Actes 10 : Dieu ne fait pas de favoritisme, va et accueille

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Introduction

« Je n'ai pas besoin de vous convaincre que nous vivons dans un monde profondément divisé. » Dave Thompson ouvre ainsi ce message à Vine Church Surry Hills, dans la série « Et si nous y croyions vraiment ? », consacrée au livre des Actes. Guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, politique de plus en plus polarisée, réseaux sociaux qui nous enferment dans des chambres d'écho, tensions jusque dans les familles : l'humanité s'est toujours divisée selon la richesse, l'origine, l'éducation, la culture et la politique.

Même quand nous ne nous faisons pas de mal directement, reconnaît le prédicateur, il reste en chacun de nous une réalité tranquille : nous préférons garder à distance ceux qui ne nous ressemblent pas. Malgré tous nos progrès, notre culture n'a pas trouvé de solution durable aux divisions profondes du cœur humain. Où trouver l'espérance ?

La réponse est dans l'Évangile, une bonne nouvelle d'espérance qui façonne notre vie dès maintenant. Et la question de la série revient : que se passerait-il si nous croyions vraiment, avec l'apôtre Pierre, que « Dieu ne fait point acception de personnes » (Actes 10:34) ? Pour Dave Thompson, deux choses en découlent : nous irons vers tous avec le message de Jésus, et nous accueillerons chacun dans la famille de Jésus.

Plan du message

1. Le diagnostic : une relation verticale brisée

  • La Bible pose un diagnostic radical : les fractures horizontales entre les êtres humains viennent de la fracture verticale entre l'humanité et Dieu. Cette relation brisée s'est infiltrée dans toutes nos autres relations.
  • L'image du système solaire : retire le soleil, et les planètes partent à la dérive ou se percutent dans le chaos. C'est ce qui arrive quand on retire Dieu de nos relations humaines.
  • Le remède : Dieu a restauré la relation verticale par Jésus et sa mort expiatoire à la croix. En traitant de manière décisive le péché humain à la croix, il a libéré une puissance qui peut se répandre dans nos relations les uns avec les autres.
  • Le prédicateur rêve que des visiteurs, parfois traînés à l'église par des amis chrétiens, puissent dire : « Je ne me suis jamais intéressé à la religion, mais quand je vois comment vous vous traitez les uns les autres, et qui se trouve ici, je ne peux pas nier qu'une puissance est à l'œuvre. Il y a ici une unité et un amour que je ne vois nulle part ailleurs. »
  • À celui qui explore la foi, il dit : si quelque chose de ce que Jésus a dit t'attire, Dieu est peut-être déjà à l'œuvre. Il t'appelle au-delà de l'admiration, à une relation de salut avec lui.

2. Actes 10, un tournant dans l'histoire du salut

  • En Actes 1:8, Jésus trace la route : « vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ». En Actes 10, le barrage cède et la bonne nouvelle déferle vers les nations.
  • Jusque-là, l'Église était presque entièrement juive, une secte juive aux yeux de beaucoup. À partir de ce moment, les portes du royaume sont grandes ouvertes au monde entier.
  • Corneille, centurion de la cohorte dite italienne à Césarée, est pieux, craint Dieu avec toute sa maison, donne largement aux pauvres et prie régulièrement. Un ange lui dit de faire venir Simon, surnommé Pierre, qui loge à Joppé chez Simon le corroyeur.
  • « J'adore la géographie », confie Dave Thompson. Joppé n'est pas un détail : des siècles plus tôt, Dieu envoie Jonas porter son message de miséricorde à Ninive, une ville païenne. Jonas est tellement dégoûté qu'il part dans la direction opposée, vers l'ouest. Et où embarque-t-il pour fuir ? À Joppé (Jonas 1:3).
  • D'où la tension du récit : que va faire ce prophète juif du message de miséricorde destiné à un centurion romain, « le païen des païens » ? Va-t-il fuir, le cacher, ou obéir ?

