Introduction
Il y a deux semaines, le magazine Forbes a publié sa liste des 100 personnes les plus riches du monde. En tête, Elon Musk, avec environ mille milliards de dollars selon les humeurs de la Bourse. En Australie, Gina Rinehart pèse 25 milliards. Et la plus jeune de la liste est une jeune femme de vingt ans qui a hérité d'une entreprise et possède 1,1 milliard de dollars. Ross Wilson pose alors la question qui donne son titre au message : combien est-ce assez pour une seule personne ?
Ce message est le troisième de la série « Faire la différence » à Southside Presbyterian Church, en Australie. Nous ne sommes pas sur la liste des plus riches, reconnaît le prédicateur, mais la question nous concerne aussi : de combien d'argent avons-nous besoin ? Pour y répondre, il ouvre Luc 12:13-21, la parabole du riche insensé.
On pense rarement à demander conseil à Jésus sur nos finances. Qu'est-ce qu'un homme du premier siècle, sous l'Empire romain, pourrait savoir de notre situation ? Il a vécu à une autre époque, mais une chose n'a pas changé : les êtres humains. Les gens de son temps avaient les mêmes ambitions, les mêmes rêves et les mêmes difficultés que nous. Certains, Jésus les appelle insensés. À d'autres, il montre la voie de la sagesse. Et en lisant, tu te demandes : est-ce qu'il parle de moi ?
Plan du message
1. Combien est-ce assez pour toi ?
- Nous sommes tous différents : âges, cultures, situations économiques. Le prédicateur passe en revue les générations et ce dont chacune pense avoir besoin.
- Les plus de 80 ans doivent pouvoir payer des soins devenus très chers. Beaucoup gagnaient environ 30 dollars par semaine au cours de leur vie professionnelle, et paient aujourd'hui 130 dollars de l'heure pour une simple aide ménagère.
- Les baby-boomers, de 63 à 80 ans, ont constitué leur épargne. Il n'y aura plus de nouveaux revenus : ils doivent rationner leurs dépenses pour que l'argent dure.
- La génération X, de 45 à 62 ans, doit épargner pour la retraite. Le prédicateur évoque une publicité qui lui revient en tête chaque fois qu'il la voit : « la bête », un gros fonds d'investissement qu'il faudrait absolument avoir.
- La génération Y, de 27 à 44 ans, doit faire face aux frais de la famille, de la maison, de la nourriture, des vêtements, de l'électricité et du carburant. L'argent semble fuir de partout.
- La génération Z, elle, a besoin d'un miracle financier pour devenir un jour indépendante : comment avoir une maison, comment posséder quoi que ce soit ?
- Le prédicateur résume avec l'image d'un réservoir. Les aînés doivent le faire durer. Certains en veulent un plus grand. D'autres voient chaque dollar fuir. La génération Z répond : « Un réservoir ? J'aimerais bien en avoir un. »
- Si on pose la question à chacun de nous, la plupart répondront : « Juste un peu plus. »
2. Un homme fend la foule pour une question d'argent
- Au début de Luc 12, des milliers de personnes se sont rassemblées au point de se bousculer pour entendre Jésus (Luc 12:1). Un homme se fraie un chemin jusqu'au premier rang parce que sa question compte énormément pour lui.
- Sa demande : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage » (Luc 12:13). Une question d'argent. Ce n'est pas seulement le jeune de la génération Z qui a besoin d'un héritage pour démarrer dans la vie : n'importe lequel d'entre nous pourrait la poser.
- Jésus refuse d'entrer dans cette affaire de famille : « O homme, qui m'a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages ? » Puis il donne son conseil financier : « Gardez-vous avec soin de toute avarice ; car la vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance » (Luc 12:14-15).
- C'est le même langage que Jésus emploie pour mettre en garde contre les faux enseignants (voir Matthieu 7:15). Les faux enseignements détruisent une vie et éloignent de Dieu, et nous les prenons au sérieux. L'avarice mérite la même vigilance.
- Jésus parle de « toute » avarice. Certaines formes se repèrent facilement. D'autres sont difficiles à voir, parce qu'elles sont logées dans nos cœurs.
