Noël sous tension : sois patient, le Juge est à la porte

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Noël sous tension : sois patient, le Juge est à la porte | Débora | Efficient Church

Introduction

« La plus belle période de l'année », dit la chanson qui tourne en boucle dans les cafés en décembre. Débora, qui clôture la série « Une foi vivante » sur la lettre de Jacques à l'Église comme à la maison, n'en est pas si sûre. Il y a ceux qui fêtent en famille et ceux qui fêtent seuls. Ceux qui sont en famille s'embrouillent, ceux qui sont seuls dépriment. Elle exagère un peu, dit-elle, mais tu vois l'idée : l'étudiante qui rentre chez ses parents après des mois d'absence et qui a changé, les parents qui retrouvent un enfant devenu adulte et qui prend des décisions qu'ils n'approuvent pas, les jeunes parents enfermés deux semaines avec les enfants sous la pluie, le premier Noël avec une belle-famille d'une autre culture. Et puis ceux qui souffrent d'être seuls : l'étudiant à l'autre bout du monde, la jeune retraitée que personne ne viendra voir, la personne dont un proche n'est plus là. Ces choses-là font plus mal pendant les fêtes.

Face à ces tensions, Débora décrit trois réactions humaines. L'humaniste ne voit aucun sens à la souffrance et fuit tout ce qui est tendu ; il risque de finir seul. Le légaliste juge tout et fait la morale à chaque repas ; il risque de faire éclater les relations. Le relativiste tire le rideau sur le problème et dit « c'est pas grave » ; en acceptant l'injustice, il n'obtient que des relations superficielles. Elle avoue pouvoir passer par les trois dans une même journée. Mais la Bible propose une voie radicalement différente. Dans Jacques 5:7-11, elle trouve deux pistes et un moteur pour vivre un Noël plus harmonieux.

Plan du message

1. Première piste : la patience du cultivateur (Jacques 5:7-8)

  • Un mot grec qui parle de colère. « Soyez donc patients, frères et sœurs, jusqu'au retour du Seigneur. » Jacques utilise le verbe makrothumeô : makros, c'est grand, loin, long ; thumos, c'est l'âme ou la colère. La patience, c'est quand la colère est longue à venir. Le grec a deux mots pour la patience : envers des circonstances (j'attends quelque chose) et envers des personnes. Ici, c'est la patience envers des personnes. Dieu aime quand on est long à se mettre en colère contre les autres. Là où l'humaniste fuit, la Bible dit : reste, attends, il y a quelque chose de bon qui t'attend.
  • Le cultivateur de patates douces. Débora s'est demandé ce qu'elle cultiverait si elle devait le faire : des patates douces, parce que c'est bon et pas trop compliqué. L'image de Jacques contient trois notions. Un but précieux : la récolte vaut la peine d'être attendue, je vais me régaler et régaler mes invités. Une certitude : les patates douces sont sous terre, je ne les vois pas, mais je me comporte comme si j'allais vraiment récolter un jour. Le temps : ce qui est bon et précieux peut prendre du temps ; il faut les pluies de l'hiver pour travailler la terre, puis celles du printemps pour faire pousser. Je ne change rien en étant impatiente.
  • Le lien avec le retour de Jésus. Verset 8 : « Vous aussi, soyez patients, affermissez votre cœur, car le retour du Seigneur est proche. » Les chrétiens ont une espérance qui leur est propre : ils attendent que leur Seigneur revienne. À Noël, on regarde en arrière vers la venue de Jésus, Dieu incarné dans un bébé ; c'est bien. Mais Jacques nous invite aussi à nous souvenir de ce qui va arriver. Si mes patates douces valent la peine d'être attendues, combien plus quelque chose de glorieux, d'énorme, de radicalement beau peut m'encourager à patienter au quotidien.
  • La certitude d'un changement. Débora cite la promesse de Jésus en Jean 14 : « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père... Je vais vous préparer une place... Je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. » Quel lien avec mon impatience envers mes frères et sœurs à Noël ? Dans les situations difficiles, ce qui encourage vraiment, ce ne sont pas les petites choses superficielles, mais la certitude d'un changement. Elle s'est mariée il y a peu, son mari habite en Normandie ; ce qui l'aide à patienter, c'est de savoir que ça va changer.
  • Un monde où la justice habitera. Elle lit 2 Pierre 3 : le ciel disparaîtra avec fracas, la terre sera brûlée, « mais nous attendons, conformément à sa promesse, un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice habitera ». Une justice parfaite exclut toute maltraitance, toute souffrance, toute parole ou acte blessant, et promet une vie épanouie dans l'harmonie avec Dieu, avec les autres, avec la nature. C'est pour cette raison qu'on peut affermir nos cœurs aujourd'hui et patienter un peu de temps, même dans les injustices relationnelles du quotidien.
  • Aparté théologique : ça fait 2000 ans. Le cultivateur attend quelques mois ; Jésus a promis son retour il y a 2000 ans. Déjà à l'époque, des moqueurs disaient : « Où est la promesse de son retour ? Depuis que nos ancêtres sont morts, tout reste dans le même état » (2 Pierre 3:4). Pierre répond deux choses. D'abord, « aux yeux du Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour » : pour l'éphémère qui vit un jour ou deux, un an c'est des dizaines de générations ; nos notions de temps ne sont pas celles de Dieu. Ensuite, « le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de sa promesse... il fait preuve de patience envers nous, voulant qu'aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance ». Dieu n'est pas en retard : il prend son temps pour revenir à nous pour nous laisser le temps de revenir à lui.

