1 Pierre 3 : faire ce qui est juste, même sous la pression

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Introduction

« Parfois, la chose la plus radicale qu'un disciple de Jésus-Christ puisse faire, c'est simplement de faire ce qui est juste. » Malcolm Duncan ouvre ainsi ce message à Kensington Temple, dans sa série sur l'Église appelée à être une « flèche d'espérance » (spire of hope) dans un monde confus. Pas ce qui est commode, pas ce qui protège notre réputation, pas ce qui nous donne un avantage immédiat, mais ce qui est juste devant le Dieu tout-puissant.

Beaucoup de gens regardent les chrétiens et les non-chrétiens et ne voient aucune différence. Il devrait pourtant y en avoir une, dans l'intégrité, le caractère et l'honnêteté. Pierre écrit à des disciples dispersés, d'arrière-plan juif, mal compris et maltraités. Ce qu'ils vivent est réel, dit le prédicateur, « mais ce n'est pas éternel ». Pierre ne leur demande ni de se replier dans un ghetto religieux ni de manipuler pour s'en sortir. Il les appelle à vivre avec vérité, courage et grâce, pour que leur vie pointe vers Jésus.

« Dans un monde confus, l'Église ne doit pas seulement dire les bonnes choses. Nous devons devenir le bon genre de personnes. » À partir de 1 Pierre 3:8-22, Malcolm Duncan développe trois mouvements : faire ce qui est juste dans tes relations, sous la pression, et parce que Jésus est Seigneur.

Plan du message

1. Faire ce qui est juste dans tes relations

  • Pierre ne commence ni par l'influence, ni par la stratégie, ni par la visibilité. Il commence par le caractère : unité d'esprit, compassion, amour fraternel, tendresse, humilité (verset 8). Ce ne sont pas des décorations accrochées à l'arbre de nos vies, c'est l'architecture du royaume de Dieu.
  • À Londres comme ailleurs, la communication n'a jamais été aussi forte, mais la communion diminue. Je peux atteindre des milliers de personnes en quelques secondes et ne pas écouter celui qui est assis à côté de moi.
  • Une phrase négligente se tape en quelques secondes, se diffuse en quelques minutes et laisse une blessure qui dure des années.
  • Avant de se demander si nos paroles sont habiles, il faut se demander si elles sont vraies. Avant de vouloir gagner un débat, se demander si elles révèlent Jésus. Avant d'exposer l'échec d'un autre, se demander si le but est la restauration ou l'humiliation.

2. Ne pas rendre le mal pour le mal

  • « Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au contraire » (verset 9).
  • En 1970, John Perkins, engagé pour la réconciliation raciale et le développement communautaire, est arrêté puis battu brutalement en prison par des policiers blancs, qui le laissent pour mort. Il avait toutes les raisons de haïr ces hommes. Il a choisi de consacrer sa vie à la réconciliation entre Noirs et Blancs, jusqu'à servir des communautés de gens qui ressemblaient à ses agresseurs. « Quand le monde attendait de l'amertume, il a choisi la bénédiction. »
  • L'instinct de notre époque est la riposte : si tu m'attaques, je t'attaque plus fort. Mais « la riposte permet au péché de quelqu'un d'autre de déterminer l'état de ton âme, et cela n'en vaut pas la peine ».
  • Pierre n'appelle pas le mal bien. Il ne demande pas aux victimes de se taire ni à l'Église de cacher l'injustice au nom de la paix. « Bénir ne veut pas dire éviter la vérité. Cela veut dire refuser de devenir semblable au mal qu'on nous fait. »
  • Ton mensonge ne me donne pas la permission de mentir, ta cruauté ne me donne pas la permission d'être cruel. Pourquoi ? « Je ne t'appartiens pas. J'appartiens à Jésus. » Si mes réactions sont dictées par tes actes, c'est toi qui me contrôles.

