Introduction
« Une promesse de Dieu n'est pas l'absence d'obstacle. C'est l'assurance que l'obstacle n'aura pas le dernier mot. » Patrice Martorano prêche ce message lors de la deuxième soirée d'une semaine de jeûne et de prière à l'Église Momentum. La veille, l'Église s'était arrêtée sur ce qui avait été perdu et sur ce qu'il fallait aller reprendre dans le camp de l'ennemi. Ce soir-là, il invite à regarder dans une autre direction : ce qui se dresse maintenant devant nous.
Après quarante ans dans le désert, Israël entre enfin dans le pays promis. Et la première chose que le peuple rencontre, c'est un mur : Jéricho, « fermée et barricadée », où « personne ne sortait, et personne n'entrait ». « Bienvenue dans la promesse de Dieu », lance le prédicateur. Ce que Dieu veut te donner, tu es parfois appelé à aller le conquérir. Mais Dieu n'est pas un homme pour mentir (Nombres 23:19) : ce qu'il t'a promis, il finira par le donner.
Il a intitulé son message « Fais encore un tour ». La question qui le conduit n'est pas « pourquoi y a-t-il un mur ? », mais « qu'est-ce que je vais faire pendant que ce mur est encore debout ? ».
Plan du message
1. Avant de faire tomber le mur, Dieu te demande de prendre position
- Près de Jéricho, Josué voit un homme debout devant lui, l'épée nue à la main, et lui demande : « Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? » Il répond : « Non, mais je suis le chef de l'armée de l'Éternel » (Josué 5:13-14).
- Josué pose la mauvaise question, et l'ange de l'Éternel la retourne. La vraie question n'est pas de savoir si Dieu est avec toi ou contre toi, mais « quelle est ta position à toi ? ».
- Souvent, on fait son propre projet, puis on demande : « Seigneur, bénis mon projet. » Et quand ça ne marche pas : « Tu es où, Seigneur ? » Patrice Martorano renverse la logique : ce n'est pas à Dieu de se positionner, c'est à toi de t'aligner sur son projet, « parce que quand je suis dans ce que Dieu bénit, alors je sais que je vais être béni ».
- « Ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est saint » (Josué 5:15). La bataille est imminente, mais Dieu commence par Josué, pas par le mur.
2. Tu es en chantier
- Le prédicateur compare chaque chrétien à une route en travaux : il porte un panneau invisible où il est écrit « en chantier ».
- On s'intéresse beaucoup à ce que Dieu va faire à travers nous : « Fais de moi un prédicateur, un pasteur, un missionnaire, un chanteur. » Mais avant de faire quelque chose à travers ta vie, Dieu veut d'abord faire quelque chose en toi.
- Il l'a vu avec David, qui a reçu l'attitude d'un roi avant la couronne, avec Joseph, avec Moïse (« Moïse a pris 80 ans »), avec Josué et avec Saul de Tarse avant qu'il devienne l'apôtre Paul.
- Dieu veut parfois toucher ton orgueil, tes peurs, tes inquiétudes, ton besoin de tout contrôler, ton amertume. Avec humour, il évoque quelqu'un qui lui a dit un jour « Moi, je suis humble » : « Toi, tu es fier de ton humilité. »
- Ne demande pas seulement « Seigneur, fais tomber mon mur », mais « pendant que je suis devant ce mur, transforme-moi ». « Parfois Dieu utilise Jéricho devant toi pour former le Josué qui est en toi. »
3. Marcher par la foi et non par la vue
- « Vois, je livre entre tes mains Jéricho et son roi » (Josué 6:2). Josué regarde et ne voit qu'un mur : les murailles sont debout, les portes fermées, rien ne ressemble à une victoire. Dieu lui dit pourtant que la ville est déjà livrée.
- « Je marche non par la vue, mais je marche par la foi » (2 Corinthiens 5:7). « Le pire ennemi de la vision, c'est notre vue physique. » Quand Dieu t'a promis quelque chose, ce qui est impossible à tes yeux, considère-le dès maintenant comme acquis.
