Samuel MABBOUX, pasteur de l'Église de Nice l'Ariane, ouvre le livre de l'Exode et l'évangile de Matthieu pour te conduire au cœur d'une semaine unique : celle où Jésus s'apprête à célébrer sa dernière Pâque avant la croix. En Exode 12, avant même de sortir d'Égypte, le peuple hébreu devait préparer sa sortie pendant toute une semaine. La Pâque n'est pas une fête que l'on subit, c'est une fête qu'on prépare.
Et si ce weekend devenait pour toi ce temps de préparation ? Non pour t'imposer un rituel, mais pour te tenir prêt à rencontrer ton Dieu, à recevoir le pardon de la croix et à te réjouir un jour aux noces de l'Agneau.
Le plan de ce message
- Voici ton Roi qui vient à toi (Matthieu 21, Zacharie 9.9)
- « Où veux-tu que nous te préparions la Pâque ? » (Matthieu 26.17)
- Le sang et le vin : Jésus a pris seul la coupe amère
- Gethsémané : la lutte de la volonté
- Trahison, jugement, croix : le sang qui coule encore
- Ôter le levain : prépare ton cœur ce weekend
1. Voici ton Roi qui vient à toi
« Or, ceci arriva afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse » (Matthieu 21.4-5). Les disciples firent ce que Jésus leur avait ordonné, et la foule étendit ses vêtements sur le chemin en criant : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Samuel raconte : dimanche dernier, en vidant les poubelles après le culte, il entend une famille sortant de la messe crier « Hosanna, Hosanna ». Un instant, il pense au retour du Seigneur. La joie de ces enfants avec leurs rameaux lui a réjoui le cœur. Mais il veut aller plus loin : étudier ce texte en profondeur.
Ce verset renvoie à Zacharie 9.9 : « Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse. » Ton Roi ne vient pas pour une guerre sanguinaire. Il ne vient pas sur un cheval de général. Il vient sur un ânon, image de son humilité et de sa simplicité, le Roi des rois qui s'est abaissé pour toi, il y a 2000 ans, jusqu'à naître dans une étable.
Dans ce texte, il y a tout le caractère de Christ : son humilité, sa douceur. As-tu déjà goûté la douceur de Christ qui vient te restaurer, te réconforter, changer ton cœur, mettre son calme quand il y a l'amertume, la colère, l'excitation, quand tu ne sais plus où aller ? Il s'est dépouillé, il a tout donné.
Et rappelle-toi : dans Apocalypse 19.11, il reviendra sur un cheval blanc, non plus pour la paix, mais pour établir sa justice. « Puis je vis le ciel ouvert, et voici parut un cheval blanc. Celui qui le montait s'appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice. » Il est venu la première fois dans la douceur. Il reviendra dans la puissance. Voilà pourquoi il faut préparer la Pâque.
2. « Où veux-tu que nous te préparions la Pâque ? »
« Le premier jour des pains sans levain, les disciples s'adressèrent à Jésus, pour lui dire : Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ? » (Matthieu 26.17). Jésus répond : « Allez à la ville chez un tel, et vous lui direz : Le maître dit : Mon temps est proche ; je ferai chez toi la Pâque avec mes disciples. Les disciples firent ce que Jésus leur avait ordonné, et ils préparèrent la Pâque. »
Samuel s'imagine la scène : un jeudi soir, les disciples sonnent chez toi à l'interphone. « Jésus veut faire la Pâque chez toi. » Il l'avoue : il aurait passé tout son vendredi à nettoyer, appelé du renfort, ramené des chaises. Il aurait tellement aimé que Jésus prenne la Pâque chez lui.
Dans une église en Italie (Menton), Samuel a été frappé par des chrétiens qui, ne prenant la sainte cène que quatre fois par an, s'y préparent un mois à l'avance : ils demandent pardon, ils se préparent spirituellement à entrer dans ce moment. Peut-être eux sont extrêmes d'un côté ; mais nous, en la prenant chaque dimanche, ne banalisons-nous pas parfois la commémoration de la croix ?