- Le prédicateur cite le nouveau slogan d'une loterie australienne, Oz Lotto, qui promet un gain capable de changer ta vie. Il y a quelque chose en nous qui dit : la vraie vie, je la trouverai quand j'aurai beaucoup de choses.
- D'où une tension : nous vivons dans un monde qui dépend beaucoup de l'argent, nous en avons besoin, et Jésus dit pourtant de nous en garder. Pour nous aider, il raconte une histoire.
3. Le riche et ses greniers
- « Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté » (Luc 12:16). Même sans être agriculteur, on comprend : quand une saison d'abondance arrive, on veut en tirer le meilleur parti.
- Il raisonne : « Que ferai-je ? car je n'ai pas de place pour serrer ma récolte. » Puis : « J'abattrai mes greniers, j'en bâtirai de plus grands » (Luc 12:17-18).
- Et il se dit : « Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi » (Luc 12:19).
- Cet homme pourrait vivre aujourd'hui en Australie, remarque Ross Wilson. Quel est le but de la vie dans notre culture ? Se reposer. Prendre sa retraite à 70 ans, ou mieux à 60, à 50, pourquoi pas à 40. Nous y avons tous pensé. Nous ne pouvons pas lui en vouloir.
- Mais Dieu lui dit : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? » (Luc 12:20).
- Jésus conclut : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu » (Luc 12:21). Cet homme pensait assurer son avenir, et il a tout perdu.
4. L'insensé : « mon argent, mes plans »
- Le prédicateur propose une définition simple de l'insensé : « mon argent, mes plans pour ma vie ». Il parle de ses récoltes, de ses greniers, de ses biens. Tout est à lui.
- Dieu n'a aucune place dans sa vision du monde. Il se croit l'acteur principal, alors que c'est Dieu qui l'est. Dieu est le créateur, il soutient tout l'univers et il pourvoit depuis toujours. Cet homme n'a vécu que « cinq minutes » à l'échelle du temps de Dieu, qu'il ait vécu soixante ou quarante ans.
- Nous prenons souvent le même chemin : j'ai travaillé dur toute la semaine pour mon argent, donc je choisis comment le dépenser, probablement pour moi. C'est le premier signe de la folie. C'est Dieu qui pourvoit.
- « Que ferai-je ? » Il aurait pu prier. Il aurait pu lire les Écritures et se demander ce qui compte pour le cœur de Dieu, pour aligner son cœur et son argent sur ce que Dieu estime. Il ne l'a pas fait.
- Il n'est pas bête : il a fait un plan. La semaine précédente, l'Église a justement parlé du fait que les chrétiens devraient être plus avisés avec leur argent et faire des plans. Mais le plan de qui ? Pas celui de Dieu.
- D'où ce que le prédicateur appelle la trinité de l'avarice : mon argent, mes plans, mon avenir.
- Il imagine cet homme installé sur son canapé, en train de vérifier la Bourse et son solde bancaire : tout est au plus haut. En grec, les mots « repose-toi, mange, bois, réjouis-toi » sont des impératifs. Il se donne des ordres à lui-même : tu as réussi, récompense-toi, tout tourne autour de toi.
- Sans Dieu, cet homme n'a rien. Il se prépare un avenir confortable sans même penser à son avenir éternel. Tout se joue à court terme.
5. Être riche pour Dieu
- La suite du récit donne deux indices. Le premier est la question de Dieu : « ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? » Quelqu'un d'autre va en profiter. Le second est la conclusion de Jésus : être riche pour Dieu. Si tu essaies de tout garder pour toi, tu es insensé.
- Voici la définition du prédicateur, qu'il tire du texte : être riche pour Dieu, c'est « utiliser la richesse, telle que Dieu la donne, pour ses desseins ».
- On évite souvent de parler d'argent parce que c'est inconfortable : je ne donne pas vraiment, mais je suis généreux de mon temps, de mes talents, je sers dans une équipe. Pourtant ce texte parle bien d'argent. L'homme vient voir Jésus pour une question d'argent, et Jésus traite l'avarice liée à l'argent.
