrir environ deux mois de séjour. Le Samaritain ne paie pas une nuit : il prévoit tout ce qu'il faut jusqu'au rétablissement complet.
  • Le bilan : cette décision lui a coûté du temps, ses biens, son confort et son argent. Il a même risqué de devenir à son tour la victime des brigands, pour un inconnu qui était sans doute juif, donc un ennemi.

6. Jésus, le vrai bon Samaritain, et l'Église comme une hôtellerie

  • Toi et moi avons été, nous aussi, sans espoir et incapables de nous sauver nous-mêmes. Celui qui a incarné cet amour et donné sa vie pour que nous vivions, c'est Jésus. Il a soigné nos blessures, il nous a relevés et conduits à l'hôtellerie.
  • Kev lit Charles Spurgeon sur cette parabole : dans son amour infini, le Sauveur ne nous a pas abandonnés, il nous a amenés dans l'Église où nous nous reposons comme dans une hôtellerie, nourris de ce que sa bonté a préparé. Il s'est penché sur nous dans notre misère pour nous en relever, tout en sachant que nous étions ses ennemis.
  • C'est Jésus qui sauve, par son Esprit. Puis il confie à son Église ceux qui sont blessés et en convalescence. L'Église peut alors ressembler à l'hôtelier de l'histoire.
  • « Nous ne sommes pas des convertis, nous ne sommes pas des gens qui vont à l'église, nous ne sommes pas juste des religieux. Nous sommes appelés à être des disciples. » Un disciple modèle sa vie sur celui qui le forme, et Jésus a donné sa vie.
  • Comme le pasteur Clive, Kev dit être lui-même interpellé en écrivant ce message, et il se demande : « Combien de personnes est-ce que je croise sans même sourciller, sans demander au Saint-Esprit ce qui se passe autour de moi ? » Et il ajoute : « Ne laissons pas la grande mission devenir notre grande omission. »

7. Compter le prix, recevoir la grâce

  • Kev présente un outil simple que l'Église utilise pour partager l'Évangile, une carte illustrée appelée « Jesus Door ». Les responsables passent les premiers : il a lui-même passé les dernières semaines à aborder des gens avec cette carte.
  • Sur le terrain, l'histoire du bon Samaritain devient très concrète. On ne croise peut-être pas d'homme laissé à demi mort au bord de la route, mais beaucoup ont été battus par la vie. En les écoutant, quelque chose se met à bouger à l'intérieur : « Ce n'est pas la fin. C'est le début d'un retournement. »
  • Cela ne concerne pas seulement la rue : les amis, les collègues, les voisins, les caissiers, les gens de la salle de sport. Tout commence par une simple conversation, « mais avant la conversation, il faut une transformation du cœur ».
  • Le prêtre et le Lévite avaient été proches de Dieu sans lui ressembler. On peut venir chaque semaine, prier, lire la Bible, et ne jamais porter son cœur. La mission a un prix, et la réponse peut être : « Seigneur, quel que soit le prix, je suis prêt. » Jésus est venu chercher et sauver ce qui était perdu (Luc 19:10).
  • La bonne nouvelle : « Dieu nous donne toujours la grâce pour ce qu'il nous demande. » L'Esprit conduit, va devant, prépare le chemin et rend capable. La grâce ne sert pas seulement au pardon, elle propulse dans les desseins de Dieu.
  • Kev cite l'évangéliste Reinhard Bonnke : « Pillons l'enfer et peuplons le ciel, pour l'amour du Calvaire. » Jérusalem, la Judée et la Samarie (Actes 1:8) commencent juste devant la porte de l'église, et les gens qui attendent ont besoin de Jésus, et de quelqu'un pour leur parler de lui.
  • Dans la prière finale, il refuse que l'amour reste abstrait : il ne suffit pas de dire « j'aime ma nation ». Aimes-tu ton voisin qui ne se gare jamais comme il faut ? Celui qui t'a rejeté la semaine dernière quand tu lui as parlé de Jésus ? Il invite aussi celui qui ne connaît pas Jésus à le rejoindre après le culte, car Jésus frappe à la porte de son cœur (Apocalypse 3:20).

Points à retenir

  • Le prêtre et le Lévite connaissaient la loi et avaient de bonnes raisons de passer. Nous pouvons leur ressembler sans nous en rendre compte.
  • Jésus ne répond pas à la question « qui est mon prochain ? », il demande : de qui as-tu été le prochain ? L'amour va jusqu'aux ennemis.
  • Remarquer ne suffit pas. La compassion, c'est se laisser toucher au point d'agir, et cela coûte du temps, du confort et de l'argent.
  • Jésus est le vrai bon Samaritain. Il nous a relevés quand nous ne pouvions pas nous sauver, et il confie à son Église ceux qu'il relève.
  • Toute conversation commence par une transformation du cœur, et Dieu donne la grâce pour ce qu'il demande.

Application personnelle

  1. Quelles « excuses raisonnables » t'ont déjà fait passer à côté de quelqu'un qui avait besoin d'aide ?
  2. Autour de qui traces-tu des limites, en te disant que ce n'est pas ta responsabilité ou qu'il t'a fait du mal ?
  3. Qui as-tu remarqué récemment sans te laisser toucher : un collègue, un voisin, un ami d'il y a dix ans à qui tu pourrais téléphoner ?
  4. Qu'est-ce que la mission pourrait te coûter cette semaine : une heure, une demi-heure, ton confort, ton agenda ?
  5. Oses-tu prier : « Seigneur, montre-moi ceux qui sont blessés et aide-moi à les aider » ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi le prêtre et le Lévite passent-ils à côté de l'homme blessé ?

Le texte ne le dit pas. Kev évoque des raisons possibles : la peur d'une embuscade sur une route dangereuse, les règles de pureté rituelle, le manque de temps, ou la pensée que quelqu'un d'autre s'en occuperait. Ce qui compte, c'est qu'ils ne se sont pas arrêtés alors qu'ils connaissaient la loi et auraient dû le faire.

Qui est mon prochain selon la parabole du bon Samaritain ?

Le docteur de la loi cherchait les limites de sa responsabilité. Jésus retourne la question : il ne s'agit plus de savoir qui mérite ton amour, mais de qui tu as été le prochain. En choisissant un Samaritain, méprisé des Juifs, il étend l'amour jusqu'aux ennemis, comme en Luc 6.

Peut-on aimer son prochain ainsi par ses propres forces ?

Non. Pour Kev, Dieu donne toujours la grâce pour ce qu'il demande. Le Saint-Esprit, qui est un Esprit d'amour, conduit, prépare le chemin et rend capable. La grâce ne sert pas seulement au pardon : elle donne la force d'avancer dans les desseins de Dieu.

Rejoins le canal WhatsApp

Le boost du jour, des prières et les nouveaux enseignements, directement sur WhatsApp.

Rejoindre le canal

Gratuit, sans inscription. Ton numéro reste invisible pour les autres membres du canal.

Toutes les prédications sur « Engagement »

Ne rate aucune prédication de Kingdom Faith Church

Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.

pour prendre des notes et poser une question.

Personnages de la Bible dans ce message

Ressources sur ce thème

Sur le même thème

Message publié par Kingdom Faith Church. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

Luc 10 : ne passe plus à côté de ton prochain | Efficient Church