Abba, notre Père : trois visages de la paternité

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Introduction

Ce dimanche de Fête des Pères, l'Église Hillsong Paris a pris le temps d'écouter trois messages complémentaires sur la paternité. Roger a rappelé que Dieu est notre Père, celui qui court vers nous. Corentin a repris ce que Dieu attend d'un père au sein de sa famille. Un troisième frère a parlé du père restauré, celui qui n'imite plus Adam mais Jésus. Ensemble, ces trois voix dessinent un même visage : celui d'un Dieu qui redéfinit la paternité et qui vient guérir la nôtre.

Plan du message

1.Dieu est notre Père — le Père qui court (Roger)

  • Beaucoup de religions présentent Dieu comme créateur, roi ou juge. L'Évangile révèle quelque chose de plus étonnant : le Roi souverain de l'univers veut être appelé Père (Romains 8.15).
  • Un esclave n'entre pas librement chez son maître, mais un enfant a un accès direct à son père. C'est cet accès que Jésus est venu ouvrir en nous donnant un esprit d'adoption qui crie « Abba, Père ».
  • Dans la parabole du fils prodigue (Luc 15.20), avant même que le fils termine son discours de repentance, le père court, l'embrasse, lui rend la robe, la bague et les sandales. « Il ne nous accueille pas parce que nous avons changé, il nous accueille pour nous transformer. »
  • Le Psaume 23 décrit un berger aux traits paternels : il pourvoit, il donne le repos, il restaure l'âme, il n'abandonne pas dans la vallée, il honore ses enfants devant leurs adversaires. La promesse n'est pas que la vie sera facile, mais que sa présence sera là avec ses bienfaits jusqu'à la fin.
  • Pour ceux qui ont été blessés par leur père terrestre — rejet, dureté, abandon, silence — la bonne nouvelle est que Dieu n'est pas une version amplifiée de nos pères humains. Il est le modèle parfait de ce que devrait être un père : « le père des orphelins et le défenseur des veuves » (Psaume 68.6).
  • Nous ne sommes pas seulement tolérés dans le royaume, nous sommes accueillis dans une maison. Nous ne sommes pas seulement pardonnés, nous sommes adoptés (Galates 4.7 ; 1 Jean 3.1). Avant même que ta mère et ton père se connaissent, Dieu te connaissait déjà (Jérémie 1.5).

2.Le rôle du père — consécration, service, protection (Corentin)

  • Le mot « patriarcat » vient du latin pater (père) et arca (commandement) : littéralement, « le commandement du Père ». Loin des caricatures militantes, la Bible remet ce terme dans son vrai contexte : un ordre voulu par Dieu pour bénir la famille.
  • Selon 1 Corinthiens 11.3, « Christ est le chef de tout homme, l'homme est le chef de la femme et Dieu est le chef de Christ ». L'homme est spirituellement responsable de son foyer devant Jésus. Son premier ministère, c'est sa famille.
  • Ce ministère demande service et sacrifice. Adam a laissé le serpent parler à Ève parce qu'il n'a pas tenu sa place de protecteur du jardin (Genèse 3). La question posée aujourd'hui : comment sortir de cette passivité dans laquelle beaucoup d'hommes vivent ?
  • Éphésiens 5.22-29 n'est pas un texte de domination. Le mot grec pour « soumission » (hupotassō) signifie « aligné à la mission », « sous la mission ». Face à la société romaine qui donnait au père droit de vie et de mort, Paul retourne le prisme : l'homme doit aimer sa femme comme Christ a aimé l'Église, en se livrant lui-même pour elle.
  • La présence d'un père — physique, émotionnelle et intellectuelle — a un impact mesurable : elle réduit de près de 40 % le risque de dépression et d'anxiété chez les jeunes filles, et de plus de 50 % le risque de comportements dangereux chez les jeunes hommes. Le plus beau cadeau qu'un père puisse faire à ses enfants, c'est d'aimer leur mère et de le montrer.
  • Deux déclinaisons concrètes de ce rôle : pourvoir matériellement, émotionnellement et spirituellement (1 Timothée 5.8) — « ne soyons pas des pères qui remplissent le frigo et qui laissent le cœur de leurs enfants affamé » — et protéger l'identité et l'atmosphère de la maison (Éphésiens 6.4), en plaçant le bouclier de la vérité entre les mensonges du monde et son foyer.

3.Le père restauré — pas Adam, mais Jésus (le troisième message)

