Se revêtir d'humilité à l'image du Seigneur
Il y a des mots qui reviennent quand on écoute le témoignage de chrétiens persécutés : humilité, paix, amour. Trois mots simples, et pourtant redoutables à vivre. Frantz Galland, en ouvrant 1 Pierre 5.5-11, te propose d'entrer dans ce même terrain. L'humilité, dit-il, n'est pas une option de la vie chrétienne : c'est une priorité. Elle a marqué la vie du Seigneur Jésus, et elle doit devenir l'un des attributs de ceux qui se réclament de lui.
Pierre écrit à des croyants dont la foi coûte cher. Ils sont dans la fournaise de la persécution. Il les équipe, les encourage, leur rappelle les privilèges du peuple de Dieu, puis leur montre que la grâce est suffisante dans toutes ces situations. Et au cœur de son exhortation finale, il pose un impératif qui vaut aussi pour toi : « Tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. »
Ce message te propose quatre entrées : pourquoi te revêtir d'humilité, comment le faire, avec quelle ressource, et par où commencer concrètement.
Plan du message
1. Pourquoi te revêtir d'humilité ?
Parce que c'est ton plus grand besoin. Rappelle-toi : c'est par orgueil que nos premiers parents, dans le jardin d'Éden, ont cru qu'ils pouvaient s'affranchir du commandement de Dieu et manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. En croyant au mensonge de Satan plutôt qu'à la vérité, le péché, c'est-à-dire la vie indépendante de Dieu, a envahi comme un virus toute la race humaine dont tu fais encore partie aujourd'hui.
Pierre est bien placé pour parler de la nécessité de l'humilité. Dans sa présomption, il s'était cru capable de résister, de ne jamais renier son maître. Il l'a proclamé plusieurs fois, et à trois reprises il a failli lamentablement. Pierre a eu besoin d'être humilié, mais il a aussi expérimenté la restauration. Tim Keller écrira que quand on perd toute humilité, on est déconnecté de la réalité. Réalité de ta fragilité, de ta faiblesse, de ta nature pécheresse. Réalité aussi de la bonté de Dieu dont tu jouis chaque jour et dont ton souffle encore maintenant témoigne. Comme le dit Paul dans 1 Corinthiens 4.7 : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si tu ne l'avais pas reçu ? »
Le texte de Pierre souligne bien que tous sont concernés, en particulier dans le domaine relationnel. « De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité. » Le contexte immédiat concerne les anciens (versets 2 à 4), qui ne peuvent exercer leur tâche de prendre soin des croyants, de bon gré, avec dévouement, amour et désintéressement, que soumis à Dieu, c'est-à-dire dans l'humilité.
Un pasteur anglais du 18e siècle avait conscience de son besoin de rester humble devant Dieu. Il avait la réputation d'être gentil et doux. Quelques mois avant son décès, on a retrouvé une lettre qu'il avait écrite à une sœur qu'il pensait avoir blessée à la fin d'un culte par quelques paroles trop excessives. « Ma chère sœur en Christ, je t'envoie ce mot parce que je reconnais que la façon dont je t'ai parlé hier était tout à fait inconvenante et inappropriée. En réfléchissant, je ne peux que me condamner d'avoir tenu de tels propos, que je regrette profondément. Si seulement j'avais la douceur et la gentillesse de Jésus. Dès que possible, je viendrai te voir pour te demander pardon en personne. Signé : ton pasteur indigne, Abraham. » Si tous les responsables d'Église avaient une telle attitude, le témoignage de nos assemblées serait sans doute très différent.
2. Comment te revêtir d'humilité ?
Le passage pointe vers un test d'authenticité inattendu de ton humilité. Regarde le verset 5 : « Tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité, CAR Dieu résiste aux orgueilleux mais il fait grâce aux humbles. » Ce petit « car » est important : il introduit l'explication du lien étroit entre ton attitude relationnelle avec les autres et la manière dont Dieu agit envers toi — soit en te résistant, soit en te faisant grâce.