- Dans la prière du Notre Père, on demande que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel (Matthieu 6:10). « Dans le ciel, Jéricho est déjà tombé. » La prière consiste à amener sur la terre ce qui est déjà accompli dans le ciel.
- La foi n'est pas du déni : Josué ne se promène pas en disant qu'il n'y a pas de mur. « La foi ne nie pas ce qu'elle voit. Elle refuse simplement de donner à ce qu'elle voit le dernier mot. » Le dernier mot, c'est Jésus qui l'a.
4. Une stratégie folle, avec la présence de Dieu au centre
- Dieu donne à Josué une stratégie militairement incompréhensible. Le prédicateur rappelle un message sur Moïse : Dieu l'a envoyé grandir chez Pharaon, l'homme qui avait ordonné de tuer les petits garçons (Exode 2:1-10). Humainement, ce n'était pas une bonne stratégie, et c'est là qu'il est devenu un prince d'Égypte.
- Un comité de guerre aurait proposé un bélier avec vingt-cinq hommes de chaque côté, des cordes et des échelles. Dieu dit simplement : marchez, faites le tour de la ville, et mettez l'arche de l'alliance au milieu du cortège.
- La perle du message : « Jéricho est au centre de leur trajet, mais Jéricho n'est pas au centre de leur cortège. » Au centre, il y a l'arche, symbole de la présence de Dieu.
- Notre problème devient souvent le centre de notre vie : on y pense au lever, sous la douche, au coucher, avec son conjoint, on ne parle que de lui. Patrice Martorano reconnaît l'avoir vécu lui-même cette année, au point de se réveiller la nuit en pensant à son Jéricho.
- « Tu peux marcher autour d'un problème sans laisser ce problème devenir le centre de ta vie. » Et encore : « J'ai un Jéricho dans ma vie, mais ma vie ne s'appelle pas Jéricho. » Dieu est plus grand que n'importe quel Jéricho, que n'importe quel Goliath.
5. Six jours où rien ne se passe
- Premier jour, un tour, rien. Deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième jour : rien. Aucune pierre qui tombe, aucune fissure, aucun « clin d'œil de Dieu ». Ils obéissaient, et rien ne se passait.
- Beaucoup connaissent cet endroit : « Je prie et je ne vois rien. Je suis fidèle mais rien ne bouge. J'obéis mais la porte est toujours fermée. »
- « L'absence de changement visible n'est pas nécessairement l'absence de progrès. » Quand tu obéis à Dieu, même sans rien voir, la réponse est « en cours de téléchargement ». Apprendre à obéir sans avoir besoin d'être constamment récompensé par un résultat visible, c'est un niveau de maturité.
- Josué avait demandé au peuple de marcher en silence jusqu'au moment de crier (Josué 6:10). Le prédicateur imagine les micros ouverts dans les rangs : « Je ne vois pas l'intérêt », « Moïse ne nous aurait jamais demandé ça ». Ils râlaient peut-être, mais ils marchaient.
- « La répétition n'est pas toujours la stagnation. Parfois, elle s'appelle fidélité. » Au-delà du chronos, le temps qui passe, vient le kairos de Dieu, le moment fixé par lui. « Tu pries encore, continue de prier. Tu pardonnes, pardonne encore. Tu te lèves, lève-toi encore. »
6. Ne t'arrête pas au sixième tour
- Le septième jour, le peuple fait sept fois le tour de la ville. Premier tour, rien. Sixième tour, rien. « Le dernier tour peut ressembler exactement au précédent jusqu'au moment où il ne lui ressemble plus du tout. »
- Le prédicateur raconte que sa mère a prié pendant plus de vingt ans pour sa conversion et celle de son frère. Chaque soir, au pied de son lit, elle pleurait devant Dieu. Le jour où il a donné sa vie au Seigneur, il est rentré, a pris son frère, et tous deux se sont mis à genoux à côté d'elle pour prier. Il lui a fallu trois ou quatre mois pour réaliser que ses deux fils avaient donné leur vie à Jésus.