Sans la croix, il n'y a rien. Sans la croix, pas de réconciliation. Sans la croix, pas de salut. Sans la croix, tu ne pourrais pas entrer dans la présence de Dieu. Mais à la croix, Jésus a tout accompli. Alors ce weekend, prépare ta Pâque comme si Jésus venait la prendre chez toi.
3. Le sang et le vin : il a pris seul la coupe amère
« Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » (Matthieu 26.26-29).
Samuel partage une chose qu'il a remarquée en relisant ce texte. D'abord il y a le sang : l'alliance, la souffrance, le péché, le pardon, la mort, les ténèbres. Ensuite il y a le vin : la fête, la joie, la célébration. Or dans la Bible, le vin symbolise la réjouissance. Et Jésus dit clairement : il n'en reboira pas seul. Il attend le royaume pour le boire avec nous.
Autrement dit : la partie négative, le sacrifice, le vinaigre, il l'a prise seul. Il est allé seul à la croix. Il ne t'a pas demandé de te taillader les veines, de répandre ton sang, de te faire crucifier. La partie horrible, il l'a portée seul. Mais la réjouissance, il veut la vivre avec toi.
Pendant la souffrance, il t'a attiré à lui. Pendant la réjouissance, il veut que tu sois avec lui. Aux noces de l'Agneau, tu boiras avec lui du fruit nouveau de la vigne.
4. Gethsémané : la lutte de la volonté
« Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m'éloignerai pour prier. Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. » (Matthieu 26.36-37).
Là est la notion du sacrifice, du renoncement. Certains évangiles parleront de grumeaux de sang (Luc 22.44). Jésus prie : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Matthieu 26.39).
Il ne voulait pas (personne ne veut souffrir), mais il y a été pour chacun de nous. Et si Lui, le Fils de Dieu, a connu cette lutte entre sa volonté et celle du Père, à combien plus forte raison devons-nous jeûner, prier, intercéder pour que notre volonté diminue et que la volonté du Père augmente ? « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. » (Matthieu 16.24).
Pendant ce temps, les disciples n'ont pas pu veiller une heure ; Jésus les relance, s'éloigne encore, se met face contre terre, et prie de nouveau.
5. Trahison, jugement, croix : le sang qui coule encore
« Comme il parlait encore, voici, Judas, l'un des douze, arriva, et avec lui une foule nombreuse armée d'épées et de bâtons, envoyée par les principaux sacrificateurs et par les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe : Celui que je baiserai, c'est lui ; saisissez-le. » (Matthieu 26.47-48).
Samuel souligne : aucune haine de Jésus envers Judas. Tout s'enclenche jusqu'à la crucifixion. Toute la nuit, Jésus sera livré aux mains des Juifs, passera devant le grand conseil, puis à Pilate, puis à Hérode, puis de nouveau à Pilate qui se renvoient la balle. Pierre le renie avant que le coq chante.
« À chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. » (Matthieu 27.15-16). Pilate avait probablement de l'affection pour Jésus ; il choisit volontairement un criminel redoutable pour que la foule préfère Jésus. Mais la foule crie : « Qu'il soit crucifié ! » (v. 23). Ainsi s'accomplit la prophétie : il a été mis au rang des malfaiteurs (Ésaïe 53.12).
« Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. Et tout le peuple répondit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » (Matthieu 27.24-25).
Ils l'ont dit dans un mauvais sens, mais Samuel relève quelque chose de prophétique : le sang de Christ est aussi pour eux, même pour ceux qui l'ont crucifié. Ce sang coule encore, sur des générations. Le sang de Christ coule encore de la croix pour pardonner tes péchés aujourd'hui. Pour pardonner tes péchés encore en 2026. Cinq jours après avoir crié « Hosanna », la même ville demandait la crucifixion. Et il est allé au bout.
6. Ôter le levain : prépare ton cœur ce weekend
Pendant toute la semaine avant la Pâque, en Exode 12, les Hébreux devaient enlever tout le levain de leur maison. Le levain symbolise le péché, ce qui fait lever toute la pâte. Aujourd'hui encore, dans les fêtes juives, on nettoie les placards de fond en comble.
