Introduction
Ce dimanche-là, le culte de l'Église baptiste de Naples (via Foria) est plus court que d'habitude : l'assemblée doit ensuite se réunir en session extraordinaire pour élire les nouveaux anciens de la communauté. Le pasteur I. Benedetti passe donc directement à la prédication, sur la parabole des noces en Matthieu 22:1-14.
Il commence par un aveu : chaque fois qu'il lit cette parabole, il se sent solidaire de ceux qui ne vont pas au repas. Il n'aime pas les repas de mariage. « Les mariages, ça va, mais le repas de mariage ne m'attire pas. » Il comprend aussi la réaction du roi, qui invite des gens importants pour les noces de son fils et voit qu'au bout du compte personne ne vient.
À partir de là, le pasteur pose une question qui touche chaque croyant : comment réponds-tu à l'invitation de Dieu ? Et quand tu viens au culte, viens-tu comme à une fête ?
Plan du message
1. Des invités qui ne respectent pas le roi
- Le roi prépare les noces de son fils et envoie ses serviteurs : « Voici, j'ai préparé mon festin ; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces » (Matthieu 22:4). Mais les invités s'en vont, « l'un à son champ, l'autre à son trafic », et d'autres maltraitent et tuent les serviteurs.
- Le motif de leur refus n'est pas un simple manque de goût pour la fête. Au fond, ils ne respectent pas le roi ni l'invitation qu'il leur a adressée. Ils ne se sentent pas obligés d'y participer.
- « Ils savent qu'ils sont les invités de droit, mais ils ne veulent pas devenir les convives du roi. »
- Ils voient cet événement mondain, et politique pour des rois, comme une chose facultative : « Si j'ai envie d'y aller, j'y vais ; si je n'en ai pas envie, je n'y vais pas. Cela dépend de ma volonté, pas de l'invitation. »
2. Une parabole adressée aux gens du métier
- Jésus raconte cette parabole aux principaux sacrificateurs et aux anciens du peuple, à ceux qui s'y connaissent en questions religieuses. Le pasteur les appelle « les gens du métier ».
- Peu avant, Jésus leur avait dit : « Les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu » (Matthieu 21:31). Pourquoi ? Parce que ces gens avaient cru à la prédication de Jean-Baptiste, alors que les chefs du peuple n'y avaient pas cru.
- La parabole des noces porte le même message : à la fin, dans le royaume, il y aura justement ceux qui n'étaient pas censés y être.
- Le roi envoie ses serviteurs dans les chemins chercher tous ceux qu'ils trouvent, « méchants et bons » (Matthieu 22:10). Jésus le précise. Ces gens n'étaient pas sur la liste des invités et n'avaient aucun titre pour être là. Ils se retrouvent pourtant à table, hôtes du roi et de son fils.
- Premier enseignement : « Entrer dans le royaume n'est pas une question de droit acquis, mais de disponibilité. » Il ne s'agit pas de se préparer pour entrer, mais d'être prompt à répondre à l'invitation reçue : quand tu reçois l'invitation, tu y vas.
3. Les gens du métier, aujourd'hui, c'est nous
- Il ne faut pas comprendre cette parabole comme si elle visait les autres. Comme on dit : « Le pasteur, quand il prêche, prêche toujours aux présents et non aux absents. »
- Les gens du métier d'aujourd'hui, ce sont ceux qui ont cru en Jésus et qui, d'une certaine façon, figurent sur la liste des invités au royaume. Ceux qui connaissent les Écritures, les cantiques que tout le monde peut chanter ensemble, l'ordre du culte.
- C'est nous qui risquons de traiter cette invitation comme une chose acquise, à accepter ou à repousser selon la journée : « Si j'en ai envie, je viens ; sinon, je ne viens pas. »
- La parabole ne sert pas à juger. L'intention de Jésus n'est pas de juger, mais de réveiller ceux qui doivent entrer dans le royaume.
4. Le culte du dimanche, un avant-goût du royaume
- Le culte du dimanche a une portée eschatologique : il concerne les choses finales, le royaume de Dieu. Pendant le culte, nous vivons en petit quelque chose de ce que nous vivrons dans le royaume.
- Participer au culte, c'est donc accepter une invitation, car le culte en est une anticipation, un gage. Ne pas y participer, c'est ne pas répondre à l'invitation qui t'est faite. Et pourtant, nous pensons parfois que la participation est facultative.
- Le roi ne veut pas que la salle reste vide. La fête doit avoir lieu, même si les invités ne sont pas venus, et elle aura lieu avec ceux qui ne méritaient pas d'y être. « Jésus veut la salle pleine. »
- Bons ou méchants, peu importe : « Ce n'est pas un problème moral. C'est une question de vouloir être à cette fête. »
- On va à une fête pour se réjouir, pour être bien, parce qu'on est entre amis et qu'on est ami du maître de maison. Mais si tu n'aimes pas la décoration, la musique, les autres invités, leur façon de s'habiller, si tu trouves que la fête dure trop, si on t'oblige à danser ou à frapper des mains, la fête devient une torture et tu n'as plus envie d'y aller.