- Il souligne la force de la prière d'un père ou d'une mère : « Personne n'a autant à cœur votre cause que vous-même. »
- Au commencement, la terre était informe et vide, et l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux (Genèse 1:2-3). Même au-dessus de ton chaos, l'Esprit de Dieu est là, et quand Dieu dit « Que la lumière soit », la lumière arrive.
- Certains ont transformé leur sixième tour en conclusion sur leur vie : « Ça ne se passera jamais. » « Ne tire pas une conclusion définitive sur une saison qui n'est pas encore terminée. »
- Le cri du septième tour n'était pas une technique, comme si les décibels faisaient tomber les murailles. Ce qui les a fait tomber, c'est l'obéissance du peuple à ce que Dieu demandait, « quand bien même ça pouvait sembler complètement fou ».
7. Laisse à Jéricho ce qui doit rester à Jéricho
- Pendant le temps de prière, le prédicateur rappelle l'histoire d'Acan, qui a pris des choses de Jéricho, ce qui a fait perdre à Israël une bataille importante (Josué 7).
- Dans le Jéricho que tu traverses, fais attention de ne pas emporter dans la nouvelle saison ce qui appartient à l'ancienne. Il invite chacun à demander : « Saint-Esprit, montre-moi ce qui doit rester à Jéricho », à se repentir si nécessaire, et à remettre la présence de Dieu au centre de sa vie, de sa famille, de son Église, de son travail et de son ministère.
Points à retenir
- Une promesse de Dieu n'est pas l'absence d'obstacle, c'est l'assurance que l'obstacle n'aura pas le dernier mot.
- La question n'est pas de savoir de quel côté est Dieu, mais si tu t'es positionné dans son projet.
- Jéricho est sur ton trajet, mais c'est la présence de Dieu qui doit être au centre de ta vie.
- L'absence de changement visible n'est pas nécessairement l'absence de progrès : la répétition peut s'appeler fidélité.
- Ne tire pas de conclusion définitive sur une saison qui n'est pas encore terminée : le dernier tour peut tout changer.
Application personnelle
- Quel est le mur qui se dresse devant toi en ce moment, alors même que tu cherches à obéir à Dieu ?
- Demandes-tu à Dieu de bénir ton projet, ou cherches-tu à te positionner dans le sien ?
- Qu'est-ce que Dieu veut transformer en toi pendant que tu es devant ce mur : orgueil, peur, besoin de contrôle, amertume ?
- Ton Jéricho est-il devenu le centre de tes pensées et de tes conversations ? Comment remettre la présence de Dieu au centre cette semaine ?
- As-tu tiré une conclusion définitive sur une situation que Dieu n'a pas encore terminée ? Quel « tour de plus » peux-tu faire aujourd'hui ?
Versets cités
- Josué 5:13-15
- Josué 6
- Josué 7
- Nombres 23:19
- 2 Corinthiens 5:7
- Matthieu 6:10
- Exode 2:1-10
- Genèse 1:2-3
Questions fréquentes
Pourquoi Dieu laisse-t-il un mur devant sa promesse ?
Pour Patrice Martorano, une promesse de Dieu n'est pas l'absence d'obstacle, c'est l'assurance que l'obstacle n'aura pas le dernier mot. Avant de s'occuper du mur, Dieu s'occupe de Josué : il utilise parfois le Jéricho qui est devant toi pour former le Josué qui est en toi.
Que signifie ne pas s'arrêter au sixième tour ?
Pendant six jours, Israël a fait le tour de Jéricho sans que rien ne bouge. Le prédicateur rappelle que l'absence de changement visible n'est pas nécessairement l'absence de progrès, et que le dernier tour peut ressembler exactement au précédent jusqu'au moment où il ne lui ressemble plus du tout. Il invite à ne pas tirer de conclusion définitive sur une saison qui n'est pas encore terminée.
Qu'est-ce qui a fait tomber les murailles de Jéricho ?
Ce n'est pas la force du cri, qui n'était pas une technique. Selon Patrice Martorano, c'est l'obéissance du peuple à ce que Dieu demandait, même quand cela semblait complètement fou, avec l'arche de l'alliance, symbole de la présence de Dieu, au centre du cortège.
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