Introduction
Ce message de Marcos Vidal, à l'Iglesia Salem de Madrid, fait partie d'une série sur les modèles, sous le thème « à visage découvert ». Le titre : « D'Éli à David ». Plutôt que deux personnages comme Paul et Timothée ou Élie et Élisée, il en prend quatre, des responsables d'Israël qui se sont passé le relais : Éli, Samuel, Saül et David.
Ce passage parle de changements. « Quand Dieu apporte des changements, c'est toujours inconfortable », dit le prédicateur, mais c'est Dieu qui révèle quelle heure il est, et c'est à nous de le reconnaître et de l'accepter. Ces changements passent presque toujours par des personnes.
Son modèle, c'est Jésus. L'onction de Dieu reposait sur lui, et pourtant il investissait dans les autres. Dans Jean 13 à 17, face à la croix, il parle encore à ses disciples de joie, de paix et d'unité. Marcos Vidal reconnaît que sa génération a surtout compris qu'il fallait être des héros pour le Seigneur. Mais vient un moment où Dieu te demande d'investir dans les autres, pour qu'ils fassent à leur tour ce que le Seigneur veut pour eux. Être béni, et être une bénédiction.
Plan du message
1. Éli, celui qui guide
- Éli est grand sacrificateur à Silo et il a jugé Israël pendant quarante ans. Il descend d'Aaron par Ithamar, et non par Éléazar comme c'était l'usage. Flavius Josèphe suggère qu'il aurait pris la place d'un sacrificateur empêché, mais la Bible ne dit pas comment ce changement s'est fait.
- Éli n'est pas un exemple à suivre. C'est « un théoricien » : il connaît sa fonction, mais sa vie ne correspond pas à ce qu'il sait. Il tolère la conduite gravement abusive de ses fils, les garde dans le ministère et ne purifie pas l'autel. Il manque de zèle pour la maison de Dieu et s'installe dans une complaisance spirituelle. Il ressemble aux pharisiens dont Jésus disait : faites ce qu'ils disent, mais ne faites pas ce qu'ils font.
- Pourtant, en 1 Samuel 3:1-9, alors que « la parole de l'Éternel était rare », Éli comprend que c'est Dieu qui appelle l'enfant. Il lui dit : « Va, couche-toi ; et si l'on t'appelle, tu diras : Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. » Il n'avait pas oublié que Dieu parle. De même, avec Anne, qu'il prend d'abord pour une femme ivre, il finit par l'écouter et la guider.
- Un pasteur que Marcos Vidal admire lui a confié : le plus difficile, ce n'est ni de prêcher ni d'enseigner, c'est d'être cohérent au quotidien avec la foi qu'on a. Nous luttons tous avec la cohérence.
- Il se souvient d'un professeur de mathématiques de son école évangélique, sous Franco, qui perdait patience et lâchait des jurons. Un camarade d'une famille athée lui a lancé : « Les évangéliques ne disent pas de gros mots, non ? » Le professeur a répondu qu'il y a deux sortes d'évangéliques, les bons et les mauvais, et qu'il faisait partie des mauvais. Marcos Vidal en a été fier : cet homme savait dire « Ne me regarde pas, regarde quelqu'un d'autre. »
- Éli brise deux erreurs opposées : l'orgueil de celui qui se croit infaillible à cause de sa position, et l'autodisqualification de celui qui dit « je ne suis sûrement pas assez bien pour ça ». « Ce n'est pas parce que tu n'as pas tout donné que Dieu a fini son œuvre avec toi. »
2. Samuel, celui qui obéit
- Au moment de passer le relais, Samuel doit affronter le rejet. Les anciens viennent le trouver à Rama : « Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent point sur tes traces ; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a chez toutes les nations » (1 Samuel 8:4-7).
- Le roi n'est ni l'idée de Dieu ni celle de Samuel, c'est la réponse à une demande malsaine du peuple. Dieu dit à Samuel : « Ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent. » Et pourtant, tout avance, ordonné et soutenu par Dieu.
- Le prédicateur s'arrête sur une petite phrase : « Je n'ai pas la paix. » Nous avons parfois fait de la paix de Dieu une sorte de certificat qui garantirait que nous faisons sa volonté. Samuel n'a pas eu la paix en oignant Saül, ni en allant oindre David : « Saül l'apprendra, et il me tuera » (1 Samuel 16:2). Dieu lui donne des instructions claires, et Samuel n'a qu'à obéir.
