1 Corinthiens 11 : de la Pâque à la cène du Seigneur

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Introduction

« Car j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné. » Lors d'un culte de Gospel Community Church, à Adelaide, le prédicateur s'arrête sur 1 Corinthiens 11:23-26, le premier texte écrit de l'Écriture qui donne l'ordre de la cène du Seigneur.

Le prédicateur pose deux images. La grande image tient dans le titre : de la Pâque à la cène, de l'ancienne alliance à la nouvelle. Ce sont les jours annoncés par Dieu en Jérémie 31 : « Voici, les jours viennent, dit l'Éternel. » La petite image tient au contexte immédiat de la lettre. Le message précédent de la série montrait Paul reprenant sévèrement les Corinthiens pour la « farce » irrévérencieuse qu'était devenue la cène chez eux. Le suivant montrera Paul en exposer les conséquences. Entre les deux, Paul rappelle calmement ce qu'ils savaient déjà.

Pour comprendre ce que Jésus fait ce soir-là, le prédicateur remonte jusqu'à Joseph, à l'Égypte et à la première Pâque. Il en ressort une conviction simple : quelque chose d'immense se passe autour d'une table, et cela se fait avec une grande simplicité.

Plan du message

1. Paul transmet ce qu'il a reçu du Seigneur

  • Paul rappelle l'origine de cet enseignement : le Seigneur lui-même. Il l'avait déjà affirmé aux Galates : l'Évangile qu'il prêche, il ne l'a reçu ni appris d'aucun homme, mais par une révélation de Jésus-Christ (Galates 1:11-12).
  • Ce qu'il a reçu, il l'a transmis sans rien modifier. Et il sait ce que les Corinthiens savent, puisque c'est lui qui les a enseignés.
  • L'Église de Corinthe est née pendant le deuxième voyage missionnaire de Paul. Arrivé d'Athènes, il discute chaque sabbat à la synagogue et témoigne que Jésus est le Christ. Rejeté, il va dans la maison voisine, chez un nommé Juste. Crispus, le chef de la synagogue, croit au Seigneur avec toute sa famille, et beaucoup de Corinthiens sont baptisés. Paul reste dix-huit mois à Corinthe (Actes 18:1-11).
  • Pendant ce séjour, il a certainement célébré la cène avec eux, sans doute régulièrement. Actes 2:46 montre l'Église primitive rompant le pain chaque jour dans les maisons. Actes 20:7 laisse penser que la pratique est devenue hebdomadaire, « le premier jour de la semaine ».
  • Les Corinthiens savaient donc comment recevoir le pain et la coupe. Dans les trois ans et quelques qui ont suivi le départ de Paul, ils se sont radicalement écartés de ce chemin. La lettre est écrite d'Éphèse vers l'an 55.
  • Ce passage est le premier ordre écrit de la cène dans l'Écriture : il précède d'au moins dix ans les récits des Évangiles.

2. La nuit où il fut livré : nous sommes à la Pâque

  • « Le Seigneur Jésus » : le texte place d'emblée Christ au centre. « Dans la nuit où il fut livré » nous donne le lieu : la célébration de la Pâque à Jérusalem, commencée dans la chambre haute et poursuivie jusqu'au jardin de Gethsémané.
  • La nuit de la Pâque offrait une occasion unique aux ennemis de Jésus. Chacun était chez soi pour le repas, les rues étaient calmes, sans témoins. Les chefs religieux pouvaient agir dans les ténèbres, « comme le font ceux qui travaillent dans les ténèbres ».
  • Là où il y a trahison, il y a un traître : Judas Iscariot, ce personnage tragique qui incarne la perfidie humaine. Il a vendu Jésus, Dieu fait chair, la perle de grand prix, aux mains d'hommes méchants pour le prix d'un esclave, trente pièces d'argent.
  • C'est un repas privé, un moment à part. Jésus avait ardemment désiré manger cette Pâque avec ses apôtres avant de la manger de nouveau dans le royaume à venir (Luc 22:15-16).

