Introduction
Harold Afflu, pasteur de City Gates Church à Ilford, poursuit la série de l'Église sur les rencontres de Jésus après sa résurrection. Après Thomas et Marie, il s'arrête sur Pierre, à partir de Jean 21:15-19. Le titre du message : « la puissance de l'amour parfait ».
Dans ce passage, Jésus réaffirme Pierre, le restaure et lui confie à nouveau sa mission. Le pasteur prévient qu'il ne finira pas tout aujourd'hui : il traite le sujet sur deux semaines. Il rappelle aussi que la scène se passe avant la Pentecôte. Après la venue du Saint-Esprit, Pierre sera « un autre homme », mais avant cela, « nous pouvons tous nous identifier à lui ».
Le message s'ouvre sur un appel à la prière. Harold Afflu dit avoir senti le Saint-Esprit l'inviter à convoquer l'Église à une soirée de prière de combat spirituel, le 30 octobre, autour de 1 Pierre 5:8-9 : « Soyez sobres, veillez. » Son principe : « On ne met pas l'ennemi au centre de la scène, mais on ne l'ignore pas non plus. Jésus ne l'a pas ignoré, mais il ne lui a pas donné le centre de la scène. »
Plan du message
1. Trois conversations entre Jésus et Pierre
- Le texte principal est Jean 21:15-19 : trois fois, Jésus demande à Simon, fils de Jonas : « M'aimes-tu ? » Trois fois, Pierre répond : « Seigneur, tu sais que je t'aime. » Puis : « Pais mes brebis », et enfin : « Suis-moi. »
- Juste avant, Pierre a dit à ses compagnons : « Je vais pêcher », et ils l'ont suivi.
- Pour comprendre ce dialogue, le pasteur remonte à trois conversations : une avant la crucifixion, une conversation silencieuse au moment du reniement, et ce face-à-face après la résurrection.
- « Quand tu lis la Parole lentement, tu vois des choses que tu n'avais jamais remarquées. »
2. Première conversation : prompt à parler, lent à écouter
- En Jean 13:31-38, Jésus donne le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés. » Pierre demande où il va. Jésus répond : « Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard. »
- Le mot « maintenant » est crucial, mais Pierre ne l'entend pas. Il est trop occupé à répondre : « Je donnerai ma vie pour toi. » Jésus lui annonce qu'il le reniera trois fois avant le chant du coq. Matthieu et Marc ajoutent la citation de Zacharie 13:7 : « Frappe le berger, et que les brebis se dispersent. »
- « C'est comme beaucoup d'entre nous. Si le Seigneur posait une question, nous serions très rapides à répondre. » Si l'on prend le temps d'écouter et de laisser l'Écriture nous lire, on entendra la voix de Dieu et on pourra donner une réponse plus honnête.
- Jacques 1:19 demande d'être prompt à écouter et lent à parler. « Dieu nous a donné une bouche et deux oreilles, exprès. »
- Petit détour vers les couples : avant le mariage, on s'écrit dès le réveil ; une fois mariés, chacun vit sa vie. « La communication est ce qui fait tenir les relations. » Le pasteur dit qu'il travaille lui-même à devenir un meilleur auditeur.
3. « J'ai prié pour toi »
- Luc 22:31-32 révèle ce qui se passe en arrière-plan : « Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. »
- Satan voulait mettre Pierre hors jeu. Mais Jésus avait prié. Le pasteur remercie Dieu pour les mères, les pères, les grands-parents qui prient : « Si tu as quelqu'un dans ta vie qui prie pour toi, tu es béni. »
- « Notre prière peut intercepter les plans de l'ennemi dans la vie et la destinée de quelqu'un. » Il encourage chacun à être cette personne qui prie pour un autre.
- Il prie pour ceux qui affrontent une tempête de tous les côtés : que la tempête prenne fin, ou au moins qu'ils soient fortifiés pour tenir debout et affronter demain pour la gloire de Dieu.
4. Deuxième conversation : un regard silencieux
- Pierre voulait suivre Jésus jusqu'à la mort. Leçon : on ne peut pas faire l'œuvre de Dieu par ses propres forces. « Quand tu passes sous le feu, tu te recroquevilles. » L'Église est une armée spirituelle, appelée à être remplie, et continuellement remplie, du Saint-Esprit.
