Introduction
« Quel est celui d'entre vous qui craint l'Éternel, qui écoute la voix de son serviteur ? Quiconque marche dans l'obscurité et manque de lumière, qu'il se confie dans le nom de l'Éternel, et qu'il s'appuie sur son Dieu ! » (Ésaïe 50:10). Peter Masters, au Metropolitan Tabernacle, consacre ce message à la vie de la pensée dans les temps de creux.
Ce sont ces moments où le système des sentiments ne veut plus coopérer, où la joie semble fanée, où l'épreuve, la difficulté ou le chagrin pèsent sur toi. Les anciens auteurs et les puritains parlaient de « désertions spirituelles ». Le mot est trop fort aujourd'hui, précise le prédicateur, mais toute une gamme de temps de creux peut survenir, et surviendra, dans la vie du croyant.
Avant de lire le verset 10, Peter Masters remonte au début du passage. Le prophète y parle de sa propre expérience et, à travers elle, il te montre comment penser quand la lumière se retire.
Plan du message
1. Une parole pour celui qui est abattu
- Au verset 4, le prophète dit : « Le Seigneur, l'Éternel, m'a donné une langue exercée, pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu. » Il sait qu'il va recevoir des passages destinés à consoler les croyants opprimés, qui attendent longtemps que la marée tourne.
- Le mot traduit par « abattu » ne signifie pas seulement fatigué. Il recouvre toute la gamme des difficultés et des troubles qui nous font tomber bas.
- À partir du verset 5, Ésaïe parle de lui-même. Il raconte comment Dieu a agi avec lui, pour te montrer comment Dieu agira avec toi.
2. Regarde en arrière : le jour où Dieu t'a ouvert l'oreille
- « Le Seigneur, l'Éternel, m'a ouvert l'oreille » (verset 5). Le prophète remonte peut-être à son propre salut. Ce verset rappelle en tout cas le tien.
- Ce fut un jour extraordinaire : des choses qui te semblaient sans intérêt et sans signification sont devenues vitales. Tu t'es mis à écouter et à lire autrement. Là où tu étais dur, tu es devenu atteignable, capable de fondre. C'était Dieu qui ouvrait tes yeux et inclinait ta volonté.
- « Et je n'ai point résisté. » Il y avait encore des combats en toi, mais au cœur de ton être, tu ne pouvais plus te rebeller. Tu ne pouvais plus écarter ces choses en les jugeant ridicules.
- « Je ne me suis point retiré en arrière. » Ce n'était pas une impression de cinq minutes : cela a duré. Tu revenais pour en recevoir davantage.
- Le conseil est clair : si tu marches dans l'obscurité, fais comme Ésaïe. Repense à ces jours où Dieu a commencé son œuvre en toi et où toutes choses sont devenues nouvelles. Laisse ton cœur se réchauffer et redevenir reconnaissant. Ce n'était pas toi, ni ton inclination naturelle, c'était exactement l'inverse.
3. Le prix à payer et le visage dur comme un caillou
- « J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe » (verset 6). Le prophète a commencé son ministère et il en paie le prix.
- Il en a été de même pour toi : ce qui était gênant hier, tu as dû le dire à ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère. On s'est moqué de toi, on t'a dit que cela te passerait. Mais tu as tenu bon, parce que c'était devenu la chose la plus importante.
- « Mais le Seigneur, l'Éternel, m'a secouru ; c'est pourquoi je n'ai point été déshonoré, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage semblable à un caillou » (verset 7). Le prophète a très vite trouvé les promesses de Dieu.
- Toi aussi, par l'œuvre de l'Esprit, tu as trouvé une fermeté en toi pour défendre le Seigneur sans abandonner. Dieu t'a donné la foi pour croire ses promesses. Cette foi a pu être emportée par moments, mais elle a été placée là par une main divine. C'est le fondement.
4. Celui qui te justifie est proche
- « Celui qui me justifie est proche : qui disputera contre moi ? » (verset 8). L'apôtre Paul reprend presque mot pour mot ces versets en Romains 8. Ces grandes paroles commencent ici, sous la plume du prophète.
- Tu avais conscience de la proximité de Dieu et tu n'avais pas peur : « Voici, le Seigneur, l'Éternel, me secourra : qui me condamnera ? Voici, ils tomberont tous en lambeaux comme un vêtement, la teigne les dévorera » (verset 9).
