Tout ne tourne pas autour de moi : de consommateur à contributeur

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Introduction

« Nous sommes une Église qui prépare au lundi. » Ce slogan fait partie de l'identité de l'Église Lille Métropole, et il a donné son nom à la série en cours : Bon lundi. La semaine précédente, l'Église avait vu que le culte n'est pas l'aboutissement de la semaine mais son point de départ. On vient pour honorer Dieu, mais aussi pour être préparé, équipé et envoyé.

Dans ce deuxième message, Daniel Pottier va plus loin avec un titre qu'il sait délicat : tout ne tourne pas autour de moi. « J'ai demandé à la sécurité de barricader les sorties », plaisante-t-il. Le fond, lui, est sérieux : le cœur de l'Évangile est une invitation à passer de consommateur à contributeur.

Le pasteur montre trois choses que Jésus produit en nous : il nous délivre d'une vie centrée sur nous-même, il rend la vie des autres meilleure par notre présence, et il nous apprend à contribuer sans nous laisser consumer. Il termine par une parole pour ceux dont la générosité a été exploitée.

Plan du message

1. Le dimanche rassemblée, le lundi dispersée

  • Nous avons un appel sur ce monde : faire la différence là où Dieu nous envoie.
  • Le dimanche, nous sommes l'Église rassemblée. Le lundi, nous sommes l'Église dispersée : dans les entreprises, les écoles, les familles, les quartiers, les commerces, les hôpitaux.
  • C'est là que la foi doit « prendre corps ». La foi n'est pas théorique, elle doit forcément s'incarner.
  • Il y a deux façons de traverser la vie : en se demandant ce que la vie et les autres peuvent m'apporter, ou en y contribuant.
  • On a souvent réservé ce thème à l'église (passer de spectateur à acteur), mais il dépasse ses murs. La phrase qui résume tout : « Partout où Dieu nous place, notre présence doit laisser quelque chose de meilleur. »

2. Jésus nous délivre d'une vie centrée sur nous-même

  • Philippiens 2:3-5, tel que le pasteur le lit : « Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir inutile de briller, mais avec humilité considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense à celui des autres. » « Aïe, ça fait mal », commente-t-il.
  • À partir du moment où je connais Jésus, je dois être un contributeur, celui qui cherche l'intérêt des autres.
  • Le but n'est pas de s'oublier. Dieu nous a aussi mis sur la terre pour profiter de la vie, avec des joies saines. Le chrétien n'est pas appelé à vivre en ermite.
  • Paul ne dit pas qu'il ne faut pas tenir compte de ses intérêts. Il dit de ne pas considérer seulement les siens. C'est une question d'équilibre.
  • Notre époque pousse à l'individualisme, et même un chrétien peut glisser peu à peu sur cette pente : « Il n'y en a que pour ma pomme. »

3. Ne pas devenir des clients de la vie

  • Nous vivons dans un monde d'évaluation : un colis livré, un technicien passé à la maison, un restaurant, et aussitôt une enquête de satisfaction.
  • Le pasteur n'a rien contre ces enquêtes si elles font progresser un service. Le danger est ailleurs : à force d'être considérés ainsi, on peut devenir des « clients de la vie », des personnes qu'il faut à tout prix satisfaire.
  • C'est un penchant humain. On le vit dans la société, dans l'entreprise, dans l'église (« Est-ce que l'église répond suffisamment à mes besoins ? ») et parfois même envers Dieu.
  • Avoir des besoins est normal, et la Bible invite à les faire connaître à Dieu (Philippiens 4:6). Le problème commence quand on ne voit plus que ses besoins, quand ils deviennent le centre de sa vie, voire de celle des autres.
  • La maturité spirituelle commence le jour où l'on cesse d'entrer partout comme une personne qu'il faut satisfaire.
  • L'exemple parfait est Jésus (Marc 10:45) : le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme rançon. Il aurait mérité l'honneur, la gloire, qu'on le serve et qu'on prenne soin de lui. Il est venu servir.

