Tite 1 : la foi, la vérité et la piété vont ensemble

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Introduction

Martin Bräker ouvre une nouvelle série à l'Église Protestante Évangélique de Liège. Il revient à la méthode habituelle : choisir un livre de la Bible et l'étudier sur plusieurs dimanches, en allant là où le passage conduit. Cette manière de faire, dit-il, pousse parfois la réflexion dans des directions où l'on n'irait pas si l'on ne suivait que ses intérêts personnels.

Le livre choisi est l'épître de Paul à Tite. Tite était l'un des compagnons de voyage de Paul. Il n'est jamais mentionné dans les Actes des apôtres, mais il revient souvent dans les épîtres. Contrairement à la plupart des responsables de l'époque, il n'était pas d'origine juive : c'était un païen converti. Paul lui confie une mission auprès des jeunes Églises de l'île de Crète, une Église dans chaque ville, pour qu'elles puissent fonctionner de façon indépendante.

Ce premier message porte sur les quatre premiers versets, la salutation de la lettre. Le prédicateur l'aborde par des définitions : qu'est-ce qu'un Crétois, un Grec, avait en tête en entendant ces mots ?

Plan du message

1. Pourquoi s'arrêter sur les mots

  • La Parole de Dieu est infaillible et sans erreur. Ces caractéristiques s'appliquent au texte original, dans la langue originale. Les manuscrits sont si nombreux qu'on peut avoir une idée très claire de ce texte.
  • Les traductions, elles, posent une difficulté : le français n'a pas toujours les mots pour rendre certaines nuances, et le sens des mots change avec le temps.
  • Exemple : en 1926, dire « Martin, tu es formidable » aurait voulu dire « Martin, tu me fais peur ». Aujourd'hui, « formidable » veut dire génial.
  • Les mots changent aussi d'un pays à l'autre : le mot « gosse » passe très bien au micro d'une église en Belgique, mais il est très vulgaire au Québec.

2. Serviteur de Dieu : vivre pour les intérêts d'un Maître

  • Paul se présente comme « serviteur de Dieu ». On pense à Geoffrey dans Le Prince de Bel-Air, à Bernardo dans Zorro ou à Nestor dans Tintin, des gens raffinés qui vivent dans de belles maisons.
  • Dans la Bible, le mot doulos a un sens large : de l'esclave presque déshumanisé chargé des tâches dégradantes jusqu'au serviteur qui gère toutes les affaires de la maison, une sorte de directeur général.
  • Dans tous les cas, c'est quelqu'un qui vit pour les intérêts d'un maître et non pour sa propre volonté. Nous appartenons au Seigneur.
  • Cela doit nous faire réfléchir sur nos choix : le dimanche matin (faire la grasse matinée, ou ouvrir la Parole et recevoir la communion fraternelle ?), une carrière plus prestigieuse qui empêche de servir dans une Église, un loisir qui prend toute la place.
  • Cela doit aussi nous faire réfléchir quand nous ne donnons que ce dont nous n'avons pas vraiment besoin, seulement notre superflu.

3. Dieu choisit, et il se sert de ses enfants

  • Paul est chargé d'amener ceux que Dieu a choisis à la foi et à la connaissance de la vérité qui est selon la piété. Première étape : Dieu choisit. « Si je suis ici, c'est parce que Dieu m'a choisi. »
  • Le débat sur l'élection existe depuis des siècles dans les milieux académiques des Églises du monde entier, et il n'a jamais été tranché. Le prédicateur doute de le régler en un seul sermon, d'autant que ce n'est pas le but du passage.
  • Il y a une tension, mais elle ne doit pas nous troubler. Le fait que Dieu nous ait choisis doit nous donner la certitude qu'il nous sauvera et nourrir notre adoration.
  • Deuxième étape : des hommes sont chargés de conduire d'autres à la foi. Dieu choisit aussi l'instrument, et cet instrument, ce sont ses enfants, « c'est toi et moi ».
  • D'où un devoir pour chacun : bien comprendre l'Évangile, apprendre à l'expliquer et à défendre la foi. Certains le feront de façon extraordinaire, d'autres plus discrètement, mais personne n'y arrivera sans lire, sans se former, sans en parler les uns avec les autres. Prendre l'initiative de partager sa foi, même quand c'est inconfortable.
  • Il y a pourtant quelque chose de réconfortant : si Dieu ne choisissait pas, le salut des autres dépendrait de mon efficacité et non de sa souveraineté. « Vous ne pouvez pas imaginer le stress que ça m'enlève. »

4. La foi, la vérité et la piété : une même pâte

  • La foi va de pair avec la connaissance de la vérité. Dans le Nouveau Testament, il est souvent question de la vérité : aimer dans la vérité, marcher dans la vérité. Cette vérité, c'est l'Évangile, la vérité sur la façon dont Dieu sauve les âmes, et c'est aussi la saine doctrine.
  • La Bible est très sévère envers les faux évangiles. Donner la mauvaise information est une affaire grave. Il existe des vérités secondaires qui ont leur place, mais il ne faut pas leur donner tout l'espace.
  • Quand on pense à la piété, on imagine quelqu'un qui lit beaucoup sa Bible, qui mise tout sur la pureté, qui fait de longues prières. Ce n'est pas faux, mais faire tout cela pour briller ou faire mieux que les autres ne serait pas de la piété.
  • Le dictionnaire Strong définit la piété dans le Nouveau Testament comme une posture intérieure qui honore Dieu et une conduite extérieure qui le reflète. Honorer Dieu au-dedans, refléter Dieu au-dehors.
  • L'image de la pâte à crêpes : sans farine, on obtient une omelette bizarre ; sans œufs, un chapati bizarre ; sans lait, un crumble bizarre. Il faut les trois.
  • Sans la foi, la vérité n'est qu'une information et la piété n'est que de la gentillesse. Sans la vérité, la foi est mal placée. Sans la piété, la foi n'est pas réelle et la vérité n'est qu'une information.

