Colossiens 2 : se souvenir de la victoire de la croix

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Introduction

« Quand tu traverses un moment difficile, de quoi te souviens-tu le plus vite ? » Malcolm Duncan, pasteur de Kensington Temple, poursuit sa série « Living Well » dans l'épître aux Colossiens avec un appel simple : se souvenir de la victoire de la croix.

Le texte est Colossiens 2:13-15. Paul y affirme que Dieu nous a rendus à la vie avec Christ, qu'il a effacé l'acte qui subsistait contre nous en le clouant à la croix, et qu'il a dépouillé les dominations et les autorités en triomphant d'elles par la croix.

Le fil conducteur de la série est repris ici : la vie épanouie ne se trouve pas en ajoutant Jésus à tout le reste. Elle se trouve en reconnaissant que Jésus est pleinement Dieu, que nous sommes complets en lui et que toute puissance rivale, « pas certaines, toutes », a été vaincue par sa croix. Le pasteur en tire trois raisons, puis répond aux questions de l'assemblée.

Plan du message

1. Ce dont tu te souviens façonne ta vie

  • La mémoire est puissante. Une chanson ramène à un lieu, une odeur à une maison d'enfance. Le parfum d'un vieil après-rasage rappelle au pasteur deux membres de sa famille aujourd'hui décédés, « comme si j'étais debout à côté d'eux ».
  • En plein déménagement, il s'arrête sur de vieux albums photos et revoit toute une saison de sa vie. Ce qui s'est passé il y a des années peut façonner la manière dont nous nous voyons aujourd'hui.
  • « Si tu ne te souviens que de tes échecs, tu vivras très prudemment. Si tu ne te souviens que de tes blessures, tu vivras sur la défensive. » Celui qui ne se rappelle que ce qu'on a dit de lui passera sa vie à prouver le contraire, et celui qui ne se rappelle que ses pertes aura peur d'espérer.
  • C'est pourquoi l'Écriture nous appelle sans cesse à nous souvenir : de qui est Dieu, de ce qu'il a fait, de ses promesses et de sa fidélité. Mais par-dessus tout, le Nouveau Testament nous appelle à nous souvenir de Jésus, de sa mort, de sa résurrection et de ce qu'il a accompli à la croix.
  • Paul ne décrit pas la croix comme une simple mort tragique, un bel exemple ou un symbole religieux. Il la décrit comme le moment où quelque chose de décisif s'est produit : ce qui ressemblait à la défaite de Jésus était sa victoire. « Dieu gagne à travers l'apparente faiblesse. »

2. La croix règle ton passé

  • Beaucoup portent un dossier invisible : des choses qu'on aurait voulu faire ou ne pas faire, des paroles qu'on regrette, des choix qu'on annulerait si on le pouvait.
  • Le pasteur raconte que, quelques jours avant la mort inattendue de son frère aîné, celui-ci lui a crié des paroles blessantes lors d'une violente dispute. Il n'a pas répondu, et ne lui a plus jamais parlé. Il a longtemps vécu avec ce regret et avec des questions sans réponse : aurait-il pu intervenir davantage pendant le deuil que traversait son frère ?
  • Il arrive aussi que d'autres tiennent un registre contre nous : « Tu l'as déjà fait, tu recommences. » Et nous concluons en silence : « C'est ce que je serai toujours. »
  • Paul parle de « l'acte qui subsistait contre nous » : un terme comptable, une dette écrite, scellée, impossible à rembourser. La grâce ne consiste pas à dire que le mal est sans importance. Elle coûte, parce que le péché devait être réglé.
  • Dieu n'a pas rangé ce document dans un tiroir pour le ressortir plus tard. La dette n'a pas été reportée : elle a été payée par Jésus. « Tu n'as pas à bâtir ton identité sur ton pire jour. »
  • Le pasteur cite Michée 7:19, où Dieu jette nos péchés au fond de la mer. Corrie ten Boom ajoutait que Dieu les a jetés dans la mer de son oubli et qu'il a planté un panneau : « Pêche interdite. » Car nous retournons pêcher.
  • Le pardon n'efface pas les conséquences et ne supprime pas le besoin de réparation, d'honnêteté, d'excuses ou de changement. Mais « la croix est plus grande que ma culpabilité, la miséricorde de Dieu est plus grande que ma honte ».
  • Il distingue la conviction de la condamnation. La conviction est la voix de l'Esprit : « Reviens vers moi. » La condamnation dit : « C'est tout ce que tu seras jamais. Reste loin de Dieu. » La première conduit à Dieu, la seconde pousse à se cacher. « Si tu te caches à cause de ta culpabilité, ce n'est pas Dieu. »

