Jean 6 : il n'y a pas de génération sans espoir

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Introduction

Il y a quelques années, une grande chaîne de hamburgers diffusait en Suède une publicité montrant des jeunes un peu perdus, sur une vieille chanson suédoise très populaire dont le titre signifie « Ouvre ta porte ». Le slogan disait en substance : « Nous croyons aux générations sans espoir depuis 1973. » En la voyant, Karin Dernov, pasteure à Immanuel Stockholm, s'est dit : « Et l'Église ? Nous aussi, et depuis bien plus longtemps que 1973. »

À quoi ressemble une génération sans espoir en Suède en 2026 ? La prédicatrice se souvient d'une conversation avec un groupe de jeunes. L'un d'eux lui a dit : « C'est sans doute parce que c'est tellement difficile de trouver du sens. On a l'impression que rien n'a vraiment d'importance. » Crise climatique, guerres et alertes jusque tout près, fusillades dans les écoles, affrontements entre gangs : il y a beaucoup de peur chez les jeunes, et l'espoir peut être difficile à trouver.

Le thème de son message tient en une phrase de Jésus : le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. À partir de la multiplication des pains en Jean 6, elle montre que Dieu voit en nous plus que nous n'y voyons nous-mêmes, quel que soit notre âge.

Plan du message

1. L'Église croit aux générations sans espoir

  • Beaucoup de jeunes se posent les grandes questions de la vie : « Y a-t-il de l'espoir ? Y a-t-il quelque chose qui tient bon quand tant de choses sont ébranlées ? »
  • Karin Dernov reconnaît que chaque génération traverse des moments difficiles, mais elle ose dire que les jeunes d'aujourd'hui sont, à bien des égards, plus vulnérables qu'elle ne l'était à leur âge.
  • L'Église a un rôle important à jouer en ce moment, avec son habitude de parler des questions existentielles et l'espérance qu'elle porte.
  • La Bible est pleine d'exemples où Dieu se sert de jeunes, leur fait confiance et les implique. Pas seulement les forts : souvent ceux qui se diraient eux-mêmes sans espoir. Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, Dieu voit en nous plus que nous n'y voyons nous-mêmes.

2. Jésus met les enfants au centre

  • Aujourd'hui, nous trouvons normal d'entendre que les enfants sont importants. Dans la culture de l'époque, ce n'était pas toujours le cas.
  • Jésus dit pourtant : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent » (Marc 10:14).
  • Les enfants ne sont pas seulement importants dans le royaume de Dieu, ils sont des modèles. Nous pensons, à juste titre, que les adultes doivent être des modèles pour les jeunes. Mais les enfants sont aussi nos modèles, surtout en matière de confiance et de foi.

3. Jésus s'occupe aussi de ta faim

  • En Jean 6, plus de 5 000 hommes sont rassemblés autour de Jésus. « Je suppose qu'il y avait beaucoup plus de monde », sourit la prédicatrice. Ils ont vu ses miracles et veulent comprendre qui il est.
  • Jésus dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? » (Jean 6:5). Cette seule phrase en dit long : Jésus ne se soucie pas seulement de nos besoins spirituels, mais aussi de nos besoins physiques.
  • « Il n'y a pas d'un côté une vie spirituelle et de l'autre une vie ordinaire. Il n'y a qu'une seule vie, et c'est là qu'il veut te rencontrer, quelle qu'elle soit. »

4. La question n'est pas de savoir si tu as assez

  • Philippe calcule qu'il n'y a pas assez d'argent. Puis quelqu'un prononce une petite phrase magnifique : « Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons » (Jean 6:9).
  • « Nous, les adultes, nous sommes là avec nos tableurs Excel, à calculer les possibilités selon les finances, les bâtiments, les compétences, l'expérience. Pendant ce temps, un enfant arrive avec ses cinq pains et ses deux poissons. »
  • Karin Dernov avoue qu'elle aurait sans doute réagi comme les disciples : « À quoi tu penses, mon petit ? » Mais le garçon donne ce qu'il a à Jésus et lui fait confiance pour en faire quelque chose.
  • « La question n'est pas de savoir si tu as assez. La question est : entre quelles mains places-tu ce que tu as ? »
  • Les enfants abordent le monde et Dieu avec une ouverture particulière. Un jour, un camarade de son fils, un garçon de 11 ans tout nouveau à l'église et plein de questions, lui a demandé en voiture si tout le monde pouvait aller au ciel, même un meurtrier. Elle a répondu que la foi chrétienne dit qu'on peut être pardonné de tout. Après un silence, il a proposé : peut-être que si l'on a été très mauvais, on va d'abord dans un autre ciel où l'on reçoit tellement d'amour qu'on devient bon, avant d'être prêt pour le grand ciel.
  • Elle ne dit pas que sa théorie est juste, mais ce garçon savait quelque chose de Dieu, de son amour, et du fait que seul l'amour peut changer une personne. « Les enfants ne savent peut-être pas tout, mais ils comprennent beaucoup. Sois ouvert quand tu leur parles : Dieu veut peut-être t'enseigner quelque chose. »

