Introduction
« Mon Berger était déjà là il y a deux mille ans. » Leo Bigger, pasteur d'ICF Zürich, ouvre ainsi une série de six semaines sur le Psaume 23. Il constate que nous vivons une époque très particulière : un monde à fleur de peau, qui peut basculer d'un côté comme de l'autre, fait de chaos et parfois d'une grande insécurité.
Face à cela, il aime se rappeler une chose : son Berger a déjà traversé bien des inflations et bien des hausses du prix du diesel. Il tient toujours debout. « Mon Berger ne devient pas nerveux, parce qu'il connaît le commencement et la fin, et il ne me laissera pas seul une seule heure. »
Dans ce premier message, Leo Bigger regarde la brebis et son berger. Il montre que le Berger marche devant toi, qu'il t'a marqué comme lui appartenant, qu'il te protège et qu'il te garde sur le chemin, même quand le pré où il t'a conduit ne te plaît pas.
Plan du message
1. Le Berger marche devant toi
- Pour Leo Bigger, ce psaume a tant de nuances qu'il suffit parfois de le relire en pleine crise pour que tout aille mieux d'un coup. Le premier point est essentiel : le Berger marche devant nous.
- Il décrit quatre caractéristiques de la brebis. Elle ne voit qu'à environ sept mètres : tu ne verras jamais entièrement les chemins de Dieu. Elle n'est pas intelligente, et il le dit avec humour : « Vous êtes mes brebis, aveugles et bêtes. » Elle ne porte pas de fardeaux. Mais elle entend avec une grande sensibilité la voix de son berger.
- Si nous sommes des brebis, nous n'avons pas besoin de voir le chemin, ni de le connaître, ni de le comprendre. « Le Berger voit le chemin et le Berger connaît le chemin. »
- Le Berger te connaît aussi : ton avenir, tes désirs, tes pensées, tes sentiments. Personne ne connaît vraiment ses intentions les plus profondes. Lui te connaît de part en part, jusque dans ce que tu ignores encore. Il a gravé ton nom sur ses mains.
- Le pasteur signale que sa femme a travaillé pendant deux ans sur le Psaume 23 et publie le jour même un livre de cent méditations sur ce psaume.
2. Les gestes du Berger
- Il y a des moments où le Berger marche à côté de toi avec son bâton et se réjouit de tout ce que vous vivez ensemble.
- Il y a des moments où il te murmure quelque chose à l'oreille, des choses dont tu n'avais aucune idée. Leo Bigger prend un exemple : Dieu peut te dire que ta femme traverse une période difficile et qu'il serait bon que tu cuisines, que tu fasses le ménage et le repassage. « Dieu te murmure à l'oreille des choses dont tu n'as aucune idée. » Cette voix, on ne l'entend que dans la proximité.
- Il y a des moments où le Berger se place devant toi et dit à l'ennemi : « Halte, ici il y a une limite. » Tu as un Berger qui te protège, te garde et combat pour toi.
- Et il y a des moments où la brebis veut rester dans sa zone de confort. Alors le Berger la pousse en avant avec son bâton. C'est la pression de Dieu, pas celle d'une prédication : Dieu te pousse vers ta zone de bénédiction.
- Le pasteur résume : « Il m'accompagne, il me protège, il me ramène et il me pousse dans ce que Dieu a toujours prévu pour moi. »
3. Marqué à l'oreille : tu appartiens à sa famille
- Leo Bigger montre l'image d'une brebis qui porte une marque à l'oreille. Comment Dieu peut-il être notre Berger ? Parce qu'il nous a rachetés.
- Il repasse une vidéo tournée il y a environ quinze ans, quand il avait déjà prêché sur le Psaume 23 : Jésus dit qu'il est le bon Berger. Un bon berger connaît chacune de ses brebis. Il regarde si elles sont joyeuses, si la toison est belle, si les pattes et les oreilles vont bien. Il prend soin de chacune, et elles s'épanouissent dans son troupeau.
