Introduction
Westminster Chapel, à Londres, poursuit sa série sur le livre de l'Ecclésiaste. Keegan, membre de l'équipe des anciens qui conduit l'Église, prend la suite d'un premier message consacré au plaisir. L'image de la série est celle des bulles de savon : de belles choses, utiles, qui finissent toujours par éclater contre le « béton » des réalités qui ne changent pas.
Le mot qui revient sans cesse dans l'Ecclésiaste, traduit par « vanité » ou « futilité », désigne plutôt une vapeur, une brume qui se dissipe. Ce matin, la bulle s'appelle la sagesse. Elle est précieuse, elle aide à vivre, mais elle n'est pas une garantie.
À partir d'Ecclésiaste 2:12-17 puis du chapitre 7, Keegan pose une définition de la sagesse, montre ce qu'elle apporte, puis tire de « Monsieur le Prédicateur » deux grandes leçons : accueille l'adversité, et méfie-toi de l'adversité. Il conclut sur le mystère de la vie et sur l'appel à semer malgré tout.
Plan du message
1. La sagesse, une bulle qui vient de Dieu
- L'auteur de l'Ecclésiaste est appelé le prédicateur, ou « Monsieur le Prédicateur » comme l'écrit Michael Eaton dans son commentaire. Il s'agit très probablement du roi Salomon, qui réfléchit aux plus grandes questions de la vie.
- Au chapitre 2, il se demande ce qu'il pourra transmettre au roi qui viendra après lui : « Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse, et vers la sottise et la folie. »
- Nous vivons dans un monde saturé d'information : environ 130 millions de livres recensés par Google en 2010, peut-être 160 millions aujourd'hui, 110 millions de podcasts, 2 millions de nouvelles publications LinkedIn chaque jour. L'Ecclésiaste le disait déjà : on ne finit pas de faire des livres, et beaucoup d'étude fatigue le corps.
- La sagesse n'est donc pas de l'information, ni un quotient intellectuel, ni même l'intelligence émotionnelle. « Et je ne pense pas que ce soit l'IA. »
- Sa définition : « La sagesse est le don d'une perspective divine et d'un savoir-faire pratique qui te fait traverser les complexités de la vie à la manière du Christ. »
- Être sage, ce n'est pas avoir réponse à tout. « Si je fais bien mon travail ce matin, je devrais vous laisser avec plus de questions que de réponses. »
2. Où trouver la sagesse
- La sagesse peut être trouvée, mais souvent dans des endroits inattendus. D'abord dans ce livre étrange. Il ne faut pas le lire « comme pour la deuxième fois », mais plutôt comme pour la cinquantième.
- Ce sont les réflexions de l'un des hommes les plus sages qui aient vécu, Jésus mis à part, et elles sont données par « un seul berger » (Ecclésiaste 12:11), une claire référence à Dieu, à Jésus qui a dit : « Je suis le bon berger. »
- On trouve aussi la sagesse dans la pauvreté, la faiblesse et la souffrance. Keegan y revient plus loin.
- Enfin, on la trouve dans la communauté : « Les projets échouent, faute d'une assemblée qui délibère ; mais ils réussissent quand il y a de nombreux conseillers. »
- « La sagesse ne se trouve pas en mettant tes écouteurs et en t'asseyant pour méditer. » Elle se travaille avec les gens autour de toi. Nous avons la Bible, et nous avons les uns les autres.
3. La sagesse met des yeux dans ta tête
- Keegan fait monter un volontaire, lui bande les yeux, le fait tourner sur lui-même et lui demande de traverser l'estrade. Il s'en sort mieux que prévu, mais il n'arrive pas au bout.
- C'est ce que fait la sagesse : elle retire le bandeau. « La sagesse a de l'avantage sur la folie, comme la lumière a de l'avantage sur les ténèbres ; le sage a ses yeux à la tête, et l'insensé marche dans les ténèbres » (Ecclésiaste 2:13-14).
- Elle donne la perspective pour savoir comment réagir quand les choses changent et quelle direction prendre. Plus loin, le prédicateur dira qu'elle vaut un héritage et qu'elle conserve la vie.
- Mais la bulle heurte le béton de la mort : « Le sort de l'insensé sera aussi le mien. » Le sage meurt comme l'insensé, et l'on ne se souvient ni de l'un ni de l'autre.
- Ce n'est pas la conclusion du livre, c'est son introduction. Savoir que nous mourrons et que nous rendrons compte de nos œuvres est une raison de plus de vivre sagement.
4. Accueille l'adversité
- Ecclésiaste 6:12 pose la question : qui sait ce qui est bon pour l'homme pendant les jours de sa vie de vanité ? Le chapitre 7 apporte une réponse partielle. « Il n'y a pas ici de solutions rapides, d'astuces ou de raccourcis. » C'est un homme qui a traversé les réalités brutes de la vie.
- Prends la mort à cœur. « Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin ; car c'est la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur » (7:2). Des étudiants de la London Business School racontent que l'exercice le plus marquant de leur MBA a été d'écrire leur propre nécrologie et de la lire à un camarade. Pas besoin de payer des dizaines de milliers de livres pour le faire.