3. Comment le peuple de Dieu s'est retrouvé en Égypte

  • Joseph, onzième des douze fils de Jacob et premier fils de Rachel, est haï par ses frères. Ses rêves, qui annoncent qu'il dominera sur ses aînés, aggravent cette haine. Ils veulent le tuer, mais par la providence de Dieu, au travers de Ruben, sa vie est épargnée. Il est vendu à des marchands madianites, puis revendu en Égypte.
  • Chez Potiphar, chef des gardes de Pharaon, Joseph excelle et reçoit la charge de toute la maison. Faussement accusé par la femme de Potiphar, il est emprisonné. Même en prison, il excelle et Dieu est avec lui.
  • Il explique les rêves de l'échanson et du panetier. L'échanson l'oublie pendant deux ans, jusqu'aux rêves de Pharaon : sept années d'abondance, puis sept années de famine. Joseph ne se met pas en avant, il recommande de nommer un administrateur sage. Pharaon le nomme lui. « Du cachot au poste de premier ministre. »
  • Joseph devient « père de Pharaon, maître de toute sa maison, et gouverneur de tout le pays d'Égypte » (Genèse 45:8). Il sauve la nation pendant la famine.
  • Quand Pharaon apprend la venue des frères de Joseph, il les invite : « Prenez votre père et vos familles, et venez auprès de moi. Je vous donnerai ce qu'il y a de meilleur au pays d'Égypte » (Genèse 45:17-18). Soixante-dix personnes s'installent à Gosen. Le peuple de l'alliance est en Égypte sur invitation de Pharaon.

4. De l'oppression à la rédemption : la première Pâque

  • Joseph meurt, ainsi que toute sa génération. Les Israélites se multiplient, et un nouveau roi se lève, qui n'a pas connu Joseph (Exode 1:6-8). Il les opprime par de durs travaux. Ils passent de l'invitation à l'oppression, de l'habitation paisible à la captivité.
  • Dieu voit l'affliction de son peuple, entend son cri et le délivre par les dix plaies. Il fait aussi un spectacle public des dieux de l'Égypte, une nation très religieuse, idolâtre, qui avait des dieux pour presque tout : le fleuve, le soleil, les récoltes, la santé. Aucun n'a rien pu faire.
  • Dieu protège les Israélites des neuf premières plaies. Pour la dixième, image du jugement final, aucune distinction n'est faite : la mort de tous les premiers-nés. « Les Israélites n'étaient pas moins pécheurs que les Égyptiens. » Dieu leur donne alors les instructions de la Pâque (Exode 12).
  • Un agneau mâle, sans défaut, âgé d'un an, mis à part le dixième jour du mois et immolé le quatorzième. Il est rôti entier, mangé avec du pain sans levain et des herbes amères, sans qu'aucun os ne soit brisé. Son sang est mis sur le linteau et les montants de la porte. Voyant le sang, le destructeur passe par-dessus la maison.
  • Cet événement montre clairement la mort substitutive. C'est l'événement le plus important de l'histoire de la rédemption dans l'Ancien Testament, par ce qu'il a accompli, mais plus encore par ce qu'il annonçait : la rédemption du péché et de la mort par l'Agneau pascal, Jésus-Christ.
  • Le prédicateur distingue l'événement et le mémorial. La première Pâque se mange en hâte, sandales aux pieds, bâton à la main, dans une tension réelle : la mort traverse le pays. Les mémoriaux annuels deviennent ensuite une fête joyeuse, à laquelle la tradition juive ajoute des éléments.