3. Une parole vraie et une vie intègre

  • « Qu'il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses » (verset 10). Un mensonge abîme la confiance. Quand elle est brisée, les familles deviennent soupçonneuses, les institutions défensives, les responsables creux.
  • Le scandale Horizon de la Poste britannique a montré ce qui arrive quand une institution tient davantage à se défendre qu'à découvrir la vérité : des témoignages de gens ordinaires écartés, des réputations, des moyens de subsistance et des familles dévastés. La faute la plus profonde n'était pas technologique, elle était morale.
  • Malcolm Duncan a rencontré des familles touchées. Il a aussi été le pasteur d'un homme qui travaillait pour l'entreprise ayant installé le logiciel : il avait averti encore et encore que le système était défaillant, sans être écouté, et il en portait une honte profonde.
  • « Nous pouvons tellement tenir à paraître avoir raison que nous cessons de nous demander si nous avons raison. »
  • « L'intégrité veut dire que ce que je dis publiquement correspond à ce que je sais en privé. » Je n'appelle pas le secret sagesse, la manipulation leadership, la lâcheté paix. L'intégrité ne veut pas dire ne jamais échouer : quand j'échoue, je viens à la lumière, je confesse, je demande pardon, je répare.
  • L'Évangile ne crée pas des gens qui n'ont rien à confesser. Il crée des gens qui n'ont plus peur de confesser, parce que leur miséricorde se trouve dans la bonté de Dieu en Jésus-Christ.
  • Le prédicateur raconte un échec personnel. Alors qu'il implantait une Église en Écosse, la voisine qui habitait sous son appartement est enfin venue à un culte après trois ou quatre ans d'invitations. Pressé de la voir entrer dans le royaume, il a parlé, parlé, au point de lui forcer la main pour une décision. Elle n'est jamais revenue. « J'étais si préoccupé par le résultat que j'ai oublié que je parlais à un être humain. » Il s'est excusé plusieurs fois.

4. Faire ce qui est juste sous la pression

  • « Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien ? » (verset 13). Le prédicateur peut nommer des gouvernements, des responsables, des institutions qui font du mal à ceux qui font le bien, et même des ministères chrétiens qui couvrent le péché. Pierre le sait : même si tu souffres pour la justice, tu es heureux (verset 14). Tu ne le ressens peut-être pas, mais tu l'es.
  • Faire le bien a un prix : dire la vérité peut te coûter un contrat, reconnaître une erreur peut te coûter l'illusion de ne jamais te tromper, protéger une personne vulnérable peut te fermer l'accès aux gens qui ont du pouvoir.
  • La croix montre que la justice peut être condamnée et l'amour cloué sur un bois. La résurrection montre que « le mal n'a jamais le dernier mot ». On peut blesser le corps du croyant, pas détruire son âme ni l'espérance incorruptible dont parle Pierre au chapitre 1.
  • La peur est l'un des plus grands ennemis de l'intégrité : on ment par peur d'être découvert, on se tait par peur de perdre l'approbation. « Le courage chrétien n'est pas l'absence de peur. C'est la décision que la peur ne sera pas Seigneur dans nos vies. »
  • « Sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur » (verset 15), c'est le cœur du passage. « Si Christ est Seigneur, l'approbation ne peut pas être Seigneur. » Ni la réputation, ni le succès.
  • Lors des émeutes raciales de Notting Hill en 1958, des chrétiens et des responsables, en particulier de l'Église méthodiste du quartier, sont restés, ont écouté, ont servi et ont tissé des liens par-delà les frontières raciales. En juin 2017, après l'incendie de la tour Grenfell où 72 personnes sont mortes (« une tragédie », mais aussi, insiste le prédicateur, un scandale né de la cupidité), des croyants, dont certains de Kensington Temple, ont cuisiné, ouvert leurs portes et pleuré avec ceux qui souffraient.
  • « N'importe qui peut parler d'intégrité quand il n'y a rien à perdre. Le caractère se révèle quand il a un prix. »

