Quand Christ augmente, la vie augmente aussi

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Introduction

La vie que Jésus-Christ te donne, ce n'est pas seulement une longueur, c'est une qualité. Le prédicateur ouvre la deuxième moitié de Jean 3, du verset 22 au verset 36, et te rappelle une chose simple : là où Christ prend plus de place dans ton quotidien, la vie que Dieu t'a promise prend elle aussi plus d'ampleur. Cette vie s'appelle « vie éternelle » ; elle ne commence pas après ta mort, elle commence à l'instant où tu crois. Voici comment ce passage te parle aujourd'hui.

Plan du message

1. Deux groupes qui baptisent, une même œuvre de Dieu (versets 22 à 26)

  • Après avoir rencontré Nicodème (Jean 3.1-21), Jésus part avec ses disciples en Judée. Deux endroits proposent le baptême : d'un côté Jésus et ses disciples (avec la précision de Jean 4.2 : Jésus lui-même ne baptisait pas, ce sont ses disciples qui le faisaient), de l'autre Jean-Baptiste à Enon près de Salim, « parce qu'il y avait là beaucoup d'eau ».
  • Les gens viennent, l'un après l'autre, se faire baptiser. Le baptême, c'est reconnaître devant Dieu et devant les témoins que tu es pécheur, que Christ seul te justifie par la croix, et que tu veux entrer dans une vie nouvelle par le Saint-Esprit.
  • Un jour, une discussion éclate entre les disciples de Jean et un Juif « au sujet de la purification » (v. 25). Sous-entendu : lequel des deux baptêmes est le bon ? Chez qui faut-il aller ?
  • Les deux sont vrais. Jean-Baptiste a été envoyé par Dieu, Jésus est le Messie. La différence n'est pas dans la légitimité, mais dans le rôle. Ce n'est pas la taille de la foule qui décide de la vérité d'une œuvre.

2. La réponse de Jean-Baptiste : trois convictions (versets 27 à 29)

  • Rien ne se reçoit sans permission du ciel. « Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel » (v. 27). Tout ce que tu possèdes, tes talents, tes circonstances, ton environnement de naissance, ton ministère, tout arrive avec la permission de Dieu. Cette conviction te protège de l'orgueil quand ça monte, et du désespoir quand ça descend.
  • Chacun son rôle. Jean rappelle à ses disciples ce qu'ils ont entendu de sa bouche : « Je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui » (v. 28). Il connaît sa place. Il n'y a pas de compétition entre les serviteurs de Dieu, il y a des rôles différents.
  • L'ami de l'époux se réjouit d'entendre l'époux. « Celui qui a l'épouse, c'est l'époux ; mais l'ami de l'époux, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux » (v. 29). Le héros du mariage, ce n'est pas l'ami, c'est l'époux. Jean-Baptiste ne s'attriste pas quand les foules vont vers Jésus. Il se réjouit. Sa joie est complète.

3. « Il faut qu'il croisse et que je diminue » (verset 30)

  • Cette parole est la signature de Jean-Baptiste, et le modèle de toute vie chrétienne saine. En anglais, on lit « He must increase, I must decrease ». Le verbe « must » est fort : ce n'est pas une option, c'est une nécessité.
  • Diminuer ne veut pas seulement dire « avoir moins de monde chez soi ». Ça veut dire moins occuper le regard, moins occuper les conversations, moins occuper la scène. Que les gens qui viennent au culte, à la cellule, à ta table, ne s'accrochent pas d'abord à toi, mais à Christ.
  • Nos services, notre étude de la Parole, nos prières, nos cultes ne sont pas là pour nous grandir. Ils sont là pour que Christ prenne plus de place dans notre relation à Dieu et dans notre relation les uns aux autres.
  • L'apôtre Paul le dit à sa manière : « Vous avez été rachetés à un grand prix ; glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1 Corinthiens 6.20). Ta vie te dépasse, elle appartient à Christ, elle sert à Le rendre visible.

4. Ce n'est pas ton effort qui fait grandir Christ en toi : c'est l'Esprit

  • Si tu essaies de faire grandir Christ en toi par ta seule volonté, tu vas t'épuiser. C'est le Saint-Esprit qui rend témoignage à Christ, qui te transforme, qui produit du fruit.
  • « Quand le Saint-Esprit surviendra sur vous, vous recevrez une puissance ; et vous serez mes témoins » (Actes 1.8). Le témoignage de Christ n'est pas d'abord une technique, c'est une puissance reçue.
  • « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit » (2 Corinthiens 3.18). C'est l'Esprit qui fait ce travail-là, pas ta discipline.
  • « Marchez par l'Esprit et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair » (Galates 5.16). Le « décidément » de la traduction française est fort : jamais tu ne serviras la chair si tu marches par l'Esprit.
  • Comment recevoir l'Esprit ? En le demandant. « Combien plus le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! » (Luc 11.13). Tu peux prier avec ces mots simples : « Donne-moi ton Esprit pour que je rende témoignage à Christ, que je sois transformé à son image, que je marche sans satisfaire la chair. »

5. Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous (versets 31 à 36)

  • « Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous » (v. 31). Jésus n'est pas simplement un sage humain qui aurait « eu une illumination ». Il vient du ciel, il a vu et entendu le Père, il rapporte ce qu'il a vu.
  • « Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai » (v. 33). Croire à Christ, c'est apposer son sceau : « Je suis d'accord, Dieu est vrai. » Ne pas le croire, c'est faire de Dieu un menteur (1 Jean 5.10).
  • « Dieu ne lui donne pas l'Esprit avec mesure » (v. 34). L'harmonie entre le Père et le Fils passe par l'Esprit. Toi et moi, sans l'Esprit, nous sommes incapables d'être en harmonie avec Dieu. Avec l'Esprit, cette harmonie devient possible même dans ce corps de chair.
  • « Le Père aime le Fils, et il a tout remis entre ses mains » (v. 35). N'oublie jamais que Dieu aimait son Fils quand il l'a livré à la croix. Le sacrifice n'était pas anodin pour Lui. Il l'a fait pour toi.
  • « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne se confie pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (v. 36). L'homme est déjà, par nature, sous la colère (Éphésiens 2.3). Christ n'est pas venu pour condamner mais pour sauver (Jean 3.17). Croire, c'est laisser Christ enlever ce qui était déjà là.

Points à retenir

  • La vie éternelle ne commence pas quand tu meurs, elle commence l'instant où tu crois à Christ. Dès ce moment-là, l'Esprit habite en toi et te fait naître de nouveau (Jean 3).
  • La question n'est pas « combien tu vis », c'est « quelle qualité de vie tu vis ». 500 ans d'amertume ne valent pas un jour dans la joie de Dieu.
  • Tout ce que tu as, tu l'as reçu du ciel. Cette conviction te tient debout dans la réussite (elle t'empêche de te gonfler) et dans l'échec (elle t'empêche de désespérer).
  • Il faut que Christ croisse et que tu diminues. Pas comme un slogan pieux, mais comme une trajectoire de vie : moins toi sur scène, plus Christ dans les cœurs.
  • Ce n'est pas ton effort qui fait grandir la vie en toi, c'est l'Esprit. Demande-le. Le Père le donne à ceux qui demandent.
  • Croire, c'est apposer ton sceau : « Dieu est vrai, ce qu'il dit du Fils est vrai. » Ne pas croire, c'est traiter Dieu de menteur.

Application personnelle

  1. Sur quel plan de ta vie es-tu en train de comparer ton « troupeau » à celui d'un autre, plus de monde, plus d'influence, plus de reconnaissance ? Peux-tu redire honnêtement, comme Jean-Baptiste : « Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel » ?
  2. Dans quelles conversations, quelles ambitions, quels réflexes, es-tu en train d'occuper la place qui revient à Christ ? Concrètement, à quoi ressemblerait un « je diminue » cette semaine ?
  3. Est-ce que ta vie de foi ressemble en ce moment à une performance à produire, ou à une œuvre de l'Esprit à accueillir ? Où est-ce que tu forces ce que seul l'Esprit peut faire ?
  4. As-tu demandé au Père, aujourd'hui, de te donner son Esprit ? Prends une minute, dis-le-lui simplement : « Donne-moi ton Esprit pour rendre témoignage à Christ, pour être transformé à son image, pour ne pas satisfaire la chair. »
  5. Regarde une réaction récente qui t'a fait honte, une irritation, une amertume, un refus de pardonner. Demande à l'Esprit de la faire tomber. Ne travaille pas sur la réaction, marche par l'Esprit.

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « il faut qu'il croisse et que je diminue » dans la vie de tous les jours ?

Ce n'est pas un vœu pieux, c'est une trajectoire. Diminuer, ça ne veut pas dire disparaître ou se dévaloriser. Ça veut dire arrêter de vouloir occuper la place que Christ doit occuper, dans les regards, dans les conversations, dans ta motivation. Concrètement, tu diminues quand tu partages moins de ton avis et plus de Christ, quand tu cherches moins la reconnaissance et plus la joie de voir des gens rencontrer Jésus, quand tu ne te sers plus du service pour te construire une image. Jean-Baptiste avait perdu son public au profit de Jésus, et il en était rempli de joie. Voilà la mesure.

Comment recevoir le Saint-Esprit et le laisser me changer ?

En le demandant. Jésus dit clairement : « Combien plus votre Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! » (Luc 11.13). Tu n'as pas besoin de trouver la bonne formule. Tu peux prier : « Père, donne-moi ton Esprit pour que je rende témoignage à Christ, pour que je sois transformé à son image, pour que je marche sans satisfaire la chair. » Puis reste dans une posture de prière et de dépendance. L'Esprit ne parle pas d'abord au milieu du bruit ; il parle à celui qui se tourne vers Dieu et qui écoute. Tu peux le faire au travail, en famille, en marchant. Ce qui compte, c'est de le vouloir vraiment et de le lui demander vraiment.

Que signifie « la colère de Dieu demeure sur lui » au verset 36 ?

Elle « demeure », c'est-à-dire qu'elle est déjà là. Éphésiens 2.3 le dit : nous étions par nature des enfants de colère. Ce n'est pas que Dieu se met en colère parce que tu refuses Christ, c'est que la colère qui pesait déjà sur ton péché n'est pas ôtée. Jésus n'est pas venu ajouter une punition, il est venu enlever une condamnation existante (Jean 3.17). Croire au Fils, ce n'est donc pas gagner Dieu à la force du bras. C'est laisser Christ retirer ce qui pesait déjà sur toi. Ne pas croire, ce n'est pas déclencher une colère nouvelle, c'est refuser qu'on t'enlève celle qui était déjà là.

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