1 Pierre 3 : vivre pour le bien en vaut la peine

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Introduction

Est-ce que ça vaut la peine de vivre pour le bien ? Bert Görzen ouvre son message à la FeG Mainz avec la question d'Asaph dans le Psaume 73. Le psalmiste regarde ceux qui méprisent Dieu : ils ont du succès, de l'argent, aucun souci. « Tout leur réussit. » Et il se demande : « C'est donc en vain que j'ai gardé mes mains pures ? »

Cette question reste actuelle. La vie sans foi et sans valeurs chrétiennes peut très bien fonctionner, parfois avec moins de stress, parfois avec plus de succès. Le prédicateur avoue qu'elle se pose à lui de façon nouvelle depuis qu'il est père : en transmettant à ses enfants la gentillesse, la compassion, la serviabilité et le pardon, leur rend-il service dans une société qui devient plus rude, où à l'école, à l'université et au travail on joue des coudes ?

Dans le cadre d'une série sur la première épître de Pierre, « vivre sa foi dans une société post-chrétienne », il lit 1 Pierre 3:8-18 sous trois angles : la vie bonne comme argument solide en faveur de Dieu, ce qu'elle veut dire concrètement, et pourquoi elle en vaut la peine.

Plan du message

1. La question d'Asaph est aussi la nôtre

  • Dans le Psaume 73, Asaph a failli trébucher : il enviait les orgueilleux en voyant la prospérité des méchants. Ils portent leur orgueil comme un collier et beaucoup de gens courent après eux.
  • Le prédicateur comprend très bien Asaph : à quoi bon vivre selon les critères de Dieu si l'on en subit parfois des désavantages ? Ne serait-il pas plus simple de vivre comme les autres, qui réussissent sans une vie très morale ?
  • Les destinataires de la première épître de Pierre connaissaient ces pensées. Chrétiens, ils vivaient en minorité dans l'Empire gréco-romain, avec d'autres valeurs que leur entourage, ce qui ne leur apportait pas que des avantages.
  • Pierre les encourage à garder ces valeurs et à les vivre avec constance, « parce qu'elles sont bonnes, parce qu'elles sont justes et parce qu'elles sont, au bout du compte, une source de bénédiction pour sa propre vie ».

2. Le bien, un argument solide en faveur de Dieu

  • Avant d'entrer dans le texte, le prédicateur propose « une petite excursion de réflexion ». Elle peut affermir ceux qui croient et faire réfléchir ceux qui ne croient pas.
  • Au verset 13, Pierre part du principe que le bien existe. Les non-chrétiens le disent aussi : le philosophe Markus Gabriel affirmait à la radio Deutschlandfunk que l'existence du bien et du mal est un acquis de la philosophie, comme en mathématiques la certitude que 2 + 2 = 4.
  • Mais pourquoi en sommes-nous si sûrs ? Le bien et le mal ne peuvent exister que s'il y a un Dieu qui les fixe pour tous les êtres humains. Si la vie n'est que hasard, sans sens ni but, le mal est une illusion et tout ce que nous faisons n'est que l'expression de notre nature, de notre ADN.
  • L'athée Richard Dawkins pousse sa vision du monde jusqu'au bout : dans un univers de forces aveugles et impersonnelles, il n'y a ni justice, ni sens, ni bien, ni mal. Des penseurs chrétiens ajoutent que, sans Dieu, il n'y a aucun fondement pour définir le bien : si ce sont les êtres humains qui le définissent, « on ne tombe pas vraiment d'accord ».
  • Certains athées sont venus à la foi par cette voie, comme C.S. Lewis ou l'écrivain britannique A.N. Wilson : « L'athéisme dit que nous ne sommes qu'un assemblage de produits chimiques. Il n'a pas de réponse à la question de savoir pourquoi nous sommes capables d'amour, d'héroïsme et de poésie. »
  • C'est l'argument moral : s'il existe un bien et un mal, il doit y avoir un Dieu. Le bien et le mal existent. Donc Dieu existe. « La morale a besoin d'un législateur moral. »
  • « Ce n'est pas bête de se dire chrétien et de croire au Dieu de la Bible. » La foi chrétienne a du sens, et il existe bien d'autres bons arguments.

