Introduction
« L'Église à Thessalonique, c'est l'Église de la souffrance. » Samuel Bouix, responsable pour l'Europe de la mission Global Recordings Network (GRN), prêche à l'Église Nouvel Impact Liège sur un thème qu'il reconnaît « pas si facile que ça » : l'Évangile dans l'épreuve.
Il a choisi ce texte parce qu'il l'a étudié avec ses enfants, un ou deux versets par jour : neuf mois pour parcourir la lettre aux Thessaloniciens. Chaque lettre de Paul a sa couleur. Corinthe avait besoin d'être recadrée, Philippes était si généreuse qu'elle s'est appauvrie pour que l'Évangile avance. Thessalonique, elle, est marquée par l'opposition et la difficulté.
À partir de 1 Thessaloniciens 1:4-10 et 2:1-4, le prédicateur développe trois aspects : accepter l'Évangile dans l'épreuve, le vivre et le partager. Il rappelle ensuite ce qu'est l'Évangile, il s'appuie sur la fidélité de Dieu, puis il présente la mission qu'il sert, qui raconte l'histoire de Jésus dans la langue de cœur de tous les peuples.
Plan du message
1. Thessalonique, une Église née dans l'opposition
- Pour Samuel Bouix, la société gréco-romaine des Thessaloniciens ressemble beaucoup à l'évolution de la nôtre. Ce texte est « tellement pertinent pour nous aujourd'hui ».
- Pendant son deuxième voyage missionnaire, Paul part d'Antioche avec Silas, après s'être séparé de Barnabas. En chemin, il prend avec lui un jeune homme, Timothée. Une vision l'appelle en Macédoine.
- À Philippes, une Église naît, mais Paul « a pris cher » : battu, fouetté, jeté en prison. C'est encore marqués par les coups que les trois hommes arrivent à Thessalonique.
- Ils n'y passent que trois sabbats, peut-être un mois, et ils laissent une Église derrière eux. L'ancien pasteur implanteur s'en émerveille : une Église implantée en trois semaines.
- À Bérée, les gens vérifient dans les Écritures ce qu'on leur enseigne. Une délégation venue de Thessalonique y sème le trouble, et Paul doit partir très vite vers Athènes, en laissant Silas et Timothée.
- Inquiets pour Philippes et Thessalonique, ils envoient Timothée. Avec Silas, il rejoint ensuite Paul à Corinthe avec une bonne nouvelle : ils vont bien (1 Thessaloniciens 3:6).
2. Accepter l'Évangile dans l'épreuve
- Paul écrit aux Thessaloniciens qu'ils sont devenus ses imitateurs et ceux du Seigneur (1 Thessaloniciens 1:6). « En nous imitant, vous avez imité Christ. »
- Dieu a placé sur ta route des personnes qui ressemblent à Christ dans leur façon de vivre leur foi et leurs épreuves. « C'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi » (Galates 2:20).
- À 13 ans, interne, le prédicateur passait ses week-ends chez un ancien d'église. Cet homme se levait à 6 heures pour lire sa Bible pendant une heure dans le grenier, où il ne pouvait même pas se tenir debout. Au petit-déjeuner, il descendait en sifflant, il rayonnait. « Ce mec m'a fait rêver. »
- À 16 ans, au groupe de jeunes, il lui confie en pleurs qu'il n'arrive pas à se lever le matin. La réponse : « Tu sais, quand je me lève, je t'appelle, tu mets ton téléphone, on prie et tu passes ton temps avec ton Seigneur. » Pendant 18 mois, tous les jours, sans vacances, à 6 heures, ce frère a prié avec lui puis raccroché. « Ce gars a marqué ma vie. »
- Sa question : quels frères et sœurs Dieu a-t-il placés autour de toi, que tu veux imiter, pour qu'en les imitant tu imites Christ ? « Imite le bien », dit 3 Jean 11.