- Luc 22:54-62 : après l'arrestation, Pierre suit de loin. Près du feu, une servante le reconnaît, puis un autre, puis un troisième : « Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. » Trois fois, Pierre nie. Le coq chante, et « le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre ».
- Les yeux disent beaucoup. Le pasteur s'amuse du regard qu'on lance à son conjoint chez des amis pour dire : il est temps de rentrer.
- Qu'a vu Pierre dans le visage de Jésus ? « Il a dû voir de l'amour. » Pas un « je te l'avais dit ». Le regard disait : « Tu es aimé. Je t'avais dit que tu ne pouvais pas le faire par tes propres forces. Mais je suis là pour toi. Souviens-toi, j'ai prié pour toi. »
- Pourtant, la culpabilité et la honte l'ont fait fuir : « Tu peux être en présence de l'amour et ne pas arriver à le recevoir, parce que d'autres choses se passent à l'intérieur. »
- Il faut rechercher la face du Seigneur, comme dans la bénédiction des sacrificateurs : « Que l'Éternel fasse luire sa face sur toi. » « Certains d'entre nous cherchent seulement sa main pour ce qu'ils peuvent obtenir. Quand tu cherches sa face, tu vois son approbation. »
- Que ton visage encourage les autres. Certains parents sont fiers que leurs enfants s'enfuient en les voyant ; certains patrons font se cacher leurs employés. Le pasteur confie qu'en grandissant il aimait l'idée qu'on le craigne, jusqu'à découvrir que ce n'était pas à l'image de Christ : « Je crois que je suis un meilleur père maintenant. »
5. Faire taire la voix de l'accusateur
- Pierre a vécu la honte, et l'accusateur était sur son dos. Apocalypse 12:10-11 le décrit accusant les frères jour et nuit, vaincu par le sang de l'Agneau et la parole du témoignage.
- Un avertissement : si le Saint-Esprit te met en garde, écoute. Comme le conducteur qui dépasse la vitesse et sent un rappel intérieur : ralentis, sinon le radar flashera, et cela peut coûter le permis. « Ne signe pas encore. Lis les petits caractères. »
- Le regret est l'une des émotions négatives les plus fortes. Le pasteur prie pour que, par la puissance du sang, la voix de l'accusateur soit brisée et que chacun contemple à nouveau la face de Jésus. « Cela ne changera peut-être pas les circonstances, mais toi, tu seras changé. »
- « Ta pire histoire peut devenir ton témoignage », ton prochain livre, ton prochain chant, si tu places tes erreurs sous la puissance du sang. « Tu marcheras peut-être en boitant, mais tu chanteras ses louanges. »
- Relation brisée, mauvais virage dans les affaires, choix qui ont abîmé la santé : « La grâce te poursuit. Jésus est celui qui relève ta tête. »
6. Sobres et vigilants, surtout quand tout va bien
- « Soyez sobres » : rester stable, ne pas être un yo-yo, toujours en haut ou toujours en bas. Dans les extrêmes, on devient vulnérable.
- Dans la difficulté, on est à la prière de 6 heures et à minuit. Quand on est béni : « La vie est belle, détendons-nous. » Cela peut arriver à chacun.
- Le pasteur demande souvent : « Saint-Esprit, montre-moi. Quel est le motif derrière ce que je fais ? » Il invite à demander pardon vite et à ne pas nourrir l'offense, l'un des appâts de l'ennemi.
- L'adversaire rôde, stratégique, et cherche qui est vulnérable. Ton mariage va bien ? Ta carrière décolle ? « Reste proche de Jésus. » Dans l'Apocalypse, Jésus avertit une Église qui se croit riche alors qu'elle est pauvre, misérable et aveugle.
- Être compétent, oui, se former, oui, mais pas de confiance en ses propres capacités : l'orgueil précède la chute. L'ennemi « est là depuis avant Adam ». Si tu lui laisses un orteil, il prend le pied, puis il bâtit une forteresse.