4. Jésus rend la vie des autres meilleure par notre présence

  • Certains enseignements ont présenté l'Évangile surtout comme une foi qui nous aide à mieux vivre : « Reçois Jésus et tu seras béni au-delà de tout ce que tu peux imaginer. » Il y a une part de vérité, mais l'Évangile ne se limite pas à cela.
  • « L'Évangile, c'est une foi qui rend la vie des autres meilleure par notre présence. » Le pasteur le répète, parce que c'est très important.
  • Il cite Dietrich Bonhoeffer, pasteur allemand qui a résisté au nazisme et qui est mort en détention : « L'Église n'est réellement l'Église que lorsqu'elle existe pour les autres. » C'est une ligne directrice de l'Église Lille Métropole.
  • Cette phrase a marqué l'organisation de l'Église : quand on organise l'église seulement pour les croyants, les églises deviennent « des clubs de petits saints ». Il faut des programmes et des visions qui bénissent aussi les personnes de l'extérieur.
  • Cela vaut aussi pour l'Église dispersée, la semaine : elle n'existe pas seulement pour les chrétiens, elle existe pour les autres.

5. Joseph, une bénédiction partout où il passe

  • L'histoire de Joseph commence en Genèse 37. Son contexte est affreux : vendu par ses frères à une caravane, revendu sur un marché d'esclaves, il devient la propriété de Potiphar, qui l'utilise comme du matériel pour entretenir sa maison.
  • Pourtant, « dès que Potiphar l'eut établi sur sa maison et sur tout ce qu'il possédait, l'Éternel bénit la maison de l'Égyptien à cause de Joseph » (Genèse 39:5). Un lieu de travail est béni par la seule présence de Joseph.
  • Jeté en prison pour une injustice qu'il n'a pas commise, il gagne la faveur du chef de la prison, qui lui confie tout et « ne s'occupait plus de rien » (Genèse 39:21-23). « Combien de chefs rêvent d'avoir quelqu'un comme lui dans son entreprise ? »
  • Au gouvernement d'Égypte, le pays se porte mieux grâce à lui et il le sauve de la famine. Partout où Joseph passe, quelque chose s'organise, se développe, est béni, parce que l'Éternel est avec lui.
  • La question à se poser : « Qu'est-ce qui fonctionne mieux après mon passage ? » Dans ma famille, mon entreprise, mon université ou mon lycée, mon église, mon quartier.
  • Un endroit peut être béni à cause de ta présence. L'Esprit de Dieu n'est pas lié à un lieu mais à une personne : nous sommes le temple du Saint-Esprit (1 Corinthiens 6:19), et partout où je vais, je me déplace avec la Trinité.
  • Martin Luther, le réformateur, l'a résumé ainsi : « Dieu n'a pas besoin de vos bonnes œuvres, mais votre prochain, lui, en a besoin. » Nos bonnes œuvres ne sont pas là pour impressionner Dieu ni pour mériter une faveur, elles sont pour le prochain.

6. Contribuer sans se laisser consumer

  • Le pasteur le reconnaît : ce type de message peut être dangereux pour ceux qui sont généreux par nature et ne savent jamais dire non. Ils pourraient l'entendre comme « je dois encore en faire davantage ».
  • Être contributeur ne signifie pas répondre à toutes les demandes, porter tous les problèmes, accepter toutes les injustices, ne jamais se reposer ni devenir la solution de tout le monde.
  • Être contributeur se fait avec discernement, avec des limites que l'on pose soi-même, sans se culpabiliser quand on dit non, et sans chercher constamment l'approbation des autres.
  • Parfois on n'ose pas dire non par peur d'être rejeté, par besoin d'être estimé et aimé. C'est, dit-il, un problème d'identité.
  • Il y a des saisons : des moments où l'on a la force de porter et de bénir, d'autres où l'on en a moins. Il faut accepter ces saisons et respecter ses forces.
  • « Un contributeur, c'est quelqu'un qui apporte fidèlement sa part sans jamais se mettre en danger, mais surtout sans faire la part de l'autre. » Paul le dit : j'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître (1 Corinthiens 3:6). Chacun a contribué, personne n'a tout fait.