- Peter Masters demande : est-ce que cela te rend triste ? Ceux qui se moquent de toi sont des âmes perdues, comme tu l'étais. Ils vieilliront, perdront leur influence et s'approcheront de la mort avec, devant eux, le jugement de Dieu, à moins que nous puissions les amener à se repentir.
- C'est dans ce contexte, en regardant en arrière et en croyant les promesses, qu'arrive le verset 10.
5. Pourquoi la lumière peut se retirer
- Le verset 10 parle sans aucun doute d'un croyant. Tu crains l'Éternel : tu le respectes, tu lui obéis, tu crains de l'offenser, de perdre son sourire ou sa faveur, et tu crains sa discipline, aussi bienveillante soit-elle. Et pourtant tu marches dans l'obscurité. La joie dans le Seigneur s'est fanée et ne revient pas.
- Est-ce une discipline ? Si c'est le cas, ce ne sera pas un mystère. Il n'y a pas de discipline du Seigneur sans avertissement, exhortation et supplication préalables. L'épître aux Hébreux montre la progression : de l'exhortation la plus simple au reproche plus sévère, puis à la discipline du Père (Hébreux 12:5-11).
- Dieu n'est pas un mauvais parent terrestre qui punit sans que l'enfant sache pourquoi. Quand la discipline arrive, tu sais ce que tu fais, tu sais que tu ne le corriges pas et que tu résistes.
- Mais ce n'est pas forcément la raison. Le Seigneur peut retirer le sentiment de sa proximité parce que cette expérience commençait à prendre la place de la foi : « J'avance parce que je ressens la joie du Seigneur », et tu deviens sûr de toi, sans dépendre de lui. Diminuer cette conscience ressentie te ramène à t'appuyer sur lui.
- Dieu peut aussi vouloir t'amener à un niveau bien plus profond de prière et de dépendance. Rien ne ramène autant à la prière que le retrait de la joie, de la paix et de la lumière.
6. Quand le cœur ne suit pas, ta pensée peut encore agir
- « N'oublie jamais ceci : quand les sentiments ne fonctionnent pas, tu peux encore fonctionner à 100 % dans la vie spirituelle avec ta pensée, par la foi. » Ce n'est pas aussi agréable que de ressentir l'assurance, mais c'est une activité spirituelle parfaitement valable.
- Aujourd'hui, tu ne ressens peut-être rien. Mais avec ta pensée, tu peux encore louer Dieu, le remercier, l'adorer pour ses attributs, ses hauts faits, sa bonté et son amour. Tu peux te repentir. Tu peux affirmer une grande vérité lue dans ta Bible, la méditer et l'en louer.
- Intercède pour les autres. Il arrive souvent que l'intercession commence à ramener le cœur à la vie. Le prédicateur évoque un psaume où David commence dans la tristesse et termine le cœur ranimé.
- Pasteurs, anciens, diacres, croyants anciens ou nouveaux, tous connaissent des saisons où les nuages voilent le soleil. Alors on aime Dieu avec la pensée : c'est la foi nue. Calvin, dans son commentaire de la première épître aux Thessaloniciens, souligne que c'est sans doute la prière de la meilleure qualité, sans la béquille des sentiments, et qu'elle est très précieuse au Seigneur.
- Le verset 10 ne dit pas d'aller voir un conseiller, ni même un pasteur, ni d'allumer la télévision ou de chercher une distraction. Recevoir de la sympathie fait du bien, mais ce n'est pas ce que le texte encourage. Il dit : « qu'il se confie dans le nom de l'Éternel, et qu'il s'appuie sur son Dieu ! »
- S'appuyer, c'est comme un étai contre un mur qui pourrait tomber : l'étai porte le poids et maintient le mur debout. Le prédicateur pense aux grands contreforts de brique construits à l'arrière de certaines maisons d'une rue qu'il connaît. Tu poses tout ton poids et tes soucis sur ton Dieu, avec ta pensée, par la confiance. Les bénédictions du chapitre 51 suivent.
7. Consolé pour consoler, fortifié pour la suite
- Peter Masters termine en 2 Corinthiens 1 : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l'objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction ! » (versets 3-4).
- Le mot grec traduit par « affliction » vient d'un verbe qui signifie presser. C'est le moment où tu te sens écrasé, enfermé par les circonstances, tenté humainement d'abandonner.