- C'est pourquoi les funérailles sont utiles. Keegan évoque un ami cher, avec qui il avait implanté une Église en Afrique du Sud et qui conduisait une Église à Amsterdam, emporté par un cancer en laissant sa femme et quatre enfants. À ses funérailles, on a parlé de son humilité, des personnes qu'il avait aidées à venir à Christ. « Est-ce que cela sera dit de moi ? »
- Un jour, tu rencontreras ton Créateur. Que lui diras-tu ? Tu pourras crier : « Jésus, sauve-moi », et il le fera. Keegan cite Spurgeon : la mort est la fin du mourir, et pour le croyant elle est la fin du combat, « repos et victoire ».
- Laisse le chagrin te façonner. « Avec un visage triste le cœur peut être content » (7:3). L'épreuve expose ce qui est superficiel en nous : de faux espoirs, une ambition nourrie d'envie, une sécurité placée dans l'argent ou en nous-mêmes.
- Un couple fidèle à l'Église depuis des décennies vient de dire au revoir à la communauté. L'épouse avait un ministère de prière pour les femmes enceintes : elle s'efforçait de prier sans s'arrêter pendant l'accouchement, puis pour l'enfant jusqu'à son premier anniversaire. Ils avaient perdu leur fils. Elle a dit : « Perdre mon fils ne m'a pas brisée, cela m'a construite. »
- Jésus, l'homme de douleur, habitué à la souffrance : la croix l'a brisé d'une certaine manière, et pourtant Dieu l'a ressuscité. Si tu traverses un temps difficile, ne fuis pas et ne te distrais pas. « Reste assis avec ta tristesse. » Apporte-la à Dieu, prie, demande conseil autour de toi.
- Accepte la réprimande. « Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés. Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés » (7:5-6). Keegan, qui a grandi en Afrique, connaît ces feux de buissons d'épines : de belles flammes qui crépitent, mais des braises qui disparaissent. Inutiles pour cuisiner.
- Au travail, on reçoit des retours sur ses performances, rarement sur son caractère : l'écart entre ton « moi du dimanche » et ton « moi du lundi », le ton avec lequel tu parles à ta femme et à tes enfants, ta manière de traiter un collègue débutant, la rancune envers un ami qui t'a blessé, un cœur endurci envers Dieu.
- Qui a le droit de te parler ainsi ? Avec des personnes pieuses qui te connaissent et t'aiment, ose demander : « Comment penses-tu que je vais ? »
5. Méfie-toi de l'adversité
- La pression peut rendre fou. « L'oppression rend insensé le sage, et les présents corrompent le cœur » (7:7). Keegan prend l'exemple de Robert Mugabe, célébré en héros quand il conduit le Zimbabwe à l'indépendance en 1980. Pendant dix ans, il prêche la réconciliation raciale, le pays atteint l'un des meilleurs taux d'alphabétisation d'Afrique et devient le « grenier à blé » du continent. Puis la pression monte, et viennent le clientélisme, la concentration du pouvoir et les saisies de terres violentes.
- Cela arrive aussi dans nos mariages : de bonnes intentions au départ, puis la pression financière, les conflits non résolus, et à la fin l'adultère ou le divorce. Marche avec d'autres dans ces temps-là. Il y a aussi des situations dont il faut sortir parce qu'elles sont trop lourdes. « L'intégrité ne dépend pas entièrement de toi. Viens dans la communauté. Viens à Dieu. »
- Sois patient. « Mieux vaut la fin d'une chose que son commencement ; mieux vaut un esprit patient qu'un esprit hautain » (7:8). La sagesse du monde se croit en droit d'obtenir une solution. Combien de fois, au bout d'une épreuve, entend-on : « Maintenant je vois ce que Dieu faisait. » Au milieu, l'orgueil dit : « Ce n'est pas la vie que je devrais vivre. » L'humilité dit : « Dieu, je sais que je suis au milieu. »
- Ne te hâte pas de t'irriter, « car l'irritation repose dans le sein des insensés » (7:9). La souffrance pousse à l'amertume. La sagesse se laisse attendrir. Avant la cène, Keegan invite chacun à examiner si la colère ou l'amertume ont pris racine, et à demander à Dieu de l'aide pour pardonner.
- Ne vis pas dans le rétroviseur. « Ne dis pas : D'où vient que les jours passés étaient meilleurs que ceux-ci ? » (7:10). Avant le mariage, avant les enfants, avant Londres, avant le smartphone. Les psychologues parlent de « rétrospection rose ». La nostalgie empêche de voir le dessein de Dieu maintenant : « Il t'a placé ici, à Westminster Chapel, ce matin. » Nous ne savons pas quand la lumière s'éteindra. Vis maintenant.
6. Accepte le mystère et regarde la croix
- « Regarde l'œuvre de Dieu : qui pourra redresser ce qu'il a courbé ? Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, réfléchis : Dieu a fait l'un comme l'autre » (7:13-14).