7. À ceux dont la générosité a été exploitée

  • En préparant ce message, le pasteur dit qu'il ne pouvait pas s'arrêter sans s'adresser à ceux qui ont été exploités à cause de leur générosité, au travail, en famille ou dans leur engagement.
  • Certains ont beaucoup donné sans recevoir de respect. Des services rendus sont devenus des obligations, voire des dus. Certains ont porté des responsabilités qui n'étaient pas les leurs, et d'autres ont profité de leur difficulté à dire non.
  • Les conséquences sont nombreuses : épuisement, culpabilité quand on dit non, cœur fermé pour ne plus être blessé, perte de sa juste place.
  • « Ne laissez pas ceux qui ont abusé de votre générosité vous priver définitivement de la joie de contribuer. » Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir (Actes 20:35) : cette joie parle d'un accomplissement, d'une satisfaction intérieure profonde.
  • Quand on en est arrivé là, on a besoin d'une guérison et d'un relèvement intérieurs. Le pasteur invite ceux qui se reconnaissent à venir devant pour la prière. Il pense aussi à ceux qui portent seuls leurs enfants et à ceux qui ont été trahis par un ami.
  • Dans la prière, il évoque la vallée des ossements desséchés (Ézéchiel 37) : Dieu y fait revenir les tendons, la chair et le souffle, et une armée se lève. Il proclame un nouvel élan « dès lundi » pour être une bénédiction là où Dieu a placé chacun.

Points à retenir

  • Le culte n'est pas l'aboutissement de la semaine, c'est un point de départ : le lundi, l'Église est dispersée là où Dieu l'envoie.
  • Le cœur de l'Évangile est une invitation à passer de consommateur à contributeur, sans cesser pour autant de profiter sainement de la vie.
  • Comme Joseph, tu peux être une bénédiction même dans un contexte difficile, parce que l'Esprit de Dieu habite en toi.
  • Être contributeur se vit avec discernement et avec des limites : fais ta part, ne fais pas la part de l'autre.
  • Si ta générosité a été exploitée, Dieu veut te relever pour que tu retrouves la joie de donner.

Application personnelle

  1. Dans quel domaine te comportes-tu comme un « client de la vie » : envers ton travail, ton église, ou même envers Dieu ?
  2. Qu'est-ce qui fonctionne mieux après ton passage dans ta famille, ton entreprise, ton lieu d'études ou ton quartier ?
  3. Où Dieu t'a-t-il placé, ce lundi, pour que ta présence laisse quelque chose de meilleur ?
  4. À qui ou à quoi as-tu du mal à dire non, et qu'est-ce que cela révèle de ton besoin d'être approuvé ?
  5. Dans quelle saison te trouves-tu en ce moment, et quelle est concrètement ta part, sans prendre celle des autres ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire passer de consommateur à contributeur ?

Pour Daniel Pottier, il y a deux façons de traverser la vie : en se demandant ce que la vie et les autres peuvent nous apporter, ou en y contribuant. L'Évangile invite à la seconde, partout où Dieu nous place, et pas seulement à l'église. Sa phrase de synthèse : partout où Dieu nous place, notre présence doit laisser quelque chose de meilleur.

Qui a dit « L'Église n'est réellement l'Église que lorsqu'elle existe pour les autres » ?

C'est Dietrich Bonhoeffer, pasteur allemand qui a résisté au nazisme. Daniel Pottier explique que cette phrase est une ligne directrice de l'Église Lille Métropole : l'Église ne doit pas devenir un club, elle existe aussi pour ceux de l'extérieur, le dimanche comme le lundi.

Être contributeur, est-ce dire oui à tout ?

Non. Être contributeur ne signifie pas répondre à toutes les demandes, accepter toutes les injustices ni ne jamais se reposer. Cela se vit avec discernement, avec des limites, sans culpabilité quand on dit non et en respectant la saison dans laquelle on se trouve. Comme le dit Paul : j'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. Fais ta part, ne fais pas la part de l'autre.

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