- Les Thessaloniciens ont accueilli la parole « au milieu de grandes difficultés, avec la joie du Saint-Esprit ». Aujourd'hui aussi, accepter l'Évangile a un prix : ton conjoint ne sera peut-être pas d'accord, tes parents ou tes enfants ne te comprendront peut-être pas, tes amis te rejetteront peut-être.
- Mais cette parole est agissante (1 Thessaloniciens 2:13). « Quand on accepte Jésus dans sa vie, on n'est plus le même. » C'est lui qui fait l'œuvre en nous.
3. Vivre l'Évangile : prendre soin les uns des autres
- La manière dont Paul, Silas et Timothée vivent l'Évangile, c'est de prendre soin des autres. Ils ne sont restés que quelques semaines à Thessalonique, mais ils portent un fardeau : comment vont-ils ?
- Ils prient sans cesse pour eux (1 Thessaloniciens 1:2-3). Leur désir est de voir ces frères et sœurs grandir avec le Seigneur. Alors ils prennent un risque et envoient Timothée.
- Selon le prédicateur, l'expression « les uns les autres » revient quatre fois dans la lettre. « Si dans cette église à Liège, vous voulez vivre l'Évangile, vivez les uns les autres. »
- Ce qui l'a le plus frappé dans l'Église Nouvel Impact, ce sont ses « Loulas », ces rencontres dans les maisons. C'est là que l'on peut se demander : « Mon frère, est-ce que tu grandis en ce moment ? »
- Paul écrit : vous le faites déjà, progressez encore (1 Thessaloniciens 4:1). Le piège, quand on fait déjà quelque chose, c'est de croire qu'on est arrivé et de chercher « le transat ».
- « Vivre l'Évangile, c'est s'inquiéter de son frère » : comment va mon frère ? Est-ce qu'il grandit dans sa foi ? Comment puis-je prier pour toi ?
4. Partager l'Évangile dans l'épreuve
- Paul et ses compagnons ont pris des coups, et ils ont partagé l'Évangile malgré tout. Après leur départ, les Thessaloniciens vivent l'opposition à leur tour et tiennent ferme, parce qu'ils ont eu de bons modèles. Ils ont même imité les Églises de Judée persécutées (1 Thessaloniciens 2:14).
- La question n'est pas d'abord « comment devenir un modèle ? », mais « qui est-ce que je veux imiter ? ». « Si j'imite Christ, si j'imite des frères qui veulent imiter Christ, je deviens un modèle. »
- L'impact a dépassé la ville : la parole du Seigneur a retenti dans toute la Macédoine et l'Achaïe (1 Thessaloniciens 1:7-8). « Ils vivaient tellement l'Évangile que ça a été boule de neige. »
- « On vit tous des difficultés. » Le prédicateur ne connaît pas celles de l'assemblée, mais Dieu les connaît et veut les utiliser pour que l'Évangile soit partagé : tu deviendras un modèle pour beaucoup parce que tu vis l'Évangile aussi dans l'épreuve.
- Son souhait pour l'Église, qui se réunit dans une salle de cinéma : « J'aimerais tellement que cette salle de cinéma soit trop petite. »
5. Ce qu'est l'Évangile
- « À un moment, on a tous désobéi à Dieu. » Dans Genèse 3, le diable promet à Ève qu'en désobéissant, elle sera comme Dieu, capable de connaître le bien et le mal.
- Aujourd'hui, beaucoup pensent savoir mieux que Dieu ce qui est bon pour eux. « On a enlevé la couronne qui était sur le Roi des rois pour se dire : c'est moi le roi de ma vie. » Le prédicateur précise qu'il n'est pas là pour condamner personne : la question de l'autorité se pose dans les détails de chacune de nos vies.
- La bonne nouvelle : Dieu est venu sous la forme d'un être humain. Le péché de l'humanité est tombé sur Jésus, qui n'avait commis aucun péché. Il est mort, et il est ressuscité le troisième jour, vainqueur de la mort.
