Introduction
« La vie de disciple de Jésus prend du temps. » Carl McManus, qui fait partie de Christian Fellowship Church (CFC) depuis près de sept ans, ouvre ainsi ce message. Dans une société de l'instantané, il rappelle qu'il n'existe pas d'option « livraison le jour même » ou « livraison le lendemain » pour la transformation : suivre Jésus est un chemin de toute une vie.
Ce message lance une série sur le Sermon sur la montagne, et le prédicateur choisit de la commencer par la fin : la parabole des deux maisons, en Matthieu 7:24-29. L'une est bâtie sur le roc, l'autre sur le sable. Les deux reçoivent la tempête, une seule reste debout.
Jésus dit : « quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique ». Pour Carl McManus, tout tient dans ces deux verbes. Le Sermon sur la montagne n'est pas d'abord une liste de règles morales, il est une affaire d'attention et d'obéissance. La question posée à chacun est simple : vas-tu laisser Jésus être le fondement sur lequel tu bâtis ta vie ?
Plan du message
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1. Un menu imposé, pas un buffet
- Commencer une série par les derniers versets peut sembler étrange. Mais pour comprendre le Sermon sur la montagne, il faut le prendre dans son ensemble : c'est la conclusion d'un seul enseignement, de Matthieu 5 à Matthieu 7.
- « C'est un menu imposé. Ce n'est pas un buffet. » On ne passe pas devant les plats pour choisir ce qui nous convient et laisser le reste. Jésus dit : voilà ce que j'attends de ceux qui se disent mes disciples.
- Ce n'est pas l'esquisse d'une utopie pour le jour où tout le monde s'y mettrait, ni un comportement attendu de l'humanité entière. Dès Matthieu 5:1-2, Jésus voit la foule, s'assied sur la montagne, et ses disciples s'approchent : c'est à eux qu'il enseigne.
- La promesse est claire : si tu fais de cet enseignement le fondement de ta vie, tu pourras tenir quand les tempêtes inévitables arriveront.
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2. Entendre et mettre en pratique : l'attention et l'obéissance
- Ces enseignements ne tracent pas un chemin différent de l'Ancien Testament. Ils nous alignent sur le cœur de Dieu.
- Jésus a réservé ses paroles les plus dures aux pharisiens, qui traitaient les commandements de Dieu comme des cases à cocher. Les commandements doivent être suivis : Jésus n'est pas venu abolir la loi ou les prophètes, mais les accomplir (Matthieu 5:17-18).
- Mais se contenter de cocher la case, c'est passer à côté. Les commandements nous donnent le sens de ce qui réjouit le Seigneur et de ce qui lui brise le cœur.
- En écoutant sa voix et en répondant à ce qu'il demande, tu commences à goûter la vie en abondance que Jésus promet (Jean 10:10). Ce qu'il donne dans le Sermon sur la montagne, c'est la direction générale dans laquelle il t'invite à marcher.
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3. À qui donnes-tu ton attention ?
- Si tu ne donnes pas ton attention à Jésus, d'autres choses façonnent ta vision du monde et dictent le récit de ce que la vie devrait être.
- Le prédicateur invite à se demander ce qui influence le plan de construction de ta vie : les personnes que tu fréquentes, ce que tu regardes, ce que tu lis, ce que tu écoutes. Il ne demande pas de résilier tous tes abonnements : la veille, il regardait lui-même une émission de télévision avec sa femme. Mais il faut être attentif.
- Son expérience : chaque fois qu'il cherche ailleurs qu'en Jésus, cela semble d'abord satisfaire, puis l'effet s'use, et il reste ce sentiment : « Je pensais qu'il y avait plus. » C'est là qu'il doit se demander si ses yeux ont quitté Jésus.
- L'invitation de Jésus est la même dans toutes les situations : « Les yeux sur moi. » Au milieu des lumières et des distractions d'un monde qui brille, comme au cœur de la tempête quand tout paraît incertain et dangereux.
