Introduction
« De toute la série, c'est le sujet dont j'ai le moins envie de parler. » Jason, pasteur des Campbelltown Anglican Churches, en Australie, en est à la troisième semaine d'une série intitulée « Parlons de sexe, d'argent et de pouvoir ». Beaucoup lui ont dit qu'il devait être difficile de parler de sexe ou de pouvoir. Pour lui, l'argent est le plus dur, parce que c'est souvent le sujet le plus personnel.
La semaine précédente, l'Église avait terminé la première épître de Jean sur un verset étonnant : « Petits enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5:21). Une bonne transition, car Colossiens 3 dit que la cupidité est une idolâtrie.
Le pasteur s'appuie sur deux textes : Colossiens 3:1-17 et la parabole de l'homme riche en Luc 12:13-31. Sa prière pour ce message : qu'à la fin, malgré la difficulté du sujet, chacun soit encouragé et grandisse dans le désir de servir Dieu avec son argent.
Plan du message
1. Ta vie éternelle a déjà commencé
- « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d'en haut » (Colossiens 3:1). Le cœur et la pensée sont tournés vers les choses d'en haut, pas vers celles de la terre.
- La raison est donnée au verset 3 : tu es mort, et ta vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ est mort, tu es mort avec lui. Quand il est ressuscité, tu es ressuscité avec lui.
- Le monde, ses passions et ses désirs ont été mis à mort à la croix. Ta nouvelle vie ne vit plus pour ces choses. « Ta vie éternelle a déjà commencé. »
- Nous ne voyons pas encore cette réalité dans toute sa gloire, nous attendons le retour de Jésus. Mais pendant que nous attendons, la vie nouvelle a commencé, une vie façonnée par l'avenir, par l'éternité.
- L'image du billet d'avion : tu achètes un billet pour Bali, tu le ranges dans un coffre et tu vis comme si tu ne l'avais pas acheté. Le jour du départ, à l'aéroport, on te demande ton passeport, ton visa, ton hébergement : tu n'as rien. Tu rentres chez toi. Si tu as acheté le billet, tu vis en accord avec ta décision. Ainsi en est-il de la vie chrétienne.
2. La cupidité est une idolâtrie
- Colossiens 3:5 dresse la liste de ce qu'il faut faire mourir : l'impudicité, l'impureté, les passions, les mauvais désirs et, au milieu de la liste, « la cupidité, qui est une idolâtrie ». C'est une forme de faux culte.
- Puis, au verset 16, Paul conclut sur des chants adressés à Dieu avec reconnaissance dans le cœur. Le pasteur souligne ce renversement radical : de la cupidité à la reconnaissance.
- Le chrétien ne regarde pas en arrière en se disant que sa vie d'avant était meilleure. « Si tu fais cela, tu n'as pas compris l'Évangile et tu ne comprends pas la seigneurie de Jésus. »
- La cupidité n'est plus notre maître, et c'est heureux : c'est un maître « cruel et insatiable ». Tu peux lui donner tout ce que tu as, la semaine suivante il en faudra davantage.
- L'amour de l'argent est une racine de tous les maux (1 Timothée 6:10). Satan se sert de l'argent pour tenter nos cœurs égoïstes vers un faux culte et nous faire oublier que Jésus nous a libérés de la cupidité.
- Le monde occidental repose sur la consommation et la croissance : le prochain iPhone, « l'iPhone 48 au lieu de l'iPhone 47 », la mode jetable qu'il faut remplacer au bout de deux mois, la prochaine voiture, rester à la hauteur de ses voisins. Tout autour de nous, la cupidité fait tourner la société.
3. Luc 12 : l'insensé n'est pas riche pour Dieu
- Dans la foule, un homme demande à Jésus de dire à son frère de partager l'héritage avec lui. Le pasteur remarque que des Australiens trouveraient la demande juste. Mais Jésus voit le cœur de cet homme.
- « Gardez-vous avec soin de toute avarice ; car la vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance » (Luc 12:15). Jésus nomme le problème, puis donne une illustration si pointue qu'on la comprend encore aujourd'hui.
- Un homme riche fait une récolte plus abondante que jamais. Au lieu de remplir ses greniers et de donner le reste, il en construit de plus grands. Le pasteur pense aux publicités pour les fonds de retraite : le couple âgé qui marche sur la plage, enfin arrivé aux jours de gloire. « C'est un mensonge. »
- « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? » (Luc 12:20).
- Nous mettons de côté pour les jours de pluie : retraite, assurances, maison, études des enfants, placements, liquidités sous le lit, maisons de vacances. Quelque part, on passe de la sagesse à l'idée d'avoir rattrapé puis dépassé ses voisins, ou pire, à l'esclavage des dettes.
- Dieu n'est pas contre le fait de profiter de bonnes choses : c'est lui qui les donne. Il n'est pas contre la prévoyance ni la gestion des risques. Il a même la meilleure stratégie : mets ta confiance en Jésus et tu seras sauvé.
