Introduction
Tu connais peut-être l'émission « Patron incognito ». Un dirigeant se déguise, change de look, s'invente un prénom et descend au milieu de ses employés. Personne ne le reconnaît. Alors les langues se délient : certains se plaignent, d'autres révèlent une souffrance cachée, d'autres encore montrent un dévouement que personne n'avait remarqué. Et le patron voit tout, entend tout, dans le silence de son anonymat.
Ce sermon Momentum sur Éphésiens 1:20-23, qui prolonge une série sur Éphésiens commencée avec pasteur Mike, part de cette image pour te parler d'un Roi dont l'autorité est absolue, universelle, éternelle, et que le monde continue pourtant de ne pas reconnaître. Paul te conduit en trois temps : ce que Dieu a fait en Christ, ce que cela veut dire pour toute puissance qui prétend te dominer, ce que cela change concrètement pour toi qui es dans son église.
Plan du message
1. Ce que Dieu a fait : la résurrection comme fait historique
- Paul écrit : « Il l'a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes. » La puissance dont il parlait la semaine précédente (versets 15 à 19) n'est pas abstraite. Elle a un visage, elle a un nom, elle a une histoire.
- La résurrection n'est pas une idée, pas une métaphore, pas une belle histoire. C'est un événement précis. Et c'est le pivot de toute la foi chrétienne. Paul le dit sans détour en 1 Corinthiens 15:14 : « Si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine. Vous êtes encore dans vos péchés. »
- Paul ne dit pas qu'on aurait perdu le bénéfice d'une belle histoire à se raconter. Il dit : si ce n'est pas vrai, alors tout s'effondre, la foi, le pardon, l'espérance. Il ne reste rien.
- Prends un instant pour mesurer ce dont on parle. Dans toutes les cultures, la mort est la frontière absolue. Même les enfants savent que ce qui est mort ne revient pas, que ce qui est enterré reste enterré. On appelle ça la puissance ultime, la limite que personne ne peut franchir. Et c'est exactement cette frontière-là que Dieu a traversée.
- Le prédicateur cite Paul en 1 Corinthiens 1:18 : « La parole de la croix est une folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, elle est la puissance de Dieu. » Le même événement, deux lectures radicalement opposées. Pour le monde : un homme meurt sur une croix un vendredi après-midi, hors des murs de Jérusalem, affaire classée. Pour toi qui connais la vérité : l'acte le plus grand de toute l'histoire de l'humanité.
- Le théologien B. B. Warfield, qui enseignait à Princeton au 20e siècle, écrivait que le titre de Rédempteur est le plus intime de tous les titres du Christ. Pas d'abord parce qu'il dit ce que nous avons reçu, mais parce qu'il dit ce que cela lui a coûté à lui. Créer le monde en parlant, c'est la puissance de Dieu. Racheter l'humanité en mourant sur la croix, c'est l'amour de Dieu. Deux choses différentes.
- La résurrection n'est pas seulement une victoire du passé. C'est une réalité vivante en chacun de ceux qui la reçoivent aujourd'hui.
2. Ce que ça veut dire : une autorité sans limite ni date d'expiration
- Paul continue : « En le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, autorité, puissance et seigneurie, et au-dessus de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais encore dans celui qui est à venir. » Trois éléments à remarquer.
- La posture : Christ est assis. Dans la culture biblique, s'asseoir à la droite du Roi, c'est partager son autorité. Mais c'est aussi la posture de celui dont le travail est terminé. Rappelle-toi le sanctuaire de l'Ancien Testament : il n'y avait pas de siège pour le grand prêtre à l'intérieur, parce que son travail n'était jamais fini. Sacrifice après sacrifice, jour après jour, il recommençait.
- L'épître aux Hébreux le dit avec une clarté saisissante : « Tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés. Mais lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, il s'est assis pour toujours à la droite de Dieu. » (Hébreux 10:11-12) Il s'est assis : le travail est terminé, l'œuvre est accomplie, la dette est payée. La victoire est officielle et définitive.
- L'étendue de son autorité. Paul liste : domination, autorité, puissance, seigneurie. Pour ses lecteurs grecs et juifs, ces mots désignaient les puissances qui gouvernaient le monde et les autorités cachées derrière les événements.
- Ces puissances-là sont-elles dépassées aujourd'hui ? Malheureusement, non. Elles ont juste changé de nom. Regarde bien : l'algorithme qui décide de ce que tu penses. Le marché qui décide de ta valeur. La peur du regard des autres qui décide de tes choix jusque dans la vie de tous les jours. L'addiction à quelque chose qui décide de ton emploi du temps. L'opinion publique qui décide de ce qui est vrai pour toi. Si tu es honnête, tu les reconnais. Elles sont réelles, elles pèsent sur nos vies.