5. Une vie authentique qui suscite des questions

  • À l'ère de l'intelligence artificielle, des voix synthétiques et des images manipulées, il devient difficile de savoir ce qui est authentique. Le visage de Malcolm Duncan a été imité dans une vidéo où il prétendait que l'une de ses filles allait perdre son logement et qu'il lui fallait 10 000 livres. Sa voix a aussi été imitée pour lui faire dire une théologie qu'il ne partage pas.
  • Cela rend l'intégrité plus précieuse, pas moins. Pour être une flèche d'espérance, l'Église doit être un lieu où l'on rencontre du réel : une adoration authentique, une repentance authentique, une redevabilité et une réconciliation authentiques. Que les gens puissent dire : « Ces personnes ne jouent pas un rôle, elles vivent leur vie réelle. »
  • Pierre demande d'être prêt à rendre raison de l'espérance, avec douceur et respect (verset 15). Les gens posent la question parce qu'ils ont observé une vie.
  • Le père du prédicateur n'est devenu disciple de Jésus que la nuit de sa mort. Ce qui l'a le plus marqué, c'est de voir comment Malcolm Duncan et sa femme ont aimé leur fils, né avec une grave maladie, souvent en soins intensifs et sous assistance respiratoire, sans savoir s'il vivrait. Ce fils est aujourd'hui marié, père de deux enfants et pasteur. Son père les a regardés lutter dans la foi, porter leur fils, pleurer avec lui, et cela l'a marqué bien plus que les prédications.
  • « Fais attention à ce à quoi tu dis amen, parce que quelqu'un écoute. » Dire amen aux préjugés ou à la haine laisse croire aux autres que les chrétiens sont ainsi.
  • Une vie intègre fait naître des questions : pourquoi as-tu dit la vérité quand un mensonge t'aurait protégé ? Pourquoi as-tu refusé cet argent alors que personne ne l'aurait remarqué ? La réponse n'est jamais « parce que je suis moralement supérieur », mais « à cause de Jésus ». « Le témoignage devient crédible quand nos paroles sur Jésus sont accompagnées d'une vie façonnée par Jésus. »

6. Faire ce qui est juste parce que Jésus est Seigneur

  • « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu » (verset 18). L'intégrité chrétienne n'est pas un programme d'amélioration morale. On ne vainc pas la malhonnêteté par la seule détermination : on commence par ce que Jésus a fait. Il ne se contente pas d'exposer notre péché, il le porte.
  • Le passage sur Noé et le baptême est exigeant, mais son affirmation est claire : par la résurrection de Jésus-Christ, Dieu fait passer des gens à travers le jugement vers une vie nouvelle, avec une nouvelle allégeance. Au baptême, tu déclares que l'ancienne vie n'a plus de droit sur toi : les vieilles divisions, les vieux compromis et les vieilles peurs ne te gouvernent plus.
  • Pour le prédicateur, le baptême n'est pas une invitation facultative mais un commandement. Il n'est pas magique, mais c'est un lieu où l'on rencontre Dieu, où l'intention devient pratique : « Mon ancienne vie est passée. Je le déclare au monde. J'appartiens à Jésus. »
  • Après les émeutes de 1958, ce sont surtout des habitants noirs du quartier, en particulier des chrétiens caribéens, qui ont fait la différence. Ils sont restés, ont bâti des Églises, élevé leurs familles, servi leurs quartiers. Ils ont répondu aux préjugés par la persévérance plutôt que par la vengeance, parce que Jésus était Seigneur de leur vie.
  • Pierre termine avec Jésus ressuscité, monté au ciel, assis à la droite de Dieu, les anges, les autorités et les puissances lui étant soumis (verset 22). Faire ce qui est juste n'est donc jamais perdu. Tu ne vois peut-être pas de résultat immédiat, mais Jésus le voit, et « aucun acte d'obéissance qui lui est offert n'est jamais perdu ».