3. Ta vie est tenue par la grâce, pas par des décisions parfaites

  • Le pasteur s'adresse aux jeunes adultes, dans la vingtaine et la trentaine, pris dans les comparaisons des réseaux sociaux, où l'on publie ses repas et ses voyages, rarement ses échecs ou ses peurs.
  • Où travailler, où étudier, avec qui vivre, à qui faire confiance, ai-je déjà raté le coche ? La croix rappelle que nos vies ne tiennent pas à notre capacité à prendre chaque décision parfaitement. Elles tiennent par la grâce.
  • Il estime que certaines manières d'enseigner le plan de Dieu peuvent faire du mal. Au début de sa vie chrétienne, on lui a appris qu'il fallait trouver l'unique dessein de Dieu, sous peine de le manquer. Il pense plutôt que Dieu place parfois devant nous plusieurs bonnes options, et qu'il nous rejoint dans celle que nous choisissons.
  • « Si tu te trompes, ta vie n'est pas finie. » Prie, réfléchis, demande conseil, puis décide. Si Dieu ne l'interdit pas dans sa Parole, n'aie pas peur de lui faire confiance dans tes choix quotidiens. Ce n'est pas ton passé qui a le dernier mot, c'est la victoire de la croix.

4. Les puissances ont été désarmées

  • Le problème n'est pas seulement la culpabilité en nous. Il y a aussi des puissances autour de nous : spirituelles, politiques, culturelles, et des schémas de pensée qui nous tiennent captifs. Elles promettent la vie et produisent la mort.
  • Le pasteur les nomme : la comparaison, qui dit que ta vie ne compte que si elle paraît meilleure que celle d'un autre ; la consommation, qui te vend une nouvelle identité ; la réussite, qui te fait gagner ton identité par un diplôme ou un poste ; l'apparence, qui fait du corps un produit à exposer au lieu d'un temple à honorer.
  • Il ajoute l'indignation, qui confond la colère avec le courage ; l'isolement, qui te persuade que personne ne te comprendra ; le cynisme, « si insidieux », qui te dit que tu es naïf de faire confiance à Jésus ; et la peur, qui te dit qu'obéir à Dieu est trop risqué.
  • Ces voix parlent fort et se comportent comme si elles avaient le contrôle. Paul dit qu'elles ne l'ont pas. L'Empire romain, les autorités religieuses, la foule moqueuse et même le tombeau croyaient avoir le dernier mot. Ils avaient tort.
  • Dieu affronte la violence du monde non en devenant plus violent, mais par l'amour de Jésus qui se donne. Jésus absorbe la haine sans devenir haineux. À la résurrection, Dieu déclare que le pardon est plus fort que l'accusation, l'espérance plus forte que le désespoir, la vie plus forte que la mort.
  • « Nous ne combattons pas pour la victoire comme si l'issue du royaume de Dieu était incertaine. Nous nous tenons dans la victoire, parce que la victoire de Dieu est certaine. »

5. La croix t'apprend à vivre victorieusement

  • Le pasteur reconnaît que ce point est souvent mal compris « dans notre tribu pentecôtiste ». Vivre victorieusement ne veut pas dire tout obtenir, ne jamais rien affronter ou toujours avoir raison. Cela veut dire que, quand les épreuves frappent à ta porte, tu peux te tenir debout et garder l'espérance.
  • Le monde dit que la victoire consiste à monter : Jésus est descendu. Se protéger : Jésus s'est donné. Vaincre ses ennemis : Jésus a aimé ses ennemis. Être servi : Jésus est venu « non pour être servi, mais pour servir ».
  • « Ce qui m'inquiète vraiment, c'est quand les pentecôtistes se mettent à parler comme le monde », avec les mêmes définitions de la victoire, simplement habillées d'un langage religieux.
  • La vie épanouie n'est pas d'avoir le plus d'attention, d'argent ou d'influence. C'est une vie de plus en plus enracinée en Jésus, où l'amour devient plus fort que la peur et le caractère plus important que l'image.
  • Il appelle cela une vie « cruciforme », façonnée par la croix. « Ce n'est pas glamour, mais c'est glorieux. » Elle donne parfois l'impression de perdre, mais la résurrection pousse toujours là où la vie de Christ a été semée.
  • « Nous ne portons pas seulement la croix, nous sommes façonnés par elle » : nos relations, nos décisions, nos ambitions, notre argent, notre manière de traiter les autres. Tes sentiments sont réels mais ne disent pas qui tu es. Tes circonstances sont réelles mais ne définissent pas la fidélité de Dieu.

