1 Samuel 8 : Israël réclame un roi comme les autres nations

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Introduction

« Qui sera roi ? » Depuis plusieurs semaines, cette question est au centre de la série sur le premier livre de Samuel à St Jude's, à Carlton. Jusqu'ici, la question était étrange : il n'y avait pas de roi en Israël. Dans les chapitres 8 et 10, tout change. Israël demande un roi, et Israël reçoit un roi.

Josh Elkin, l'un des pasteurs de St Jude's, suit le fil du chapitre 8 : le problème, la proposition des anciens, l'avertissement de Dieu, puis l'issue, aux chapitres 10 et 11. Il précise d'emblée que lorsqu'il parle d'Israël, il parle du peuple de Dieu il y a 3 000 ans, et non de l'État moderne. Il ne propose aucune solution politique pour le Moyen-Orient d'aujourd'hui.

Derrière cette histoire de royauté, une question te concerne directement : à qui fais-tu confiance pour diriger ta vie ? À un roi « comme les autres », ou au Dieu qui t'a sauvé ?

Plan du message

1. Le problème : Samuel vieillit et ses fils se détournent

  • Le contexte est paisible. L'arche a été prise, puis Dieu a montré sa puissance contre Dagon, le dieu des Philistins, et l'a ramenée. Au chapitre 7, verset 13, les Philistins sont humiliés et la main de l'Éternel est contre eux pendant toute la vie de Samuel. « Tout va bien. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? »
  • Premier problème, commun à tous les responsables : Samuel devient vieux. « Le problème avec tous les bons leaders, c'est qu'ils ne seront pas leaders pour toujours. » Quand ils partent, viennent l'inquiétude et les questions : qui va les remplacer, où cela nous laisse-t-il ?
  • Samuel établit ses deux fils, Joël et Abija, juges à Beer-Schéba, bien plus au sud, loin de son regard. Il suit « le manuel d'Éli » : le prêtre Éli avait lui aussi confié la charge à ses deux fils corrompus. La même stratégie donne le même résultat.
  • Les fils de Samuel se livrent au gain, acceptent des présents et pervertissent la justice. Ils voient leur charge comme un moyen de s'enrichir aux dépens du peuple. Ils se sont détournés de Dieu vers l'idole de l'argent.
  • Le pasteur s'arrête sur une douleur que connaissent beaucoup de parents chrétiens : avoir des enfants qui ne suivent pas leurs traces et se détournent du Seigneur Jésus. Le texte n'attribue aucune faute à Samuel. « Ne te juge pas plus durement que Dieu ne le fait. » Continue de prier, d'espérer, de montrer l'amour de Jésus. « Leur histoire et ton histoire ne sont pas encore terminées. »

2. La proposition : un roi comme toutes les nations

  • Les anciens d'Israël se rassemblent à Rama. Cela devrait faire sonner l'alarme : la dernière fois qu'ils ont eu une grande idée, ils ont envoyé l'arche de l'alliance au combat. Résultat : 30 000 morts, l'arche capturée et la détresse dans tout le pays.
  • Leur demande, au verset 5, semble raisonnable : tu es vieux, tes fils ne marchent pas sur tes traces, établis-nous un roi comme il y en a chez toutes les nations.
  • Les anciens sont fatigués d'attendre que Dieu suscite un chef. Ils sont fatigués des prêtres et des prophètes qui apportent un message de Dieu appelant à changer de vie. Ils veulent que ce soit simple et ne plus se faire remarquer.
  • Josh Elkin avoue avoir pensé la vie chrétienne de cette manière : se lever pour prier et lire la Bible alors que les matins sont déjà difficiles, donner à l'Église et soutenir des missionnaires alors qu'il aimerait acheter une maison comme ses amis, aimer un collègue que tout le monde trouve insupportable alors qu'il serait plus simple de faire comme les autres et de parler de lui dans son dos.
  • « La vie chrétienne est une vie qui nous fait sortir du lot. » Elle appelle à être radicalement aimant, radicalement généreux, et à ne pas se fier à soi-même mais à Dieu. « Combien de fois pensons-nous savoir mieux que le Créateur de l'univers ? Combien de fois sommes-nous comme les anciens d'Israël ? »

3. Une demande absurde qui rejette Dieu

  • À y regarder de plus près, la proposition est absurde, presque comique. Pour régler le problème des fils corrompus d'un dirigeant, on réclame une monarchie héréditaire où les fils des dirigeants régneront pour toujours. « C'est comme essayer d'arrêter une inondation avec un tuyau d'arrosage. »
  • Plus grave encore, Samuel est contrarié et prie. Dieu lui répond : ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent (verset 7). Comme lorsque l'arche a été capturée, les anciens montrent qu'ils ne font pas confiance à Dieu pour prendre soin d'eux.
  • Au verset 8, Dieu rappelle qu'ils agissent ainsi depuis la sortie d'Égypte. Ils se détournent du Dieu qui a appelé un vieil homme sans enfant à devenir le père d'une multitude de nations, du Dieu qui les a délivrés de leurs maîtres égyptiens, du Dieu qui les a conduits à travers le désert et leur a donné un beau pays.
  • Nous aussi, nous rejetons Dieu quand nous ne lui confions pas notre temps et notre énergie, quand nous ne lui faisons pas confiance avec nos finances, quand nous refusons d'aimer les autres, quand nous nous fondons dans le monde au lieu d'être le sel et la lumière.
  • « À chaque génération, en chaque lieu, à chaque instant », nous avons à choisir entre accueillir la volonté de Dieu pour notre vie ou nous fondre dans le monde. Étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie.