3. Une double conversion : Corneille et Pierre

  • Dans les Actes, l'Évangile avance par des conversions. La semaine précédente, la série avait vu celle de Saul de Tarse, le dernier dont on l'aurait attendue. Ici, en Actes 10, il y a une double conversion.
  • John Stott dit, avec un peu d'humour, que le sujet principal du chapitre est moins la conversion de Corneille que celle de Pierre. Pierre est déjà chrétien, mais les implications de l'Évangile doivent encore pénétrer toute sa vie, en particulier sa manière de penser et de traiter les non-Juifs.
  • La conversion n'est pas seulement un événement passé, ni une case à cocher dans un recensement, ni un ticket pour le ciel. C'est l'expérience quotidienne de suivre Jésus : choisir de lui obéir, vivre pour lui et non pour soi, se détourner des préjugés qui nous affligent et laisser sa grâce façonner nos pensées et nos attitudes.
  • Monté sur le toit pour prier, Pierre a faim. Il a une vision : une grande nappe descend du ciel, remplie de toutes sortes d'animaux, et une voix lui dit : « Lève-toi, Pierre, tue et mange. » Il répond : « Non, Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé ni d'impur. » La voix reprend : « Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. » Cela se produit trois fois.
  • Le prédicateur s'amuse à imaginer la nappe : d'abord du poulet et un beau steak, puis, en regardant de plus près, une paella aux crevettes et un burger au porc. « Non, Seigneur ! » Pour les valeurs religieuses de Pierre, c'est un cauchemar.
  • Pendant que Pierre réfléchit encore, les envoyés de Corneille arrivent, et l'Esprit lui dit d'aller avec eux sans hésiter, car c'est lui qui les a envoyés. Dieu relie les points : rien n'est souillé, voici des hommes envoyés par un centurion païen, va avec eux.

4. Jésus, la clé de lecture de l'Ancien Testament

  • Pourquoi ce détour par une vision sur la nourriture ? Parce que nous apprenons ici à lire la loi de l'Ancien Testament. Des sceptiques se moquent souvent sur les réseaux sociaux : « Vous gardez la morale sexuelle de l'Ancien Testament, mais vous mangez joyeusement du porc et des crevettes. Vous choisissez ce qui vous arrange. »
  • Sous l'ancienne alliance, les restrictions alimentaires et les ablutions rituelles étaient des frontières visibles qui séparaient Israël des autres nations. Israël était appelé à être saint, mis à part, pour montrer aux nations ce qu'est une vie dans une relation restaurée avec Dieu.
  • Avec Jésus, la communauté de l'alliance n'est plus limitée à une nation ou à une lignée. Jésus lui-même a déclaré tous les aliments purs (Marc 7, Matthieu 15) : ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme, c'est ce qui sort du cœur.
  • Quand Jésus confirme les lois morales universelles, comme l'éthique sexuelle, nous les gardons. Quand il accomplit les marqueurs rituels comme les lois alimentaires, leur temps est passé : elles sont accomplies.
  • L'illustration du feu rouge : une mère attend avec son fils au bord de la route et le retient par les épaules : « N'avance pas, ce n'est pas encore sûr. » Une minute plus tard, le feu change : « Maintenant, on peut traverser. » Est-elle incohérente ? Non. Il y a un temps pour certaines pratiques, selon ce que Dieu a révélé.

5. Premier appel : aller vers tous sans distinction

  • Pierre comprend. Il fait entrer chez lui les envoyés de Corneille et les héberge, brisant déjà les normes culturelles. Puis, chez Corneille, il dit : « Vous savez qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d'entrer chez lui ; mais Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur » (Actes 10:28).
  • Il est difficile de mesurer l'ampleur de ce moment. Pour les Juifs du premier siècle, les soldats romains sont les envahisseurs, les dirigeants détestés.
  • L'application est directe : Dieu ne met pas de limite à ceux qu'il peut sauver, nous ne devons pas en mettre à ceux vers qui nous sommes prêts à aller. C'est bon de partager l'Évangile avec des amis qui nous ressemblent, mais l'Évangile nous pousse hors de nos zones de confort, car nous avons tous des angles morts.
  • La question du prédicateur : si Dieu t'envoyait une nappe, qu'y aurait-il dessus ? De la purée de petits pois et une brochure de retraite pour les personnes âgées qu'on croit trop vieilles pour écouter parler de Jésus ? De la viande halal pour nos voisins musulmans de l'ouest de Sydney ? Un costume d'homme d'affaires ? Un âne ou un éléphant pour ceux dont les opinions politiques nous mettent mal à l'aise ?
  • Qui sont ceux dont tu supposes en silence qu'ils ne deviendront jamais chrétiens, ou que, pour être honnête, tu ne veux pas vraiment voir venir ? Ce soir, pense à eux et prie pour eux : qu'ils entendent la bonne nouvelle, et que Dieu change ton cœur pour que tu les voies comme Jésus les voit.
  • Trois pistes concrètes à choisir d'ici la fin de l'année : inviter un ami, un collègue ou un voisin au parcours « Explore » du mardi soir, où l'on partage un repas et examine les affirmations de Jésus ; organiser chez soi un dîner international avec des voisins et des amis chrétiens, après avoir prié ensemble pour avoir de l'audace ; s'associer à la mission mondiale, par exemple en priant et en donnant pour un couple de missionnaires, entendu la semaine précédente, qui part en Ouganda enseigner et former des pasteurs et des responsables.
  • « Même Pierre, cet apôtre qui a marché trois ans avec Jésus, a eu besoin d'un coup de pouce divin, trois fois, pour surmonter ses préjugés. » Nous aurons sans doute besoin, nous aussi, d'être stimulés, et de nous y aider les uns les autres.