- Confronter quelqu'un, dire à ses enfants ce qu'ils ne veulent pas entendre, ouvrir sa maison pour un groupe, rejoindre l'évangélisation, inviter quelqu'un à regarder The Chosen : cela ne donne pas forcément la paix. Dieu n'a pas besoin de ta permission, et il n'est pas obligé de te faire ressentir la paix.
- Son conseil : « Oublie la paix de Dieu avant d'obéir à sa parole. » La paix vient après l'obéissance. Si tout ce que Dieu te demande te plaît et correspond à ta nature, « qui suit qui ? Qui obéit à qui ? » Souvent, « je n'ai pas la paix » veut dire « cela ne me plaît pas du tout ».
- On le voit chez Moïse, chez Jérémie, et chez Jésus : « S'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi » (Matthieu 26:39). « La volonté de Dieu n'est pas obligée de me plaire, mais j'ai la responsabilité d'obéir à ce qu'il me dit. »
3. Saül, celui qui s'accroche
- Saül est un responsable qui ne supporte pas la croissance des autres. Quand les femmes chantent « Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille », il s'irrite, regarde David d'un mauvais œil et lance sa lance pour le clouer au mur (1 Samuel 18:7-12).
- Sa tragédie n'est pas seulement d'avoir perdu le royaume : il laisse l'amertume s'installer, et la peur domine sa conduite. « Saül craignait la présence de David, parce que l'Éternel était avec David et s'était retiré de lui. »
- Son identité était dans le royaume. S'il cessait d'être roi, il perdait tout. Samuel, lui, peut oindre Saül puis David, et continue à servir jusqu'à la fin de ses jours, parce que son identité n'est pas dans sa position.
- Au début, Saül était humble : il s'était caché et Samuel avait dû le chercher. Une fois roi, il s'accroche à sa place et ne laisse de place à personne. Quand Dieu fait quelque chose de nouveau, il ne peut pas s'en réjouir, il y voit une menace personnelle.
- La leçon : « Quand ce que je fais pour Christ devient mon identité, plus important que ce que je suis en lui, j'ai un problème. » Tu chantes, tu joues d'un instrument, tu sers chez les enfants, à l'accueil, au son, tu visites les malades : pourquoi le fais-tu ? « Je le fais par amour pour Jésus. Je le fais parce qu'il m'a sauvé et que ma vie lui appartient. » Si tu arrêtes, tu n'es pas moins à ses yeux.
- Paul le montre avec le corps (1 Corinthiens 12). Marcos Vidal imagine une réunion des membres : le pied veut être la tête, il admire les yeux, les yeux envient la bouche. Si chacun obtient ce qu'il veut, il n'y a plus de corps. Chaque membre a sa fonction, sans supériorité ni infériorité. Il faut comprendre la valeur de la place que Dieu t'a confiée et l'y servir fidèlement.
4. David, celui qui attend
- En 1 Samuel 24 et 26, David a deux occasions de tuer Saül et d'accélérer son arrivée au trône. Ses hommes le lui conseillent : « Voici le jour où l'Éternel te dit : Je livre ton ennemi entre tes mains. » David répond : « Loin de moi, par l'Éternel, de porter la main sur l'oint de l'Éternel ! » (1 Samuel 26:11)
- Pourtant, le règne de David était la volonté de Dieu : un roi selon son cœur, ce dont le peuple avait besoin. Justement pour cela, David sait qu'il n'a pas besoin de détruire Saül : il lui suffit d'attendre Dieu.
- « Malheur à celui qui ne sait pas attendre » et qui part au combat parce qu'il a l'onction, du talent ou une vision. Même Jésus n'est pas entré dans l'arène avant que Jean ne donne le départ et que la voix du Père dise : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » (Matthieu 3:17).
- Même quand tu sais que Dieu a quelque chose de préparé pour toi, cela ne t'autorise pas à détruire celui qui occupe encore la place à laquelle tu es appelé. Quand une personne en autorité sur toi a des manquements, tu dois décider quel genre de serviteur tu veux être.