- On marque une brebis parce qu'il arrive qu'elle s'enfuie. Il y a aussi des chrétiens qui s'éloignent volontairement de Dieu. Dieu peut leur dire : « Tu peux le faire, mais tu es marqué. » Et si le diable te vole, il peut essayer, mais il n'enlèvera pas la marque : il sait que tu n'es pas sa brebis.
- Le pasteur cite Romains 8:16 : l'Esprit de Dieu nous donne l'assurance intérieure que nous sommes enfants de Dieu. Comment sais-tu que tu appartiens à Dieu ? Tu as été scellé du Saint-Esprit, parce que Jésus a donné sa vie à Golgotha pour tous tes péchés et toutes tes fautes.
- Cette marque signifie deux choses : c'est un sceau d'appartenance et c'est un sceau de qualité.
4. Il te protège, même dans le monde invisible
- La brebis est craintive. Le pasteur le reconnaît pour beaucoup de gens, et pour lui-même. Une brebis ne se couche jamais pour dormir, sauf si elle sait que le berger veille sur elle face aux pumas, aux ours et aux lions. Il demande : as-tu cette certitude que le Berger combat pour toi, pour ta famille, pour tes enfants, pour tout ce que tu as ?
- Une brebis ne porte ni casque ni fusil. Beaucoup se demandent à quoi Dieu peut bien leur servir. Mais il y a des combats dans le monde invisible dont nous n'avons aucune idée. « Nous sommes des Européens, des Suisses : nous croyons ce que nous voyons. » Pourtant, le monde invisible est bien réel.
- Il raconte une tournée de louange en Allemagne, pour le lancement d'une nouvelle Église dans une ville qu'il ne nomme pas. Il s'y rendait à moto. Dans une colonne de voitures qui roulaient à 30, il tourne les yeux vers une station-service, heurte une voiture et il est projeté. Ce qui l'a agacé, ce n'est pas l'accident mais sa moto rayée et tordue. Il en a tiré une conclusion : « Ce soir, ce n'est pas une soirée de louange ordinaire. Ce soir, nous prenons du terrain pour Jésus. »
- Chaque fois que tu élèves ta voix pour ta famille, que tu te lèves comme homme ou comme femme pour les tiens, en politique, dans le sport ou pour le nom de Jésus, le monde invisible s'oppose à toi.
- Mais attention : le message n'est pas qu'il ne t'arrivera plus rien. Dieu protège et il connaît la mesure de ce que nous pouvons porter. Il ne nous chargera jamais au-delà, mais il permet certaines choses pour que notre foi grandisse, afin qu'à la fin de la journée, la gloire lui revienne.
5. Quand le pré ne te plaît pas : pose la vérité sur le problème
- Il y a les combats extérieurs, mais aussi les combats intérieurs : « Je ne suis pas sûr que l'endroit où je suis soit le meilleur. » Ou : « Si je confie tout à Jésus, je vais y perdre. » Parfois Dieu te conduit dans un pré et tu le trouves stupide. Toutes les saisons de la vie ne sont pas spectaculaires.
- Une brebis peut s'en aller en sautillant parce que la situation ne lui convient pas. Mais seule, elle meurt : aveugle et sans défense, elle ne connaît pas le chemin et ne peut pas se protéger.
- Leo Bigger donne un exemple personnel. Il y a deux ans, il a eu l'impression de devoir écrire un livre sur les finances, ce qui l'a agacé : il savait que personne ne le remercierait pour cela. Il a dit à Dieu : « Je ne le fais pas. C'est ton Église, c'est ton problème. Je suis dehors. » Dieu lui a répondu : « Depuis quand est-ce une question de ton avis ? » Il a fini par céder et a écrit ce livre en Asie, chaque chapitre étant un combat, avec des migraines et de la mauvaise humeur.