- Ce qui émerveille le prédicateur : le Dieu qui a créé l'univers, souverain et tout-puissant, désire ton attention. Il te connaît par ton nom, il connaît le nombre de tes cheveux (Matthieu 10:30). Il veut être en relation avec toi, mais il ne l'impose pas : il t'invite.
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4. Trois pratiques pour garder les yeux sur Jésus
- Les yeux de Jésus ne se détournent jamais de toi. Mais quand les nôtres dérivent, certaines pratiques spirituelles aident à « se recentrer » sur lui. Depuis environ deux ans, le Seigneur apprend à Carl McManus qu'il veut le rencontrer à chaque instant de chaque jour, pas seulement le dimanche.
- Demeurer avec le Seigneur dans l'Écriture. Pas seulement ouvrir ta Bible, la lire et la refermer pour passer à autre chose, mais demeurer avec lui, car il continue de parler et de se révéler. Tu entres dans le récit, tu vois presque comment il s'approche des lépreux, guérit les aveugles, enseigne sur la montagne.
- Créer chaque jour un espace où le bruit de la vie baisse. Père de trois jeunes enfants, il connaît une maison bruyante, et il l'aime. Mais « si nous ne savons pas discerner la voix du Seigneur dans le calme, comment espérer la discerner dans le bruit ? » Une marche sans écouteurs, une pièce en silence, sans distraction.
- Le faire en communauté. Parfois il entend juste, parfois il se trompe, et parfois c'est une zone grise. Il éprouve tout à la lumière de l'Écriture, mais il a besoin de frères à qui dire : « Aide-moi à y voir clair. Est-ce que je suis complètement à côté, ou est-ce que le Seigneur m'invite vraiment à cela ? »
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5. L'attention n'est pas l'obéissance
- Quiconque a passé du temps avec de jeunes enfants le sait. Le prédicateur projette une scène du film Le Monde de Nemo : Nemo veut aller toucher un bateau, son père le rattrape et lui dit de ne pas le toucher. Nemo regarde son père, il lui donne toute son attention… et il va toucher le bateau.
- « L'attention n'est pas égale à l'obéissance. » Des fondations solides demandent les deux.
- Le mot « obéissance » peut déranger. Mais l'obéissance à Jésus n'est jamais oppressante ni restrictive : elle conduit toujours à la liberté.
- Quand il ressent l'obéissance comme une contrainte, Carl McManus y voit le signe d'un problème de cœur : son attention a dérivé, soit vers le confort (« cela me met mal à l'aise, je ne veux pas le faire »), soit vers le frisson (« j'aimerais tant faire ceci, je fonce »).
- Le mystère, c'est qu'en marchant au pas de Jésus et en suivant ses instructions, on trouve à la fois le confort et le frisson, dans la liberté.
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6. Les tempêtes viendront, et Pierre sur l'eau
- La tempête frappe les deux maisons, celle bâtie sur le roc comme celle bâtie sur le sable. Elle fait partie de la vie.
- Elle vient de partout : la pluie tombe d'en haut, les torrents montent d'en bas, les vents soufflent de côté. Et une tempête ne signifie pas l'absence du Seigneur, même si on peut le ressentir ainsi.
- Si tu as exercé ces muscles de l'attention et de l'obéissance, tu tiendras. Tu verras, entendras et sentiras la tempête, mais tu resteras debout.
- L'inverse est vrai aussi : l'obéissance n'est pas l'attention. Les disciples sont dans la barque en pleine tempête et voient Jésus marcher sur l'eau. Pierre, qui parle souvent avant de réfléchir, lui demande de l'appeler. Jésus lui dit de venir (Matthieu 14:22-33).
- Pierre marche, les yeux fixés sur Jésus, des pas d'obéissance sur l'eau. Puis, au milieu de cette obéissance, il détourne les yeux, et tout commence à mal tourner. L'obéissance à Jésus nous conduira parfois à faire des choses qui paraissent impossibles : si nos yeux restent sur lui, ça ira.
- Des amis ambulancier, policier ou dans la finance, ou des parents au milieu du chaos familial, s'entendent dire : « Je ne sais pas comment tu fais. » Souvent on ne le sait pas soi-même, mais on le fait et on aime le faire, parce que le Seigneur donne la grâce pour ce qu'il nous appelle à faire.