- « La participation au culte dépend beaucoup de l'attitude avec laquelle on y participe. Si tu as des réserves, tôt ou tard, elles t'empêcheront d'être présent. »
5. L'habit de noces, la qualité de ta présence
- La parabole se termine sur un fait particulier : un invité n'a pas l'habit de noces. « Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces ? » (Matthieu 22:12).
- Il n'est pas renvoyé parce qu'il est pauvre. Ce ne peut pas être le motif, puisque tous les autres ont, eux aussi, été pris dans la rue. Il est renvoyé parce qu'il est venu comme si ce n'était pas une fête.
- À une fête, il y a un « dress code », comme on dit aujourd'hui : une manière de s'habiller adaptée à l'événement. L'attitude de cet homme commence déjà à la maison, quand il ne s'habille pas pour aller à une fête.
- L'habit n'est pas un billet d'entrée. Personne ne dit qu'il faut bien s'habiller pour venir au culte. « Bien s'habiller, c'est la qualité de la réponse que tu donnes à l'invitation que tu as reçue. C'est la qualité de ta présence. »
6. La foi tend toujours à la joie
- Si le culte du dimanche est l'image du royaume de Dieu, il doit aussi en avoir la caractéristique : la fête. Ce n'est pas un hasard si Jésus décrit presque toujours le royaume comme un grand banquet, un événement joyeux.
- Le pasteur se décrit lui-même : il n'est pas un grand révolutionnaire de la liturgie. Il aime les cantiques anciens, ceux du vieux recueil noir en usage quand il est entré à l'église. Il aime la spiritualité intérieure, les petites réunions, les bougies allumées, la prière tranquille. Son idéal d'édifice est l'église romane, toute simple, où il n'y a rien.
- Malgré ses goûts, il l'affirme : le culte du dimanche a un aspect de fête qu'on ne peut pas lui retirer. À une fête, on retrouve ses amis, mais on ne reste pas qu'avec eux : on cherche à connaître d'autres personnes, à se faire de nouveaux amis.
- « La foi a toujours à voir avec la joie. La foi et la joie sont pratiquement la même chose. La foi tend toujours à la joie, comme le culte tend toujours à la fête. »
- Le roi nous a déjà invités. Notre place à table est déjà là. Le repas est prêt, tout est dressé. « Nous pouvons laisser à la maison nos réticences, sortir de l'armoire les bonnes chaussures et le bon habit, et venir au culte contents, comme quand nous allons à une fête où nous retrouvons les personnes que nous aimons. »
Points à retenir
- Les invités de la parabole ne viennent pas parce qu'ils ne respectent pas le roi : leur présence dépend de leur envie, pas de l'invitation.
- Entrer dans le royaume n'est pas un droit acquis, c'est une disponibilité à répondre quand l'invitation arrive.
- Les croyants qui connaissent la Bible, les cantiques et l'ordre du culte sont les premiers exposés au risque de traiter l'invitation comme acquise.
- Le culte du dimanche est un avant-goût du royaume : y venir, c'est répondre à l'invitation du roi.
- L'habit de noces représente la qualité de ta réponse et de ta présence, car la foi tend toujours à la joie.
Application personnelle
- Ta présence au culte dépend-elle de l'invitation de Dieu ou de ton envie du moment ?
- Quelles réserves (la musique, la durée, les autres, la manière de faire) risquent, tôt ou tard, de t'empêcher d'être présent ?
- Te considères-tu parfois comme un « invité de droit », au point de traiter l'invitation de Dieu comme une chose acquise ?
- Concrètement, comment peux-tu préparer ton cœur dès la maison pour venir au culte comme à une fête ?
- Qui pourrais-tu chercher à connaître au prochain culte, au-delà de tes amis habituels ?
Versets cités
Questions fréquentes
Pourquoi les invités refusent-ils de venir aux noces dans Matthieu 22 ?
Pour I. Benedetti, ils ne viennent pas parce qu'ils ne respectent pas le roi ni son invitation. Ils se savent invités de droit, mais ils considèrent leur présence comme facultative : s'ils en ont envie, ils y vont, sinon ils n'y vont pas. Tout dépend de leur volonté, pas de l'invitation.
Que représente l'habit de noces selon I. Benedetti ?
L'homme sans habit de noces n'est pas renvoyé parce qu'il est pauvre : tous les convives ont été trouvés dans la rue. Il est renvoyé parce qu'il est venu comme si ce n'était pas une fête. L'habit n'est pas un billet d'entrée. Il représente la qualité de la réponse que tu donnes à l'invitation, la qualité de ta présence.
Pourquoi le culte du dimanche devrait-il ressembler à une fête ?
Jésus décrit presque toujours le royaume de Dieu comme un grand banquet. Or le culte du dimanche en est une anticipation. Pour le prédicateur, la foi tend toujours à la joie, comme le culte tend toujours à la fête. C'est un aspect que l'on ne peut pas retirer du culte, quels que soient nos goûts.