- Le problème de l'insensé est qu'il vit pour les choses. Le pasteur évoque ces successions contestées où tout le monde se dispute le testament : les avocats font fortune et chacun repart les mains vides. « Le dieu argent te laisse tomber. »
4. Ne justifie pas la cupidité au nom de la sagesse
- Colossiens met en garde contre l'idole de l'argent. Luc 12 ajoute une nuance : ne pas justifier la cupidité au nom d'une sagesse humaine qui amasse d'abord pour soi et donne à Dieu les restes.
- Dans un exercice proposé aux enfants, l'argent était à répartir entre plusieurs catégories. La question : Dieu reçoit-il sa part en premier, ou reçoit-il « les cinq dollars qui restent au fond de la poche » en fin d'année ?
- Le résumé du message : « Sois riche pour Dieu. » Ne sois pas riche pour toi avant d'être riche pour Dieu.
- Cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien avoir de beau ni qu'on doit vivre comme des moines. Cela veut dire cultiver une attitude généreuse, reconnaissante pour ce que Dieu a fait, qui se voit dans la manière de dépenser ce qu'il donne.
- Cela signifie nager à contre-courant, car presque personne autour de nous ne le fait.
5. Joie, privilège, maturité et contentement
- La joie et le privilège. Paul parle des Églises de Macédoine : au milieu de beaucoup de tribulations, leur joie débordante et leur profonde pauvreté ont produit de riches libéralités. Elles ont donné selon leurs moyens et au-delà, demandant avec insistance la grâce de prendre part à l'assistance des saints (2 Corinthiens 8:1-4).
- La maturité. « Ils se sont d'abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu » (2 Corinthiens 8:5). Leur attachement à Jésus a débordé jusque dans leur porte-monnaie. Selon le pasteur, ce que nous faisons de notre compte en banque est un des signes de la maturité chrétienne.
- Le contentement. « C'est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement » (1 Timothée 6:6). Nous n'avons rien apporté dans le monde et nous n'en pouvons rien emporter. Ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation et le piège. Apprendre le contentement protège de l'égarement loin de la foi.
- C'est pourquoi la vision de l'Église prie pour que chaque membre apprenne la générosité, et pourquoi le point sur les finances est publié chaque semaine. « J'espère que vous ne décrochez pas » à ce moment-là : cela fait partie de notre maturité en Christ.
- L'année précédente, l'Église a vécu ce que le pasteur appelle un petit miracle : un budget terminé dans le vert, ce qu'il n'avait jamais vu dans la vie d'une Église. Cette année-là, l'Église avait lancé une nouvelle communauté et engagé un nouvel ouvrier de l'Évangile, en faisant un pas de confiance. Quand la vision de l'Évangile était claire, l'amour pour Dieu a conduit à une générosité au-delà de ce qu'on imaginait.
- Aujourd'hui, de plus en plus de personnes viennent et veulent connaître Jésus, des parcours de découverte se multiplient et des personnes deviennent chrétiennes. Le budget va encore augmenter : l'Église suit un plan sur cinq ans pour que les biens immobiliers financent les biens immobiliers et que les dons financent le ministère. Cette année, un quart de million de dollars a été investi pour rénover la propriété d'Airds, et un grand projet commence à St Peter's.
6. Qui doit donner, et combien ?
- Qui ? On entend dire que l'Église ne veut que ton argent. C'est faux : Jésus veut bien plus, il veut ta vie entière, ton cœur, ton âme, pour l'éternité. Si tu n'es pas encore chrétien, « nous ne voulons même pas ton argent » : Jésus n'en a pas besoin, il veut que tu le rencontres.
- Aux chrétiens, le pasteur souhaite d'apprendre, comme les Macédoniens, à demander avec insistance de prendre part à l'œuvre de Dieu. À ceux qui lui disent qu'en tant que pasteur il n'a pas à donner, il répond : « Ne me prive pas de ma propre joie de donner. » Il aime soutenir des projets en Afrique, des missionnaires au Liberia, des personnes qui se forment au ministère.
- Combien ? 2 Corinthiens 8:12-13 donne deux principes : la bonne volonté, et une égalité où chacun prend sa part selon ce que Dieu lui a donné. Aujourd'hui, l'Église compte bien moins de donateurs que de chrétiens. Le pasteur rêve du jour où chaque chrétien sera partenaire de l'Évangile, quel que soit le montant.
- Pour certains, ce sera la pite de la veuve, cette femme qui n'a mis qu'une petite pièce dans le tronc du temple et dont Jésus a dit qu'elle avait donné tout ce qu'elle avait (Marc 12:41-44). Dix dollars sur une année peuvent être un don généreux : Dieu le voit.
- Il invite chacun à se demander si 10 % du revenu est un bon point de départ, en souvenir de la dîme de l'Ancien Testament. Mais nous ne sommes pas sous la loi, nous sommes sous la grâce. Pour quelqu'un qui vit d'aides sociales dans un logement social, 10 % peut coûter un repas : « Donne beaucoup moins. » Pour ceux qui le peuvent, 11, 15, 20 ou 30 % peuvent être le point de départ.