- Devenir enfant de Dieu, c'est accepter que Dieu reprenne les rênes de ta vie, plaider coupable et croire que Jésus a payé pour toi (Jean 3:16). C'est rendre la couronne et dire : « Seigneur, tu sais ce qui est bon pour moi et je t'obéis. »
- À ceux qui l'ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu (Jean 1:12). « Dieu t'appelle mon enfant. » Le prédicateur invite celui qui n'a pas encore accepté Jésus comme son Sauveur à le faire maintenant.
6. Dieu est fidèle au cœur de l'épreuve
- La lettre se termine sur cette promesse : « Celui qui vous a appelés est fidèle, et c'est lui qui le fera » (1 Thessaloniciens 5:24).
- Dire que le chrétien ne souffrirait pas, « c'est pas vrai. C'est pas ce que nous dit le texte biblique ». Mais Dieu est fidèle, et c'est lui qui nous transforme.
- Dans 1 Corinthiens 10:13, explique-t-il, le mot grec traduit par « tentation » désigne aussi l'épreuve. Aucune épreuve ne t'est survenue qui n'ait été humaine : Jésus les a connues, jusqu'à la trahison.
- En 2006, Samuel Bouix a traversé des temps très difficiles. La douleur était telle qu'il a demandé au Seigneur de venir le chercher. Un jour, à la sortie de l'église, un ami lui a tapé sur l'épaule : « Sam, Dieu ne t'éprouvera pas au-delà de tes forces. »
- Le verset ne dit pas que l'épreuve sera à la mesure des forces que tu avais avant. Avec l'épreuve, Dieu prépare le moyen d'en sortir, afin que tu puisses la supporter. « Si l'épreuve est de 5, Dieu dans sa fidélité te donnera 6 pour la supporter. Pas parce que tu étais à 6 avant. »
- « C'est pas ce qui se passe avant, c'est ce qui se passe dans l'épreuve qui est important. » Si tu vis l'épreuve, compte sur sa fidélité.
7. Raconter l'histoire de Jésus dans la langue du cœur
- La mission GRN est née en 1939 avec Joy Ridderhof, une missionnaire américaine qui lisait la Bible à un petit groupe au Honduras en la traduisant dans leur dialecte. Tombée malade et rapatriée, elle confie à un frère venu la visiter à l'hôpital que le plus dur est de penser à cette communauté : « J'ai rien laissé. »
- Ce frère revient avec de quoi l'enregistrer. Il imagine un lecteur très simple : une enveloppe, un rivet de jean, un clou. En faisant tourner le disque avec une branche, on entend l'Évangile. Le slogan n'a pas changé depuis : raconter l'histoire de Jésus dans toutes les langues.
- Les linguistes comptent environ 7 300 langues et 5 000 dialectes, soit plus de 12 000 en tout. GRN a enregistré au moins l'Évangile, avec un survol de la Bible de la création jusqu'à l'Église, dans 6 700 langues. Rien n'est vendu : ce matériel est libre de droits, et une application gratuite le rend accessible.
- Lorsque Google s'est intéressé à ces enregistrements, il a dit à l'équipe de GRN : « C'est vous qui avez le même contenu traduit dans le plus de langues au monde. » Ce qui attriste le prédicateur : « Google le sait et mes frères et sœurs le savent pas. »
- Pour être témoins, il faut la puissance du Saint-Esprit (Actes 1:8). À la Pentecôte, chacun entend parler des merveilles de Dieu dans sa langue maternelle (Actes 2). La langue que l'on parle avec sa maman, c'est la langue du cœur.
- Dans la file d'embarquement à Marseille, il rencontre un homme originaire du Cameroun. Il lui fait écouter Matthieu 5 dans sa langue. L'homme traduit à voix haute, et les voyageurs devant eux se retournent pour écouter. Il demande comment obtenir cela pour sa maman, qui ne sait pas lire.