- La bonne nouvelle : Christ est au-dessus de tout ça. Il n'est pas en compétition, il n'est pas en train de négocier sa place. Colossiens 2:15 le dit de façon très directe : « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix. » L'image, c'est celle du général romain qui rentre victorieux à Rome. Il défile dans la ville, et derrière lui, les prisonniers sont enchaînés. As-tu un doute sur qui a gagné en voyant cette scène ? Les puissances ne sont pas niées (elles existent), mais elles sont vaincues, exposées, désarmées.
- La durée. Ce n'est pas comme un yaourt ou de bonnes vacances : il n'y a pas de date d'expiration. Pas de mandat renouvelable, pas d'élection qui change tout. Et c'est là que l'image du patron incognito revient. Le monde continue à vivre, à débattre, à faire des lois, à construire des empires, à proclamer l'autonomie de l'homme comme si personne d'autre n'était aux commandes. Est-ce par mauvaise volonté ? Pas nécessairement. Souvent, c'est par ignorance. Les employés de l'émission ne sont pas mauvais ; ils ne savent juste pas que c'est le boss. Mais toi qui marches avec Christ, tu sais.
3. Ce que ça change : l'église, corps vivant du Roi
- Les versets 22 et 23 opèrent un mouvement inattendu : « Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour chef suprême à l'église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » Paul vient de décrire une autorité sans limite ni date d'expiration ; on s'attendrait à une grande déclaration sur le monde entier. Mais non : il zoome sur quelque chose de très précis, très local. Les églises locales.
- Ce Christ victorieux est donné à l'église. Pas au monde en général : à l'église, de façon très précise. Et le mot « chef suprême » (ou « tête », selon les traductions) n'est pas d'abord un mot de domination : c'est un mot d'union, un mot de communion. Une tête ne peut pas se déconnecter du reste du corps. Ce qui arrive au corps, la tête le ressent ; ce qui vient de la tête, le corps le reçoit.
- Plus loin dans Éphésiens (4:15-16), Paul enfonce le clou : « En professant la vérité dans la charité, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ. C'est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire sa croissance selon la force qui convient à chacune de ces parties, et s'édifie lui-même dans la charité. »
- L'église n'est donc pas une organisation humaine sympathique avec Dieu comme parrain, ni un gouvernement au sommet d'une belle association. C'est un corps vivant dont Christ est la tête. Un corps vivant, chacun de vous en est un, vous savez ce que ça veut dire en théorie.
- Puis vient la phrase du verset 23 qui a particulièrement touché le prédicateur : « La plénitude de celui qui remplit tout en tous. » Laisse-toi toucher par elle. Ce Christ qui règne sur toute domination, sur tout ce qui se nomme dans ce siècle et pour toujours, ce Christ-là habite l'église. Il la remplit de toute sa plénitude.
- Jean Calvin commente ce verset en disant que l'église est le complément du Christ, comme si elle était son corps mystique sans lequel il serait, en quelque sorte, incomplet. Le mot est un peu fort (rien ne manque à Dieu, bien sûr), mais Dieu a voulu librement, par amour, se lier à son église d'une façon si profonde que là où elle est présente, c'est lui qui agit.
- Un autre passage éclaire cela : 1 Jean 4:4. Jean écrit à des croyants confrontés à de fausses doctrines et à des voix contraires : « Vous êtes de Dieu, petits enfants, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. » Ce sont deux faces de la même vérité. De dehors, on voit le Roi qui règne sur toute son étendue. De dedans, on voit ce Dieu vivant qui habite chaque croyant personnellement, directement, intimement.
- Ce n'est pas quelqu'un qu'on adore de loin. Il habite en toi, dans ta communauté, dans ton assemblée. C'est là que ça change tout, parce que ça donne du sens à ce que tu vis dans l'église. Elle n'est pas d'abord un programme, ni un bâtiment (sinon on n'y serait pas ensemble), ni même d'abord un groupe de gens qui partagent les mêmes valeurs. C'est le lieu où la victoire de Christ se rend visible dans le monde. Entre le déjà de la résurrection et le pas encore de sa gloire pleine, se trouve l'église, habitée par un Roi que le monde ne reconnaît pas encore.
4. Le jour où le patron enlèvera son déguisement
- L'émission « Patron incognito » se termine toujours de la même façon : le patron enlève son déguisement, et à ce moment précis, tout ce qu'on a pu dire ou faire devant lui prend un autre sens. Les conversations, les confidences, « peut-être suis-je allé trop loin »…
- Mais la bonne nouvelle, c'est que ceux qui ont travaillé avec fidélité, ceux qui ont bien fait les choses même sans savoir qu'on les regardait, reçoivent une récompense au-delà de ce qu'ils attendaient. Il vaut mieux, dit le prédicateur, faire partie de ce groupe-là.
- La Bible annonce un jour comme celui-ci. Philippiens 2:9-10 : toute langue confessera, et tout genou fléchira. Tout genou, pas seulement ceux qui ont connu Jésus. Pour toi qui as cru sans voir de tes yeux, ce ne sera pas une surprise mais une confirmation. Pour beaucoup, ce sera une révélation.