Ce weekend, il te faut aller jusque dans les fonds de tiroirs de ta vie pour enlever le levain. Enlève ton péché. Enlève les choses mauvaises dont Dieu veut te séparer. Pour arriver à la résurrection, pour arriver à ce moment où tu prendras la sainte cène avec le Seigneur. Aux noces de l'Agneau, nous serons tout en blanc, sans tache, sans ride, sans péché. Mais nous voulons prendre de l'avance dès dimanche, en nous examinant chacun.
Samuel invoque la parabole du fils prodigue : « Étant rentré en lui-même » (Luc 15.17). Rentre en toi-même. Qu'est-ce que je fais là ? Alors que j'ai dans la maison de mon Père une place qui m'attend. Tu dois choisir entre les cochons et la maison du Père. Le Seigneur t'attend les bras grands ouverts. Il ne vient pas te juger ce soir, mais te pardonner, enlever tout le levain qui fait monter la pâte, tout ce qui est mauvais dans ta vie.
Points à retenir
- Ton Roi vient dans la douceur (Matthieu 21, Zacharie 9.9), il est venu humble sur un ânon. Il reviendra dans la puissance (Apocalypse 19.11).
- Prépare ta Pâque comme si Jésus venait la prendre chez toi (Matthieu 26.17-19).
- Il a bu seul la coupe du sang pour que tu partages avec lui la coupe du vin, aux noces de l'Agneau (Matthieu 26.26-29).
- À Gethsémané, il a soumis sa volonté au Père. Fais de même par la prière et le jeûne (Matthieu 26.36-46).
- Le sang de Christ coule encore pour pardonner tes péchés en 2026 (Matthieu 27.24-25).
- Ôte le levain, examine-toi et laisse le Père te restaurer comme le fils prodigue (Exode 12, Luc 15.17).
Application personnelle
- Quand tu prends la sainte cène, la prépares-tu vraiment, ou est-elle devenue un rituel banalisé ?
- Si Jésus devait venir faire sa Pâque chez toi ce weekend, qu'est-ce que tu changerais avant qu'il n'entre ?
- Quel « levain » (pensée, habitude, péché caché), Dieu te demande-t-il d'enlever avant dimanche ?
- Dans quel domaine ta volonté doit-elle diminuer pour que la volonté du Père augmente ?
- À qui devrais-tu demander pardon ou accorder ton pardon avant de venir à la table du Seigneur ?
Versets cités
- Exode 12 · la préparation de la Pâque et l'agneau pascal
- Zacharie 9.9
- Matthieu 21.1-11 · l'entrée à Jérusalem
- Matthieu 26 · la sainte cène et Gethsémané
- Matthieu 27.15-26 · Barabbas et le jugement
- Luc 15.11-32 · le fils prodigue
- Apocalypse 19.11 · le cheval blanc
Foire aux questions
Pourquoi « préparer » la Pâque ? N'est-ce pas déjà accompli à la croix ?
Christ a tout accompli à la croix, c'est cela même que la Pâque commémore. Mais toi, tu es appelé à t'examiner avant d'y prendre part, comme les Hébreux devaient ôter le levain avant la sortie d'Égypte, et comme Paul le rappelle en 1 Corinthiens 11 pour la table du Seigneur. Préparer ta Pâque, c'est venir en bonne conscience recevoir ce qui a déjà été accompli.
Pourquoi Jésus est-il entré à Jérusalem sur un ânon plutôt que sur un cheval ?
Pour accomplir Zacharie 9.9 et pour révéler son caractère : il vient « juste et victorieux », mais humble, apportant la paix et non la guerre. Le cheval blanc d'Apocalypse 19.11, lui, est réservé à son retour, quand il viendra juger et régner.
Que signifie « ôter le levain » concrètement pour un chrétien aujourd'hui ?
Le levain, dans l'Écriture, symbolise ce qui fait fermenter la pâte : le péché, l'hypocrisie, l'orgueil, tout ce qui contamine peu à peu la vie entière. L'ôter, c'est se laisser sonder par Dieu, confesser, se repentir, et laisser le Seigneur enlever ce qu'il te montre, « jusque dans les fonds de tiroirs et de placards » de ta vie, comme le dit Samuel MABBOUX.
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