Introduction
« Il est trop tôt pour abandonner. » Jonathan Rivera, pasteur du campus d'Elevation Church à l'université Southeastern, est venu avec un seul but : encourager quelqu'un qui est sur le point de lâcher. Son message tient en une phrase qu'il fait répéter à toute l'assemblée : « Un problème pour mon problème. »
Le texte est Philippiens 1:12-14, une lettre que l'apôtre Paul écrit depuis la prison. Les théologiens l'appellent pourtant la lettre de la joie. Comment parler de joie dans une cellule ? En suivant Paul, le prédicateur montre que la douleur produit quelque chose, que rien n'arrête l'Évangile et qu'il n'y a plus à craindre ce qui se trouve de l'autre côté de l'épreuve.
Sa conclusion s'adresse à celui qui est arrivé à l'église avec un problème : « Ton problème a un problème, et son nom est Jésus. »
Plan du message
1. Ne pas abandonner trop tôt
- Le prédicateur aime les documentaires et les biographies, et il aime Apple : iPhone, iPad, iMac. En cherchant comment l'entreprise a commencé, il a découvert un nom que peu de gens connaissent : Ronald Wayne.
- Le 1er avril 1976, Apple a trois fondateurs, pas deux : Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne. Wayne participe au premier manuel d'utilisation et dessine le tout premier logo, qui n'était pas une pomme. Il doit recevoir 10 % de l'entreprise.
- Douze jours plus tard, il démissionne. Il ne supporte ni la pression, ni l'inquiétude, ni le stress, et revend sa part pour 800 dollars. Cinquante ans plus tard, en 2026, ces 10 % vaudraient environ 200 milliards de dollars.
- « As-tu déjà vu quelqu'un abandonner trop tôt ? » Quitter un emploi, une amitié, un mariage, un rêve, ou même Dieu, trop tôt. Le plus triste, ce sont les possibles : ce qui aurait pu être, et ce que Dieu avait mis en réserve pour nous.
- Un jour, nous rendrons compte devant Jésus : « Qu'as-tu fait de la vie que je t'ai donnée, des dons, de la famille, des ressources que j'ai mis entre tes mains ? » Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ (2 Corinthiens 5:10).
- Certains prédicateurs parlaient d'un grand écran au ciel où Dieu projetterait le film de nos fautes. La Bible ne parle pas d'écran, et même si c'était vrai, Jonathan Rivera n'est pas inquiet : il est couvert par le sang de Christ, et il n'y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8:1).
- Son pasteur de jeunesse lui a dit un jour qu'il y aurait pire : le film de la vie que tu aurais pu vivre. Les personnes que tu aurais pu toucher, les vies que tu aurais pu changer, les chants que tu aurais pu écrire, si tu n'avais pas abandonné trop tôt.
- « La seule chose plus difficile que l'obéissance, c'est le regret. La seule chose plus difficile que de dire oui à Dieu, c'est de regretter de ne pas lui avoir dit oui. »
2. La persévérance : passer à travers la douleur
- Dieu a beaucoup en réserve pour nos mariages, nos enfants, nos familles, nos entreprises, notre Église et nos appels. Mais tout cela se trouve de l'autre côté de ce qu'on appelle la persévérance.
- Le dictionnaire Merriam-Webster la définit comme un effort continu pour faire ou accomplir quelque chose malgré les difficultés, l'échec ou l'opposition. En mots simples : « Tu dois passer à travers la douleur. »
- La douleur fait partie de l'expérience humaine : douleur relationnelle, émotionnelle, physique, financière. Dans l'assemblée, beaucoup traversent des choses que leurs voisins de rangée ignorent.
- Dieu se soucie de ta douleur. Il ne cause pas toute douleur, et certaines choses que tu as dû traverser attristent son cœur.
- Ce que le prédicateur aime dans la Bible, c'est qu'elle ne fuit pas la douleur. Lue attentivement, elle est pleine de souffrance et de brisement.
3. La joie et les chaînes en même temps
- Paul écrit Philippiens en prison, et pourtant c'est la lettre de la joie. Cela ressemble à une contradiction. Le prédicateur avoue avoir envie de lui demander : « Paul, est-ce que tu fais semblant ? Est-ce que c'est pire que ce que tu veux bien admettre ? »
- Il se posait la même question au sujet de sa mère, pentecôtiste d'origine portoricaine. Elle se disputait avec lui le vendredi, le corrigeait le samedi, et le dimanche, elle chantait à l'église : « J'ai une joie comme un fleuve dans mon âme. »
- Alors, joie ou chaînes ? Louange ou douleur ? La réponse : les deux. « C'est louer Dieu au milieu de ma douleur, et ne pas laisser ma douleur arrêter ma louange. »
- Ce n'est pas la première fois que Paul est en prison. En Actes 16, Paul et Silas prient et chantent, un tremblement de terre ébranle les fondements, les portes s'ouvrent et les liens de tous tombent. Le prédicateur croit que Dieu fait des miracles et brise les chaînes.