4. L'avertissement : un roi qui prendra

  • Même dans ce rejet, Dieu ne se détourne pas de son peuple. Comme un bon parent qui essaie de raisonner ses enfants, il l'avertit par la bouche de Samuel.
  • Le pasteur invite à compter combien de fois revient le verbe « prendre » à partir du verset 11 : le roi prendra vos fils, vos filles, le meilleur de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers, la dîme de vos semences et de vos vignes, vos serviteurs, vos bœufs, vos ânes, la dîme de vos troupeaux. « Et vous-mêmes, vous serez ses esclaves. »
  • « Qu'est-ce qu'un roi ? Quelqu'un qui va prendre. Quelqu'un qui va asservir. » C'est, dit-il avec humour, « le pire accord commercial de l'histoire des accords commerciaux ». Il ne réglera pas le problème et ne fera qu'aggraver la situation.
  • Demander un roi, c'est demander à retourner en Égypte, à l'état d'avant la rédemption : la douleur, l'amertume, la pauvreté et la misère de l'esclavage. Et c'est pire encore à cause du verset 18 : ce jour-là, vous crierez contre le roi que vous aurez choisi, mais l'Éternel ne vous exaucera pas.
  • Cet avertissement, qui peut sembler dur, est en réalité la miséricorde de Dieu. Ce que demandent les anciens est une trahison, une violation directe de l'alliance. Dieu leur montre exactement ce qu'ils demandent, pour qu'ils ne puissent pas se dire innocents ou trompés.
  • Comme tout avertissement, il vise un changement de comportement. Le parent qui dit à son enfant de ne pas toucher la poêle brûlante, le panneau au sommet de la falaise : « Ce n'est pas coercitif ni contrôlant de la part de Dieu. C'est miséricordieux et plein d'amour. »

5. Le jugement : Dieu leur donne ce qu'ils veulent

  • Le peuple refuse d'écouter : « Non ! Il y aura un roi sur nous, et nous aussi nous serons comme toutes les nations. » Samuel rapporte ces paroles à Dieu, qui répond : écoute leur voix et établis un roi sur eux.
  • Josh Elkin rapproche ce passage de Romains 1 : Dieu les a livrés aux convoitises de leurs cœurs, eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur.
  • Quand on pense au jugement de Dieu, on imagine le feu et le soufre, de petits diables rouges avec des fourches ou des anges aux épées flamboyantes. Mais bien souvent, « le jugement de Dieu consiste à laisser les gens prendre des décisions qui les éloignent de lui ».
  • Dieu donne à Israël ce qu'il veut, non parce que ce sera bon pour lui, mais comme un jugement sur sa rébellion, son impatience et son rejet. Et pourtant, dans ce jugement, il y a aussi une miséricorde.

6. Saül, un roi caché parmi les bagages

  • Entre les chapitres 8 et 10, Dieu organise la rencontre entre Saül et Samuel. Saül est oint en secret, rentre chez lui et n'en parle à personne. Au chapitre 10, à partir du verset 17, Samuel rassemble Israël à Mitspa et répète une dernière fois son avertissement : vous rejetez le Dieu qui vous a délivrés de toutes vos calamités.
  • Le peuple se présente par tribus et par familles. Cette scène rappelle Josué 7, la dernière fois qu'Israël a été rassemblé ainsi : Acan avait été désigné comme celui qui avait désobéi à Dieu et causé la défaite d'Israël, et il avait été lapidé. « Le souvenir de la mort et du jugement plane dans l'air. »
  • Pourtant, c'est la grâce de Dieu : rester avec son peuple dans sa désobéissance et lui susciter un roi du milieu de lui. La tribu de Benjamin est désignée. Benjamin, le plus jeune frère, la tribu contre laquelle toutes les autres étaient parties en guerre quelques décennies plus tôt, la tribu mise à l'écart. Un Benjamite pour régner sur les douze tribus, c'est choquant.
  • Puis le sort tombe sur la famille de Matri et sur Saül, fils de Kis. Mais Saül est introuvable. Dieu abrège la partie de cache-cache : il est caché parmi les bagages. Le pasteur relève le comique de la scène : l'homme qui dépasse tout le peuple de la tête, caché au milieu des sacs.
  • « Combien de fois nous dérobons-nous devant les grandes responsabilités auxquelles Dieu nous appelle ? » La conversation difficile que tu sais devoir avoir avec un ami, la réponse pleine de compassion face à un problème au travail, les petits gestes d'amour quotidiens qui te dérangent. « Combien de fois sommes-nous parmi les bagages au lieu d'être devant le peuple ? »
  • L'accueil est partagé : « Vive le roi ! » disent les uns. D'autres se demandent comment cet homme pourrait les sauver. C'est un Benjamite, il vient de Guibea. Au chapitre 11, son règne commence mal : les Ammonites assiègent une ville, Saül répond en menaçant tout Israël pour le forcer à combattre. La bataille est gagnée, mais une nouvelle ère commence : le chef d'Israël n'est plus seulement corrompu, c'est un tyran qui règne par la force et la terreur.