- Première raison de ces pressions : être équipé pour consoler les autres par la force et la consolation que tu as reçues. Comme les souffrances de Christ abondent, la consolation abonde aussi (verset 5).
- Paul raconte la tribulation survenue en Asie : « nous avons été excessivement accablés, au delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie » (verset 8). Il ne précise pas de quoi il s'agissait. Il a reçu en lui-même la sentence de mort « afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de la placer en Dieu, qui ressuscite les morts » (verset 9).
- Seconde raison : la délivrance précédente te prouve que Dieu peut te délivrer, si bien que la prochaine fois tu auras deux fois moins peur. « C'est lui qui nous a délivrés et qui nous délivrera » (verset 10).
- « Ce n'est pas pour moi seul. Cela ne doit pas s'arrêter à moi. » L'épreuve peut être un reproche (et tu le sauras), une retenue parce que tu t'étais lancé de bonne foi dans quelque chose qui n'était pas l'appel de Dieu, un approfondissement, une découverte de sa grâce et de sa puissance pour exaucer la prière. Mais elle peut surtout faire de toi une bénédiction pour d'autres et te fortifier pour la prochaine étape, qui viendra forcément, car tu es l'ennemi du diable et de ses armées, du monde et de la chair.
- Sa conclusion : attends-toi aux difficultés, vois le but des difficultés, regarde en arrière pour être encouragé, comme le fait le Psaume 143 presque d'un bout à l'autre. Lève les yeux vers le Seigneur, son nom, son caractère, ses attributs et ses voies. Choisis le programme de tes pensées : ne laisse pas les choses pénibles tourner sans limite dans ton esprit, elles te tireraient vers le bas. Change de pensées et regarde toujours au Seigneur.
Points à retenir
- Marcher dans l'obscurité n'est pas réservé aux incrédules : Ésaïe 50:10 parle d'un croyant qui craint l'Éternel et lui obéit.
- Dans le creux, regarde en arrière : le jour où Dieu t'a ouvert l'oreille, la foi qu'il a placée en toi et ses promesses restent le fondement.
- Si la perte de joie est une discipline, tu le sauras, car Dieu avertit toujours avant. Sinon, il veut souvent t'apprendre à vivre par la foi plutôt que par les sentiments.
- Quand le cœur ne suit pas, la pensée peut encore louer, se repentir, affirmer la vérité et intercéder. Cette prière est précieuse au Seigneur.
- Dieu te console pour que tu consoles les autres et il te délivre pour que tu affrontes la suite avec moins de crainte.
Application personnelle
- Te souviens-tu du moment où Dieu t'a « ouvert l'oreille » ? Que s'est-il passé, et que peux-tu en tirer aujourd'hui pour réchauffer ton cœur ?
- Si ta joie s'est fanée, y a-t-il un avertissement de Dieu que tu as entendu et laissé de côté ?
- Ton assurance repose-t-elle sur ce que tu ressens ou sur ce que Dieu a dit ?
- Quelle vérité lue récemment dans ta Bible peux-tu affirmer et pour laquelle louer Dieu, même sans rien ressentir ?
- Quelle consolation reçue dans une épreuve passée pourrais-tu transmettre cette semaine à quelqu'un qui est sous pression ?
Versets cités
Questions fréquentes
Que veut dire « marcher dans l'obscurité » en Ésaïe 50:10 ?
Pour Peter Masters, le verset parle d'un vrai croyant, quelqu'un qui craint l'Éternel et écoute la voix de son serviteur, mais dont la joie, la paix et le sentiment de la présence de Dieu se sont effacés. Les puritains parlaient de « désertions spirituelles ». Tout croyant connaît de tels temps de creux.
Pourquoi Dieu permet-il que la joie se retire ?
Ce peut être une discipline, mais alors tu le sais déjà, car Dieu avertit toujours avant de discipliner. Ce peut être aussi pour que tu cesses de vivre de tes impressions et que tu exerces la foi, pour t'amener à une prière plus profonde, pour te rendre capable de consoler les autres ou pour te préparer aux épreuves suivantes.
Que faire quand le cœur ne ressent plus rien ?
Peter Masters rappelle que tu peux encore fonctionner à 100 % dans la vie spirituelle avec ta pensée, par la foi : louer Dieu, le remercier, te repentir, affirmer les vérités lues dans ta Bible et intercéder pour les autres. Ésaïe 50:10 dit de se confier dans le nom de l'Éternel et de s'appuyer sur son Dieu.
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