2. Deuxième piste : ne pas se plaindre les uns des autres (Jacques 5:9)

  • Soupirer ensemble, oui ; soupirer contre, non. « Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères et sœurs. » Les premiers lecteurs de Jacques connaissaient les conflits, comme nous à Noël. Il y a des choses difficiles, et on a le droit, on est même encouragés à soupirer ensemble et à dire « purée, ça c'est pas facile ». Mais Dieu n'aime pas quand on soupire contre les autres.
  • Stop au légaliste. C'est exactement ce que fait le légaliste : il juge, il répond. La Bible lui dit : laisse tomber, si tu juges tu oublies que tu n'es pas parfait toi-même. Débora renvoie à la prédication précédente de Romain sur le jugement, avec la nuance qu'il y a des situations où l'on est appelé à reprendre quelqu'un, mais c'est tout un art. Se plaindre des autres, mal parler derrière leur dos en exagérant leur caractère « incroyablement négatif », c'est ce comportement-là qu'on est invités à abandonner, parce qu'il nous place au-dessus des autres.
  • Le Juge se tient à la porte. Comment faire avec des personnes insupportables ? Jacques donne la même raison qu'au début : « afin de ne pas être jugés, voici que le juge se tient à la porte ». Il est proche, il arrive. Si Jésus revient pour établir un monde où la justice règne, alors il est forcément juge : c'est lui qui a le pouvoir d'enlever toute injustice.
  • Deux effets sur moi. Premièrement, si Jésus est juge, je n'ai pas besoin de juger. Je sais qu'il jugera de façon juste un jour, donc je peux supporter pour un peu de temps des situations injustes. Deuxièmement, si Jésus revient en juge, moi aussi je suis concernée : peu importe ce qu'on croit, la Bible dit qu'un jour on devra rendre des comptes à Dieu. Cela peut être difficile, mais ce n'est pas obligé de l'être, et c'est la troisième partie. En attendant, cette réalité nous rend humbles et nous pousse à laisser Dieu juger.

3. Le moteur : la souffrance de Job et la compassion du Seigneur (Jacques 5:10-11)

  • Un texte en crescendo. « Prenez pour modèle de patience dans la souffrance les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur... Vous avez entendu parler de la persévérance de Job et vous avez vu la fin que le Seigneur lui a accordée, car le Seigneur est plein de tendresse et de compassion. » Au début, la patience concerne des situations un peu tendues ; ici s'ajoute la souffrance. Les prophètes de l'Ancienne Alliance ont rapporté les paroles de Dieu et ont souffert pour ça, physiquement et psychiquement, tout en restant fidèles.
  • Job, la souffrance totale et injuste. À la pointe de tout ça, Jacques nomme Job, exemple parfait dans l'Ancien Testament d'une souffrance extrême et injuste : un homme juste qui souffre comme ce n'est pas possible. Contre le relativiste qui dit qu'il n'y a pas d'injustice, la Bible affirme : si, il y a des souffrances injustes, des choses graves, terribles. Le récit de Job n'embellit pas la souffrance, ne la cherche pas pour elle-même, ne la nie pas. Job a tout perdu : sa famille, ses enfants, ses propriétés, sa santé. Et là où même ses capacités arrivent à bout, on découvre notre petitesse et notre faillibilité : Job lui-même, à un moment, accuse Dieu et demande pourquoi.
  • La solution vient toujours de Dieu. Au bout de l'apogée de la souffrance et de l'injustice, il y a Dieu. C'est Dieu qui fait un pas vers l'homme, qui redonne la santé à Job, une famille, des richesses bien plus grandes qu'au début. Grâce à qui ? Grâce à Job ? Non. Dieu lui donne grâce à lui-même, grâce à sa tendresse et à sa compassion.
  • Un présent qui dure. En grec, « le Seigneur est plein de tendresse et de compassion » est au présent, ce qui est rare dans le passage. Cela dit une réalité valable pour tous les temps : il l'était, il l'est, il le sera. Jésus sera plein de tendresse et de compassion quand il reviendra.
  • Juge et compatissant : la raison de Noël. Comment concilier le juge de toute injustice et la compassion ? C'est la raison pour laquelle Jésus est né à Noël et mort à la croix. À la croix, Dieu s'est montré juge envers Jésus pour être compatissant envers nous. Chaque fois qu'on est appelés à être patients et qu'on craque, chaque fois qu'on est appelés à ne pas se plaindre et qu'on le fait, chaque fois que dans la souffrance on se tourne contre Dieu au lieu de l'appeler à l'aide : toutes ces injustices, Jésus les a portées. Dieu a déjà jugé Jésus pour que nous soyons graciés.
  • Deux options devant le retour de Jésus. Soit compter sur sa propre justice, ignorer la bonté de Dieu, la croix et les promesses de retour, en se disant « je suis bon et juste par mes propres efforts » ; or la Bible dit que devant la justice de Dieu, aucun être humain n'est parfait. Soit faire appel à la grâce de Dieu et faire confiance à ce que Jésus a fait ; alors ce que Dieu est vaut pour nous : plein de compassion, de tendresse et de bonté.
  • Retour à Noël. Dans nos familles ou seuls, dans les tensions ou la souffrance, on peut se souvenir de la venue de Jésus en tant que bébé, mais aussi de sa promesse de venue future qui donne de l'espoir. Se souvenir de ses promesses et de sa compassion envers nous est un moteur fort, qui nous rendra plus patients envers nos proches et donnera des fêtes bien plus harmonieuses et belles.