5. Le pain : son corps donné pour toi, en mémoire de lui

  • Le père de famille présidait le repas de la Pâque : il rompait et distribuait le pain, partageait le vin et racontait le sens de la fête. Dans la chambre haute, c'est Jésus qui préside. C'est lui qui prend le pain et rend grâces.
  • C'est aussi lui qui rompt le pain. « Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même » (Jean 10:17-18). Ni Judas, ni Ponce Pilate, ni les chefs religieux n'ont rompu ce pain. Ils n'étaient que des moyens sous le contrôle souverain de Dieu. Jésus a donné sa vie volontairement.
  • Le pain rompu ne décrit pas la manière dont il est mort, car aucun de ses os n'a été brisé, conformément aux exigences de l'agneau pascal (Exode 12:46).
  • Jésus réinterprète les éléments. Le pain sans levain rappelait la hâte du départ et l'abandon de la vie de péché menée en Égypte, le levain étant symbole du péché. Désormais, ce pain parle de son corps.
  • Dans la pensée juive, le corps représente la personne entière : toute sa vie terrestre, son enseignement, son ministère, ses œuvres. « C'est l'Évangile : la personne et l'œuvre de Jésus-Christ. Qui il est et ce qu'il a fait. Et tout cela pour toi. »
  • Le prédicateur cite John MacArthur : « "Pour vous" sont deux des plus beaux mots de toute l'Écriture. » Jésus semble dire : ce pain ne te rappellera plus l'Égypte, il te rappellera mon corps donné pour toi.
  • « Faites ceci en mémoire de moi. » « Le souvenir est plus qu'un simple rappel. C'est une implication. » Dans la pensée juive, se souvenir, c'est prendre les événements fondateurs du passé, ici la Pâque et la rédemption, et faire entrer leur réalité dans la vie présente.
  • Un commentateur du Nouveau Testament, cité dans le message, le dit ainsi : à la table du Seigneur, on ne fait pas le tour d'un monument pour l'admirer, on est en communion avec un Sauveur vivant, le cœur tendu vers lui par la foi.
  • La communion porte bien son nom : elle se vit ensemble, en assemblée, comme dans Actes 2 et Actes 20. C'est un moyen de grâce qui fortifie la foi, l'obéissance et l'unité du peuple de Dieu, et qui proclame Christ crucifié.

6. La coupe : la nouvelle alliance en son sang

  • Le repas de la Pâque comptait quatre coupes de vin coupé d'eau. Après la première, on mangeait les herbes amères et on expliquait le sens de la Pâque, puis on chantait la première partie du Hallel (Psaumes 113 à 118). La deuxième coupe précédait la fraction du pain sans levain, puis venait le repas principal, l'agneau rôti. Après une prière, la troisième coupe circulait et l'on chantait la fin du Hallel. La quatrième, juste avant de partir, célébrait le royaume à venir.
  • « De même, après avoir soupé, il prit la coupe » : c'est la troisième coupe, la coupe de la rédemption, que Jésus prend et proclame coupe de la nouvelle alliance. La dernière Pâque officielle devient la première cène.
  • Le peuple avait reçu l'ordre d'observer la Pâque à perpétuité. Seul Dieu peut changer ce que lui-même a commandé, et c'est ce que Jésus fait.
  • L'ancienne alliance est l'alliance mosaïque, l'alliance de la loi (Exode 20 à 23). Moïse lit le livre de l'alliance, le peuple répond : « Nous ferons tout ce que l'Éternel a dit, et nous obéirons. » Moïse asperge le peuple du sang de l'alliance (Exode 24:7-8). Cette alliance n'était pas imparfaite dans son contenu, car la loi de Dieu est parfaite, mais par le manque d'obéissance du peuple.
  • Les conséquences sont immenses : la loi cérémonielle, les lois alimentaires, la loi du sabbat, les rites, les sacrifices, le sacerdoce, l'autel, le temple et le lieu très saint, tout ce système prend fin. Nous devenons « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis » (1 Pierre 2:9).
  • C'est l'alliance annoncée en Jérémie 31:31-33 : « Je mettrai ma loi au dedans d'eux, je l'écrirai dans leur cœur. » Au lieu de lois écrites sur la pierre, des lois écrites sur les cœurs. « Au lieu d'une obéissance commandée, une obéissance donnée. » Le voile du temple se déchire, et l'accès au Père est ouvert par Jésus-Christ, médiateur d'une meilleure alliance.
  • Le prédicateur pense à la parole « Que la lumière soit » : la même puissance est à l'œuvre quand Christ change ces choses, et tout cela se fait simplement, autour d'une table, à l'image de la douceur du Seigneur.