- « Telle que Dieu la donne » : le riche de la parabole vit une saison d'abondance, mais ce n'est pas le contexte de tout le monde. Dans une même famille d'Église, chacun traverse une saison différente.
- La saison d'abondance est très dangereuse, parce qu'il est facile d'y oublier que tout vient de la provision de Dieu.
- La saison de sécheresse est difficile : le travail, la maison, la vie de famille, l'argent qui sort plus vite qu'il ne rentre. Même là, nous avons un Père plein d'amour qui pourvoit et qui aime pourvoir. Le prédicateur invite à lire chez soi Luc 12:22-34 et le passage sur les lis des champs : Dieu t'aime bien plus qu'eux.
- La saison stable est dangereuse elle aussi : tant que le salaire de la semaine prochaine arrive, tout va bien. C'est la routine, et on oublie que c'est Dieu qui pourvoit.
- Quel que soit ton âge ou ta saison, nous faisons tous face à la même question : qu'est-ce que tu fais de ce que Dieu t'a confié, que ce soit peu ou beaucoup ?
6. Un héritage qui fait la différence
- Qui va profiter de ce que tu possèdes ? Pour le prédicateur, le mot « héritage » répond bien à la question.
- Le riche voulait un héritage centré sur lui-même : que les gens disent qu'il a réussi et qu'il a arrêté de travailler si jeune. Dieu lui répond qu'il est insensé et que d'autres recevront ce pour quoi il a travaillé.
- Dieu veut que nous fassions une différence dans la vie des autres. La question n'est pas combien je peux mettre de côté pour moi, mais quel impact je peux laisser autour de moi.
- L'Église locale existe pour le royaume de Dieu et pour ses desseins : faire des disciples de Jésus et les faire grandir.
- Ross Wilson raconte l'histoire d'une fondation qui possède une ferme à Bundaberg, où l'on cultive avocats et noix de macadamia. Son but : aider des jeunes, en particulier ceux qui sortent de centres de détention, à retrouver un sol ferme. En six ans, plus de 60 jeunes y ont reçu une formation de base, des compétences de métier et d'agriculture, ainsi qu'un accompagnement pour eux et leur famille. Au fil des années, des centaines de personnes, voire des milliers, ont été aidées.
- Qui paie pour tout cela ? Tout remonte à 1947, il y a près de 80 ans. Deux femmes possédaient cette ferme. Elles ont décidé de la donner à l'Église qu'elles fréquentaient, rue Ann, et de créer avec elle une fondation pour aider les jeunes à se remettre debout.
- Elles auraient pu faire prospérer la ferme puis se reposer, manger, boire et se réjouir. Elles auraient pu la garder comme ferme familiale, et il y avait sans doute beaucoup de pressions en ce sens. Elles ne vivaient probablement pas dans la pauvreté, mais la tentation du confort était là. Elles ont choisi d'utiliser ce que Dieu leur avait donné pour ses desseins.
- Nous ne pourrons peut-être pas léguer une grande part de nos biens au service de l'Église, ou peut-être que si : le prédicateur ne veut pas répondre à notre place. Il invite à réfléchir à notre héritage.
7. L'héritage que nous construisons ensemble
- La vision de Southside : que Dieu utilise l'Église pour faire des disciples de Jésus et les faire grandir, et atteindre 1 % de la population locale, soit mille personnes. Ce chiffre n'est qu'un début.
- L'an dernier, l'Église a grandi de 10 %, comme les années précédentes : une quarantaine de personnes de plus que l'an passé. Certaines sont devenues chrétiennes. D'autres s'étaient éloignées de l'Église, parfois blessées, et sont revenues dans un lieu de guérison. D'autres ont trouvé un lieu où grandir.