6. Jésus, Seigneur de tous, juge de tous, Sauveur de quiconque croit

  • Devant la foule réunie chez Corneille, Pierre déclare : « En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable » (Actes 10:34-35).
  • Dave Thompson relève trois affirmations dans la prédication de Pierre : Jésus est le Seigneur de tous (verset 36), il est le juge des vivants et des morts (verset 42), et il est le Sauveur de quiconque croit en lui (verset 43). Trois vérités absolues, avec une condition pour la dernière.
  • Jésus n'est pas seulement « ton » Seigneur personnel. Il est Seigneur et juge de tout être humain, parce qu'il est Dieu, le Créateur, ressuscité d'entre les morts comme Seigneur de tous.
  • Une confession amusée du prédicateur, maintenant que ses enfants ont grandi : il sourit en voyant un tout-petit taper du pied devant ses parents en criant « Tu n'es pas mon chef ! » C'est si loin de la réalité : les parents ont l'autorité et la responsabilité. Le tout-petit peut taper du pied, cela ne change rien. Nous pouvons taper du pied devant Jésus, il reste le Seigneur.
  • Les adultes ne sont pas si différents, comme ces t-shirts « Not my president » qu'on voit aux États-Unis, des deux côtés du spectre politique. Aucun t-shirt ni autocollant ne change la réalité. Jésus est le roi légitime des chrétiens, des musulmans, des juifs, des laïcs et des athées, qu'ils l'aiment ou non. Tous lui rendront compte.
  • Voici la bonne nouvelle pleine de grâce : le juge est venu dans notre monde pour porter notre jugement. Tout pécheur qui se reconnaît pécheur, comme Paul, Pierre et Corneille, et qui se tourne vers lui découvre non pas un juge cruel, mais un Sauveur miséricordieux qui offre un pardon complet et gratuit. Et il n'est plus sur la croix : il est ressuscité.
  • Même un homme bon comme Corneille doit répondre à Jésus. Corneille est admirable : pieux, craignant Dieu, généreux, priant sans cesse, respecté par les autres soldats romains et par les Juifs, puissant, riche et pourtant humble. « J'aimerais le connaître », dit le prédicateur. A-t-il été sauvé par sa supériorité morale ? « Certainement pas », pour deux raisons.
  • Le contexte : Actes 9 vient de raconter la conversion de Saul, un persécuteur qui respirait la menace et le meurtre contre les disciples. Si le pire des pécheurs a été sauvé par grâce seule, le salut ne peut pas être une récompense pour les meilleurs.
  • Le contenu : Pierre ne tape pas sur l'épaule de Corneille en lui disant « Bravo, continue à prier et à donner, Dieu t'acceptera ». Corneille a besoin d'entendre l'Évangile, c'est pourquoi l'ange lui dit de faire venir Pierre. Pierre prêche le Christ crucifié et ressuscité, et le pardon des péchés par la foi en lui seul.
  • Personne n'est trop brisé ni trop mauvais pour que la croix ne puisse le sauver. Et personne n'est assez juste ni assez poli pour entrer dans la présence de Dieu sans le sang expiatoire de Jésus.
  • Corneille cherchait Dieu sincèrement, et Jésus promet que celui qui cherche trouve : « frappez, et l'on vous ouvrira » (Matthieu 7:7). Mais il découvre que, pendant qu'il cherchait Dieu, Dieu le cherchait déjà.