- Mais que faire quand tu chantes la joie et que tu es encore enchaîné ? Tu viens à l'église, tu sers, tu donnes, et tes enfants sont toujours rebelles, tu ne dors toujours pas, ton conjoint ne vient toujours pas, cette habitude frappe encore à ta porte, tu ne trouves toujours pas de travail. Paul peut comprendre cela.
4. La douleur produit
- Paul écrit : « Je veux que vous sachiez, frères, que ce qui m'est arrivé a plutôt contribué aux progrès de l'Évangile » (Philippiens 1:12). Ce qui lui est arrivé, c'est une détention injuste, pour avoir prêché l'Évangile.
- As-tu déjà tout fait correctement et vu les choses mal tourner ? Tu essaies de conduire ta famille, d'honorer Dieu au travail et dans tes relations, et c'est la mauvaise chose qui arrive. Paul en parle presque avec reconnaissance.
- Paul n'aime pas la douleur, il n'est pas masochiste. C'est comme un régime : personne n'aime le régime. Celui qui dit l'aimer ment ou essaie de te vendre quelque chose. On aime les résultats.
- Jacques le dit : regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves, sachant que l'épreuve de votre foi produit (Jacques 1:2-3). « Je ne sais pas pourquoi, mais la douleur produit. »
- Le prédicateur n'est pas reconnaissant pour le divorce, la perte d'un emploi, la trahison, les mensonges. Cela fait mal. Mais la douleur a produit ce que le succès, l'argent, une promotion, une relation, la notoriété ou même une prière exaucée ne pouvaient produire.
- « Je ne le remercie pas pour la douleur, je le remercie pour la manière dont il s'est servi de la douleur. » Elle t'a rendu plus fort, plus sage, plus aimant, plus compatissant.
5. Rien ne peut arrêter l'Évangile
- Rien ne peut arrêter l'Évangile, le royaume de Dieu ni la Parole de Dieu. Peu importe ce que disent TikTok, Instagram, les informations ou la rue : l'Évangile est en mouvement. « Il est à l'œuvre. Laisse-le continuer. »
- Dieu fait avancer l'Évangile par des chemins qu'on n'aurait jamais imaginés. Humainement, la situation de Paul ressemble à une défaite : comment prêcher derrière des barreaux, comment fonder des Églises enchaîné ?
- Paul continue : dans tout le prétoire et partout ailleurs, nul n'ignore que c'est pour Christ qu'il est dans les liens (Philippiens 1:13). Le contexte compte : la garde du palais, la garde prétorienne, était une petite armée, et tous ces soldats connaissaient l'affaire de Paul.
- Dans les prisons romaines, le prisonnier n'était pas laissé seul : un soldat était enchaîné à sa droite, un autre à sa gauche, et la garde changeait toutes les quatre heures.
- Le prédicateur imagine Paul, évangéliste dans l'âme, se présenter à chaque nouveau garde : « Tu vois ces chaînes ? Je suis enchaîné, mais je suis libre. Toi, tu es peut-être libre, mais tu es encore enchaîné. As-tu entendu parler de Jésus ? Si tu n'as pas entendu parler de Jésus, sache que Jésus a entendu parler de toi. »
- Relève après relève, toute la garde a entendu parler de Paul. « Il a transformé ses gardiens de prison en sa paroisse. »
- Éphésiens est aussi une lettre de prison. À la fin, Paul décrit l'armure de Dieu : le casque du salut, la cuirasse de la justice, la ceinture de la vérité, l'épée de l'Esprit (Éphésiens 6:13-17). Cela rappelle le soldat romain à côté de lui. Il n'a pas laissé ses circonstances arrêter son message : il a fait un message de ce désordre.
6. Savoir ce qu'il y a de l'autre côté de la douleur
- Verset 14 : la plupart des frères, encouragés par ses liens, ont plus d'assurance pour annoncer sans crainte la parole. C'est étonnant : ils voient que prêcher a conduit Paul en prison, et cela leur donne envie de prêcher.
- « Se pourrait-il que les chaînes de Paul aient levé le mystère sur ce qu'il y a de l'autre côté de la douleur ? » Ils n'ont plus à deviner ce qui arrive quand on traverse ses pires moments.
- Le prédicateur raconte son premier tatouage, fait avec des amis en mémoire d'un jeune proche décédé. Il n'en avait jamais eu et a dit à un ami : « Commence, toi. » Il voulait voir à quoi ressemblait cette douleur. S'il pouvait la voir, il pourrait la supporter.
- Les croyants ont vu Paul prêcher, être arrêté, traverser ses pires moments. Et de l'autre côté, il allait bien. Il était toujours en prison, enchaîné, entouré de soldats, le prédicateur ne minimise pas sa douleur, mais il allait bien.
- « Cela veut dire que je n'ai plus à avoir peur. » Comme Kevin dans Maman, j'ai raté l'avion : « Je n'ai plus peur. » Sortir de l'église et dire à l'ennemi : je sais qui est mon Dieu, je sais qui est avec moi, j'ai vu comment d'autres s'en sont sortis, je m'en sortirai aussi.
