Romains 12 : vivre en paix, si c'est possible

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Introduction

« S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. » C'est par ce verset de Romains 12 que la prédicatrice invitée de l'Église chrétienne évangélique baptiste de Gênes ouvre son message, le dimanche 25 octobre 2026.

Le culte tout entier tourne autour de la paix : la lecture d'Ésaïe 26 sur la paix qui vient du Seigneur, un moment avec les enfants sur la réconciliation, puis deux textes pour la prédication. Le premier, tiré de l'Ancien Testament, sert d'exemple : il raconte un moment où il n'y avait pas de paix, mais où les choses ont tourné de manière inattendue. Le second est le passage de Paul aux Romains.

Le fil du message est simple : la paix n'est pas toujours possible, mais ce n'est pas une raison pour ne plus la chercher. La part qui dépend de toi reste ta responsabilité.

Plan du message

1. Avec les enfants : Raca et la réconciliation

  • Le moment avec les enfants part de Matthieu 5:21-26. Jésus dit que celui qui dira à son frère « Raca » mérite d'être jugé. Dans la langue de Jésus, Raca voulait dire « stupide ».
  • Si tu te souviens, au moment de présenter ton offrande, que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande et va d'abord te réconcilier avec lui. Il n'y a pas à attendre longtemps.
  • Se réconcilier, c'est faire la paix : celui qui a mal agi dit « pardon, je n'aurais pas dû », et l'autre répond « d'accord, nous restons amis ». Souvent, les deux ont quelque chose à se faire pardonner.
  • Avec les enfants, l'Église trie les attitudes. Hausser la voix, chercher la vengeance, donner un coup de poing ou vouloir toujours avoir raison ne mènent pas à la paix. Demander à l'autre comment il va, demander pardon, garder son calme, écouter et se mettre à sa place, oui.
  • On peut commencer par demander pardon à Dieu. Lui ne nous répond jamais « stupide », parce qu'il veut se réconcilier avec nous. Quand nous savons que nous sommes en paix avec Dieu, il devient un peu plus simple de vivre en paix avec les autres (Romains 5:1-2).

2. Un texte où tout aurait pu mal tourner

  • En 2 Chroniques 28:9-15, il y a eu une guerre entre deux peuples. L'armée d'Israël revient à Samarie avec des prisonniers de Juda : c'est un moment de violence et de vengeance possible.
  • Le prophète Oded sort à la rencontre de l'armée. Le Seigneur leur a livré Juda, mais ils ont tué « avec une fureur qui est montée jusqu'aux cieux », et ils veulent maintenant réduire en esclavage leurs frères. « Mais vous, n'êtes-vous pas coupables envers l'Éternel, votre Dieu ? »
  • Quelques chefs d'Éphraïm, Azaria, Bérékia, Ézéchias et Amasa, se lèvent à leur tour : ne faites pas entrer ces prisonniers ici, cela nous rendrait plus coupables encore.
  • Les soldats relâchent les prisonniers et le butin. Ces hommes les vêtent, les chaussent, leur donnent à manger et à boire, les oignent, mettent sur des ânes ceux qui ne tiennent plus debout et les reconduisent à Jéricho, la ville des palmiers, auprès de leurs frères.
  • Pour la prédicatrice, ce texte rappelle « qu'il ne reste jamais une seule possibilité » : il y a toujours plusieurs façons de choisir comment agir dans un moment donné.

3. Une exhortation pas comme les autres

  • Romains 12:9-21 est rempli d'impératifs : ayez le mal en horreur, attachez-vous fortement au bien, réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, pleurez avec ceux qui pleurent, ne vous vengez point, ne te laisse pas vaincre par le mal.
  • Ce sont des impératifs « sans si et sans mais ». Ils portent sur nos décisions et nos comportements, que nous pouvons contrôler, ou au moins apprendre à contrôler peu à peu.
  • Au milieu de ces exhortations si précises, une phrase est différente. Paul n'écrit pas « vivez en paix avec tous », mais « s'il est possible, autant que cela dépend de vous ».
  • Paul le savait, et nous le savons aussi : la vie est compliquée, les relations avec les autres le sont aussi, et il n'est pas toujours possible de vivre en paix avec tout le monde.

4. Quand la difficulté devient une excuse

  • La prédicatrice fait un constat sur notre monde : beaucoup ne prennent même plus en considération la possibilité de vivre en paix, que ce soit dans le quotidien ou entre les nations.
  • Quand un conflit surgit, on passe tout de suite au-delà de cette possibilité, dans un crescendo : le jugement, les offenses, les agressions, la violence, les armes.
  • « Comme si la difficulté à trouver la paix était déjà une excuse suffisante pour ne pas la chercher. »
  • Paul reconnaît que la paix n'est pas toujours possible, mais il ne laisse pas cela devenir un alibi pour son contraire, le conflit, l'agression ou la guerre.

5. Ce qui dépend de toi

  • Juste avant, Paul écrit : « Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. » Pour la paix aussi, nous avons la responsabilité de nous engager.
  • Cette responsabilité ne disparaît pas parce que tout ne dépend pas de nous. Tu ne peux pas décider des réactions des autres, mais tu peux décider de tes réactions, de tes actions et de tes paroles.
  • Paul ne l'écrit pas, mais c'est sous-entendu : le critère pour décider et choisir, c'est toujours la personne de Jésus, celui qui s'est engagé de manière parfaite à faire le bien devant tous.