- Il y a dans cette vie une part de mystère, des questions qui restent sans réponse. La sagesse l'accepte : « Je ne comprends pas, mais je sais que Dieu a rendu ce monde tordu. » La création a été soumise à la vanité (Romains 8:20). Les bulles ne sont pas la seule réalité : il y a le béton en dessous.
- Quel a été le jour le plus tordu de l'histoire ? Celui où l'humanité a mis à mort le Fils de Dieu, où Jésus a porté le péché du monde sans être reconnu. Le plus grand jour d'adversité.
- Et pourtant, c'est le jour où la sagesse de Dieu était le plus à l'œuvre : il gagnait pour nous un salut éternel. Tu ne comprendras pas toujours ce que Dieu fait dans ta vie, mais tu peux regarder la croix et dire : « Je te fais confiance. » Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, pour qu'ils deviennent semblables à Christ (Romains 8:28-29).
7. Sème malgré le mystère
- Les conclusions de l'Ecclésiaste ne sont pas au début du livre, elles arrivent aux chapitres 11 et 12, avec les impératifs. D'où l'encouragement à lire et relire tout le livre.
- « Celui qui observe le vent ne sèmera point, et celui qui regarde les nuages ne moissonnera point » (11:4). Tu ne connais pas l'œuvre de Dieu qui fait tout.
- « Dès le matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais point ce qui réussira » (11:6), « ou peut-être, dans la bonté de Dieu, les deux ».
- Pour l'illustrer, Keegan lance des chocolats dans l'assemblée : il ne sait pas où ils tomberont, mais il sème. Le mystère de la vie ne doit pas t'empêcher de semer. La vie à vivre est une vie de foi, de confiance dans la bonté de Dieu.
Points à retenir
- La sagesse est un don de Dieu : une perspective divine et un savoir-faire pratique pour traverser la vie à la manière du Christ. Elle se cherche dans l'Écriture, dans l'épreuve et en communauté.
- La sagesse est un guide avantageux, pas une garantie : le sage meurt comme l'insensé. C'est une raison de plus de vivre sagement.
- Accueillir l'adversité, c'est prendre la mort à cœur, laisser le chagrin façonner le cœur et accepter la réprimande qui forme le caractère.
- Se méfier de l'adversité, c'est savoir que la pression peut rendre insensé, et choisir la patience, la douceur et le présent plutôt que l'orgueil, la colère et la nostalgie.
- Le jour le plus tordu de l'histoire, la croix, est celui où la sagesse de Dieu était le plus à l'œuvre. Tu peux donc semer avec foi sans tout comprendre.
Application personnelle
- Si tu devais écrire aujourd'hui ce que l'on dira de toi le jour de tes funérailles, qu'est-ce qui te réjouirait, et qu'est-ce qui te dérangerait ?
- Quelle épreuve récente as-tu cherché à fuir ou à oublier, au lieu de rester avec ta tristesse devant Dieu ?
- Qui, dans ta vie, a le droit de te parler de ton caractère ? Quand lui as-tu demandé pour la dernière fois : « Comment penses-tu que je vais ? »
- Quelle pression, financière, conjugale ou professionnelle, est en train de t'user, et avec qui pourrais-tu en parler cette semaine ?
- Dans quel domaine regardes-tu dans le rétroviseur, au point de ne plus voir ce que Dieu fait maintenant ?
Versets cités
- Ecclésiaste 2:12-17
- Ecclésiaste 6:12 à 7:14
- Ecclésiaste 11:4-6
- Ecclésiaste 1:16
- Ecclésiaste 12:11-12
- Proverbes 15:22
- Jean 10:11
- Ésaïe 53:3
- Romains 8:20
- Romains 8:28-29
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la sagesse selon cette prédication sur l'Ecclésiaste ?
Pour Keegan, la sagesse n'est ni de l'information, ni un quotient intellectuel, ni l'intelligence émotionnelle. Il la définit comme « le don d'une perspective divine et d'un savoir-faire pratique qui te fait traverser les complexités de la vie à la manière du Christ ». Elle vient de Dieu et elle pousse vers la piété, sans répondre à toutes les questions.
Pourquoi l'Ecclésiaste dit-il qu'il vaut mieux aller dans une maison de deuil ?
Ecclésiaste 7:2 dit que la mort est la fin de tout homme et que celui qui vit doit la prendre à cœur. Il ne s'agit pas de préférer la mort à la vie, mais de regarder la réalité en face tant qu'on est vivant : comment je vis, ce qu'on retiendra de moi, ce que je dirai à Dieu quand je le rencontrerai.
Que veut dire « qui pourra redresser ce qu'il a courbé ? » dans Ecclésiaste 7:13 ?
Il y a dans la vie une part de mystère et des questions sans réponse. La sagesse accepte ce mystère et marche humblement avec Dieu. Keegan rappelle que le jour le plus « tordu » de l'histoire, la croix, est aussi celui où la sagesse de Dieu était le plus à l'œuvre pour nous offrir le salut.
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