Le verbe grec traduit par « se revêtir » fait référence à l'esclave qui met un tablier pour servir. C'est un acte intentionnel et volontaire. Cela rappelle Jean 13, où le Seigneur Jésus s'est levé de table, a ôté ses vêtements et pris un linge pour essuyer les pieds de ses disciples après les avoir lavés. John Stott fait remarquer qu'aucun des apôtres n'était assez humble pour songer à s'acquitter d'une tâche aussi servile, mais que Jésus a fait ce que chacun a intérieurement refusé de faire. Et Paul confirmera dans Colossiens 3.12-14 que se revêtir d'humilité va de pair avec se revêtir de compassion, de bonté, de douceur, de patience, se supporter les uns les autres et se pardonner réciproquement comme Christ nous a pardonné.
Pierre poursuit au verset 6 : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable. » Ce petit « donc » fait un lien direct entre les relations humbles au sein de la communauté et le commandement de t'abaisser devant Dieu. On ne s'y attendait pas, mais l'apôtre Pierre le fait. Autrement dit : si tu te revêts d'humilité dans tes relations avec les autres, Dieu considère cela comme une humiliation sous sa puissante main. La posture que tu adoptes vis-à-vis de tes frères et sœurs est finalement celle que tu adoptes devant Dieu.
Deux autres exemples le confirment. Dans le sermon sur la montagne, en Matthieu 5.23-24, Jésus dit : si tu viens offrir ton offrande à Dieu et que tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, va d'abord te réconcilier avec lui. Pour être accepté de Dieu, il te faut d'abord être accepté par ton frère ou ta sœur en te réconciliant. En Matthieu 6.14-15, il ajoute : si tu pardonnes aux hommes leurs offenses, ton Père céleste te pardonnera aussi, mais si tu ne pardonnes pas aux hommes, ton Père ne te pardonnera pas non plus tes offenses.
Dieu donne un poids considérable à tes attitudes et comportements envers les autres. Et cela s'oublie vite quand tu n'es pas content, quand tes paroles dérapent dans la suffisance, voire dans le mépris. On ne le dit pas ouvertement, mais parfois ton attitude de cœur transpire tellement que c'est évident. Dieu ne répondra pas à tes besoins si tu bousilles tes frères et sœurs, ne serait-ce que par tes paroles ou par ton mécontentement. Pourquoi ? Parce que Dieu résiste aux orgueilleux mais fait grâce aux humbles. Parce qu'il conduit les humbles dans la justice et enseigne aux humbles sa voie (Psaume 25.8-9). La conséquence d'une attitude humble te rend candidat à la grâce de Dieu, qui te fera expérimenter qu'il prend vraiment soin de toi (verset 7) lorsque tu lui demandes de l'aide.
Quelques mots sur le verset 8 : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme. » Bien sûr, tu résistes au diable en étant sobre et en veillant. Ces deux expressions sont associées à la prière — Pierre le mentionne au chapitre 4 verset 7, et Jésus le dira à ses disciples dans Matthieu 26.41 : « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation. » Mais dans le cadre contextuel de notre passage, tu résistes aussi au diable en adoptant une posture d'humilité les uns envers les autres. L'ennemi cherchera à détruire tes relations, à détruire l'unité de l'Esprit et donc le témoignage de l'Église locale. En Jacques 4.7, il est question de te soumettre à Dieu et de résister au diable pour qu'il fuie loin de toi. Pierre te montre le moyen : une posture d'humilité mutuelle et la prière. L'un va avec l'autre.
3. Avec quelle ressource ?
À trois reprises, Pierre mentionne la grâce de Dieu, et ce n'est pas pour rien. Verset 5 : « Dieu fait grâce aux humbles. » Verset 10 : « Le Dieu de toute grâce » a promis de perfectionner, d'affermir, de fortifier les croyants. Il est le Dieu de toute grâce parce qu'il y a une grâce particulière attachée à chaque situation difficile, y compris relationnellement.