7. Une flèche d'espérance a besoin de fondations profondes

  • Tu es une flèche d'espérance là où tu travailles, dans ta famille, dans tes relations, et dans les décisions que personne d'autre ne voit. « Une flèche pointe au-delà d'elle-même. » Mais elle exige des fondations très profondes.
  • « La visibilité sans intégrité est dangereuse. » Un ministère public sans caractère privé ne peut pas porter le poids qu'on lui met. Quand il s'effondre, il touche la communauté, le témoignage de l'Évangile dans la ville et l'Église dans le monde.
  • « Dieu ne cherche pas des apparences impressionnantes soutenues par des vies creuses. Il forme un peuple capable de porter le poids de sa présence » : un peuple dont le oui est oui, qui tient parole, qui gère le pouvoir avec responsabilité, qui reconnaît ses torts et préfère perdre un avantage plutôt qu'une conscience pure.
  • Le Saint-Esprit met peut-être le doigt sur quelque chose : une vérité à dire, des excuses à présenter, une exagération à corriger, de l'argent à rendre, un compromis caché, une relation où cesser de riposter. Le diable murmure : « Cache tout cela. » Dieu dit : « Ne le cache pas. Donne-le-moi. Nomme-le, et je peux te libérer. »
  • « La grâce ne nous aide pas à sauver les apparences. La grâce nous dépouille et nous aide à marcher droit. » Jésus n'offre pas un simple rafistolage, mais une vie nouvelle de l'intérieur : si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature.
  • Le prédicateur met aussi en garde contre une Église qui dilue l'Évangile pour être acceptée : « Il n'existe pas un seul exemple dans l'histoire de l'Église d'une Église qui ait relativisé la Bible et survécu plus de deux générations. »
  • Sa prière finale : dans un monde confus, être clairs ; dans un monde malhonnête, être vrais ; dans un monde cruel, avoir le cœur tendre. Et quel qu'en soit le prix, par la grâce de Dieu, faire ce qui est juste.

Points à retenir

  • Faire ce qui est juste commence dans tes relations : des paroles vraies, qui révèlent Jésus et cherchent la restauration plutôt que l'humiliation.
  • Riposter, c'est laisser le péché d'un autre décider de l'état de ton âme. Bénir ne veut pas dire taire la vérité, mais refuser de devenir comme le mal subi.
  • L'intégrité, c'est que ce que tu dis en public corresponde à ce que tu sais en privé, et venir à la lumière quand tu échoues.
  • Le courage chrétien n'est pas l'absence de peur, mais la décision que la peur ne sera pas Seigneur. Si Christ est Seigneur, l'approbation ne l'est pas.
  • Jésus, juste pour les injustes, est ressuscité et intronisé : aucun acte d'obéissance offert à lui n'est perdu.

Application personnelle

  1. Avant d'envoyer ton prochain message ou ta prochaine réponse, te demandes-tu si c'est vrai et si cela révèle Jésus ?
  2. Y a-t-il une personne dont le comportement dicte aujourd'hui tes réactions ? Que voudrait dire, concrètement, la bénir ?
  3. Ce que tu dis en public correspond-il à ce que tu sais en privé ? Y a-t-il une vérité à dire, une excuse à présenter ou quelque chose à rendre ?
  4. Quelle peur occupe le trône de ton cœur quand la pression monte : la réputation, l'approbation, la sécurité, le succès ?
  5. Si quelqu'un observait ta vie cette semaine, quelles questions sur ton espérance pourrait-il te poser ?

Versets cités

Questions fréquentes

Bénir celui qui me fait du mal, est-ce taire l'injustice ?

Non. Malcolm Duncan précise que Pierre n'appelle pas le mal bien, ne demande pas aux victimes de se taire et ne demande pas à l'Église de cacher l'injustice au nom de la paix. Bénir ne veut pas dire éviter la vérité : cela veut dire refuser de devenir semblable au mal qu'on nous fait.

Que veut dire « sanctifier Christ comme Seigneur » dans 1 Pierre 3:15 ?

Pour Malcolm Duncan, c'est le cœur du passage. Si Jésus est Seigneur, ni la réputation, ni l'approbation des autres, ni le succès ne peuvent régner sur ton cœur. Le courage chrétien n'est pas l'absence de peur : c'est la décision que la peur ne sera pas Seigneur de ta vie.

Pourquoi l'intégrité compte-t-elle autant pour le témoignage chrétien ?

Parce que les gens demandent raison de l'espérance qui est en nous après avoir observé notre vie. Malcolm Duncan affirme que le témoignage devient crédible quand nos paroles sur Jésus sont accompagnées d'une vie façonnée par Jésus. La visibilité sans intégrité est dangereuse.

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