- En attendant ce jour-là, voilà ce que nous sommes : pas une audience, pas un club, mais le corps d'un Roi vivant, habité par la plénitude de celui qui remplit tout en tous. Parce que le patron ne restera pas incognito pour toujours.
Points à retenir
- La résurrection n'est ni idée, ni métaphore, ni belle histoire : c'est le pivot de toute la foi. Si Christ n'est pas ressuscité, dit Paul, la foi, le pardon et l'espérance s'effondrent (1 Cor 15:14).
- Christ est assis à la droite du Père. Contrairement au grand prêtre de l'Ancien Testament qui n'avait pas de siège, son œuvre est terminée. La dette est payée, la victoire est définitive (Hébreux 10:11-12).
- Les puissances qui te dominent aujourd'hui ont juste changé de nom : l'algorithme, le marché, la peur du regard des autres, l'addiction, l'opinion publique. Christ est au-dessus d'elles toutes, il les a désarmées à la croix (Colossiens 2:15).
- L'église n'est pas un programme ni un bâtiment, mais le corps vivant du Roi, le lieu où sa victoire se rend visible entre le « déjà » de la résurrection et le « pas encore » de sa gloire pleine.
- « Celui qui est en toi est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jean 4:4). Ce Roi ne s'adore pas de loin : il habite chaque croyant, personnellement et intimement.
Application personnelle
- Quand tu regardes ta semaine passée, quelle « puissance » renommée (algorithme, marché, opinion, peur du regard, addiction) a le plus décidé à ta place ? Que change concrètement le fait que Christ soit assis au-dessus d'elle ?
- Le grand prêtre n'avait pas de siège parce que son travail n'était jamais fini. Où es-tu encore debout, comme si tu devais compléter ce que Christ a déjà terminé pour toi ? Qu'est-ce que tu peux poser cette semaine parce qu'il s'est assis ?
- Le prédicateur rappelle que dans l'émission, les employés ne sont pas mauvais : ils ne savent juste pas. Qui, autour de toi, vit sans savoir qui est le patron ? Que peux-tu faire ou dire pour ne pas le garder incognito ?
- Si l'église n'est pas d'abord un programme ni un bâtiment mais le lieu où la victoire de Christ se rend visible, à quoi ressemblerait ton engagement dans ta communauté cette semaine ?
- Prends une minute pour laisser résonner la phrase : « La plénitude de celui qui remplit tout en tous. » Qu'est-ce qui change dans ta prière si tu la reçois vraiment, aujourd'hui ?
Versets cités
- Éphésiens 1:20-23 · « Il l'a déployée en Christ, en le ressuscitant des morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, autorité, puissance et seigneurie… il l'a donné pour chef suprême à l'église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. »
- 1 Corinthiens 15:14 · « Si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine. »
- 1 Corinthiens 1:18 · « La parole de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est la puissance de Dieu. »
- Hébreux 10:11-12 · « Tout sacrificateur fait chaque jour le service… lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu. »
- Colossiens 2:15 · « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix. »
- Éphésiens 4:15-16 · « Nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ… tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire sa croissance. »
- 1 Jean 4:4 · « Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. »
- Philippiens 2:9-10 · « Au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre. »
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Questions fréquentes
Pourquoi la résurrection est-elle le pivot de toute la foi chrétienne ?
Parce que sans elle, il ne reste rien, dit Paul : ni prédication, ni foi, ni pardon, ni espérance (1 Corinthiens 15:14). La résurrection n'est pas une belle histoire à se raconter, c'est un événement précis : Dieu a traversé la frontière absolue de la mort, cette limite que personne ne peut franchir. C'est ce même événement que le monde reçoit comme une folie et que le croyant reçoit comme la puissance de Dieu (1 Corinthiens 1:18). Sans cette victoire réelle, l'autorité dont parle Paul en Éphésiens 1:22 n'aurait aucun contenu.
Qu'est-ce que ça change pour moi que Christ soit « assis » à la droite du Père ?
Le geste est déterminant. Dans le sanctuaire de l'Ancien Testament, le grand prêtre n'avait pas de siège, car son travail recommençait chaque jour, sacrifice après sacrifice. Christ, lui, « après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s'est assis pour toujours à la droite de Dieu » (Hébreux 10:11-12). S'il s'est assis, c'est que l'œuvre est terminée, la dette payée, la victoire officielle et définitive. Ce que tu n'as plus à ajouter à son œuvre, tu peux le poser aujourd'hui.
Les « puissances » dont parle Paul existent-elles encore dans notre monde ?
Oui, elles ont juste changé de nom. Le prédicateur les cite : l'algorithme qui décide ce que tu penses, le marché qui décide de ta valeur, la peur du regard des autres qui oriente tes choix, l'addiction qui structure ton emploi du temps, l'opinion publique qui décide de ce qui est vrai pour toi. Elles sont réelles, elles pèsent, mais Colossiens 2:15 rappelle qu'à la croix, Christ les a dépouillées, livrées publiquement en spectacle et désarmées. Comme les prisonniers derrière le général romain victorieux : il n'y a aucun doute sur qui a gagné.
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