5. Les jeunes sont l'Église d'aujourd'hui

  • On entend souvent que les enfants et les jeunes sont importants parce qu'ils sont l'avenir. Le texte montre autre chose : le garçon n'est pas important plus tard, il a quelque chose à partager ici et maintenant. « Les enfants et les jeunes ne sont pas l'Église de demain. Ils sont l'Église d'aujourd'hui. »
  • Jésus dit : « Faites-les asseoir » (Jean 6:10). Aucune solution n'est encore visible, mais il commence à organiser et à faire de la place, comme s'il savait ce qui allait se passer.
  • L'Église doit faire de même : faire de la place aux jeunes sans savoir encore ce qui va se passer. De la place pour se débattre avec leurs questions, proposer des idées, expérimenter, marcher aux côtés de quelqu'un de plus expérimenté, et même échouer. « Avons-nous vraiment fait de la place à la jeune génération ? »
  • Longtemps, on a pensé qu'il fallait divertir les jeunes avec de bonnes activités. Beaucoup aspirent plutôt à être pris au sérieux, à contribuer, à avoir un impact. « Faisons les choses avec les jeunes, pas pour les jeunes. »
  • Une autrice venue présenter son livre à Immanuel a raconté son enfance à Tensta, en banlieue de Stockholm, au milieu de la violence des gangs, où elle a perdu des amis et son propre frère. Dans le métro, Karin Dernov lui a parlé du repas communautaire de l'église, où 300 à 400 personnes viennent manger, servis notamment par de jeunes bénévoles. L'autrice a répondu : « C'est exactement ce qui aurait fait du bien à beaucoup de mes amis » : faire quelque chose qui a du sens, être utile, grandir en se sentant quelqu'un de bien.
  • « Ce que tu arroses grandit. » Si tu crois le meilleur d'un enfant, tu vois souvent le bien pousser. Elle l'illustre avec humour : complimenter son fils aîné de prêter son bonnet Star Wars à son petit frère, ou son mari de si bien plier les draps, et ils recommencent.
  • « Il n'y a pas de génération sans espoir. Il n'y a qu'une génération qui a besoin d'espoir. »

6. Ensemble, toutes générations confondues

  • Dans le récit, un jeune donne, Jésus rend grâces, le miracle a lieu et les disciples distribuent à la foule. Ce n'est pas une affaire de jeunes ou de vieux, mais de tous ensemble : quelle que soit ta génération, tu apportes ce que tu as.
  • Aux 40 ans de l'église où elle était pasteure auparavant, une jeune fille de 17 ans a témoigné : ses amis qui ne vont pas à l'église n'en reviennent pas qu'elle ait autant d'adultes qui tiennent à elle en dehors de ses parents. Dans la société, les âges vivent d'ordinaire séparés.
  • Le secrétaire général de Bris, une organisation suédoise de défense des droits de l'enfant, lui a confié que les jeunes du pays manquent d'adultes stables autour d'eux. « Ici, l'Église a un trésor. Comment tirez-vous parti d'une communauté intergénérationnelle aussi unique ? »
  • Karin Dernov en est elle-même l'exemple. À 13 ans, après une prédication sur l'importance des amis plus âgés, à partir de Paul et Timothée, elle est allée trouver une dame aux cheveux blancs : « Est-ce qu'on peut aller boire un café ? J'ai besoin d'une amie plus âgée. »
  • Cette dame l'a accueillie chez elle, a parlé avec elle de tout. Au fil des années, elle a traversé de grands deuils, mais elle n'a jamais joué la comédie : elle lui a laissé voir sa douleur, ses doutes, sa colère contre Dieu, et comment, au milieu de tout cela, elle tenait à Dieu, « ou plutôt, Dieu la tenait ». Leur amitié dure depuis 36 ans.
  • Il y a un an, cette amie, aujourd'hui âgée d'environ 85 ans, lui a dit combien sa curiosité et son énergie de jeune l'avaient aidée dans ses heures les plus sombres. La relation est réciproque : les jeunes ont besoin des plus âgés, et les plus âgés ont besoin d'eux.
  • Le département jeunesse de l'église prévoit de lancer au nouvel an un programme de mentorat qui met en relation des jeunes et des adultes.