7. Jésus, le roi d'un autre royaume

  • Un peu plus de mille ans plus tard, un autre homme vient, de la tribu de Juda et non de Benjamin. Il annonce un royaume d'un genre nouveau, différent de celui des nations : un royaume gouverné par l'amour et non par la terreur, dont le roi vit pour toujours, toujours fidèle à Dieu, sans fils méchants pour lui succéder.
  • « Le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » Comment l'humanité a-t-elle reçu ce roi ? Par la torture et la mort les plus brutales jamais inventées. Assez puissant pour y échapper, il s'est soumis à la croix et au tombeau, et il est ressuscité le troisième jour.
  • Il a porté le jugement et la colère de Dieu à notre place pour que nous soyons en règle avec Dieu. Il ne s'est pas détourné vers la corruption ni les présents. Il a marché droit vers la croix. Il siège maintenant à la droite de Dieu, où il prie pour nous. En croyant en lui, nous pouvons être pardonnés de notre rébellion et de notre trahison, et recevoir une nouvelle citoyenneté.
  • Josh Elkin confie avoir été repris cette semaine. La Nouvelle-Zélande, son pays, prépare des élections législatives. Chaque fois qu'un article sur le sujet apparaît dans son fil d'actualité, il clique et perd une heure ou plus. Chaque débat le captive. « Je suis comme les Israélites. Je veux un meilleur dirigeant humain pour résoudre tous les problèmes de ce monde. »
  • Cette recherche est creuse et vide. Il faut regarder à Jésus pour notre satisfaction et notre espérance, faire confiance à son plan et à son calendrier. Oui, il faut travailler et voter pour améliorer le monde, mais nous avons un besoin plus profond : nous approcher de Jésus. « Le Dieu de l'univers veut me parler. Je dois éteindre mon téléphone, éteindre la télévision et m'approcher de lui. »
  • « Il ne veut pas nos votes. Il veut nos cœurs, nos pensées, nos âmes et notre force. »

Points à retenir

  • Vouloir être « comme toutes les nations » revient à rejeter Dieu comme roi. La vie chrétienne appelle à vivre autrement, et cela se voit.
  • La solution proposée par les anciens reproduit exactement le problème qu'elle prétend résoudre. Nos solutions sans Dieu font souvent de même.
  • L'avertissement de Dieu est une miséricorde : il montre où mène notre choix pour nous conduire à la repentance.
  • Le jugement de Dieu prend souvent la forme de nos propres désirs accordés. Pourtant, même là, Dieu reste avec son peuple.
  • Jésus est le roi que nul dirigeant humain ne peut égaler : il règne par l'amour, il vit pour toujours et il veut ton cœur plutôt que ton vote.

Application personnelle

  1. Dans quel domaine de ta vie (ton temps, ton argent, tes relations au travail) es-tu tenté de faire « comme tout le monde » plutôt que de suivre Dieu ?
  2. Y a-t-il une solution que tu attends d'un dirigeant, d'un emploi ou d'une sécurité financière, alors qu'elle ne peut venir que de Dieu ?
  3. Quel avertissement de Dieu as-tu entendu récemment sans en tenir compte ?
  4. Quelle responsabilité, conversation difficile ou geste d'amour fuis-tu en te cachant « parmi les bagages » ?
  5. Qu'est-ce qui capte ton attention au point de t'éloigner de Jésus, et que peux-tu éteindre cette semaine pour t'approcher de lui ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Israël demande-t-il un roi dans 1 Samuel 8 ?

Samuel est devenu vieux et ses fils, Joël et Abija, sont corrompus : ils recherchent le gain, acceptent des présents et pervertissent la justice. Les anciens d'Israël demandent alors un roi « comme il y en a chez toutes les nations ». Josh Elkin souligne qu'ils veulent une vie plus simple et ne plus se distinguer des peuples voisins.

En quoi demander un roi revient-il à rejeter Dieu ?

Dieu le dit lui-même à Samuel : ce n'est pas lui que le peuple rejette, c'est Dieu, afin qu'il ne règne plus sur eux (1 Samuel 8:7). Pour Josh Elkin, les anciens montrent une fois de plus qu'ils ne font pas confiance à Dieu pour prendre soin d'eux, ce Dieu qui les a fait sortir d'Égypte et leur a donné un pays.

Pourquoi Dieu donne-t-il quand même un roi à Israël ?

Dieu avertit d'abord son peuple avec force : le roi prendra leurs fils, leurs filles, leurs champs et fera d'eux ses esclaves. Le peuple refuse d'écouter. Dieu lui donne alors ce qu'il veut, comme un jugement sur sa rébellion. Mais Josh Elkin y voit aussi une grâce : Dieu reste avec son peuple et lui suscite un roi du milieu de lui.

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