7. Deuxième appel : accueillir chacun dans la famille de Jésus

  • Pendant que Pierre parle encore, le Saint-Esprit descend sur tous ceux qui écoutent. Les croyants circoncis venus avec lui sont stupéfaits de voir le don du Saint-Esprit répandu aussi sur les païens, qui parlent en langues et glorifient Dieu, comme à la Pentecôte. Pierre conclut : « Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous ? » (Actes 10:47).
  • Vingt-quatre heures plus tôt, Pierre n'aurait jamais partagé un repas ni franchi le seuil de Corneille. Maintenant, ils sont accueillis comme des frères et sœurs bien-aimés en Jésus-Christ. Les murs d'hostilité tombent.
  • Un détail facile à manquer : pourquoi Pierre, et non Saul, que Jésus vient de désigner comme l'instrument choisi pour les nations (Actes 9:15) ? Parce que Pierre a prêché aux Juifs à la Pentecôte, quand l'Esprit a été répandu pour la première fois. Dieu orchestre ce moment pour que le même apôtre annonce le même Évangile, avec la même effusion de l'Esprit, aux païens.
  • Dieu veut une seule Église, sans division : pas une Église pour les Juifs et une autre pour les païens. Nous sommes un en Jésus-Christ, tous au même niveau au pied de la croix. Il n'y a pas de citoyens de seconde zone dans le royaume de Dieu.
  • Facile à reconnaître en théorie, difficile à vivre. Quand un nouveau arrive, nous remarquons sans le vouloir l'accent, la tenue, l'âge, l'origine, et nous classons. Croire que Dieu ne fait pas de favoritisme nous fera grandir en hospitalité : présenter le nouveau venu à d'autres, prendre de ses nouvelles la semaine suivante, échanger nos numéros, l'inviter à notre table.
  • Vine Church n'est pas une grande Église, mais plus de mille personnes y viennent pour la première fois chaque année. Il faudra tout le monde pour les accueillir. On ne vient jamais à l'église en pensant que tout tourne autour de soi : on cherche toujours quelqu'un à bénir et à intégrer.
  • Le passage se termine par un baptême, la promesse de Dieu rendue tangible. Le prédicateur rêve de devoir dire : « Change le calendrier, deux journées de baptême par an, ce n'est pas assez. Il en faudra quatre, cinq, une par mois. »

Points à retenir

  • Les divisions entre les êtres humains viennent de la rupture avec Dieu, et la croix de Jésus restaure la relation verticale qui guérit les relations horizontales.
  • La conversion n'est pas un événement figé : comme Pierre, nous avons besoin que l'Évangile transforme nos préjugés au quotidien.
  • Jésus est Seigneur de tous, juge de tous et Sauveur de quiconque croit en lui. Personne n'est trop loin de sa grâce, personne n'est assez bon pour s'en passer.
  • Croire que Dieu ne fait point acception de personnes nous pousse à aller vers ceux qui ne nous ressemblent pas avec l'Évangile.
  • Dans l'Église, il n'y a pas de citoyens de seconde zone : chacun doit être accueilli comme un frère ou une sœur.

Application personnelle

  1. Si Dieu t'envoyait une nappe comme à Pierre, quelles personnes y verrais-tu, celles que tu supposes en silence ne jamais pouvoir devenir chrétiennes ?
  2. Comptes-tu, comme Corneille aurait pu le faire, sur ta piété ou ta générosité, ou reposes-tu sur la seule grâce de Jésus ?
  3. Laquelle des trois pistes vas-tu choisir d'ici la fin de l'année : inviter quelqu'un à un parcours de découverte de la foi, organiser un repas avec des voisins, soutenir une mission ?
  4. La prochaine fois qu'un nouveau venu entrera dans ton Église, que feras-tu de plus qu'un simple signe de tête avant de rejoindre tes amis habituels ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie « Dieu ne fait point acception de personnes » en Actes 10 ?

Pierre le déclare au verset 34 chez Corneille, un centurion romain. Pour Dave Thompson, cela veut dire que ni l'origine, ni l'accent, ni le statut social, ni l'âge, ni le sexe, ni l'éducation, ni le niveau économique n'ont de poids spirituel devant Dieu. Nous devenons un par la foi en Jésus.

Corneille a-t-il été sauvé grâce à sa piété et à ses aumônes ?

Non. Corneille était pieux, généreux et priait sans cesse, mais Pierre ne lui dit pas « continue ainsi ». Il lui annonce Jésus crucifié et ressuscité, car le seul chemin vers le pardon des péchés est la foi en lui. Corneille cherchait Dieu sincèrement, et Dieu le cherchait déjà.

Pourquoi les chrétiens ne suivent-ils plus les lois alimentaires de l'Ancien Testament ?

Ces lois étaient des marqueurs visibles qui séparaient Israël des autres nations. Jésus a déclaré tous les aliments purs (Marc 7, Matthieu 15) : ces lois sont accomplies. En revanche, il a confirmé les lois morales universelles. Pour Dave Thompson, Jésus est la clé de lecture de l'Ancien Testament.

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