7. Transmettre la foi, pas l'institution

  • Le théologien Andrew Root observe que l'Église pense souvent qu'il suffit que les jeunes viennent pour qu'elle soit sauvée. Les jeunes deviennent alors un moyen de sauver l'Église.
  • Ce qu'il faut transmettre, c'est la foi, pas l'institution : aimer les jeunes et les inviter à rencontrer Jésus-Christ, qui aime et cherche chaque être humain, et dont le pain peut rassasier notre faim.
  • La prédicatrice dit se sentir pleine d'espoir quand elle rencontre la jeune génération : il y a tant d'amour et de combativité chez eux. Mais beaucoup ont besoin de sentir qu'il y a de la place pour eux, qu'ils ne sont pas seuls et que des adultes les voient et prennent soin d'eux.
  • Quel que soit ton âge, ose continuer à donner ton pain et tes poissons, même si tu penses avoir peu à offrir. Fais comme les enfants : ce que nous lui donnons, il le multiplie pour que cela suffise et devienne une bénédiction pour ceux qui nous entourent.
  • Ce n'est pas une question de force. Quand elle sent qu'elle a si peu, elle dit du fond du cœur : « J'ai besoin de toi, Seigneur. » C'est le chant qu'elle écoutait avant chaque entretien quand elle a postulé à ce poste, il y a environ trois ans. « Quand nous reconnaissons que nous ne pouvons pas compter sur nos propres forces et que nous lui faisons confiance, tout peut arriver. »

Points à retenir

  • Il n'y a pas de génération sans espoir, seulement une génération qui a besoin d'espoir.
  • Jésus fait des enfants des modèles de confiance et de foi pour les adultes.
  • La question n'est pas de savoir si tu as assez, mais entre quelles mains tu places ce que tu as.
  • Les enfants et les jeunes ne sont pas l'Église de demain, ils sont l'Église d'aujourd'hui : fais-leur de la place, avec eux et pas seulement pour eux.
  • La communion entre générations est un trésor réciproque : les jeunes ont besoin des plus âgés, et les plus âgés ont besoin des jeunes.

Application personnelle

  • Quels sont tes « cinq pains et deux poissons » aujourd'hui, et qu'est-ce qui te retient de les remettre à Jésus ?
  • Dans ta manière de servir, es-tu plutôt du côté des tableurs Excel ou de la confiance du garçon ?
  • Quel bien vois-tu chez un enfant ou un jeune de ton entourage, et comment peux-tu l'arroser cette semaine ?
  • Y a-t-il une personne d'une autre génération à qui tu pourrais proposer un café, pour recevoir autant que pour donner ?
  • Dans ton Église, quelle place concrète fais-tu aux jeunes pour qu'ils puissent proposer, servir et même se tromper ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que nous apprend le jeune garçon de Jean 6 ?

Pendant que les adultes calculent, un jeune garçon donne à Jésus ses cinq pains d'orge et ses deux poissons, et Jésus en fait un miracle. Pour Karin Dernov, la question n'est pas de savoir si tu as assez, mais entre quelles mains tu places ce que tu as.

Pourquoi dire que les jeunes sont l'Église d'aujourd'hui ?

Le garçon de Jean 6 n'est pas important plus tard : il a quelque chose à partager tout de suite. Karin Dernov en tire que les enfants et les jeunes ne sont pas l'Église de demain mais celle d'aujourd'hui, et que l'Église doit leur faire de la place pour questionner, proposer, servir et même échouer.

Pourquoi la communion entre générations est-elle si précieuse ?

Beaucoup de jeunes manquent d'adultes stables autour d'eux. L'Église est l'un des rares lieux où toutes les générations se côtoient. Marcher à côté de quelqu'un qui suit Jésus depuis plus longtemps peut changer une vie, et la relation est réciproque : les plus âgés ont aussi besoin des jeunes.

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