- Comment Dieu fortifie-t-il notre confiance ? Par deux choses : la vérité et les problèmes. Dieu permet des problèmes pour manifester sa vérité. « L'Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien » n'est pas un slogan, c'est la vérité. Alors je pose la vérité sur mon problème : ce n'est pas Goliath qui gagne, c'est le Seigneur. Ce ne sont pas mes péchés qui règnent : je suis pardonné au nom de Jésus-Christ. La même puissance qui a ressuscité Jésus des morts habite en moi. Ce qui est brisé, il le renouvelle.
- Quand Dieu te donne un pré qui ne te convient pas, il ne s'agit ni de ton nom ni de ton honneur, mais de son nom. Pour ICF Zürich, le pasteur affirme que l'esprit de Mammon n'est pas le fondement de l'Église : « Nous ne sommes ni avares ni mesquins. »
- Il rappelle enfin que Dieu envoie ses anges : quand tu te lèves le matin, tu es entouré d'anges qui livrent pour toi des combats dont tu n'as aucune idée. Un jour, nous resterons sans voix devant les moments où Dieu a arrêté la voiture au carrefour, ou devant le détour causé par un panneau mal lu qui t'a évité un accident. Il ne restera qu'à dire : « Saint, saint, saint. »
6. Il te corrige et te garde sur le chemin
- Le deuxième trait du Berger : il me corrige, et je reste sur le bon cap. Les brebis sont craintives, mais elles se bousculent aussi pour savoir qui est important et qui ne l'est pas.
- Il y a deux réactions charnelles. La première se retire dans un sentiment d'infériorité : « Ce combat ne vaut pas la peine, de toute façon je n'ai reçu qu'un seul don. » La seconde se bat pour sa position : « Je vais leur montrer. »
- Il existe une manière spirituelle de réagir. Abraham et Lot avaient des troupeaux qui grandissaient, et il n'y avait plus de place pour tous. Abraham, l'aîné, laisse Lot choisir. Lot prend la meilleure terre. Abraham prend l'autre et fait confiance : Lot n'est pas son pourvoyeur, Dieu l'est. C'est cela, la foi : Dieu arrive toujours à ses fins.
- Mais il y a aussi des moments où Dieu dit : lève-toi et combats. N'abandonne pas à l'ennemi ta famille, tes enfants, ton entreprise. Prends ta place de responsable sur le plan spirituel.
- Le pasteur aborde aussi la jalousie entre chrétiens. Il remarque combien nous parlons souvent en mal de l'Église et des autres : tel groupe de louange ne ferait de la musique que pour l'argent, tel prédicateur ne parlerait plus que d'une seule chose, Leo dirait toujours la même chose. Depuis deux ans, il a pris une habitude : quand un tel sujet arrive, il répond que Dieu fait des choses extraordinaires à travers cette personne. Il ne veut pas cacher les fautes. Quand on insiste, il demande : « Et toi, qu'en est-il ? »
- Son appel : développer une culture où l'on honore Jésus et où l'on est reconnaissant pour chaque personne qui annonce l'Évangile, même si elle pense un peu autrement sur le plan théologique. Quand Jésus est au centre et que nous tirons ensemble, nous pouvons changer le monde pour lui.
7. Brebis perdues, brebis retrouvées
- Leo Bigger parle des brebis noires, celles qu'on étiquette pour toujours dans une famille, et ajoute avec humour : « Si tu n'en as jamais vu, c'est que c'est toi. »
- Il y a ceux qui se sont égarés peu à peu. La brebis voit une touffe d'herbe à sept mètres, y va, puis voit la suivante à sept mètres. Après la deuxième touffe, elle dit : « Je ne vois plus mon berger. » Beaucoup ont dérivé loin de Dieu de cette manière, sans même s'en rendre compte.
- Il y a enfin ceux qui sont vraiment tombés dans la vie.