Il y a peu, Portes Ouvertes a montré une vidéo touchante. Des femmes qui ont subi des violences sont accueillies dans des centres post-traumatiques. Elles y sont accompagnées pour exprimer oralement ce qu'elles ont vécu — ce qui est déjà un début de délivrance. Elles écrivent ensuite sur un papier ce qu'elles ont vécu, décident de pardonner à leur agresseur, et déposent leurs papiers au pied d'une croix placée au centre de la salle. Les papiers sont ensuite brûlés, et on les voit danser autour de la croix. Elles connaissent à ce moment-là une véritable délivrance. Que s'est-il passé ? La grâce de Dieu est passée par là. On ne peut pas l'expliquer autrement.
La grâce à laquelle les croyants sont attachés est la véritable grâce, et il n'y en a pas d'autre. C'est cette même grâce avec laquelle tu es appelé à te revêtir d'humilité envers les autres. Humainement parlant, tu n'en es pas capable. Avec la grâce de Dieu, c'est possible. Tout est possible à celui qui croit.
4. Par où commencer ?
La première chose, c'est contempler. Ce sont d'abord les Écritures qui te révèlent l'humiliation du Fils de Dieu, en commençant par l'incarnation. Puis, tout au long de sa vie, tu vois Jésus choisir encore et encore la voie de l'humilité. Il se soumet au baptême de Jean-Baptiste. Il côtoie les exclus, les marginaux. Il accueille les femmes de moralité douteuse. Il met un accent particulier sur l'humilité — pense au sermon sur la montagne, au bon Samaritain, au publicain qui se frappe la poitrine. Il se décrit lui-même comme humble et doux de cœur. Il garde le silence devant Pilate au lieu de se défendre. Il se rend obéissant jusqu'à la mort, jusqu'à la mort de la croix, en renonçant aux myriades d'anges qui se tenaient à sa disposition pour le délivrer s'il le voulait. Et tout cela, pour que par sa pauvreté tu sois enrichi (2 Corinthiens 8.9).
C'est en contemplant tout cela, dit Paul, que tu es constamment transformé d'après son modèle (2 Corinthiens 3.18). Même si parfois cela se fait de manière douloureuse. Pense encore à Pierre. Lorsque Jésus a été arrêté et emmené, son regard a croisé celui de Pierre qui venait juste de le renier. L'abaissement et l'humilité de Jésus brisent à ce moment-là l'arrogance de Pierre. Il réalise le chemin d'humiliation que son maître est en train d'accepter, et ses pleurs attestent qu'un voile se lève sur son orgueil, dont il a maintenant honte. C'est l'Évangile qui atteste que tu es plus pécheur que tu ne le penses, mais que tu bénéficies d'une bien plus grande rançon que tu ne le crois.
Contempler, oui, mais pas seulement. Faire des choix : mettre en œuvre ton salut. D'abord, choisir de recevoir la vie comme un cadeau, mais recevoir aussi la vie ensemble comme un cadeau. Le fait d'appartenir à un rassemblement de croyants est un véritable cadeau. La vie communautaire est un cadeau.
Quatre domaines pour faire des choix intentionnels d'humilité.
Vivre la redevabilité. Acceptes-tu d'être redevable intentionnellement à quelqu'un ? Ou préfères-tu faire tes petites affaires sans que personne vienne te déranger ? Si nous sommes ensemble, c'est pour qu'il y ait une certaine forme de redevabilité mutuelle. L'Écriture ne te demande pas de surveiller les autres, mais de veiller les uns sur les autres, parce que tu es appelé à aimer.