- Cet homme est venu au culte ce matin-là et a témoigné : il va offrir à sa mère « le plus beau des cadeaux », cette Bible « qu'elle aime tant mais qu'elle ne peut pas lire » et qu'elle pourra écouter en appuyant simplement sur un bouton. « La foi vient de ce qu'on entend » (Romains 10:17).
- Tu as dans ta poche la parole de Dieu dans la langue de cœur de tous les peuples. Quoi que tu vives, Dieu veut que tu partages la bonne nouvelle, même dans la difficulté. Prie pour les personnes qu'il place à côté de toi.
Points à retenir
- Les Thessaloniciens ont accueilli la parole au milieu de grandes difficultés, avec la joie du Saint-Esprit. L'épreuve n'empêche pas l'Évangile d'agir.
- En imitant des frères et sœurs qui imitent Christ, tu imites Christ, et tu deviens toi-même un modèle pour d'autres.
- Vivre l'Évangile, c'est prendre soin les uns des autres, prier les uns pour les autres et progresser encore, même dans ce que l'on fait déjà.
- Le chrétien n'est pas épargné par la souffrance, mais Dieu est fidèle : avec l'épreuve, il donne le moyen de la supporter.
- L'Évangile est une pépite qu'on ne peut pas garder pour soi. Dieu veut se servir de toi, même dans tes difficultés, pour le partager.
Application personnelle
- Quels frères et sœurs Dieu a-t-il placés autour de toi, dont la foi te donne envie d'imiter Christ ?
- Qu'est-ce que l'Évangile te coûte aujourd'hui dans ta famille, ton couple ou tes amitiés ? Le reçois-tu malgré tout avec la joie du Saint-Esprit ?
- Pour qui, dans ton groupe de maison ou ton Église, pourrais-tu t'inquiéter cette semaine en lui demandant : « Est-ce que tu grandis en ce moment ? »
- Dans l'épreuve que tu traverses, comptes-tu sur tes propres forces ou sur la fidélité de Dieu ?
- Qui Dieu a-t-il placé sur ta route, peut-être une personne d'une autre langue ou d'une autre culture, avec qui tu pourrais partager l'Évangile ?
Versets cités
- 1 Thessaloniciens 1:4-10
- 1 Thessaloniciens 2:1-4
- Actes 16-17
- 1 Thessaloniciens 3:6
- Galates 2:20
- 3 Jean 11
- 1 Thessaloniciens 2:13-14
- 1 Thessaloniciens 4:1
- Genèse 3:1-6
- Jean 3:16
- Jean 1:12
- 1 Thessaloniciens 5:24
- 1 Corinthiens 10:13
- Actes 1:8
- Actes 2:1-11
- Matthieu 5
- Romains 10:17
Questions fréquentes
Pourquoi l'Église de Thessalonique est-elle appelée l'Église de l'épreuve ?
Pour Samuel Bouix, chaque lettre du Nouveau Testament a sa particularité, et celle de Thessalonique est la souffrance. Paul et ses compagnons y arrivent encore marqués par les coups reçus à Philippes, doivent repartir après quelques semaines, et les Thessaloniciens accueillent la parole « au milieu de grandes difficultés, avec la joie du Saint-Esprit ».
Que veut dire « vivre l'Évangile » selon 1 Thessaloniciens ?
Pour le prédicateur, vivre l'Évangile, c'est prendre soin les uns des autres. Paul, Silas et Timothée prient sans cesse pour les Thessaloniciens et envoient Timothée prendre de leurs nouvelles. Vivre l'Évangile, c'est s'inquiéter de son frère : comment va-t-il, grandit-il dans sa foi, comment puis-je prier pour lui ?
Que promet 1 Corinthiens 10:13 à celui qui traverse l'épreuve ?
Dieu est fidèle : avec l'épreuve, il prépare le moyen d'en sortir afin que tu puisses la supporter. Samuel Bouix précise que tout ne dépend pas des forces que tu avais avant : si l'épreuve est de 5, Dieu dans sa fidélité te donne 6 pour la supporter.