- Avec sa femme, le pasteur commence son budget annuel en réservant 15 %. Une année, pour soutenir un ouvrier de l'Évangile, ils ont retiré 50 dollars par semaine de leur budget alimentaire. Lui aurait ajouté des pépites de chocolat au panier ; elle a réussi à tenir, sans que leur façon de manger change vraiment.
- Il ne le dit pas pour culpabiliser : quand tu prépares ton année, pense d'abord à Dieu. Si cela ne tient pas comme tu le voudrais, réduis. « C'est d'accord. Mais pense à Dieu en premier. »
- Un calcul fait au dos d'une enveloppe : si 179 adultes au salaire médian national (60 000 dollars après impôts) donnaient 10 %, soit 6 000 dollars chacun, cela ferait le budget de l'Église. Or l'Église compte bien plus de 179 adultes qui aiment Jésus. Imagine ce que Dieu pourrait ouvrir si toute l'Église apprenait à être riche pour lui.
7. À quoi donner ?
- D'abord, subvenir aux besoins de sa famille et de ceux dont on a la charge, pour ne pas être le chrétien que l'Écriture condamne.
- Dans le Nouveau Testament, la générosité soutient surtout l'œuvre de l'Évangile dans le monde. Les membres d'une Église commencent par soutenir leur Église : « Si nous ne soutenons pas notre Église, personne d'autre ne le fera. » Le pasteur et sa femme visent environ 80 % de leurs dons pour leur Église.
- Ensuite, de nombreuses possibilités : la mission mondiale avec CMS, d'autres ouvriers, des organisations chrétiennes qui font de l'évangélisation directe ou qui manifestent l'amour de Dieu par le soin et l'aide.
- Il n'y a pas de règle. Le pasteur choisit, quand c'est possible, une organisation chrétienne plutôt qu'une association laïque qui fait le même travail. L'essentiel est la joie de trouver ce qui te passionne et de répandre l'amour de Dieu avec ton argent.
- Il conclut : « La cupidité est une idolâtrie. Mets-la derrière toi. » Que nous apprenions à ne pas tout remplir pour nous d'abord, mais à être riches pour Dieu, puis à jouir des bénédictions qui débordent de lui vers nous. C'est le chemin de la piété avec le contentement, et d'un grand gain.
Points à retenir
- Ta vie éternelle a commencé : mort et ressuscité avec Christ, tu vis déjà en accord avec l'avenir que tu as choisi.
- La cupidité est une idolâtrie, un maître cruel et insatiable dont Jésus t'a libéré. Le chrétien passe de la cupidité à la reconnaissance.
- L'insensé de Luc 12 amasse pour lui-même sans être riche pour Dieu. Ne justifie pas la cupidité au nom de la sagesse.
- Donner est une joie, un privilège et une marque de maturité, et la piété avec le contentement est une grande source de gain.
- Chacun peut donner selon ses moyens, sous la grâce et non sous la loi, en pensant à Dieu en premier.
Application personnelle
- Vis-tu comme quelqu'un qui a « acheté le billet », en accord avec la vie éternelle déjà commencée en Christ ?
- Dans quel domaine la course au « prochain modèle » ou à la comparaison avec tes voisins a-t-elle pris de la place dans ton cœur ?
- Quand tu prépares ton budget, Dieu reçoit-il la première part ou ce qui reste en fin d'année ?
- Quel pourcentage serait pour toi un point de départ honnête, sans culpabilité mais avec bonne volonté ?
- Quelle œuvre de l'Évangile, à commencer par ton Église, pourrais-tu soutenir avec joie cette année ?
Versets cités
- Luc 12:13-31
- Colossiens 3:1-17
- 1 Jean 5:21
- 1 Timothée 6:6-10
- 2 Corinthiens 8:1-5
- 2 Corinthiens 8:12-13
- Marc 12:41-44
Questions fréquentes
Que veut dire « être riche pour Dieu » dans Luc 12 ?
Dans la parabole de l'homme riche, l'insensé amasse des trésors pour lui-même sans être riche pour Dieu. Pour Jason, cela ne veut pas dire vivre comme des moines ni refuser les bonnes choses : cela veut dire penser à Dieu en premier, et non lui laisser les cinq dollars qui restent au fond de la poche en fin d'année.
Pourquoi la Bible dit-elle que la cupidité est une idolâtrie ?
Colossiens 3:5 range la cupidité parmi les choses à faire mourir et la qualifie d'idolâtrie, c'est-à-dire l'adoration d'un faux dieu. Le prédicateur la décrit comme un maître cruel et insatiable : on ne lui donne jamais assez. Le chrétien, mort et ressuscité avec Christ, en a été libéré et passe de la cupidité à la reconnaissance.
Combien un chrétien devrait-il donner ?
Jason s'appuie sur 2 Corinthiens 8:12-13 : la bonne volonté et l'égalité. Il propose de réfléchir à 10 % du revenu comme point de départ, en souvenir de la dîme, tout en rappelant que nous sommes sous la grâce et non sous la loi. Celui qui vit avec peu peut donner bien moins, comme la veuve et sa petite pièce ; celui qui le peut est encouragé à aller au-delà.