- Le parcours Découverte a été excellent cette année et aura lieu deux fois l'an prochain. Le groupe de jeux déborde d'activité chaque mardi matin. Au cours « English for Life », où l'on apprend l'anglais avant une étude biblique de base, une femme était en larmes : « J'avais entendu parler de Jésus. J'avais entendu ce qu'il a fait, mais je peux enfin voir que ce qu'il a fait, il l'a fait pour moi. »
- Aujourd'hui, 400 personnes, adultes et enfants, le dimanche matin, plus de 230 personnes dans les équipes, plus de 30 responsables d'équipe, 10 responsables de responsables, et l'équivalent de trois salariés à temps plein. « Une situation tendue, nous manquons de ressources, mais Dieu fait des choses extraordinaires. »
- Dans trois ans, avec 10 % de croissance par an : plus de 500 personnes le dimanche, plus de 300 dans les équipes, une cinquantaine de responsables d'équipe, plus de 20 responsables de responsables et environ six salariés. Cela demande de l'argent.
- Le prédicateur ne veut pas qu'on y voie un fardeau, mais qu'on se réjouisse de l'héritage auquel on participe. Chaque point du graphique représente des personnes : les visages de nos amis et de nos familles.
- Il y a environ onze ans, une assemblée d'environ 80 personnes a décidé d'acheter le bâtiment actuel, qui pourra à terme accueillir 450 personnes, la taille nécessaire pour en atteindre mille. Cela signifiait une dette de 4 millions de dollars. Ils ont dit oui. Sans cette décision, la plupart des membres actuels ne seraient pas là.
- « Maintenant, c'est notre tour. » Beaucoup de ministères tiennent une vingtaine d'années, puis perdent leur vision, et à trente ans il ne reste presque rien. La prière du prédicateur : que ce ministère continue après nous tous, pour atteindre nos enfants, nos petits-enfants et leurs enfants.
Points à retenir
- À la question « combien est-ce assez ? », la plupart d'entre nous répondent « juste un peu plus ». Jésus dit : gardez-vous avec soin de toute avarice.
- La vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, même dans l'abondance (Luc 12:15).
- L'insensé vit selon la trinité de l'avarice : mon argent, mes plans, mon avenir. Dieu est absent de sa vision du monde.
- Être riche pour Dieu, c'est utiliser la richesse, telle que Dieu la donne, pour ses desseins. Cela concerne bien l'argent.
- L'abondance, la sécheresse et la stabilité ont chacune leurs dangers. Dans toutes, Dieu reste celui qui pourvoit.
Application personnelle
- Si on te demandait aujourd'hui combien est assez pour toi, que répondrais-tu honnêtement ?
- Dans quelle saison te trouves-tu : abondance, sécheresse ou stabilité ? Quel est le danger propre à cette saison pour toi ?
- Quand tu fais des plans pour ton argent, quelle place laisses-tu à la prière et aux Écritures ?
- Qui profitera de ce que Dieu t'a confié ? Quel héritage es-tu en train de préparer ?
- Concrètement, comment peux-tu utiliser cette semaine une part de ce que Dieu te donne pour ses desseins ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi Dieu traite-t-il le riche de la parabole d'insensé ?
Pour Ross Wilson, ce n'est pas parce qu'il fait des projets : faire un plan est sage. Il est insensé parce que Dieu est absent de sa vision du monde. Tout tourne autour de « mon argent, mes plans, mon avenir », alors que tout ce qu'il possède vient de Dieu. Il prépare un avenir confortable sans penser à son avenir éternel, et il perd tout cette nuit-là.
Que veut dire être riche pour Dieu dans Luc 12:21 ?
Le prédicateur en donne une définition simple : utiliser la richesse, telle que Dieu la donne, pour ses desseins. Cela concerne bien l'argent, pas seulement le temps ou les talents. Que tu aies peu ou beaucoup, la question reste la même : qu'est-ce que tu fais de ce que Dieu t'a confié, et qui en profitera ?
Pourquoi Jésus dit-il « gardez-vous avec soin de toute avarice » ?
Jésus emploie le même langage que pour mettre en garde contre les faux enseignants, qui détruisent une vie et éloignent de Dieu. L'avarice est donc une affaire sérieuse. Certaines formes se voient facilement, d'autres sont cachées dans nos cœurs. Toutes reposent sur la même illusion : croire que la vraie vie dépend de l'abondance des biens.