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7. Une longue obéissance dans la même direction
- On ne peut pas bâtir à la hâte. Creuser des fondations prend du temps, cultiver une vie avec Jésus aussi. Jésus peut tout changer en un instant, mais personne ne dérive par hasard vers l'intimité avec lui : il faut de l'intention.
- Les muscles peuvent sembler faibles au début. Mais en exerçant celui de l'Écriture, celui de la solitude et du silence, celui de la communauté, ils se fortifient. Il en va de même pour le muscle de l'obéissance.
- Le prédicateur reprend l'expression d'Eugene Peterson : « une longue obéissance dans la même direction ». Il n'y a pas de solution rapide : c'est une marche d'année en année, de semaine en semaine, de jour en jour, d'instant en instant.
- De l'attention et de l'obéissance naît l'adoration. En regardant Jésus, tu seras captivé par lui, « parce qu'il n'y a personne comme lui ». En marchant dans l'obéissance, tu verras encore plus clairement sa bonté et sa fidélité, et tu goûteras la vie qu'il a promise.
- Avant la louange, il invite à ne pas repartir trop vite et à demander au Seigneur s'il veut allumer quelque chose dès maintenant. Puis il prie : « Jésus, tu as mon attention. »
Points à retenir
- Le Sermon sur la montagne est un menu imposé, pas un buffet : c'est ce que Jésus attend de ceux qui se disent ses disciples.
- Entendre et mettre en pratique : bâtir sur le roc demande à la fois l'attention et l'obéissance à Jésus.
- Ce à quoi tu donnes ton attention façonne ta vie. Jésus, qui ne te quitte jamais des yeux, te dit : « Les yeux sur moi. »
- Les tempêtes frappent toutes les maisons et viennent de partout, mais elles ne signifient pas l'absence de Dieu.
- L'obéissance à Jésus conduit à la liberté, et elle se construit dans la durée, comme une longue obéissance dans la même direction.
Application personnelle
- Qu'est-ce qui influence en ce moment le plan de construction de ta vie : les personnes que tu fréquentes, ce que tu regardes, lis ou écoutes ?
- Tes yeux ont-ils dérivé loin de Jésus, et t'invite-t-il à nouveau à les fixer sur lui ?
- Donnes-tu à Jésus ton attention sans ton obéissance ? Y a-t-il un pas d'obéissance que tu sais qu'il te demande et que tu retiens jusqu'ici ?
- Obéis-tu sans vraiment lui donner ton attention ? As-tu besoin de lui demander si c'est toujours à cela qu'il t'invite ?
- Quelle pratique veux-tu commencer cette semaine : demeurer avec lui dans l'Écriture, baisser le bruit chaque jour, ou chercher des frères pour discerner sa voix ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi commencer une série sur le Sermon sur la montagne par Matthieu 7:24-29 ?
Pour Carl McManus, ces versets sont la conclusion d'un seul enseignement qui court de Matthieu 5 à Matthieu 7. Ils rappellent qu'on ne choisit pas les passages qui nous plaisent : le Sermon sur la montagne est un « menu imposé », pas un buffet. C'est ce que Jésus attend de ceux qui se disent ses disciples.
Quelle différence entre donner à Jésus son attention et lui obéir ?
Le prédicateur prend l'exemple de Nemo : il regarde son père qui lui dit de ne pas toucher le bateau, puis il va le toucher. L'attention n'est pas l'obéissance. À l'inverse, Pierre marche sur l'eau par obéissance, puis détourne les yeux de Jésus et commence à couler. Il faut donner à Jésus les deux.
Bâtir sa vie sur le roc protège-t-il des tempêtes ?
Non. Dans la parabole, la tempête frappe les deux maisons, et elle vient de partout : la pluie d'en haut, les torrents d'en bas, les vents de côté. Une tempête ne signifie pas l'absence de Dieu. Celui qui donne à Jésus son attention et son obéissance sera touché, mais il tiendra debout.