5. L'espérance, une ancre sûre et solide

  • Troisième étape : le fruit de tout cela est l'espérance de la vie éternelle. Paul insiste : Dieu l'a promise dès les plus anciens temps, et Dieu ne ment point.
  • L'espérance est l'attente de quelque chose de beau, mais surtout de certain : la restauration finale, notre héritage en Christ.
  • Parmi les symboles chrétiens, on connaît la croix et le poisson, en lien avec « je vous ferai pêcheurs d'hommes ». Il y avait aussi l'ancre. Les chrétiens persécutés des premiers siècles la gravaient jusque sur leurs tombes pour rappeler qu'ils avaient une espérance.
  • Ce choix reposait sur Hébreux 6:19-20 : cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l'âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur.

6. « Mon enfant légitime » : Paul prépare le terrain

  • Un enfant légitime, c'est un enfant né de parents mariés. Ici, il s'agit d'un enfant dans la foi : Paul aime et soutient Tite comme son propre fils.
  • Dans les sociétés hellénistiques, l'enfant légitime recevait tous les droits et le statut de son père. Les chrétiens de Crète pouvaient se dire : « Paul, on le connaît, on le respecte. Mais qui est ce gamin ? »
  • Paul clarifie les choses dès le départ. Il est apôtre, envoyé par Dieu, et Dieu lui a donné le droit de désigner quelqu'un pour ce travail important. Tite est envoyé par Dieu : écoutez-le et faites ce que je lui ai demandé de mettre en place.

7. Souhaiter la grâce, une petite prière

  • La salutation se termine par un souhait : que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Sauveur.
  • La grâce qui sauve est gratuite. Nous ne la méritions pas, nous méritions même le contraire. Jésus est mort sur la croix et, par la foi en lui, notre péché est ôté.
  • Mais Tite avait déjà cette grâce-là. Dans une salutation, il s'agit d'autres grâces : « une grâce avec un g minuscule », la faveur de Dieu à travers un ministère fécond, les désirs du cœur exaucés, tous les besoins pourvus.
  • Comme un « ça va ? » lancé dans la rue, qui veut souvent juste dire bonjour, on peut dire « que le Seigneur te donne sa grâce » sans vraiment y penser. La politesse n'est pas une mauvaise chose, mais ce serait dommage d'en rester là.
  • Si on le dit en souhaitant vraiment que Dieu pourvoie aux besoins de l'autre, exauce les désirs de son cœur et rende son ministère fécond, cela devient « une petite prière envoyée en express à notre Dieu ». Et il n'y aura jamais trop de prière.
  • En résumé : nos intérêts et notre volonté peuvent rester dans la voiture, mais ils ne doivent pas conduire. Avoir la bonne information, c'est avoir la vérité ; croire la bonne information, c'est avoir la foi ; et la piété le confirme dans nos vies. « Quand nous sommes ici, parlons-en avec nos lèvres. Quand nous sortons d'ici, reflétons-le par notre conduite. »

Points à retenir

  • Être serviteur de Dieu, c'est vivre pour ses intérêts et sa volonté, et laisser cette vérité éclairer l'usage de ton temps, de ton argent et de tes loisirs.
  • Dieu choisit, et il se sert de ses enfants pour annoncer l'Évangile. Le salut des autres repose sur sa souveraineté, pas sur ton efficacité.
  • La piété, c'est une posture intérieure qui honore Dieu et une conduite extérieure qui le reflète.
  • La foi, la vérité et la piété ne vont pas l'une sans l'autre, comme la farine, le lait et les œufs d'une pâte à crêpes.
  • L'espérance de la vie éternelle est certaine, car Dieu ne ment point : c'est une ancre de l'âme, sûre et solide.

Application personnelle

  1. Dans tes choix de cette semaine (ton dimanche, ta carrière, tes loisirs, tes dons), qui conduit la voiture : ta volonté ou celle de Dieu ?
  2. Donnes-tu à Dieu de ton superflu, ou de ce qui te coûte vraiment ?
  3. Que fais-tu pour mieux comprendre l'Évangile, apprendre à l'expliquer et à défendre ta foi ?
  4. Ta piété est-elle tournée vers Dieu, ou cherches-tu parfois à briller devant les autres ?
  5. À qui pourrais-tu souhaiter la grâce de Dieu cette semaine, en le pensant vraiment, comme une prière ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie la piété dans Tite 1:1 ?

Martin Bräker reprend la définition du dictionnaire Strong : dans le Nouveau Testament, la piété désigne à la fois une posture intérieure qui honore Dieu et une conduite extérieure qui le reflète. Lire sa Bible ou vivre dans la pureté pour briller devant les autres ne serait pas de la piété.

Si Dieu choisit ceux qui croient, pourquoi annoncer l'Évangile ?

Dieu choisit aussi l'instrument par lequel les gens viennent à la foi, et cet instrument, ce sont ses enfants. Le choix de Dieu ne retire rien à notre devoir de parler de lui. Il enlève en revanche un grand poids : le salut des autres ne dépend pas de notre efficacité, mais de sa souveraineté.

Pourquoi les premiers chrétiens utilisaient-ils l'ancre comme symbole ?

Sous la persécution, les chrétiens des premiers siècles gravaient une ancre, jusque sur leurs tombes, pour rappeler qu'ils avaient une espérance. Ce choix s'appuie sur Hébreux 6:19-20 : cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l'âme, sûre et solide.

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