- Le pasteur raconte avoir lutté presque une semaine et presque pas dormi la nuit précédente avant de proposer, autrement que d'habitude, de se laisser « marquer » par Jésus. Si tu n'es pas sûr d'aller au ciel, si tu n'as jamais confié ta vie à Jésus, si tu as fait des choses que tu regrettes et doutes que Dieu puisse te pardonner, il faut parfois un vrai pas de foi et beaucoup de courage. Lui-même l'a fait publiquement à 18 ans.
- Des personnes s'avancent. Il leur dit : « Vous n'êtes plus des pécheurs, vous appartenez à la famille de ce Dieu du ciel. Bienvenue à la maison. » Il rappelle que le ciel et tous les anges se réjouissent quand une personne se repent.
- Il conclut par un appel à tous ceux qui voudraient fuir le pré où Dieu les a placés : « Ne fais pas ça. Ne t'enfuis pas. »
Points à retenir
- Tu n'as pas besoin de voir, de connaître ni de comprendre tout le chemin : le Berger marche devant toi, et ce qui compte est d'entendre sa voix.
- Si tu as confié ta vie à Jésus, tu portes sa marque : le Saint-Esprit te donne l'assurance d'être enfant de Dieu, et l'ennemi ne peut pas effacer cette appartenance.
- Dieu te protège, y compris dans des combats invisibles, mais il ne promet pas une vie sans épreuve. Il connaît la mesure de ce que tu peux porter.
- Quand le pré ne te plaît pas, ne t'enfuis pas : pose la vérité de la Parole sur ton problème.
- Le Berger corrige aussi la jalousie et la rivalité : honore ceux qui annoncent Jésus, même s'ils pensent autrement que toi.
Application personnelle
- Dans quelle situation voudrais-tu voir tout le chemin avant d'avancer, alors que le Berger te demande seulement d'écouter sa voix ?
- As-tu l'assurance intérieure d'appartenir à Dieu ? Sinon, qu'est-ce qui t'empêche de te laisser « marquer » par Jésus ?
- Quel est aujourd'hui le pré qui ne te plaît pas, et quelle vérité de la Bible peux-tu poser concrètement sur ce problème ?
- Face à la rivalité, te retires-tu dans l'infériorité ou te bats-tu pour ta position ? Que changerait la confiance d'Abraham dans ta situation ?
- De qui as-tu parlé en mal récemment, et pour quoi pourrais-tu plutôt remercier Dieu à son sujet ?
Versets cités
- Psaume 23
- Ésaïe 49:16
- Jean 10:11-14
- Romains 8:16
- Éphésiens 1:13
- 1 Corinthiens 10:13
- Romains 8:11
- Genèse 13:5-12
- Luc 15:7-10
Questions fréquentes
Pourquoi Leo Bigger compare-t-il le croyant à une brebis ?
Une brebis ne voit qu'à environ sept mètres, elle n'est pas très intelligente et elle ne porte pas de fardeaux, mais elle entend avec une grande sensibilité la voix de son berger. Pour Leo Bigger, cela veut dire que tu n'as pas besoin de voir, de connaître ni de comprendre tout le chemin : le Berger marche devant toi, il voit et connaît la route.
Que signifie être « marqué » par le Berger ?
Un berger marque ses brebis à l'oreille. Cette marque est à la fois un sceau d'appartenance et un sceau de qualité. Le prédicateur s'appuie sur Romains 8:16 : l'Esprit de Dieu nous donne l'assurance intérieure que nous sommes enfants de Dieu. Même une brebis qui s'éloigne reste marquée, et l'ennemi sait qu'elle ne lui appartient pas.
Le Psaume 23 promet-il qu'il ne nous arrivera rien ?
Non. Leo Bigger le dit clairement : ce n'est pas le message. Dieu protège, mais il connaît la mesure de ce que nous pouvons porter et ne nous charge pas au-delà. Il permet certaines choses pour que notre foi grandisse et qu'à la fin, la gloire lui revienne.