7. Ton problème a un problème
- La Bible est pleine d'exemples. Moïse devant la mer, avec des millions de personnes derrière lui et l'armée de Pharaon à ses trousses : à la fin, il allait bien. David, simple garçon venu apporter des provisions à ses frères, affronte un géant : à la fin, il allait bien.
- Daniel dans la fosse aux lions : à la fin, il allait bien. Schadrac, Méschac et Abed-Nego, jetés dans la fournaise parce qu'ils refusent de se prosterner : le roi voit un quatrième homme dans le feu, et ils en sortent indemnes (Daniel 3:25).
- Marie, jeune et pas encore mariée, reçoit l'annonce de l'ange et répond : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Luc 1:38). Paul, prêt à quitter ce corps pour demeurer auprès du Seigneur (2 Corinthiens 5:8) : il allait bien.
- Jésus sur la croix, sous l'écriteau « roi des Juifs », entend la foule crier : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » (Matthieu 27:40). Il meurt, on le met au tombeau, mais le troisième jour il ressuscite. Il est assis à la droite du Père et intercède pour nous. S'il est sorti du tombeau, nous en sortirons aussi.
- Jonathan Rivera témoigne de sa propre histoire : un garçon portoricain brisé qui prenait le bus de la ville, élevé par une mère seule, passant d'un traumatisme à l'autre, appelé à prêcher alors qu'il bégayait. Si Dieu l'a fait pour lui, il peut le faire pour toi.
- C'est pour cela que les témoignages comptent : ils ont vaincu à cause du sang de l'agneau et de la parole de leur témoignage (Apocalypse 12:11). Il se souvient des soirées de témoignages de son enfance : une femme âgée dont le médecin ne pouvait plus expliquer la disparition du cancer, un couple qui a déchiré ses papiers de divorce après un message entendu à l'église.
- « Je ne sais pas quel problème tu as apporté aujourd'hui, mais ton problème a un problème, et son nom est Jésus. Tu as peut-être peur de ton problème, mais ton problème a peur de ton Dieu. » Quelle que soit ta prison, tu peux encore lever les mains et dire merci, car tu sais ce qui t'attend de l'autre côté : tu en sortiras avec un témoignage de la bonté et de la fidélité de Dieu.
Points à retenir
- Il est trop tôt pour abandonner. Plus difficile que l'obéissance, il y a le regret de ne pas avoir dit oui à Dieu.
- Joie et chaînes ne s'excluent pas : on peut louer Dieu au milieu de la douleur sans laisser la douleur arrêter la louange.
- La douleur produit en toi ce que le succès, l'argent ou même une prière exaucée ne peuvent produire.
- Rien n'arrête l'Évangile : Paul a fait de ses gardiens son auditoire et de sa prison un lieu de progrès pour le message.
- Ceux qui sont passés avant toi montrent ce qu'il y a de l'autre côté de l'épreuve. Ton problème a un problème : Jésus.
Application personnelle
- Dans quel domaine es-tu tenté d'abandonner trop tôt : ton mariage, une amitié, ton travail, un rêve, ta relation avec Dieu ?
- Y a-t-il un « oui » à Dieu que tu repousses et que tu risques de regretter ?
- Qu'est-ce que la douleur que tu as traversée a produit en toi, que rien d'autre n'aurait pu produire ?
- Qui sont les « gardes » placés à côté de toi en ce moment, au travail ou dans ton quotidien, à qui tu pourrais parler de Jésus malgré tes chaînes ?
- Quel témoignage de la fidélité de Dieu peux-tu partager cette semaine pour encourager quelqu'un qui a peur de l'autre côté ?
Versets cités
- Philippiens 1:12-14
- 2 Corinthiens 5:10
- Romains 8:1
- Actes 16:25-26
- Jacques 1:2-3
- Éphésiens 6:13-17
- Exode 14
- 1 Samuel 17
- Daniel 6
- Daniel 3:25
- Luc 1:38
- 2 Corinthiens 5:8
- Matthieu 27:40
- Apocalypse 12:11
Questions fréquentes
Comment Paul peut-il parler de joie alors qu'il est en prison ?
Pour Jonathan Rivera, il ne faut pas choisir entre la joie et les liens, entre la louange et la douleur : c'est les deux. Paul loue Dieu au milieu de sa douleur et ne laisse pas sa douleur arrêter sa louange. Il n'aime pas la souffrance, mais il voit ce qu'elle produit et comment elle fait avancer l'Évangile.
Que veut dire « ce qui m'est arrivé a contribué aux progrès de l'Évangile » ?
En Philippiens 1:12-13, Paul explique que sa détention a fait connaître Christ dans tout le prétoire. Enchaîné à des soldats qui se relayaient, il leur a parlé de Jésus. Ses gardiens sont devenus son auditoire, et sa prison a fait avancer le message au lieu de l'arrêter.
Pourquoi les chaînes de Paul ont-elles encouragé les autres croyants ?
Selon Philippiens 1:14, la plupart des frères, encouragés par ses liens, annoncent la parole sans crainte. Jonathan Rivera y voit ceci : en voyant Paul en prison et pourtant bien, ils savent ce qu'il y a de l'autre côté de la douleur. Ils n'ont plus à deviner, donc ils n'ont plus à avoir peur.