Points à retenir

  • Fuir (humaniste), juger (légaliste) ou minimiser (relativiste) : trois réflexes face aux tensions de Noël que la Bible ne retient pas.
  • La patience de Jacques 5:7 (makrothumeô) est une colère longue à venir envers des personnes, pas seulement une attente de circonstances.
  • Comme le cultivateur, le chrétien a un but précieux, une certitude et une notion du temps : Jésus revient, et cette certitude d'un changement permet de tenir aujourd'hui.
  • Dieu ne tarde pas : il prend son temps pour revenir à nous afin de nous laisser le temps de revenir à lui (2 Pierre 3:8-9).
  • Si Jésus est juge, je n'ai pas besoin de juger ; et je suis moi-même concerné par ce jugement.
  • Job montre que la souffrance injuste est réelle et que la solution vient toujours de Dieu, par sa tendresse et sa compassion.
  • Le Juge est compatissant parce qu'à la croix Dieu a été juge envers Jésus pour être bon envers nous. Tout dépend de ce sur quoi tu comptes : ta justice ou sa grâce.

Application personnelle

  1. Avec qui passeras-tu les fêtes de Noël ? Est-il facile d'être patient envers ces personnes-là ?
  2. À quelles occasions t'arrive-t-il de te plaindre des autres, ou de parler derrière leur dos en exagérant leurs défauts ?
  3. Qu'est-ce qui t'encourage dans la promesse du retour de Jésus ? Ou pourquoi cela ne t'encourage-t-il pas ?
  4. Dans les tensions à venir, quel réflexe domine chez toi : fuir, faire la morale, ou tirer le rideau ? Que changerait la pensée « le Juge se tient à la porte » ?
  5. Es-tu dépendant de la compassion de Dieu, ou comptes-tu sur ta propre justice pour le jour où tu seras devant lui ?

Versets cités

  • Jacques 5:7-11 · le texte du message : patience, ne pas se plaindre, Job, la compassion du Seigneur.
  • Jean 14:2-3 · « Je vais vous préparer une place... je reviendrai. »
  • 2 Pierre 3:4 · les moqueurs : « Où est la promesse de son retour ? »
  • 2 Pierre 3:8-9 · un jour comme mille ans ; le Seigneur ne tarde pas, il use de patience.
  • 2 Pierre 3:10-13 · un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice habitera.
  • Job 1-2 et Job 42:10-17 · la souffrance de Job et la fin que le Seigneur lui a accordée.

FAQ

Que veut dire « patience » dans Jacques 5:7 ?

Le mot grec est makrothumeô : makros (long, loin) et thumos (l'âme, la colère). La patience, c'est quand la colère est longue à venir. Le grec distingue la patience envers des circonstances et la patience envers des personnes ; ici c'est la seconde. Dieu aime quand on est long à se mettre en colère contre les autres.

Pourquoi Jésus n'est-il toujours pas revenu après 2000 ans ?

La question se posait déjà à l'époque des apôtres (2 Pierre 3:4). Pierre donne deux réponses : la notion de temps n'est pas la même pour Dieu que pour nous, un jour est comme mille ans (2 Pierre 3:8) ; et le Seigneur ne tarde pas, il fait preuve de patience envers nous, voulant qu'aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance (2 Pierre 3:9). Dieu prend son temps pour revenir à nous afin de nous laisser le temps de revenir à lui.

Comment Jésus peut-il être à la fois juge et plein de compassion ?

C'est la raison de Noël et de la croix. À la croix, Dieu s'est montré juge envers Jésus pour être compatissant envers nous. Toutes nos injustices, nos impatiences et nos plaintes, Jésus les a portées. Dieu a déjà jugé Jésus pour que nous puissions être graciés. Celui qui compte sur sa propre justice reste devant le juge ; celui qui fait appel à la grâce de Dieu rencontre sa tendresse et sa compassion.

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