3. Une attitude de cœur : la compassion

  • Ce que Pierre appelle le bien tient en trois catégories. La première est une attitude, une disposition du cœur : je veux faire le bien. C'est le but commun du verset 8.
  • Une bonne attitude est faite de compassion et de miséricorde. Je ne suis pas toujours centré sur moi : mon attention et mon cœur sont tournés vers l'autre, et sa souffrance me touche.
  • Comment y parvenir ? Il y a une réponse pieuse : laisser le Saint-Esprit agir en nous, lui qui a la force de changer notre cœur. « C'est une bonne réponse, une réponse juste. »
  • Il y a aussi une réponse moins pieuse : ne pas trop se laisser distraire par les écrans. Une utilisation accrue des médias numériques va de pair avec moins d'empathie. En pleine conversation, on pense à son smartphone, on y jette un œil, on tape vite un message. « Mais comme ça, on ne peut pas avoir de conversation profonde avec quelqu'un. »
  • Concrètement, on peut poser son téléphone hors de vue et hors de portée à table ou au salon. Ce n'est peut-être pas le smartphone qui te distrait, mais une longue liste de tâches ou un loisir. Repère ce qui t'empêche de donner aux autres une attention entière : l'empathie est « une qualité clé » pour vivre ensemble.

4. Une manière de parler et d'agir

  • Vivre pour le bien, c'est ensuite communiquer d'une certaine manière : ne pas insulter en retour quand on est insulté, dire la vérité, parler avec gentillesse et respect, bénir les autres.
  • C'est enfin faire des choses concrètes pour les autres. Le prédicateur range l'amour dans cette catégorie, car selon la Bible l'amour n'est pas un simple sentiment : il se montre toujours en actes.
  • On le voit chez Jésus : il nous aime et il l'a montré de façon pratique en allant à la mort pour nous.
  • Pierre appelle aussi à rechercher activement la paix et à répondre au mal par le bien. « C'est vraiment costaud, ce que Pierre demande là. »

5. Le niveau 3 : faire du bien à ceux qui te font du mal

  • Le proverbe « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse » est une très bonne règle de vie commune, mais ce n'est que le niveau 1. Le niveau 2 : ne pas faire de mal et faire le bien. Le niveau 3 : faire le bien même à ceux qui me nuisent.
  • Pierre appelle au niveau 3 au verset 9 : « Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au contraire. »
  • Pierre ne l'a pas inventé : Jésus l'a dit dans le Sermon sur la montagne (Matthieu 5:44-48). « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent », car le Père fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons.
  • « Être chrétien, c'est vivre à un autre niveau » : prier pour ceux qui nous font du mal, les bénir, rester aimable avec eux malgré tout.
  • Comment y arriver ? « Pas par nos propres forces. » Nous avons besoin d'une force divine, et elle est à notre disposition par le Saint-Esprit qui habite en nous depuis que nous sommes venus à la foi.
  • Nous nous laissons vite entraîner dans un climat où l'on s'insulte, où l'on hausse vite le ton, où l'on riposte. Quand le voisin râle sans raison, quand un collègue raconte des mensonges sur toi, quand des camarades se moquent de toi, arrête-toi et prie : « Dieu, donne-moi la force de réagir au niveau 3. »
  • Cela ne réussira pas toujours. Mais dans ces moments-là, tu peux grandir au-delà de toi-même, parce que le Saint-Esprit veut être actif en toi. « Faisons-lui confiance. »

6. Une vie pour le bien apporte la bénédiction

  • Est-ce que ça vaut la peine, même quand on est moqué ou qu'on n'obtient pas un poste parce qu'on refuse de jouer des coudes ? Pierre répond clairement : « Oui, ça vaut absolument la peine. »
  • Aux versets 9 à 12, il cite le Psaume 34 : celui qui veut aimer la vie et voir des jours heureux garde sa langue du mal, s'éloigne du mal, fait le bien et recherche la paix, car « les yeux du Seigneur sont sur les justes ».
  • La bénédiction, c'est que Dieu se tourne vers nous d'une manière particulière. Cela ne veut pas dire toujours réussir ni avoir beaucoup d'argent : à la différence de l'Ancien Testament, le Nouveau insiste moins sur le matériel que sur la bénédiction spirituelle.
  • Cette bénédiction peut prendre la forme de bonnes relations, parce que nous sommes justes et bienveillants. Ou d'une expérience de Dieu qui donne un profond contentement. Ou d'une bonne conscience.
  • Elle vaut aussi pour l'éternité : devant Jésus, notre engagement pour le bien sera honoré. Le prédicateur dissipe un malentendu : « Nous n'allons pas au ciel parce que nous faisons le bien. » Nous sommes acceptés par Dieu par la foi, Jésus nous a acquis la relation avec Dieu par sa mort et sa résurrection, et nous ne pouvons pas mériter le ciel. Mais la mesure de notre dévouement a une portée dans l'éternité.
  • Il y a enfin une bénédiction pour les autres. Aux versets 13 et 14, Pierre part du principe que le bien est en général bien reçu, même si la souffrance peut arriver. L'éthique chrétienne plaît souvent parce qu'elle est sociale et respectueuse. Les gens autour de nous se demandent alors d'où vient ce comportement, et ils peuvent découvrir que la source, c'est Jésus.