Ne pas juger l'autre sévèrement. Quand le Seigneur Jésus a été confronté à la femme adultère, lui seul était habilité à lui jeter la première pierre. Il ne l'a pas fait. « Je ne te condamne pas non plus. Va et ne pèche plus. » Parce qu'il est doux et humble de cœur. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de discipline dans l'Église locale. Mais dans le grand drame de l'humanité dont tu es à la fois spectateur et acteur, il te faut reconnaître avec humilité que tu n'as souvent pas tous les éléments en main pour bien juger. Romains 14.10 te rappelle : « Toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu. »
Reconnaître la plaie de ton propre cœur. Souvent, tu reconnais la plaie du cœur de l'autre, mais pas trop la tienne, pas trop ton problème. Salomon en parle dans 1 Rois 8.38-39 et en fait même une condition pour être pardonné et exaucé. Avec les décennies de marche avec le Seigneur, il te rend de plus en plus sensible à ton péché, en particulier dans tes pensées. Le cœur tortueux et méchant dont parle Jérémie 17.9 est une réalité qui t'atteint. Tu as vraiment besoin de la grâce de Dieu encore et encore.
Demander pardon. Si tu es marié, quand as-tu demandé pardon à ton conjoint pour la dernière fois ? Marié ou pas, les occasions d'incompréhension et de brouille entre frères et sœurs sont multiples. Quel va être ton choix lorsque quelqu'un vient te parler en particulier sur ton attitude ou sur tes paroles ? Vas-tu tout de suite te justifier, te rebiffer, dire que tu n'es pas d'accord ? Ou vas-tu simplement dire merci, je vais en faire un sujet de prière ?
Un missionnaire aux Indes a dit un jour : « Si je devais choisir deux expressions indispensables à la croissance spirituelle, je choisirais celles-ci : "je ne sais pas" et "je regrette". » La raison pour laquelle tu dois te revêtir d'humilité, c'est que l'orgueil est un obstacle majeur à l'œuvre de Dieu en toi, et l'humilité reste la voie royale pour recevoir sa grâce.
Pourquoi Dieu fait-il grâce aux humbles ? Pourquoi est-il le Dieu de toute grâce ? Parce que le Seigneur Jésus s'est humilié pour toi sous la puissante main de Dieu, pour que tu puisses être élevé au temps convenable (verset 6). Parce que le Seigneur Jésus, bien qu'ayant résisté au diable avec une foi ferme (verset 9), a été traité comme le plus orgueilleux des orgueilleux — puisque c'est sur lui que s'est concentré l'immense orgueil de l'humanité tout entière, la tienne y compris, étant devenu péché pour toi. Parce que tout est accompli, parce que le châtiment qui te donne la paix est tombé sur lui, et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous (Ésaïe 53.5-6).
Ce que tu ne pouvais pas faire pour toi-même — être humble comme tu devrais l'être envers ton Créateur et envers les autres — Dieu l'a fait et l'a accompli pour toi, et t'en a donné le bénéfice. La clé du lâcher-prise sur ton orgueil ou sur ce que tu penses que les autres te doivent, c'est de regarder à nouveau à Jésus, qui a payé l'immensité de ta propre dette. Se revêtir d'humilité à l'image du Seigneur que tu sers ne sera que la réponse à ce que tu as vu et compris de l'Évangile.
Points à retenir
- L'humilité n'est pas une option. Elle a marqué la vie du Seigneur Jésus, et elle doit devenir un attribut de ceux qui se réclament de lui.
- Tes relations sont un test. La posture que tu adoptes envers tes frères et sœurs est celle que tu adoptes devant Dieu. Dieu résiste aux orgueilleux et fait grâce aux humbles.
- Résister au diable passe par l'humilité mutuelle. L'ennemi cherchera à détruire tes relations pour détruire le témoignage de l'Église. La sobriété, la vigilance et la prière vont avec une posture d'humilité les uns envers les autres.
- Sans la grâce, impossible. Humainement, tu n'es pas capable de te revêtir d'humilité. C'est la grâce de Dieu qui la produit en toi.