7. Vers la troisième conversation, et un témoignage
- Pierre, découragé, retourne pêcher et entraîne ses amis. Il a vu le Christ ressuscité, mais la honte règne encore sur lui : il s'est disqualifié lui-même. Jésus vient au rivage, leur prépare le petit-déjeuner et a avec Pierre la conversation qui le transforme. La suite est annoncée pour la semaine suivante.
- Témoignage : vers 1998, pendant une implantation d'Église au Ghana, un prophète l'avertit que l'ennemi est sur son cas. Trois mois plus tard, un membre de son équipe, « comme un Judas », le poignarde dans le dos.
- Son mentor lui dit : « Harold, garde ton cœur. » Sa femme l'avait mis en garde contre cette personne : « Méfie-toi du flatteur. Et méfie-toi du commérage : quiconque commère avec toi commérera derrière toi. »
- Il était déterminé à ne pas pardonner. Il a fallu environ six mois, et les prières de sa femme, pour qu'il traverse cette blessure : « Dieu m'a aidé, et je suis guéri. »
- Pour conclure, il invite trois groupes à venir prier : ceux qui vivent une saison de pression, ceux qui n'arrivent pas à se pardonner (« Accepter le pardon de Dieu est une chose, se pardonner soi-même en est une autre. Pierre a dû se pardonner »), et ceux qui veulent donner leur vie à Jésus.
Points à retenir
- Avant même la chute de Pierre, Jésus avait prié pour lui. La prière peut intercepter les plans de l'ennemi.
- Prends le temps d'écouter : Pierre était prompt à parler et n'a pas entendu le mot « maintenant ».
- Le regard de Jésus sur Pierre n'était pas un reproche, mais un regard d'amour qui laissait une espérance pour demain.
- Ta pire erreur, placée sous la puissance du sang, peut devenir ton témoignage.
- Sois vigilant surtout quand tout va bien : la confiance en soi remplace vite la dépendance envers le Seigneur.
Application personnelle
- Dans ta relation avec Dieu et avec tes proches, es-tu plus prompt à parler qu'à écouter ?
- Pour qui pries-tu en ce moment, comme Jésus a prié pour Pierre ?
- Quelle erreur passée laisses-tu encore l'accusateur utiliser contre toi ? As-tu reçu le pardon de Dieu, et t'es-tu pardonné toi-même ?
- Quand les autres voient ton visage, à la maison ou au travail, se sentent-ils relevés ou ont-ils envie de fuir ?
- Dans quel domaine où tout va bien risques-tu de relâcher ta vigilance ?
Versets cités
- Jean 21:15-19
- Jean 13:31-38
- Zacharie 13:7
- Luc 22:31-34
- Jacques 1:19
- Luc 22:54-62
- Nombres 6:24-26
- Psaume 3:4
- Apocalypse 12:10-11
- 1 Pierre 5:8-9
- Jacques 4:7
- Galates 5:16
- Apocalypse 3:17
- Proverbes 16:18
Questions fréquentes
Quelles sont les trois conversations entre Jésus et Pierre ?
Harold Afflu en distingue trois. La première a lieu avant la crucifixion, quand Jésus annonce le reniement (Jean 13, Luc 22:31-34). La deuxième est silencieuse : après le chant du coq, le Seigneur se retourne et regarde Pierre (Luc 22:61). La troisième est un face-à-face au bord du lac, après la résurrection (Jean 21:15-19).
Que signifie le regard de Jésus sur Pierre après le reniement ?
Pour le prédicateur, ce regard ne disait pas « je te l'avais dit ». Pierre a dû y voir de l'amour : « Tu es aimé. Je t'avais dit que tu ne pouvais pas le faire par tes propres forces, mais j'ai prié pour toi, tu vas traverser cela. » La honte et la culpabilité l'ont pourtant encore éloigné : on peut être en présence de l'amour sans arriver à le recevoir.
Pourquoi être vigilant quand tout va bien ?
Harold Afflu remarque que, dans les difficultés, on court aux réunions de prière, alors que dans la bénédiction on se relâche. Selon 1 Pierre 5:8, l'adversaire rôde et cherche qui est vulnérable. Quand notre dépendance envers le Seigneur baisse, la confiance en soi monte, et l'orgueil précède la chute.