7. Asaph arrive à la même conclusion

  • À la fin du Psaume 73, Asaph conclut comme Pierre : ça vaut la peine, c'est un chemin qui apporte la bénédiction.
  • Aux versets 25 et 26, il dit : « Qui ai-je au ciel, à part toi ? Et sur la terre, je ne désire rien d'autre quand je te sais auprès de moi. Même si mes forces s'épuisent, Dieu reste le soutien de mon âme. »
  • Asaph a vécu ce que Pierre décrit : Dieu s'est tourné vers lui d'une manière particulière. Cela lui a donné un sentiment de bonheur, de sécurité et d'appui, plus important pour lui que l'argent et le succès.
  • Le prédicateur termine par une prière : que Dieu nous aide à vivre pour le bien dans une époque de polarisation, de rudesse et d'insultes, surtout dans l'espace numérique, et que nous soyons « de bons panneaux publicitaires » pour le Dieu bon qui aime tous les êtres humains.

Points à retenir

  • La question « est-ce que le bien vaut la peine ? » est biblique : Asaph se la pose dans le Psaume 73, et Pierre y répond pour des chrétiens minoritaires.
  • L'existence du bien et du mal est un argument solide en faveur de Dieu : la morale a besoin d'un législateur moral.
  • Vivre pour le bien, c'est une attitude de compassion, une parole qui bénit et un amour qui se montre en actes.
  • Le niveau 3, faire du bien à ceux qui nous font du mal, n'est possible que par la force du Saint-Esprit.
  • Une vie pour Dieu apporte une bénédiction surtout spirituelle, pour aujourd'hui, pour l'éternité et pour les personnes autour de nous.

Application personnelle

  1. T'est-il déjà arrivé, comme Asaph, d'envier ceux qui réussissent sans se soucier de Dieu ? Qu'est-ce que ce sentiment révèle de tes attentes ?
  2. Qu'est-ce qui t'empêche de donner une attention entière aux personnes avec qui tu parles : ton smartphone, ta liste de tâches, un loisir ?
  3. Quelle personne te fait du mal en ce moment, et comment pourrais-tu, avec l'aide du Saint-Esprit, lui répondre « au niveau 3 » cette semaine ?
  4. Comment parles-tu des autres et aux autres, en particulier sur les réseaux sociaux ? Ta parole bénit-elle ?
  5. Si quelqu'un se demandait d'où vient ta manière de vivre, que verrait-il de Jésus en toi ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi vivre selon les valeurs chrétiennes si d'autres réussissent très bien sans elles ?

C'est la question d'Asaph dans le Psaume 73. Bert Görzen répond avec Pierre : oui, cela en vaut la peine. Une vie pour Dieu et pour le bien apporte la bénédiction, surtout spirituelle : Dieu se tourne vers nous d'une manière particulière. Cette bénédiction touche aussi nos relations, notre conscience, l'éternité et les personnes autour de nous.

Qu'est-ce que l'argument moral en faveur de l'existence de Dieu ?

S'il existe un bien et un mal, il faut un Dieu qui les définit pour tous. Or le bien et le mal existent, presque tout le monde le sait intuitivement. Donc Dieu existe. Pour le prédicateur, la morale a besoin d'un législateur moral : elle ne se déduit ni de la nature ni de l'être humain seul.

Que veut dire vivre « au niveau 3 » selon 1 Pierre 3 ?

Le niveau 1 consiste à ne pas faire de mal aux autres. Le niveau 2, à ne pas faire de mal et à faire le bien. Le niveau 3, à faire le bien aussi à ceux qui nous font du mal, comme le demande 1 Pierre 3:9 : ne pas rendre mal pour mal ni injure pour injure, mais bénir. Ce n'est possible que par la force du Saint-Esprit.

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