7. Vous annoncez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne

  • Jésus ne fixe aucune fréquence : « toutes les fois que ». L'Église primitive le faisait chaque jour, puis sans doute chaque semaine. À nous la sagesse : trop souvent, on risque la routine, voire le mépris, comme à Corinthe. Trop rarement, on prive le peuple d'un moyen de grâce vital. Quelle que soit la fréquence, la cène doit être prise d'une manière digne.
  • Pourquoi annoncer sa mort ? Parce que c'est là que le prix a été payé, définitivement. Les sacrifices d'animaux étaient efficaces, mais jamais suffisants, d'où leur répétition. « Sans effusion de sang il n'y a pas de pardon » (Hébreux 9:22).
  • Le péché est une affaire très sérieuse. « Si tu en veux la preuve, regarde la croix. » Le prix de l'expiation est la mort, et Dieu, dans sa grâce, accepte la mort d'un substitut. Comme les Israélites choisissaient un agneau sans défaut, Dieu a choisi son Agneau, son Fils.
  • Par sa mort, nous sommes pardonnés. Par sa vie parfaite, nous sommes déclarés justes. Le salaire du péché, c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur (Romains 6:23).
  • Les Corinthiens ont faussé l'ordre de la cène : « Ils en ont fait une affaire qui les concernait eux, au lieu qu'elle soit tout entière à son sujet. » Le prédicateur invite à s'examiner pour s'approcher de la table avec humilité, révérence et crainte de Dieu.
  • Il conclut avec Matthew Henry : « Venez voir les victoires de la croix. Les blessures de Christ sont ta guérison, ses agonies ton repos, ses combats tes conquêtes, ses gémissements tes chants, ses douleurs ton soulagement, sa honte ta gloire, sa mort ta vie, ses souffrances ton salut. »

Points à retenir

  1. La cène est née au cœur de la Pâque : Jésus préside le repas et en réinterprète les éléments. La dernière Pâque devient la première cène.
  2. Jésus a donné sa vie volontairement. C'est lui qui rompt le pain, et personne ne lui a ôté la vie.
  3. Le pain parle de toute sa personne et de toute son œuvre, données « pour toi ». C'est l'Évangile.
  4. La coupe annonce la nouvelle alliance promise en Jérémie 31 : la loi écrite dans le cœur et l'accès ouvert au Père par Christ.
  5. À chaque cène, l'Église annonce la mort du Seigneur, où le prix du péché a été payé une fois pour toutes, jusqu'à ce qu'il revienne.

Application personnelle

  1. Quand tu prends la cène, est-ce un simple rappel du passé ou une communion vivante avec Christ ?
  2. Que change pour toi le fait que Jésus a donné sa vie de lui-même, sans que personne ne la lui prenne ?
  3. Dans quel domaine as-tu besoin de croire que ce que Jésus a fait, il l'a fait « pour toi » ?
  4. La familiarité a-t-elle fait de la table du Seigneur une habitude pour toi ? Comment t'y préparer cette semaine avec humilité et révérence ?
  5. Qu'est-ce que cela signifie pour toi de vivre sous une alliance où la loi est écrite dans ton cœur ?

Versets cités

Questions fréquentes

Quel lien y a-t-il entre la Pâque et la cène ?

Paul situe la cène « dans la nuit où il fut livré », c'est-à-dire au repas de la Pâque, dans la chambre haute. Jésus y préside le repas et réinterprète ses éléments : le pain sans levain devient son corps donné pour nous, et la coupe qui suit le repas devient la nouvelle alliance en son sang. La dernière Pâque devient la première cène.

Que veut dire « faites ceci en mémoire de moi » ?

Pour le prédicateur, le souvenir biblique est plus qu'un simple rappel. Dans la pensée juive, se souvenir, c'est rendre présente la réalité d'un événement passé en y participant. À la table du Seigneur, on n'admire pas un monument : on est en communion avec un Sauveur vivant.

Pourquoi la cène annonce-t-elle la mort du Seigneur ?

Parce que c'est à la croix que le prix du péché a été payé, une fois pour toutes. Les sacrifices d'animaux devaient être répétés sans cesse. Sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon (Hébreux 9:22). Comme l'agneau sans défaut en Égypte, Jésus est le substitut que Dieu a choisi pour nous.

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