5. Dieu trace sa ligne avec des personnages imparfaits
- Aucun de ces hommes n'a eu des circonstances parfaites. Samuel a connu l'échec : il a oint un roi qui s'est révélé un fiasco. On aurait pu lui dire : « Quelle voix as-tu entendue ? » Mais il s'est relevé et a oint David.
- David, grand modèle, a eu l'épisode de Bath-Schéba, d'Urie le Héthien et de Nathan. La Bible ne le cache pas, et elle l'appelle pourtant un homme selon le cœur de Dieu.
- Tu n'as peut-être pas été le père, l'enseignant ou le responsable que tu voulais être. Tu peux quand même regarder à Jésus. « Nous ne sommes pas plus chrétiens parce que nous avons atteint une forme de perfection. » Et même avec ce qui reste à transformer, Dieu veut se servir de toi pour guider et aider les autres.
- Quand Dieu dit à Abraham « Marche devant ma face, et sois intègre » (Genèse 17:1), et quand Jésus dit « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5:48), il ne s'agit pas de marcher sans erreur, mais d'une relation ininterrompue avec Dieu, exposé à sa lumière pour être transformé.
- Père, mère, enfant, grand-parent, en plein succès professionnel ou licencié, avec ou sans logement, avec ou sans nationalité : personne n'est en dehors de cet appel. « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire » (2 Corinthiens 3:18).
Points à retenir
- Éli n'avait pas sa maison en ordre, mais il a su guider Samuel à écouter Dieu. Dieu n'a pas fini son œuvre avec toi.
- La paix de Dieu n'est pas un certificat préalable : elle vient après l'obéissance.
- Quand ce que tu fais pour Christ devient ton identité, tu finis par t'accrocher à ta place et par voir les autres comme une menace.
- Savoir que Dieu a préparé quelque chose pour toi ne t'autorise pas à forcer le temps ni à abattre celui qui est en place.
- Dieu se sert de gens imparfaits pour en bénir d'autres. Être un modèle, c'est rester exposé à sa lumière.
Application personnelle
- Te disqualifies-tu en te disant que tu n'es pas assez bien pour guider quelqu'un vers Dieu ?
- Y a-t-il une chose que Dieu t'a demandée et que tu repousses parce que « tu n'as pas la paix » ? Est-ce vraiment l'absence de paix, ou simplement que cela ne te plaît pas ?
- Pourquoi sers-tu à l'Église ? Que resterait-il de ton identité si tu arrêtais demain ?
- Comment réagis-tu quand Dieu fait grandir quelqu'un d'autre à côté de toi ?
- Face aux manquements d'une personne en autorité sur toi, quel genre de serviteur décides-tu d'être ?
Versets cités
- Jean 13-17
- 1 Samuel 1
- 1 Samuel 3:1-9
- Matthieu 23:3
- 1 Samuel 8:4-7
- 1 Samuel 16:2
- Matthieu 26:39
- 1 Samuel 18:7-12
- 1 Corinthiens 12:12-27
- 1 Samuel 24
- 1 Samuel 26
- Matthieu 3:17
- 2 Samuel 11-12
- Genèse 17:1
- Matthieu 5:48
- 2 Corinthiens 3:18
Questions fréquentes
Que peut-on apprendre d'Éli, un sacrificateur qui n'est pas un exemple ?
Marcos Vidal reconnaît qu'Éli n'a pas su mettre sa propre maison en ordre. Pourtant, il a su guider le jeune Samuel à écouter Dieu : « Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. » Cela brise deux erreurs : l'orgueil de celui qui se croit infaillible, et la disqualification de celui qui pense ne jamais être assez bien.
Faut-il attendre de ressentir la paix avant d'obéir à Dieu ?
Pour Marcos Vidal, non. Samuel n'a pas ressenti la paix en oignant Saül, ni en allant oindre David. Ce que Dieu demande n'a pas besoin de nous donner la paix d'abord : la paix de Dieu vient après l'obéissance. Souvent, « je n'ai pas la paix » veut dire « cela ne me plaît pas ».
Pourquoi David a-t-il refusé de tuer Saül ?
En 1 Samuel 24 et 26, David a deux occasions de tuer Saül et ses hommes l'y poussent. Il répond qu'il ne portera pas la main sur l'oint de l'Éternel. Même quand tu sais que Dieu a préparé quelque chose pour toi, cela ne t'autorise pas à détruire celui qui occupe encore la place : tu dois attendre le temps de Dieu.