6. Questions-réponses : les schémas familiaux et la suffisance de la croix

  • Première question : si nos péchés sont effacés, pourquoi voit-on des schémas répétés dans une lignée, comme l'alcoolisme ? Le pasteur distingue la sanction du péché, brisée à la croix, et la présence du péché, qui doit encore être traitée.
  • Il parle surtout de comportements appris d'une génération à l'autre, plus que de « malédiction générationnelle ». Premier chrétien de sa famille, il dit avoir apporté à la croix une forte tendance familiale à certaines dépendances.
  • Il cite Jean 3:16, Jean 1:29 (« Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ») et 1 Jean 2:2, ainsi que Galates 3:13 : Christ a porté et brisé la malédiction de la loi.
  • Il reprend une formule des Réformateurs : la croix est suffisante pour tous, et elle devient efficace en ceux qui s'y abandonnent.
  • Comment déposer ces choses ? Pas en dressant une liste exhaustive par peur d'oublier un péché. Martin Luther, en confessant chaque faute, s'est retrouvé paniqué à l'idée d'en avoir oublié. Quand Dieu met quelque chose en lumière, nomme-le devant lui et traite-le. « Tu n'as pas à faire le travail du Saint-Esprit. Il sait très bien nous conduire vers la liberté. »

7. Questions-réponses : pardonner et suivre l'appel sans se fier à ses émotions

  • Si j'ai pardonné, pourquoi la colère revient-elle ? « Le pardon n'est pas un sentiment. C'est un acte de la volonté, une décision du cœur. » Ton comportement suit ta décision, pas tes émotions.
  • Le pasteur raconte avoir dû pardonner une personne chaque jour pendant près de quinze ans, en se sentant longtemps hypocrite. Il est passé de la haine à un amour sincère, sans jamais se remettre en position d'être blessé ni laisser sa famille l'être.
  • Quand le diable murmure « tu n'as pas pardonné », tu peux répondre : « Tu es un menteur. J'ai pardonné, et mes sentiments montrent que j'ai encore besoin de la grâce de Dieu. » Il met aussi en garde contre le fait de traiter une blessure profonde à la légère (Jérémie 6:14) et recommande le livre Forgiveness de son ami Jim Graham.
  • Comment être sûr d'être sur le chemin voulu par Dieu ? Toute décision demande une part de foi, et la foi vient de ce qu'on entend de la Parole. Notre victoire ne vient pas de la force de notre foi mais de son objet : Jésus et son œuvre accomplie.
  • Un malaise passager n'est pas un signal de départ. Un malaise installé depuis des mois, avec des raisons positives (servir davantage, apprendre, glorifier Jésus), mérite d'être examiné. Des raisons seulement négatives ne suffisent pas.
  • Le pasteur confie l'incertitude que lui cause un déménagement attendu depuis deux ans et demi, après plus de vingt déménagements depuis son mariage. On ne fonde pas une décision sur l'émotion du moment, mais sur la conviction de suivre l'appel de Dieu. « Une vie épanouie et une vie qui réussit, ce n'est pas la même chose. »

Points à retenir

  • Ce dont tu te souviens façonne ta manière de vivre : souviens-toi d'abord de ce que Jésus a accompli à la croix.
  • L'acte qui subsistait contre toi a été effacé. La dette est payée, tu n'as pas à bâtir ton identité sur ton pire jour.
  • La conviction te ramène à Dieu, la condamnation te pousse à te cacher. Celle-ci ne vient jamais de Dieu.
  • Les puissances qui parlent fort (comparaison, peur, cynisme, isolement) ont été désarmées à la croix.
  • La victoire chrétienne a la forme de la croix : descendre, se donner, aimer ses ennemis, servir.

Application personnelle

  1. Dans les moments difficiles, de quoi te souviens-tu le plus vite : de tes échecs, de tes blessures, de ce qu'on a dit de toi, ou de la croix ?
  2. Quel « dossier » de ton passé continues-tu de rouvrir alors que tu l'as remis à Jésus ?
  3. La culpabilité que tu ressens en ce moment te rapproche-t-elle de Dieu ou te pousse-t-elle à te cacher ?
  4. Laquelle de ces puissances (comparaison, consommation, réussite, apparence, cynisme, peur) parle le plus fort dans ta vie aujourd'hui ?
  5. Y a-t-il une personne que tu as décidé de pardonner et envers qui tu dois continuer à agir selon cette décision, même quand tes émotions ne suivent pas ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire « l'acte qui subsistait contre nous » dans Colossiens 2:14 ?

Pour Malcolm Duncan, Paul emploie un terme comptable : une dette écrite, documentée, scellée, impossible à rembourser. À la croix, Dieu n'a pas rangé ce document dans un tiroir ni reporté l'échéance : la dette a été payée par Jésus et l'acte a été effacé. Tu n'as donc pas à bâtir ton identité sur ton pire jour.

Quelle différence entre conviction et condamnation ?

La conviction vient de l'Esprit de Dieu : elle te montre quelque chose à régler et t'appelle à revenir vers lui. La condamnation te dit : « C'est tout ce que tu seras jamais, reste loin de Dieu. » La conviction conduit à Dieu, la condamnation pousse à se cacher. Si ta culpabilité te pousse à te cacher, ce n'est pas Dieu.

Si j'ai pardonné, pourquoi est-ce que je ressens encore de la colère ?

Malcolm Duncan explique que le pardon n'est pas un sentiment mais un acte de la volonté, une décision du cœur. Les émotions peuvent revenir sans annuler cette décision. Ton comportement suit ta décision, pas tes émotions. Il raconte avoir dû pardonner quelqu'un chaque jour pendant des années avant que ses sentiments ne changent.

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