  • Genèse 2.7 rappelle que l'homme n'a de vie que par le souffle de Dieu. Quand on s'éloigne de lui, on perd ce souffle et on entre dans « la grotte » : cette forteresse silencieuse où beaucoup de pères se replient quand ils sont fatigués, blessés ou dépassés.
  • Notre référence n'est pas Adam mais Jésus, le « second Adam ». Adam a péché et s'est caché : « J'ai eu peur et je me suis caché » (Genèse 3.10). Aujourd'hui encore, les hommes blessés se cachent derrière le travail, l'écran, le téléphone. Christ, lui, ne s'est pas caché : il s'est exposé sur la croix pour son épouse, l'Église.
  • L'ennemi attaque le père parce que le père est une porte. Quand le diable veut attaquer une famille, il commence par museler le père : la bénédiction de Jacob ne peut plus passer si la bouche du père ne parle plus. Le père est aussi un sacrificateur pour sa maison.
  • Un père restauré ressemble à Jésus : fort mais doux, puissant mais compatissant, rempli de vérité mais aussi de grâce. Il sait reprendre mais il sait aussi relever. Il sait parler mais il sait aussi pleurer. « Qui t'a dit qu'un père ne pouvait pas pleurer, ni demander pardon, ni revenir à son foyer avec de la douceur ? »
  • L'image du père héroïque qui, dans un incendie, entre dans le feu pour sauver sa famille renvoie à Jésus qui est entré dans le feu du jugement pour prendre notre situation, la porter et nous en faire sortir — en y mourant lui-même. C'est cela, l'Évangile : ton Père céleste t'a tellement aimé qu'il a donné son Fils pour que toi tu sortes.
  • Marc 5 nous montre Jaïrus, chef de la synagogue, qui ne rougit pas de tomber à genoux devant Jésus pour sa fille. Contrairement à Nicodème qui vient de nuit, Jaïrus vient de jour, sans honte de son statut. Quand un père a la foi et sait élever l'autel dans sa maison, il est capable de faire venir Jésus là où la mort a déjà frappé. « Talitha koumi — jeune fille, lève-toi » (Marc 5.41).

Points à retenir

  • Dieu n'est pas une version amplifiée de ton père terrestre : il est le modèle parfait de la paternité, et il court vers toi avant même que tu finisses ta phrase.
  • Ton premier ministère en tant qu'homme, c'est ta famille. Avant l'Église, avant le travail, avant les projets.
  • Aimer sa femme comme Christ a aimé l'Église, c'est le plus grand cadeau qu'un père puisse offrir à ses enfants : ses fils y trouveront un standard, ses filles y trouveront un modèle qu'elles n'accepteront pas de brader.
  • Un vrai père pourvoit à trois niveaux : matériel, émotionnel, spirituel. Il ne se contente pas de remplir le frigo, il nourrit aussi le cœur et la foi.
  • La référence d'un père restauré n'est pas Adam qui se cache, mais Jésus qui s'expose. Se cacher dans la grotte du silence, c'est trahir sa vocation ; revenir avec douceur et vérité, c'est la restaurer.

Application personnelle

  1. Quand tu dis « Père » à Dieu, est-ce une simple habitude de langage ou une réalité qui change ta manière de croire et de prier ? Prends un moment cette semaine pour dire « Abba » en méditant Romains 8.15.
  2. Où en es-tu de ton premier ministère : ta famille ? Y a-t-il un domaine (temps, présence, écoute, prière) où tu as laissé le serpent entrer par ta passivité ?
  3. De quelle manière très concrète peux-tu, cette semaine, aimer ta femme (ou ton conjoint) « comme Christ a aimé l'Église » ? Un geste, une parole, un sacrifice précis.
  4. Sur les trois niveaux — matériel, émotionnel, spirituel — lequel est le plus faible chez toi ? Que peux-tu changer pour ne plus « laisser le cœur de tes enfants affamé » ?
  5. Es-tu plutôt un homme qui se cache (comme Adam) ou un homme qui s'expose et intercède (comme Jésus et Jaïrus) ? Devant Dieu aujourd'hui, sors de la grotte : à qui dois-tu demander pardon, revenir avec douceur ou porter une prière ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « Abba » quand la Bible parle du Père céleste ?

« Abba » est un mot araméen que Jésus lui-même utilise pour s'adresser à Dieu. Il n'exprime pas la distance d'un sujet devant son roi, mais l'intimité d'un enfant devant son père. Romains 8.15 et Galates 4.6 disent que l'Esprit de Dieu vient dans nos cœurs pour crier « Abba, Père » — autrement dit, pour rendre concret ce lien direct, filial, sans crainte, avec Dieu.

Comment Dieu peut-il être un « bon Père » si mon père terrestre m'a blessé ou abandonné ?

Dieu n'est pas une version amplifiée de ton père terrestre. Il en est même le contraire : « le père des orphelins, le défenseur des veuves » (Psaume 68.6). Il vient restaurer ce que le péché et les blessures ont détruit. Beaucoup de croyants découvrent, en méditant la parabole du fils prodigue ou le Psaume 23, un Père qui court, qui pourvoit, qui accompagne dans la vallée — jusqu'à ce que leur image intérieure de « père » soit guérie.

Que faire, très concrètement, comme homme, pour tenir son rôle de père dans sa famille ?

La Bible propose trois axes très concrets : consacrer sa vie à Christ et se placer sous sa mission (1 Corinthiens 11.3 ; Éphésiens 5) ; pourvoir non seulement matériellement, mais aussi émotionnellement et spirituellement — être présent, initier la prière, montrer une foi active (1 Timothée 5.8) ; protéger l'identité et l'atmosphère de sa maison contre la division et le mensonge (Éphésiens 6.4). Le premier ministère d'un homme, ce n'est pas l'Église ni le travail, c'est sa famille.

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