- Contempler puis choisir. Regarde Jésus, l'humilié par excellence, puis prends des décisions concrètes : redevabilité, absence de jugement sévère, reconnaissance de ton propre péché, demande de pardon.
Application personnelle
- À qui es-tu réellement redevable en ce moment ? À qui as-tu donné la permission de te reprendre quand quelque chose cloche dans ta vie ou dans tes paroles ?
- Y a-t-il un frère ou une sœur que tu juges sévèrement en ce moment ? As-tu vraiment tous les éléments en main pour porter ce jugement ?
- Devant Dieu, es-tu prêt à nommer la plaie de ton propre cœur, plutôt que celle de l'autre ? Qu'est-ce qui remonte quand tu prends ce temps ?
- Quand as-tu demandé pardon pour la dernière fois — à ton conjoint, à un frère ou à une sœur en Christ ? Y a-t-il une démarche que tu remets depuis trop longtemps ?
- Quand quelqu'un vient te parler de ton attitude ou de tes paroles, quelle est ta première réaction : te justifier, ou dire merci et en faire un sujet de prière ?
Versets cités
- 1 Pierre 5.5-11 — texte de base
- Matthieu 18.3 — devenir comme les petits enfants
- Jean 13 — Jésus lave les pieds de ses disciples
- 1 Corinthiens 4.7 — qu'as-tu que tu n'aies reçu ?
- Colossiens 3.12-14 — se revêtir de compassion, de bonté, de douceur, de patience
- Psaume 25.8-9 — il conduit les humbles dans la justice
- Matthieu 5.23-24 — va d'abord te réconcilier avec ton frère
- Matthieu 6.14-15 — pardon reçu, pardon donné
- Matthieu 26.41 — veillez et priez
- Jacques 4.7 — soumettez-vous à Dieu, résistez au diable
- Romains 14.10 — pourquoi juges-tu ton frère ?
- 1 Rois 8.38-39 — connaître la plaie de son propre cœur
- Jérémie 17.9 — le cœur est tortueux
- 2 Corinthiens 8.9 — par sa pauvreté nous sommes enrichis
- 2 Corinthiens 3.18 — transformés en contemplant
- Ésaïe 53.5-6 — le châtiment qui nous donne la paix
FAQ
L'humilité chrétienne, ce n'est pas juste se rabaisser ?
Non. L'humilité biblique n'est pas une fausse modestie ni une dévalorisation de soi : c'est la reconnaissance de la réalité. La réalité de ta fragilité et de ta nature pécheresse, mais aussi la réalité de la bonté de Dieu dont tu vis chaque jour. Comme le rappelle 1 Corinthiens 4.7, tout ce que tu as, tu l'as reçu. L'humilité te reconnecte simplement à ce que tu es réellement devant Dieu et devant les autres.
Pourquoi Pierre lie-t-il l'humilité entre frères à l'humiliation devant Dieu ?
Parce que Dieu ne sépare pas ces deux plans. Le petit « donc » du verset 6 fait le pont entre les rapports mutuels et la posture devant Dieu. La façon dont tu traites tes frères et sœurs révèle ta posture réelle devant Dieu. Jésus le dit clairement en Matthieu 5 et 6 : pas de réconciliation verticale sans réconciliation horizontale. Dieu prend donc très au sérieux tes attitudes envers les autres, y compris quand elles se traduisent par des paroles dures ou du mécontentement entretenu.
Comment savoir si je progresse vraiment en humilité ?
Quatre indicateurs concrets ressortent du message. Tu acceptes d'être redevable à quelqu'un qui peut te reprendre. Tu ne juges pas sévèrement ton frère alors que tu n'as pas tous les éléments. Tu reconnais devant Dieu la plaie de ton propre cœur avant celle de l'autre. Et quand quelqu'un vient te parler d'un tort, tu ne te justifies pas immédiatement : tu remercies et tu en fais un sujet de prière. Ces choix ne se font pas seuls : ils sont le fruit de la grâce de Dieu à laquelle tu es attaché.
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