6. Le témoignage des anabaptistes

  • La fête de la Réforme, le 31 octobre, approche. La prédicatrice lit quelques lignes écrites par des anabaptistes du XVIe siècle, un mouvement sans lien direct avec les Églises baptistes d'aujourd'hui, mais qu'elles comptent parmi leurs prédécesseurs dans la foi évangélique.
  • Ces petites communautés étaient convaincues que la foi et l'appartenance à l'Église doivent être le fruit d'un choix libre et conscient. Elles pratiquaient le baptême des croyants et non celui des enfants.
  • Elles ont subi une double persécution, de la part de l'Église catholique et de la part des réformateurs protestants, qui les voyaient comme des rebelles soustrayant des personnes à l'autorité de l'Église réformée, étroitement liée aux autorités civiles.
  • L'un de leurs représentants, Hutter, écrivait : « Nous, anabaptistes, ne voulons molester personne ni nuire à aucun de nos semblables. […] Plutôt que de dérober à quelqu'un un seul centime, nous serions prêts à perdre cent florins d'or. Plutôt que de frapper notre ennemi de la main, et encore moins de l'épée, nous serions prêts à mourir. »
  • Il ajoutait : « Nous aimerions que le monde entier soit comme nous », c'est-à-dire qu'il refuse les armes, « et alors toute guerre et toute injustice disparaîtraient de la terre ».
  • Ce pacifisme n'a pas été une stratégie gagnante au sens courant : le mouvement a été presque exterminé. Il a pourtant contribué à une société plus libre et plus pluraliste, qui permet aujourd'hui de pratiquer librement sa foi.

7. Rappeler au monde la possibilité de la paix

  • Celui qui croit au Dieu de Jésus-Christ, le Dieu de la miséricorde et de la réconciliation, est appelé à prendre au sérieux la possibilité de la paix, même quand elle semble impossible, impraticable ou vouée à l'échec.
  • D'autres croyants l'ont fait avant nous. Paul nous rappelle que nous sommes responsables de ce qui dépend de nous. Jésus donne l'exemple suprême de celui qui œuvre pour le bien et pour la paix, même à travers des défaites et des échecs : il nous a apporté la paix avec Dieu par sa mort sur la croix.
  • Notre tâche est de rappeler la possibilité de la paix à un monde qui semble l'avoir oubliée. Cela passe par nos paroles, nos gestes, nos relations et nos choix.
  • « Vivons en paix, si c'est possible, mais que ce "si c'est possible" ne devienne pas pour nous une excuse pour renoncer, mais plutôt une promesse de ce qui, avec l'aide de Dieu et notre engagement, pourra être. »
  • En introduisant la prière, la prédicatrice lit une méditation : le premier regard de Jésus ne se pose jamais sur le péché d'une personne, mais sur sa pauvreté et son besoin. Prier pour l'autre, c'est poser son regard sur son besoin, et parfois sur le nôtre.

Points à retenir

  • Il ne reste jamais une seule possibilité : même au cœur d'un conflit, tu peux choisir une autre manière d'agir.
  • Le « s'il est possible » de Paul reconnaît que la paix ne dépend pas que de toi, mais il ne t'autorise pas à renoncer à la chercher.
  • Tu ne décides pas des réactions des autres. Tu décides de tes paroles, de tes gestes et de tes choix, avec Jésus comme critère.
  • Savoir que tu es en paix avec Dieu peut rendre un peu plus simple de vivre en paix avec les autres.
  • Les croyants sont appelés à rappeler la possibilité de la paix à un monde qui semble l'avoir oubliée.

Application personnelle

  1. Avec qui as-tu un différend en ce moment, et as-tu vraiment envisagé la possibilité de faire la paix ?
  2. Dans ce conflit, qu'est-ce qui dépend de toi : une parole, un pardon demandé, une écoute, un silence ?
  3. Laquelle de ces attitudes te vient le plus vite : hausser la voix, vouloir avoir raison, chercher à te venger ? Que changerait le fait de te mettre à la place de l'autre ?
  4. As-tu besoin de demander pardon à Dieu pour des fois où tu n'as pas su vivre en paix ?
  5. Comment tes paroles et tes gestes de cette semaine peuvent-ils rappeler autour de toi que la paix reste possible ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Paul écrit-il « s'il est possible » en Romains 12:18 ?

Au milieu d'une série d'impératifs sans condition, Paul glisse une exhortation différente. Il sait que la vie et les relations sont compliquées et qu'il n'est pas toujours possible de vivre en paix avec tous. Mais ce « si c'est possible » n'est pas un alibi : la part qui dépend de nous reste notre responsabilité.

Que nous apprend 2 Chroniques 28:9-15 sur la paix ?

Après une guerre entre Israël et Juda, l'armée revient à Samarie avec des prisonniers. Le prophète Oded et quelques chefs d'Éphraïm s'y opposent. Les prisonniers sont vêtus, nourris, soignés et reconduits à Jéricho. Le texte rappelle qu'il ne reste jamais une seule possibilité : on peut toujours choisir une autre manière d'agir.

Pourquoi la prédication cite-t-elle les anabaptistes ?

À l'approche de la fête de la Réforme, le 31 octobre, la prédicatrice rappelle que ces croyants du XVIe siècle, persécutés à la fois par l'Église catholique et par les réformateurs, ont refusé de rendre le mal pour le mal. Leur mouvement a presque disparu, mais ils ont pris au sérieux la possibilité de la paix, même quand elle semblait impossible.

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